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Association Française pour l'Étude du Sol

Ardon, Orléans Cedex 2, France
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Revue “Étude et Gestion des Sols”

Étude et Gestion des Sols (EGS) publie des articles en français. Sa vocation première est d'être un lieu d'échange et de transfert en ce qui concerne la science du sol appliquée. Les articles sont soumis à une procédure de relecture critique par des pairs. EGS publie des résultats originaux, des synthèses et des revues bibliographiques, ainsi que des notes techniques et historiques. EGS publie également des numéros ou des dossiers thématiques.
EGS peut aussi publier des articles brefs d'opinion scientifique, contribuant à l'avancée des réflexions sur notre champ d'étude et de recherche.

EGS est désormais (depuis le 1er janvier 2013) entièrement électronique, avec accès libre et gratuit (accès en bas de cette page).
Les nouveaux articles sont publiés dès qu'acceptés et mis en forme, sous la forme de fichiers .pdf. Leur publication est annoncée au fur et à mesure sur notre "liste de diffusion".
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Introduction à la revue EGS et comité éditorial

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Dominique Arrouays
RÉDACTEUR EN CHEF : Dominique Arrouays
RÉDACTEURS EN CHEF ADJOINTS : Denis Baize, Dominique Schwartz
SECRÉTARIAT DE RÉDACTION : Florence Héliès, Cédric Laveuf, Jean-Pierre Rossignol

Adresse :
AFES, INRA, Centre de recherches d'Orléans
2163, avenue de la Pomme de Pin, CS 40001, Ardon
F-45075 Orléans Cedex 02, France

afretsol@orleans.inra.fr

COMITÉ ÉDITORIAL :
D. Angers Agric. Agroalim. Canada, Sainte Foy, Canada
M. Badraoui I.A.V. Hassan II, Rabat, Maroc
W. Blum Univ. Vienne, Autriche
L. Bock Faculté Agronomique de Gembloux, Belgique
A. Bruand ISTO, Université d'Orléans
C. Cheverry ENSA, Rennes
J.L. Chotte IRD, Montpellier
S. Deckers Université de Leuven, Belgique
A. Delaunois Chambre d'Agriculture du Tarn, Albi
B. Delvaux Université de Louvain la Neuve, Belgique
C. Feller IRD, Montpellier
P. Faivre Université de Savoie, Chambéry
N. Filippi EC JRC Ispra, Italie
E. Frossard Institut Fédéral de Technologie, Zurich, Suisse
J.C. Germon INRA, Dijon
M.C. Girard Académie d'Agriculture, Paris
J.M. Gobat Université de Neuchâtel, Suisse
A. Halitim Université de Batna, Algérie
B. Jabiol ENGREF, Nancy
J.L. Julien Laboratoire Départemental de l'Aisne
J.P. Legros AFES, Montpellier
F.‑Macias Vasquez Univ. St-Jacques de Compostelle, Espagne
C. Mathieu Acad. des Sciences d'Outre-Mer, Paris
J.P. Montoroi I.R.D., Bondy
R. Moreau I.R.D., Montpellier
J.L. Morel ENSAIA, Nancy
S. Recous INRA, Laon
G. Richard INRA, Orléans
C. Schvartz ISA, Lille
T. Sterckeman INRA - ENSAIA, Nancy
E. Van Ranst Université de Gand, Belgique
C. Walter Agrocampus Ouest, Rennes

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EGS Instructions aux auteurs

1/ EGS est une revue de l'Association Française pour l'Étude du Sol.

2/ La publication est gratuite. Les articles ne devront, en règle générale, pas excéder 15 pages imprimées (résumés, figures, tableaux, bibliographie
compris). Une page pleine de la revue équivaut à environ 4 000 signes, espaces non compris. Pour certains articles, quelques pages supplémentaires
pourront être acceptées.

3/ Le manuscrit doit être saisi sous traitement de texte, sur format 21 x 29,7 cm. Le texte sera fourni sur support électronique (fichier attaché à un courrier électronique ou CD-Rom), de préférence format Word (DOC ou docx) en double interligne. Les lignes doivent être numérotées de 1 à n du début à la fin du document. Les figures en haute résolution (formats pict, eps, tif, png ou jpg en haute définition ou fichier Excel) et les tableaux originaux (de préférence accompagnés du fichier Excel) doivent être joints.

4/ Les textes sont publiés en français. Un 'résumé étendu' en anglais ('extended summary ') précède le texte avec quelques ' Key words '. Il renvoie aux principaux tableaux et figures. Un résumé en français (30 lignes maximum), et quelques mots clés, qui servent à l'indexation, accompagnent aussi le texte. Les résumés présentent clairement le problème étudié, les méthodes utilisées et les conclusions auxquelles on est arrivé. Key words et mots clés doivent être utilisables dans une interrogation de bases de données. Une traduction en espagnol du résumé français est souhaitée. Elle peut être prise en charge par le secrétariat de rédaction. Le secrétariat de rédaction peut également proposer des améliorations en ce qui concerne la rédaction en français.

5/ La page de garde comportera :
a* le titre de la communication ;
b* les noms et prénoms du ou des auteurs ;
c* l'institution à laquelle il(s) appartien(nen)t et les adresses complètes ;
d* l'adresse électronique de l'auteur à qui adresser les correspondances.

L'auteur donnera un titre courant de moins de quarante caractères, ainsi que le titre en anglais.

6/ Les figures et les tableaux seront réduits par les responsables de la revue à la dimension qu'ils estimeront souhaitable. Les titres des tableaux et figures partie entière des nombres sera séparée de la partie décimale par une virgule. Les photographies doivent être contrastées, une échelle donnée sur chaque document. Les illustrations en couleurs seront acceptées uniquement si elles sont indispensables.

7/ Les références bibliographiques citées dans l'article sont reprises en fin de texte, par ordre alphabétique. Les noms des auteurs cités dans le texte seront écrits en caractères minuscules : (Dupont, 2009 ; Dubois et Duchemin, 2009 ;Duchamp et al., 2009) .
La bibliographie sera présentée par ordre alphabétique sur le modèle suivant :

Joseph K.T., 1977 - Clamatrops - Proceedings of the conference on classification and management of tropical soils, Kuala Lumpur, Malaysia, 15to 20 August 1977.
Liang L., Hoffmann A. et Gu B., 2000 - Ligand-induced dissolution and releaseof ferrihydrite colloids. Geochim. Cosmochim. Acta, 64, 12, pp. 2027-2037.


8/ Les manuscrits doivent être envoyés par courriel à Dominique.Arrouays@orleans.inra.fr ou par courrier postal à Dominique Arrouays, AFES - INRA Orléans, Avenue de la Pomme de Pin, CS 40001, Ardon 45075 Orléans cedex 02, France. Les auteurs préciseront leur adresse électronique et leur numéro de téléphone.

9/ Les auteurs peuvent proposer une liste restreinte d'experts susceptibles de relire le manuscrit. Ils peuvent également, en cas de concurrence ou de conflit d'intérêt, signaler des experts qu'ils ne souhaitent pas. Chaque manuscrit est envoyé à deux lecteurs qui remplissent une fiche de lecture. Cette expertise est en principe anonyme, sauf lorsqu'un expert accepte de communiquer son nom aux auteurs. Les deux fiches de lecture et commentaires éventuels sont renvoyés à l'auteur avec une décision de la rédaction : article rejeté, à reécrire entièrement, à modifier en profondeur, à modifier légèrement, accepté.

10/ Lorsque l'article n'a pas été rejeté et que l'auteur a retourné son manuscrit corrigé en tenant compte des avis des lecteurs, le nouveau manuscrit est relu par ses lecteurs initiaux, ainsi que par les responsables de la rédaction qui peuvent proposer d'éventuelles modifications et une mise en forme améliorée des figures et tableaux.

11/ Lorsque l'auteur a donné son accord sur les modifications et effectué tous les travaux correspondants, le texte est accepté pour publication.

12/ Une épreuve du texte est ultérieurement envoyée à l'auteur qui a présenté le manuscrit. L'épreuve corrigée doit être retournée dans la semaine suivante, avec l'accord pour payer les pages supplémentaires si c'est le cas. Dès que sa mise en forme définitive est réalisée, l’article est immédiatement publié sous forme d’un fichier .pdf téléchargeable librement et gratuitement sur le site de l’AFES.

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D.Arrouays, AFES,
INRA d'Orléans
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CS 40001, Ardon, 45075 Orléans Cedex 02
France
Dominique.Arrouays@orleans.inra.
Total : 432 articles
Articles de la revue choisie

2016 - Volume 23 - Numéro 1

Effets de la matière organique sur les propriétés physiques et chimiques des sols sableux de la région d’Ouargla (Algérie) | p 9-20
Auteurs :
N. Koull, M. Halilat
Adresse :
1 Université Kasdi Merbah. BP 511 Route Ghardaïa Ouargla. Algérie.
2 Laboratoire de Bioressources Sahariens Préservation et Valorisation Ouargla. Algérie.
Résumé :
Ce travail expérimental a pour but de savoir quel est l'effet de deux types de matières organiques, à savoir le fumier bovin et ovin à quatre niveaux de dose (0 t/h, 37.8 t/h, 75.6 t/h et 113.4 t/h) sur quelques propriétés physiques et chimiques des sols sableux. Le sol traité avec les matières organiques est mis dans des pots pendant trois mois en conditions climatiques sahariennes de la région d’Ouargla. Suite à nos résultats, nous avons constaté l'effet significatif de l’amendement organique sur la majorité des propriétés du sol à savoir le pH, la capacité de rétention en eau, la capacité d'échange cationique. Au terme de cette étude, il apparaît que les matières organiques ont amélioré les propriétés du sol avec une importance et une durabilité plus importantes pour le fumier ovin. Les meilleurs résultats sont obtenus avec le traitement n°3 (113.4 t/h). D’après les résultats enregistrés sur les paramètres étudiés, nous avons noté : une diminution du pH de 8,72 à 7 ,73 ; une augmentation de la conductivité électrique de 4,30 à 7,83 dS/m ; une augmentation de la capacité de rétention en eau de 29,96 à 39,45 % et une augmentation de la capacité d’échange cationique de 7,85 à 18,12 méq /100g du sol.
Analyse de la diversité des sols et des micro-organismes telluriques à l’échelle d'un paysage : approche par cartographie numérique | p 35-52
Auteurs :
C. Swiderski, N.P.A. Saby, C. Ratié, C. Jolivet, D. Arrouays, S. Dequiedt, P.-O. Redon
Résumé :
L’Observatoire pérenne de l’environnement (OPE) de l’ANDRA a mis en œuvre depuis 2007 un réseau d’inventaires et d’observations à long terme des différents milieux de l’environnement sur un territoire de 240 km2 dans les départements de la Meuse et de la Haute-Marne. Un réseau de suivi et d’observation de la qualité des sols a ainsi été mis en place selon un maillage systématique en suivant un protocole d’échantillonnage et d’analyse de type « RMQS » conduit à l’échelle du paysage sur une grille de 1,5 km x 1,5 km. Des prélèvements d’échantillons composites ont été effectués lors de 4 campagnes successives entre 2009 et 2012 sur un total de 127 sites, dont 57 disposaient en plus d’une fosse pédologique. Les propriétés physico-chimiques (texture, carbone, pH, calcaire, azote, CEC, phosphore assimilable, cations échangeables et éléments majeurs totaux) et microbiologiques (structure des communautés microbiennes) ont été analysées dans le but d’établir un état de référence des sols de la zone d’observation. Ces observations ont servi de base à une analyse statistique afin de comprendre la distribution spatiale de la diversité pédologique et des micro-organismes telluriques à l’échelle d’un paysage, et les facteurs qui la pilotent. Pour cela, nous avons eu recours aux techniques de cartographie numérique. Nous avons ainsi couplé des analyses en composantes principales (ACP) sous contraintes spatiales avec des outils de régression et de géostatistique (krigeage universel). Les ACP ont été réalisées sur trois matrices différentes regroupant respectivement les données des principales propriétés pédologiques, les communautés bactériennes et les communautés de champignons toutes deux caractérisées par les empreintes moléculaires issues des analyses de type ARISA. Nous avons ensuite tenté d’expliquer les trois premiers axes de chacune des ACP en les mettant en relation avec des covariables environnementales dont la couverture spatiale est exhaustive sur la zone d’étude. Deux algorithmes ont été testés : les arbres de régressions boostés implémentés dans la librairie « gbm » et dans la librairie Cubist du logiciel de statistique R. Les covariables environnementales retenues sont : (1) les dérivées morphométriques issues du MNA à la résolution de 25 mètres (15 variables), (2) l’occupation du sol, (3) le fond géologique (carte géologique à 1/50 000) et (4) les unités cartographiques du sol issues de la carte pédologique à 1/50 000. Enfin, les résidus des modèles de régression ont été interpolés par des techniques géostatiques. L’ensemble de la procédure a été validée par validation croisée.
Malgré une relative homogénéité, les propriétés physico-chimiques des sols se distribuent selon la nature géologique et pédologique de la zone ainsi que selon la géomorphologie du paysage (MNA et ses dérivées) et l’occupation du sol. La structure génétique des communautés bactériennes et fongiques présente des structures spatiales moyennement marquées à l’échelle du paysage. Les communautés bactériennes s’organisent selon la morphologie du relief (rugosité, orientation des pentes), les unités cartographiques des sols et les structures hydrologiques (distance au plus proche court d’eau). La distribution des communautés fongiques est impactée par la topographie, et les structures hydrographiques. La performance des 6 modèles construits mesurée par le R² varie de 0,13 à 0,94. Nos résultats confirment qu’il est possible d’identifier et de hiérarchiser les filtres environnementaux qui pilotent les diversités physico-chimiques et biologiques du sol à l’échelle d’un paysage.
Méthodologie pour l’informatisation et l’actualisation d’une carte pédologique ancienne publiée au 1/100 000 – exemple de la coupure d’Angoulême (France) | p 21-34
Auteurs :
F. Lelu, A. C. Richer-de-Forges, G. Girot, C. Perrier, E. Tientcheu, D. Arrouays
Résumé :
Le programme de cartographie des sols du territoire français à moyennes échelles (« Connaissance Pédologique de la France » : CPF) lancé en 1968, constitue un volet du programme Inventaire, Gestion et Conservation des Sols (IGCS) du Groupement d’Intérêt Scientifique Sol (GIS Sol). Il a permis de couvrir environ 24 % du territoire par la cartographie au 1/100 000 et environ 18 % au 1/50 000 (Richer-de-Forges et al., 2014). Cependant, depuis les années 90, la priorité financière du GIS Sol a été donnée au volet de cartographie de la France au 1/250 000 : le programme des Référentiels Régionaux Pédologiques (RRP). L’informatisation des cartes au 1/100 000 majoritairement levées dans la période 1970 – 2000 présente un enjeu important pour sauvegarder les données acquises et les rendre accessibles.
Cet article présente une méthode de numérisation des cartes pédologiques anciennes qui comprend : la numérisation des cartes pédologiques et la création d’une base de données sémantiques sous le modèle DoneSol. La mise en place de cette base de données a montré qu’il y a des difficultés à retranscrire les informations anciennes en raison de quantités et de qualités hétérogènes. Un retour sur le terrain s’est alors montré indispensable pour pallier ces problèmes. Doit-on alors actualiser les données anciennes avec ces informations récentes ou la mise en base de données doit-elle correspondre uniquement aux données obtenues au moment de la réalisation de la carte ? Les deux approches nous semblent souhaitables : 1) une archive qui donne un « instantané » d’un état passé, 2) une base actualisée qui rend compte de l’évolution de cet état.
Indicateurs paysans d’appréciation de la qualité des sols dans le bassin de l’Okpara au Bénin | p 53-64
Auteurs :
M.A. Akpo, A. Saidou, I. Yabi, I. Balogoun, L.B. Bio Bigou
Résumé :
Les indicateurs paysans d’appréciation de l’état de la fertilité des sols dans le bassin de la rivière Okpara au centre Bénin ont été étudiés de septembre à octobre 2014. Des enquêtes individuelles à l’aide d’un questionnaire semi structuré ont été conduites auprès de 1074 producteurs dont 183 femmes et 891 hommes appartenant aux groupes socio-culturels dominants de la zone (Tchabè, Fon, Ditamari, Lokpa, Bariba et Peulh). Les personnes enquêtées ont été échantillonnées dans quatre communes traversées par la rivière Okpara (Pèrèrè situé au nord-est du bassin, N’dali situé au nord-ouest du bassin, Tchaourou situé au centre du bassin et Ouèssè situé au sud du bassin). Les indicateurs biophysiques (type et composition du couvert végétal, texture du sol et pédofaune) ont été collectés. Des observations directes ont été ensuite organisées avec un groupe de producteurs âgés de plus de 50 ans au niveau des parcelles de culture de certains producteurs pour une triangulation des principales informations collectées au cours des enquêtes. Chaque groupe socioculturel a identifié quatre types de sols : sols bruns très concrétionnés, sols sableux sans concrétions, sols rouges et sols noirs lourds des bas-fonds. En général, les noms locaux des sols donnés par chaque groupe sont basés sur la texture, la couleur et la teneur en matière organique. Les caractéristiques de la végétation (83,13 % des personnes enquêtées), les caractéristiques physiques du sol (89,76 % des personnes enquêtées), la présence de la pédofaune (44,2 % des personnes enquêtées) et le niveau de rendement des précédentes cultures (94,75 % des personnes enquêtées) sont les principaux critères d’appréciation de la fertilité des sols par chaque groupe. Pour une évaluation appropriée de l’aptitude culturale des sols, une prise en compte des connaissances endogènes des différents groupes socio-culturels est indispensable.
Rôle des différentes fractions organiques dans la stabilité structurale des sols à textures riches en sables du Nord et du Centre de la Tunisie | p 77-90
Auteurs :
A. Bouajila, N. Brahim et T. Gallali
Résumé :
Ce travail vise à montrer la contribution des différentes fractions organiques dans la stabilisation des agrégats des horizons de surface de sols à textures grossières dans les régions subhumide et semi-aride de la Tunisie. Au cours de cette étude, on a déterminé les fractions, totale (COT), particulaire (COP), humique (SH) et des polysaccharides (PEEC), de 7 horizons de surface de sols. La stabilité structurale a été évaluée à sec selon la technique Youker et McGuiness (1956) et la stabilité à l’eau est déterminée par la méthode de Le Bissonnais (1996). Elles sont exprimées en diamètres moyens pondérés respectivement DMPsec et DMPLeBiss.
L’étude des résultats a permis de constater que les différents horizons sont stables à sec. Lors de l’application d’un traitement de réhumectation, les sols sont stables à très stables (DMPLeBiss élevés). Cette stabilité à l’humide est liée à la matière organique qui est le premier responsable de la formation de macro-agrégats résistantsà l’effet désagrégeant de l’eau. De plus, des coefficients de corrélation significatifs (0,8 à 0,9 p<0,01) sont enregistrés entre les différents MWDLeBiss et les principales fractions organiques. Les coefficients les plus élevés sont, toutefois, détectés entre le test d’humectation rapide et la fraction particulaire(COP) de la matière organique. Ces résultats prouvent que la stabilisation des agrégats des sols riches en sables contre un stress hydrique est due à la matière organique d’une manière générale et principalement à la présence de la forme particulaire. Sur cette dernière se développe une activité intense de décomposition par les champignons assurant l’édification, en particulier, des macro-agrégats très résistants à la destruction lors d’une humectation rapide.
Validité de l’estimation des propriétés de rétention en eau de sols syriens à partir de fonctions et classes de pédotransfert développées pour des sols français | p 113-124
Auteurs :
H. Al Majou, R. Kaba, W. Almesber, A. Bruand
Résumé :
Afin de répondre au déficit de données relatives aux propriétés de rétention en eau des sols de Syrie, des fonctions continues et classes de pédotransfert (respectivement FPT et CPT) établies pour des sols du territoire français ont été testées sur un jeu de sols échantillonnés dans quatre régions de Syrie. Les échantillons ont été prélevés lorsque les sols se trouvaient en conditions hydriques proches de la capacité au champ (période hivernale). La composition des échantillons et leur teneur en eau à sept valeurs de potentiel ont été déterminées. Le biais de prédiction est calculé à l’aide de l’erreur moyenne de prédiction (EMP), la précision et la qualité globale de la prédiction ont été calculées à l’aide de l’écart type de prédiction (ETP) et l’erreur quadratique moyenne (EQM). Les résultats montrent que ce sont des FPT établies à partir de la teneur en eau à la capacité au champ qui conduisent à la prédiction de meilleure qualité, en particulier lorsqu’elles ont été établies après stratification par classe de texture. Cette amélioration de la prédiction après stratification par classe de texture serait liée au fait que la forme de la courbe de rétention en eau varie en fonction de la texture, un point de la courbe n’ayant par conséquent pas le même sens selon la classe de texture. Les valeurs des biais de prédiction et précisions enregistrées avec les FPT et CPT étudiées sont proches de celles enregistrées lorsque ces même FPT et CPT ont été testées sur des sols issus du territoire français. Enfin, de tels résultats sont encourageants et en faveur de l'utilisation de fonctions de pédotransfert établies pour des sols d'une zone pédoclimatique à des sols d'une autre zone pédoclimatique.
Cartographie qualitative de la sensibilité du sol à l’érosion hydrique : cas du bassin versant oued Boukiou (nord ouest de l’Algérie) | p 91-100
Auteurs :
S. Bouguerra, A. Bouanani
Résumé :
L’étude porte sur une analyse des principaux facteurs naturels entrainant le phénomène de l’érosion hydrique des sols dans l’un des bassins versants de l’ouest algérien. La méthodologie se base sur la technique usuelle de cartographie numérique depuis l’acquisition et le traitement d’images satellitaires et des données de la télédétection jusqu’à leur croisement avec d’autres données géographiques dans l’outil SIG (système d’information géographique). Les paramètres à estimer sont liés aux conditions du milieu :sol, relief, occupation du sol. Ainsi, le croisement de ces facteurs selon des règles qualitatives choisies nous a permis d’élaborer une carte décrivant quatre classes de vulnérabilité multifactorielle des sols à l’érosion hydrique : faible (27%), moyenne (36%), forte (23%) et très forte (14%). Les zones très vulnérables à l’érosion se manifestent dans les sols et substrats fragiles à pente raide et/ou subissant une agriculture très extensive où le couvert végétal est peu protecteur. Les résultats de cette étude serviront à hiérarchiser et sélectionner des périmètres particulièrement sensibles à l’érosion des sols pour en décider des différents aménagements antiérosifs à prévoir.
Comportement physique et propriétés des Topovertisols de la région semi-aride de la Tunisie | p 65-76
Auteurs :
H. Ben Hassine, M. Bouraoui, M. Ben Youssef et C. Zidi
Résumé :
Afin d’approfondir les connaissances sur l’un des sols les plus aptes à la production de cultures annuelles pluviales en Tunisie et en vue d’étudier son comportement vis-à-vis de la rétention en eau, cinq vertisols topomorphes (Topovertisols) dont quatre sont situés dans la vallée de l’oued Miliane (Nord-Est de la Tunisie), ont été échantillonnés par tranches de 20 cm sur un mètre de profondeur. Des analyses physico-chimiques ont permis de caractériser la granulométrie, les teneurs en matières organiques et la capacité d’échange cationique. Des échantillons ont été soumis à une analyse du retrait afin de mieux connaître la répartition de l’eau en fonction des différentes composantes de la structure du sol.
Les résultats obtenus confirment l’abondance de la fraction argileuse, la réaction alcaline des solutions, la salinité négligeable et la plus forte richesse des horizons supérieurs en matière organique, malgré des teneurs relativement modestes dans l’ensemble. La capacité d’échange cationique dépasse souvent 30 cmol.kg-1. La caractérisation du retrait a été discutée sur la base de la connaissance des types d’eaux retenues dans les différents pores (vides) qui se répartissent en eau interpédique (inter-agrégats), structurale (intra-agrégats), plasmique (au sein de la masse d’argile) et résiduelle (adsorbée sur les surfaces des argiles). En premier lieu, la variation de volume des sols consécutive à l’humectation-dessiccation est importante et donc compatible avec les structures vertiques décrites in-situ. L’analyse de la courbe de retrait permet d’identifier des points singuliers spécifiques à différents types d’eau et d’organisation du sol. Des relations statistiques ont pu être établies entre la capacité d’échange et l’eau de la fraction argileuse au sens granulométrique. Cette dernière détermine largement les propriétés aux différents points singuliers de la courbe de retrait. On peut alors accéder à l’eau utile pour la végétation avec l’avantage d’être obtenue sur des échantillons macroscopiques et non sur de la terre tamisée. Ces vertisols confirment leur statut de réservoirs d’eau pour les cultures annuelles et leur richesse chimique par les fortes proportions de sites d’échange offerts par les colloïdes argileux. Leur faible teneur en matières organiques, qui devraient donner davantage de stabilité à la structure, constitue le point faible pour de tels types de sols. L’abondance des argiles et la présence de carbonates atténueraient cependant ce déficit et favoriseraient la stabilité des agrégats.
Production du ruissellement sur un sol sableux cultivé après sarclage au Sahel | p 101-112
Auteurs :
M. Malam Abdou
Résumé :
L’extension concomitante des zones cultivées et encroûtées au Sahel et la hausse des ruissellements qui en découle ont amené des chercheurs à s’intéresser aux impacts des pratiques agricoles sur l’encroûtement des sols. Ce travail étudie l’effet du sarclage et des outils aratoires sur la production du ruissellement sur un sol sableux cultivé de l’Ouest du Niger. Des mesures de ruissellement et d’infiltration sont de ce fait réalisées, à l’aide des parcelles expérimentales et d’un infiltromètre à succion contrôlée, sur des surfaces sarclées avec la iler manuelle et celle à traction animale. Ces mesures, effectuées après chaque pluie, visent à analyser l’aptitude au ruissellement de ces surfaces en fonction des cumuls de pluie qui y sont enregistrés depuis le sarclage. Les résultats montrent que la production de ruissellement est faible après le sarclage (9 % de la pluie, contre 30 % avant le sarclage) grâce à la porosité créée par cette opération et qui augmente l’infiltration. Cependant, l’effet bénéfique du sarclage sur l’infiltration s’estompe dès que la surface enregistre un cumul de pluie de l’ordre de 80 mm après le sarclage. Dès lors, l’aptitude au ruissellement augmente et la surface cultivée produit régulièrement un volume de ruissellement équivalent, voire supérieur, à celui mesuré sur une surface en jachère. L’augmentation du ruissellement met donc en évidence l’encroûtement des sols cultivés. Ceci est confirmé par la faible valeur de conductivité hydraulique (10 mm.h-1) mesurée sur ces sols, valeur qui correspond à celle mesurée sur une croûte d’érosion. L’encroûtement est plus rapide si le sarclage est effectué avec la iler manuelle. Tous ces résultats apportent un éclairage sur la dynamique des sols cultivés qui pourrait contribuer à l’amélioration de la performance des modèles de production des ruissellements sur ces sols en zone sahélienne.
Dernières nouvelles de 42 vieilles parcelles. Indicateurs d’évolutions pédologiques infra-centenaires en NÉOLUVISOL de lœss nu, sous contrainte d’applications continues de matières fertilisantes | p 143-162
Auteurs :
F. van Oort, N. Proix, R. Paradelo, G. Delarue, S. Breuil, D. Baize, A. Richard
Résumé :
Ce travail présente un bilan des impacts de 85 ans d’apports d’engrais chimiques N, P, K, d’amendements basiques et organiques sur la composition et les propriétés d’un NÉOLUVISOL de lœss, en comparaison à des situations témoins sans apport. Cette expérimentation de longue durée est menée depuis 1928 en sol nu dans le dispositif des 42 parcelles à l’Inra de Versailles. Le bilan repose sur les résultats analytiques d’échantillons collectés en 2014 dans l’ensemble des horizons de surface. Les résultats sont confrontés à des données disponibles du sol initial de 1928. L’objectif est de préciser la nature et l’ampleur des évolutions physicochimiques, induites en moins d’un siècle, et d’identifier les processus pédologiques qui en sont à l’origine.
En absence d’entrée de matières organiques (MO), de forts contrastes s’observent en fonction de la nature des apports minéraux, mais aussi dans les parcelles témoins: en 2014, d’une parcelle à une autre, l’écart maximal de pH est de 5,3 unités (3,5-8,8) et la CEC varie de 5,2 à 14,4 cmol+/kg. La garniture cationique varie de plus de 98% de Ca échangeable dans les sols chaulés, à plus de 96% d’Al échangeable dans les sols acides. Le carbone organique a perdu 50 à 75% de la valeur initiale en 1928, et les teneurs en argile s’étendent entre 13 et 20%. Des teneurs significatives de Mnéch s’observent dans les sols denses, alors que Feéch est détectable prioritairement dans les sols acides. Par contre, sous amendement de fumier, l’ambiance physicochimique est très différente, notamment par l’abondance de C organique (43-50 g/kg) et une forte valeur de la CEC, supérieure à 22 cmol+/kg.
La nature, l’ampleur et la diversité des propriétés physicochimiques enregistrés dans les horizons de surface des sols des 42 parcelles en 2014 témoignent de différents processus pédologiques en jeu, actuels ou dans le passé. Dans les sols témoins, sous la seule contrainte de la minéralisation progressive des MO et des conditions atmosphériques, les propriétés et la composition ont considérablement changé : une acidification de 1-1,5 unités de pH, la lixiviation d’une proportion notable de cations bivalents et l’apparition de quantités significatives d’Al échangeable sur le complexe d’échange, une baisse de la CEC et une perte d’argile de 2 à 3%. La migration d’argile, l’argilluviation, processus caractéristique dans les luvisols, apparaît amplifiée sous traitements ‘monovalents’, notamment sous apport de Na où la perte d’argile par lessivage peut atteindre jusqu’à 5 à 6%. Sous apport de K, la perte d’argile est moindre, liée à un processus d’illitisation des particules de smectite par rétrogradation du K. De plus, les apports de phosphate naturel ou de superphosphate semblent également favoriser la migration d’argile, alors que les amendements basiques et de fumier limitent, voire stoppent le processus. Dans les traitements ‘acides’, sous apports d’engrais ammoniacaux ou de sang desséché, les cations échangeables initiaux (Ca, Mg, K, Na) ont été quasi-totalement lixiviés, et remplacés par l’Al. La forte aluminisation du milieu implique un processus de dissolution minérale, affectant en premier lieu les argiles fines (smectites). Les faibles valeurs de la CEC illustrent la perte notable de charges fixes liée à la dissolution partielle des smectites. Néanmoins, l’impact de l’altération en milieu acide sur la granulométrie apparait négligeable, car la teneur en argile dans les sols acides reste inchangée par rapport à 1929. Deux pistes sont envisagées pour expliquer ce constat : un processus de microdivision par l’altération de minéraux phyllosilicatés de taille limoneuse fine et leur transformation en particules argileuses, ou alors un processus de néoformation de phases secondaires à partir de Si, Al et/ou Fe libérés par dissolution d’argiles fines en milieu acide. Enfin, un processus d’agrégation à l’échelle des particules d’argile par le développement de liaisons fortes entre les particules d’argile et des phosphates-Al (ou –Fe) formés en milieu très acide est suspecté dans les sols sous phosphate d’ammoniaque conduisant à la sous-estimation de la fraction < 2 µm lors d’analyses granulométriques courantes.
La palette très étendue de propriétés physicochimiques des horizons de surface dans les 42 parcelles souligne un laps de temps court en pédologie pour leurs changements, d’ordre infra-centenaire. Pour assimiler ces changements opérés en surface au développement de processus pédologiques, il est nécessaire à la fois de suivre l’ampleur et la chronologie des évolutions par l’analyse d’échantillons de la collection historique et d’étendre l’étude des impacts aux horizons E, BT, et C profonds. Ces travaux sont actuellement en cours.
Teneurs naturelles et apports anthropiques en éléments traces dans les sols à l’ouest de l’étang de Berre | p 125-142
Auteurs :
A. Austruy, J. Dron, E. Charbonnier, N. Babaguela, H. Miche, C. Keller, P. Chamaret
Résumé :
Le Territoire Istres-Ouest-Provence, regroupant environ 100 000 habitants, étendu sur 350 km² à l'ouest de l'étang de Berre (France), est un territoire complexe qui présente une forte implantation industrielle. La connaissance des niveaux de pollution des sols de ce territoire est une des priorités des acteurs locaux tant elle pèse sur les décisions d'aménagement. Cette étude vise à évaluer les teneurs naturelles en éléments traces (ET) et leur distribution dans le profil de sol. Pour mener cette étude, 30 sites, représentatifs des 7 milieux naturels ou agricoles prédominants dans la région, ont été échantillonnés. Des analyses des concentrations en ET ainsi que des mesures des principaux paramètres physico-chimiques ont été réalisées dans tous les horizons de sol identifiés pour chaque site. Les résultats ont permis d'évaluer le fond pédogéochimique en ET et ont mis en évidence, dans le nord du territoire, de légères anomalies naturelles en Cu, Cd et Co dans des sols développés dans les alluvions fluviatiles et une anomalie en Pb dans des sols développés sur des calcirudites à Grans. Le calcul des facteurs d'enrichissement a permis d'identifier des zones exposées aux émissions industrielles et routières de la zone industrialo-portuaire (ZIP) notamment sur les communes les plus proches, Fos-sur-Mer et Port-Saint-Louis-du-Rhône. Les principales contaminations de surface observées concernent Pb, Zn et Cu, les polluants métalliques les plus émis par les industries de la zone, notamment la sidérurgie. Ces données doivent permettre à plus long terme de constituer une base de données complète des caractéristiques physico-chimiques et des teneurs en ET dans les sols à l'ouest de l'Etang de Berre.

2015 - Volume 22 - Numéro 1

Sur la nécessité d’un référentiel, outil de communication et de compréhension en science du sol | p 19-28
Auteurs :
C. Mathieu
Résumé :
La Science du sol, discipline relativement récente, n’a conquis son autonomie qu’à la fin du XIXe siècle, grâce aux travaux et à la notoriété du savant russe Dokouchaev. En rapide évolution, cette science utilise un vocabulaire qui peut paraître difficile au non-spécialiste. En effet, lorsque des spécialités se développent, de nouveaux mots se créent et des vocabulaires s’élaborent.
Durant les cinquante dernières années, de nombreux ouvrages généraux mais aussi spécifiques des différents domaines de la Science du sol ont été publiés, propageant un vocabulaire riche, parfois simple, parfois plus compliqué, qu’il convient de diffuser aux nombreux utilisateurs du sol.
Le rôle d’un référentiel du langage de la communauté pédologique est de diffuser un vocabulaire complet et compréhensible utilisable et utilisé par tous ceux qui sont concernés par le capital-sol. Le Dictionnaire de science du sol "lieu de mémoire collective" pour cette science est un de ces outils pour participer à la constitution et à l’officialisation d’un langage commun. Il reste encore à faire un travail long et régulier auquel la contribution de chacun est indispensable.
Estimation des incertitudes liées à la prédiction ponctuelle de variables pédologiques à partir de bases de données géographiques sur les sols. Exemple de l’utilisation des strates issues du programme français Inventaire, Gestion et Conservation des Sols (IGCS) | p 9-18
Auteurs :
Murciano V., Paroissien J-B., Saby N.P.A., Richer de Forges A.C., Martin M.P., Emilion R., Arrouays D.
Résumé :
Le programme GlobalSoilMap a pour objectif de produire une base de données à haute résolution spatiale des propriétés des sols du monde, assorties de leurs incertitudes. Parmi les méthodes possibles pour atteindre cet objectif, l’une d’elles consiste en une prédiction de ces propriétés à partir de moyennes pondérées et d’estimations des intervalles de confiance issues de bases de données cartographiques (unités cartographiques et typologiques de sol). En France, ces bases décrivent en particulier les « strates », qui sont des horizons conceptuels caractérisés à partir des valeurs modales et extrêmes d’un certain nombre de propriétés. Cependant, dans de nombreux cas, ces valeurs extrêmes n’ont pas été renseignées dans les bases de données. Notre objectif est donc de tester la possibilité d’estimer ces valeurs extrêmes à partir des valeurs modales et d’autres variables environnementales en utilisant des techniques d’apprentissage automatique. Les données utilisées proviennent de l’extraction de DoneSol des strates contenant les valeurs modales et les valeurs extrêmes de certaines propriétés. Nous illustrons ici la démarche par des résultats primaires concernant 7 variables pédologiques requises pour les « produits » GlobalSoilMap (carbone organique, pHeau, teneurs en argile, limon, sable, éléments grossiers, et capacité d’échange cationique) puis nous détaillons deux exemples portant sur le carbone organique et le pH. Les qualités de prédiction les plus satisfaisantes concernent le carbone. L’intérêt principal de ce type d’approche est de pouvoir dériver des valeurs par défaut de ces indicateurs de dispersion lorsqu’elles sont manquantes dans les bases de données. On peut toutefois penser que les types de modèles que nous avons utilisés pourraient parfois conduire à un « sur-ajustement » qui donne une fausse idée de leur performance. Pour vérifier cela, il faudrait disposer d’une validation externe entièrement indépendante.
Sols et histoire récente de l’agriculture sur le Plateau de Valensole. Constats et perspectives. | p
Auteurs :
M. Bornand et M. Dosso
Résumé :
La carte pédologique de Digne au 1/100 000ème, de Bornand, Fléché et Guyon (2001), inclut tout le Plateau de Valensole (plus de 100 000 ha) (figure 1). Cet article présente les sols du Plateau, vaste surface très incisée par les ruisseaux et les ravins locaux (figure 4). La séquence de sols observée est en liaison avec la topographie et la composition des roches associées (figure 5). Le sol typique des replats est décrit (figure 6) ; de par sa nature et sa position topographique, il représente la richesse de l’agriculture locale ; cependant, il subit une érosion régressive sur plus de 50% de la surface du Plateau. On explicite les contraintes de ces différents sols pour leur mise en culture. Puis, sur la base du travail de Lang et Ramseyer (2011), on analyse l’évolution des modes de mise en valeur agricole du Plateau et de ses vallons de 1945 à nos jours. Autrefois, les têtes de ravins étaient souvent aménagées et correspondaient aux lieux de vie des nombreux agriculteurs (lieux d’implantation des fermes), mais, elles sont aujourd’hui abandonnées et rendues à la forêt. Le Plateau, entièrement défriché, est cultivé à l’échelle de vastes parcelles de plus de 100 hectares (photo 1). Cette évolution est liée à la révolution agricole qui, dans les années 50, a permis de passer du cheval au tracteur motorisé. L’incidence de ces bouleversements s’observe aujourd’hui sur les sols (photos 2, 3, 4) et les eaux (figure 7) et conduit à leur dégradation progressive. Au total, on montre qu’à la dégradation anthropique des sols qui s’est exercée depuis le néolithique vient s’adjoindre depuis une trentaine d’années seulement une dégradation rapide et profonde, inquiétante pour l’avenir. De nouvelles orientations sont à prendre pour l’agriculture dominante : si les pratiques de gestion du sol ne le préservent pas mieux, alors l’agriculture ne sera pas durable.
Friedrich Albert FALLOU (1794-1877) et sa « Pedologie » . V - Chapitre 3 « Nature du sol ». Comparaison avec A. de Gasparin | p 59-76
Auteurs :
Feller C., Aeschlimann J.-P., Frossard E.
Résumé :
Dans quatre articles précédents (Feller et al., 2008, Frossard et al., 2009, 2011, Aeschlimann et al., 2010), nous avons publié et commenté la traduction intégrale en français de la préface, de l’introduction et du premier chapitre (consacré à la « Genèse du sol »), et donné des extraits du deuxième chapitre d’un ouvrage (1862) publié en allemand par F.A. Fallou (1794-1877) qui fut le créateur du terme « Pedologie » (en allemand). La présente contribution comprend la traduction française complète, accompagnée de quelques commentaires, du troisième chapitre intitulé « Nature du sol » de cet ouvrage. Il y est question des diverses propriétés « générales » (« couleur », « assemblage », « densité ») et « particulières » (« porosité », « pénétrabilité », « solubilité ») du sol. Elles seront discutées en relation avec des extraits du Cours d’agriculture de Gasparin (1860), consacrés aux propriétés physiques des sols.
Des indicateurs de la fertilité des sols | p 77-100
Auteurs :
Fardeau J.-C.
L’évolution des sciences du sol face à l’émergence de la notion de service écosystémique. Résultats d’une étude lexicométrique. | p 101-116
Auteurs :
Hellec F., Brives H.,Blanchart E., Deverre C., Garnier P., Payet V., Peigné J., Recous S., de Tourdonet S., Vian J.-F.
Résumé :
Depuis la publication du rapport du Millenium Ecosystem Assessment (2005), on observe une utilisation croissante de la notion de service écosystémique (SE) par les chercheurs des sciences de la nature. Or cette notion, qui est généralement associée à une évaluation économique des services rendus à la nature par l’homme, renouvelle les relations entre science et politique. Elle réinterroge la nature des connaissances scientifiques, celles-ci devant contribuer plus directement à la définition des politiques de protection de l’environnement. Dans cet article, nous nous sommes plus particulièrement intéressés aux sols agricoles, pour étudier en quoi l’approche par service écosystémique conduit à modifier la production scientifique sur cet objet. Pour ce faire, nous avons réalisé une étude bibliographique approfondie à l’aide du logiciel de lexicométrie Iramuteq. Nous avons analysé plusieurs corpus d’articles scientifiques de sciences du sol publiés entre 1992 et 2012 et sélectionnés sous la base de données Web of Science, puis nous avons comparé les résultats de ces analyses. Nous avons ainsi mis en évidence une évolution forte des thématiques et des relations entre disciplines au sein des sciences du sol depuis les années 1990, avec principalement une montée des approches écologiques dans l’étude des sols agricoles. Nous avons également montré que les articles qui font référence à la notion de SE présentent des spécificités : (i) la modélisation n’apparaît pas comme une méthode centrale d’étude ; (ii) les pratiques agricoles sont appréhendées sous l’angle de la préservation des sols plutôt que de leur exploitation à des fins de production ; (iii) les approches biologiques et écologiques sont diversifiées et centrées davantage sur les communautés et les activités des organismes vivants. Par ailleurs, dans la littérature scientifique analysée, l’étude de processus écologiques et biogéochimiques donnés qui prennent place dans les sols agricoles est privilégiée mais elle n’est pas reliée de manière précise aux services qu’ils sont susceptibles de fournir. Par conséquent, pour l’heure, l’utilisation par les chercheurs en sciences du sol de la notion de SE n’entraîne pas de changements majeurs concernant la nature des connaissances qu’ils produisent sur les sols utilisés par l’agriculture.
Prise en compte de la pierrosité dans les calculs de réserve utile et du besoin en eau pour une culture de maïs. Cas du Loiret | p 29-42
Auteurs :
M. Tetegan, A. C. Richer de Forges, B. Nicoullaud, C. Desbourdes, N. Schnebelen, A. Bouthier, D. Arrouays et I. Cousin
Résumé :
Lors de la caractérisation des propriétés de rétention en eau des sols caillouteux, les éléments grossiers sont souvent, soit totalement négligés, soit considérés comme ne participant pas à la réserve utile des sols. Pourtant l'estimation du fonctionnement hydrique des sols caillouteux nécessite la prise en compte des propriétés hydriques de chacune des phases constituant ce type de sol. Basée sur la carte des sols du Loiret, cette étude a pour objectif de proposer un calcul de la réserve utile des sols tenant compte des capacités de rétention en eau des éléments grossiers. La réserve utile des sols a été calculée via le couplage des classes de pédotransfert proposées par Bruand et al. (2004) pour la terre fine et Tetegan et al. (2011) pour les éléments grossiers. Les résultats obtenus ont démontré que la non prise en compte de la phase caillouteuse dans le calcul de la réserve utile de sols à pierrosités variables pouvait induire parfois près de 50% d’erreur. Pour une culture de maïs, le déficit hydrique moyen annuel évalué sur 21 ans par un modèle de bilan hydrique, est mal estimé sur 80 % de la surface étudiée. Les besoins en eau sont ainsi souvent surestimés, car les éléments grossiers peuvent servir d’apport hydrique non négligeable aux cultures. Ces travaux montrent que les pratiques d'irrigation à l'échelle régionale peuvent être améliorées pour optimiser l'efficacité de l’utilisation de l'eau.
Impact des caractéristiques physiques et hydrodynamiques des sols sur la mortalité de l’ananas (Ananas comosus) en culture intensive au Sud-Est de la Côte d’Ivoire | p 117-127
Auteurs :
F.Y. Kouassi, P.T.K. Angui, J.T. Ama, A. Yao-Kouamé
Résumé :
Il est, de plus en plus, observé une importante variabilité de la mortalité de l’ananas dans une exploitation d’ananas de la Société SCB, en Côte d’Ivoire. L’impact des caractéristiques physiques et hydrodynamiques des sols sur la mortalité de l’ananas a été évalué, afin de déterminer les causes de cette variabilité.
Les teneurs en éléments grossiers et l’humidité à la capacité au champ des sols ont été déterminées au laboratoire, respectivement, à partir du « refus » d’un tamis de maille de 2 mm et dans les couches 0-10, 10-20 et 20-30 cm. La mesure de l’infiltration a été faite par anneau unique. La mortalité de l’ananas a été déterminée de 1999 à 2007. Les résultats ont révélé des taux de mortalité plus élevés dans les sols argilo-limoneux à argileux. Ils ont diminué avec les teneurs en éléments grossiers et la perméabilité des sols, et augmenté avec l’humidité du sol à la capacité au champ.
Cette étude a révélé des corrélations entre les caractères physiques et hydrodynamiques des sols et la mortalité de l’ananas.
Etude de l’impact des épandages d’eaux terreuses, d’eaux décantées et de vinasses issues de l’industrie betteravière sur la teneur en nitrate des eaux de drainage | p 129-146
Auteurs :
E. Burel, R. Duval, P. Robert, R. Delaitre, E. Justes, V. Parnaudeau
Résumé :
L’épandage des effluents de sucrerie et de vinasses de distillerie à l’automne est une technique bien développée dans les régions betteravières en France. L’objectif de cette étude est d’identifier les facteurs de risque de hausse de concentration en nitrate des eaux de drainage suite à ces apports et d’établir un bilan sur la pratique d’épandage. Une étude par simulation a donc été réalisée avec le modèle STICS sur une succession blé-betterave et avec un couvert de moutarde en interculture. L’étude vise à représenter, par simulations, l’ensemble des situations pédoclimatiques des bassins sucriers français où sont pratiqués les épandages d’effluents de sucreries (eaux terreuses et décantées) et vinasses à l’automne, en couvrant une période climatique de 20 ans. Les résultats montrent que les lames d’eau apportées sont drainées en presque totalité. Dans le cadre d'un reliquat post récolte maitrisé et d'une culture intermédiaire implantée précocement et détruite tardivement, l'impact des apports d’effluents favorisant l'organisation de l’azote n'ont qu'un impact très faible voire négligeable sur la qualité des eaux de percolation. Dans le cas contraire le risque augmente significativement et ce d’autant plus que le sol possède une faible capacité de stockage en eau.

2014 - Volume 21 - Numéro 1

Evaluation des stocks de carbone organique des sols cultivés de France | p 7-23
Auteurs :
V. Tosser, T. Eglin, M. Bardy, A. Besson, M. Martin
Résumé :
Le stockage de Carbone Organique du Sol (COS) est un sujet de prime importance dans les négociations internationales visant à lutter contre le changement climatique au travers d’une réduction d’émissions de Gaz à Effet de Serre (GES). Actuellement, les variations de COS sur les terres sans changement d’affectation, qui sont majoritairement causées par l’évolution des modes de gestion, ne sont pas prises en compte dans les inventaires français d’émissions et absorptions de Gaz à Effet de Serre (GES). Pour pallier ce manque, les lignes directrices du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC), proposent trois méthodes, de complexités différentes.
L’objectif de ce travail est d’étudier dans quelle mesure il est possible d’appliquer la méthodologie de Tier 1 des lignes directrices du GIEC (basée sur les facteurs d’émissions), aux sites du Réseau de Mesure de la Qualité des Sols (RMQS), sur une période passée, entre 1990 et 2010, et de façon prospective sur la période 2010-2030. Ce travail repose sur la constitution de séries temporelles d’évolution des pratiques culturales (travail du sol et niveau d’intrants organiques). Pour la période 1990-2010, elles s’appuient sur les données des enquêtes Pratiques Culturales, et pour la période 2010-2030 sur les scénarios d’évolution de l’agriculture de l’étude « Agriculture et Facteur 4 ».
La méthodologie de Tier montre une augmentation du stock de COS de 0,92 tC/ha entre 1990 et 2010, alors que le stockage de COS est compris entre 2,95 et 3,85 tC/ha entre 2010 et 2030.
La cartographie des sols à moyennes échelles en France métropolitaine | p 25-36
Auteurs :
Richer de Forges A.C., Baffet M., Berger C., Coste S., Courbe C., Jalabert S., Lacassin J.-C., Maillant S., Michel F., Moulin J., Party J.-P., Renouard C., Sauter J., Scheurer O., Verbèque B., Desbourdes S., Héliès F., Lehmann S., Saby N.P.A., Tientcheu E., Jamagne M., Laroche B., Bardy M., Voltz M.
Résumé :
Le programme de cartographie des sols à moyennes échelles du territoire français ("Connaissance Pédologique de la France" : CPF) a débuté en 1968. Depuis, environ 24 % du territoire, soit environ 13 millions d’hectares, a ainsi été couvert par une cartographie des sols au 1/100 000 et environ 18 % au 1/50 000, soit plus de 9 millions d’hectares. Sur le plan national, la priorité financière a toutefois été donnée au programme de cartographie de la France au 1/250 000, en voie d’achèvement (King et al., 1999) afin d'aboutir le plus rapidement possible à une connaissance nationale des sols de France à une échelle inférieure au 1/1 000 000. Toutefois, le besoin de cartographie des sols à moyennes échelles est toujours présent et de nouvelles cartes sont publiées chaque année dans le cadre de ce programme. De même, les cartes publiées sont progressivement informatisées (couche graphique et base de données). Cette cartographie joue un rôle essentiel dans l'enrichissement de nos connaissances sur les sols et notamment de leurs lois de répartition dans le paysage. L'informatisation de ces données permet de disposer d'un outil puissant qui constitue un atout précieux pour mieux prendre en compte la nature des sols au niveau local dans différents domaines (agronomie, environnement, aménagement des territoire…) et ainsi mieux répondre à des enjeux de durabilité des activités agricoles, de gestion et d'aménagement des territoires, ou encore de préservation des ressources et des écosystèmes. Elle apporte également une aide non négligeable à la cartographie au 1/250 000 avec notamment une utilisation de ces cartes pour décrypter l’organisation des sols et comme zone d'apprentissage pour de la cartographie numérique.
Les bases de données sur les sols au service des politiques publiques : exemple des zones humides | p 37-49
Auteurs :
B. Laroche, E. Thiry, N. Schnebelen, J.-P. Chenu, J. Moulin, M. Bardy
Résumé :
Les zones humides apparaissent aujourd’hui de par leurs fonctions comme un enjeu fort dans les politiques publiques conduites au niveau européen ou national. De ce fait, de nombreux mécanismes réglementaires se sont mis en place pour contribuer à leur préservation. Un des exemples est l’arrêté du 24 juin 2008 modifié le 1er octobre 2009, applicable en France métropolitaine et en Corse, qui précise les différents critères de définition et de délimitation des zones humides : à partir du sol, de la végétation ou des habitats. L’identification et la délimitation des zones humides restent complexes ; celles-ci ne se limitent pas, comme on pourrait le penser trop facilement, aux bas-fonds alluviaux où se mêlent essentiellement REDUCTISOLS et HISTOSOLS. Pour pouvoir identifier puis délimiter une zone humide à partir du critère sol, l’arrêté du 24 juin 2008 modifié prévoit l’utilisation de données et cartes pédologiques existantes et des investigations sur le terrain si nécessaire. Cet article a pour but de montrer comment les données acquises depuis de nombreuses années au format national DoneSol dans le cadre du Groupement d’Intérêt Scientifique Sol (Gis Sol) peuvent être mobilisées sur cette thématique. Il a aussi pour objectifs d’en discuter les limites.
Diagnostic in situ de la réduction du fer dans les sols par l'utilisation d'un test de terrain colorimétrique | p 51-59
Auteurs :
L. Berthier, V. Chaplot, G. Dutin, A. Jaffrezic, B. Lemercier, A. Racapé, C. Walter
Résumé :
L’hydromorphie des sols est l’expression d’un engorgement en eau plus ou moins prolongé et d’un déficit en oxygène agissant sur leurs propriétés et leurs fonctionnalités. Elle s’exprime en prenant la forme de traits morphologiques souvent persistants, résultant de la dynamique du fer et du manganèse. La profondeur d’apparition, le degré d’hydromorphie (présence/absence d’horizons rédoxiques et/ou horizons réductiques) et sa persistance en profondeur dans les sols sont les critères retenus dans le cadre réglementaire des délimitations de zones humides. Ainsi, les traits pédologiques liés à un engorgement prolongé en eau dans les sols, comme la présence de concrétions de fer et de manganèse, sont classiquement utilisés pour délimiter les zones humides.
La présence de traits d’hydromorphie anciens dans des sols actuellement bien drainés et une confusion avec des traits d’altération de la roche mère peuvent compromettre le diagnostic au cours des inventaires de terrain de zones humides. L’utilisation conjointe du diagnostic morphologique et du test au Fe(II) permet de caractériser le caractère rédoxique et/ou réductique d’un volume pédologique. L’utilisation du test à base de phénantroline mettant en évidence la présence de Fe(II) dans la solution du sol offre une information complémentaire à l’approche morphologique des traits réductiques. La réaction à ce test permet le développement d’une coloration rouge en présence de Fe(II). Outre des limites inhérentes au réactif et aux variations des conditions hydrologiques, ce test permet dans de nombreux cas de lever des indéterminations pédologiques. Le test est bon marché et facile à utiliser. Une aide à la détermination du caractère rédoxique et/ou réductique d’un volume pédologique, fondée sur l’utilisation conjointe du diagnostic morphologique et du test au Fe(II), est finalement proposée.
Editorial | p 5
Auteurs :
R. Vandererven, D. Arrouays
Classement des sols et classement des terres pour l'aménagement foncier : méthodes et adaptation en Alsace | p 61-76
Auteurs :
Party J.-P., Sauter J., Lux M., Muller N.
Résumé :
En France, les opérations d'aménagement foncier passent par un classement des terres traditionnellement réalisé par une Commission Communale d'Aménagement Foncier (CCAF) réunissant exploitants agricoles, propriétaires fonciers, conseillers municipaux, géomètres et agents du Département. En milieu agricole, la méthode utilisée est estimative et basée sur les rendements de plusieurs parcelles de référence vis-à-vis desquelles toutes les autres sont classées par comparaison.
En Alsace, depuis 2010, le Conseil Général du Haut-Rhin, du fait d'enjeux territoriaux importants susceptibles de biaiser les classements de terre, a exprimé la volonté d'acquisition d'une base plus objective. Ainsi, une méthode de classement des sols s'appuyant sur des études cartographiques à 1/5 000 - 1/10 000 sur assemblage cadastral a été mise au point à partir d'essais antérieurs et des pratiques actuelles de pays frontaliers (Belgique, Allemagne, Suisse). Nous en présentons 2 exemples de cas concrets, les atouts et les limites de cet apport complémentaire aux travaux plus classiques du géomètre, ainsi que les actions de formation et d'information qui en ont été dérivées ces 3 dernières années auprès d'agents de la fonction publique territoriale.
Plus généralement enfin, la méthode proposée pourrait s'inscrire dans une démarche appliquée à d'autres espaces du territoire français, notamment dans les espaces péri-urbains dans lesquels les enjeux de consommation d'espace deviennent cruciaux. Des réflexions sont d'ailleurs en cours à l'ADEME (programme GESSOL / UQUALISOL-ZU) et au sein du RMT Sols et Territoires (http://www.sols-et-territoires.org/) sur ce sujet d'actualité.
Reconnaître les sols de zones humides : Difficultés d'application des textes réglementaires | p 85-102
Auteurs :
Denis Baize, Christophe Ducommun
Résumé :
En France, la législation actuelle relative aux "zones humides" découle de la loi sur l'eau. Elle est composée d'un décret et de deux arrêtés, le deuxième (octobre 2009) venant modifier le contenu du premier (juin 2008). Ces textes ont été complétés par une circulaire.
Cet article s'adresse à tous ceux qui ont à appliquer ces textes sur le terrain et qui doivent décider objectivement si des sols sont des "sols de zones humides" ou non, sur la base d'observations faites le plus souvent grâce à des sondages à la tarière. Son principal objectif est d'attirer l'attention sur les difficultés qu'il y a à appliquer concrètement les directives contenues dans les deux arrêtés et, finalement, à définir les "sols de zones humides". En outre, les limites de ces deux arrêtés et de la circulaire vont être évoquées et des améliorations vont être suggérées.
Données de sols dans la forêt française : état sommaire de l'existant et intérêt de leur mobilisation | p 103-112
Auteurs :
Party J.-P., Granier A.
Résumé :
Compte tenu de leur accumulation au cours des 25 dernières années, la mobilisation des dizaines de milliers de données existantes sur les sols forestiers présente un intérêt certain quant à leur généralisation cartographique. En effet, des besoins forestiers, pour lesquels leur utilisation s'avère aujourd'hui essentielle, ont été bien identifiés par le RMT Aforce « Adaptation des forêts au changement climatique » notamment vis-à-vis des flux et bilans d'eau et de leurs variations dans les écosystèmes forestiers (journées REGEFOR 2013). Alors que la base nationale DONESOL (InfoSol-INRA Orléans) montre des profils forestiers sous-représentés (densité d'environ moitié moindre qu'en milieu agricole), d'autres sources ponctuelles peuvent être mobilisées telles que la base ECOPLANT (AgroParisTech Nancy) ou la base de données écologique de l'IGN-IFN. Ces données ponctuelles peuvent aujourd'hui être spatialisées selon des lois de répartition des sols décryptées pour les trois quarts du territoire français d'une part dans des cartes de référence à moyenne échelle informatisées (programme CPF-INRA) et d'autre part dans les catalogues de stations forestières. En assurant d'une part, une synergie entre toutes ces sources de données qui détiennent chacune une partie des données nécessaires et d'autre part avec un minimum de travail de terrain complémentaire essentiel à la qualité du résultat, une carte des sols à moyenne échelle (1/50 000-1/100 000) homogène et à usages multiples pour tout l'espace forestier français pourrait ainsi être établie à court ou moyen terme. Ceci permettrait d'apporter une réponse aux besoins en données de sols aujourd'hui nécessaires à cette échelle pour les forestiers.
Le Réseau Mixte Technologique Sols et Territoires : développer la connaissance des sols dans les territoires. Principes, bilan et perspectives | p
Auteurs :
C. Guellier, M. Bardy, S. Andrianarisoa, B. Balloy, L. Bargeot, A. Chafchafi, C. Ducommun, F. Kockmann, B. Laroche, B. Lemercier, J. Moulin, J. Sauter, O. Scheurer, F. Templereau, N. Schnebelen, J.-L. Fort
Résumé :
Dans une perspective de gestion durable des territoires, des outils et compétences sont nécessaires et attendus pour prendre en compte les sols dans l’action publique. Le RMT Sols & Territoires, créé le 29 octobre 2010, est organisé autour de deux enjeux centraux visant la connaissance et la valorisation des données sols spatialisées. Dans le cadre de son renouvellement, une évaluation du réseau a été faite en 2013. Cet article en présente les principaux résultats, ainsi que les perspectives du réseau.
En seulement 3 ans, le RMT Sols et Territoires a su fédérer et animer un réseau de partenaires dynamique, qui a vu le lancement de nombreux chantiers dont les premières productions sont « visibles ». Pendant près de 3 ans, le RMT a mobilisé 13 partenaires fondateurs soit 46 personnes et 9 Equivalent Temps Plein (ETP) qui ont participé activement aux différents chantiers. Le public touché par le réseau au travers des séminaires, de l’infolettre et du site internet est d’environ 1 500 personnes. L’enjeu du réseau pour les années à venir sera de consolider et élargir son partenariat et d’intégrer des thématiques nouvelles parmi ses actions.
Le programme Inventaire Gestion Conservation des Sols de France : volet Référentiel Régional Pédologique | p 125-140
Auteurs :
B. Laroche, A.C. Richer de Forges, S. Leménager, D. Arrouays, N. Schnebelen, M. Eimberck, B. Toutain, S. Lehmann, E. Tientcheu, F. Héliès, J-P. Chenu, S. Parot, S. Desbourdes, G. Girot, M. Voltz, M. Bardy
Résumé :
Cet article a pour objectif, un peu plus de dix ans après la mise en place du Groupement d’Intérêt Scientifique Sol, de faire un état de l’art sur l’avancement du volet RRP du programme national IGCS. Ce volet initié au début des années 90 vise à produire une cartographie des sols à 1/250 000 sur le territoire français. Bien que les débuts aient été difficiles, l’adhésion des différentes régions s’est faite progressivement, et il ne reste aujourd’hui que quelques départements à engager. Dans cet article, il s’agit en particulier de décrire et d’analyser les évolutions du cadre de collecte, du partenariat, de l’acquisition et de la vérification des données, ainsi que de la valorisation qui en est faite. Ces différents éléments permettent enfin de dégager des perspectives pour le programme.
Le programme Base de Données des Analyses de Terre (BDAT) : bilan de 20 ans de collecte de résultats d’analyses. | p 141-150
Auteurs :
Saby N.P.A., Lemercier B., Arrouays D., Leménager S., Louis B.P., Millet F., Paroissien J.-B., Schellenberger E., Squividant H., Swiderski C., Toutain B., Walter C., Bardy M.
Résumé :
Le programme Base de Données des Analyses de Terre (BDAT) regroupe depuis vingt ans les résultats d’analyses d’horizons de surface de sols cultivés, effectuées sur l’ensemble du territoire national, à la demande d’agriculteurs, par des laboratoires agréés par le Ministère en charge de l’agriculture. Cet article a pour objectif de présenter les derniers résultats produits par ce programme. Il aborde successivement la présentation de l’organisation du programme, des développements méthodologiques connexes et des principaux résultats sur le statut et l’évolution des propriétés des horizons de surface des sols cultivés. A ce jour, la BDAT recense 22 830 147 résultats analytiques provenant de 1 962 238 échantillons récoltés sur la période 1990-2009. L’analyse de ces données permet par exemple de mettre en évidence à l’échelle nationale une forte hétérogénéité spatiale de la richesse en phosphore assimilable, des baisses des teneurs en carbone des sols initialement les plus pourvus et d’une hausse généralisée des pH des sols non calcaires. Cependant, les biais statistiques inhérents à la stratégie d’échantillonnage adoptée peuvent être importants et difficilement quantifiables. Des précautions doivent être prises pour interpréter les résultats issus d’analyses d’une telle base de données. Cependant, le programme BDAT constitue une source d’informations importante sur la variabilité des propriétés des horizons de surface des sols cultivés et les résultats statistiques agrégés sont aujourd’hui librement disponibles sur internet (http://bdat.gissol.fr).
Les Pédo-paysages des plaines centrales de Midi-Pyrénées | p 77-84
Auteurs :
Guiresse M.,Cambou E., Collin Bellier C., Denjean A., Falba P., Guigues E., Mouclier M., Muller N., Nesling E., Party J.P., Rigou L., Schneider A., Toiser A., Vauthier Q., Yken E., Revel J.C.
Résumé :
Les sols des zones de plaines de la région Midi-Pyrénées montrent une grande diversité liée, notamment, au carrefour des influences climatiques passées et actuelles : glaciaire, méditerranéenne et atlantique. Le présent article illustre la distribution des principales Unités Typologiques de Sols parmi les Unités pédo-paysagères dans les zones de plaines depuis le nord du Lot jusqu'au piémont ariégeois. La couverture pédologique y est très marquée par la nature des grands ensembles sédimentaires, depuis les contreforts du Massif central, jusqu'à la Molasse argilo-calcaire très largement étendue dans le bassin toulousain.

2013 - Volume 20 - Numéro 1

Vers une cartographie numérique des propriétés des sols du monde : Le programme GlobalSoilMap | p 7-14
Auteurs :
J. W. Hempel, A. B. McBratney, N. J. McKenzie, A. E. Hartemink, R. McMillan,
P. Lagacherie, D. Arrouays
Résumé :
A l’heure où il est reconnu que la connaissance et la protection des sols sont des piliers majeurs pour répondre à de grands enjeux planétaires (sécurité alimentaire, changement climatique, accaparement des terres, urbanisation et artificialisation, gestion de l’eau…), il paraît plus que jamais indispensable de se doter d’outils permettant de prendre en compte les propriétés des sols à l’échelle mondiale. Face à ces constats, les initiatives internationales se multiplient. L’une d’elle, le projet GlobalSoilmap, vise à produire, à terme, une base de données digitale harmonisée et mondiale de quelques propriétés des sols. Il a été lancé en 2006 à l’initiative du Groupe de Travail « Digital Soil Mapping » de l’Union Internationale de Science du Sol (IUSS).
Il est porté par un consortium qui réunit des organismes leaders dans le domaine de la cartographie des sols. L’objectif du programme est de produire une base de données librement accessible de quelques propriétés des sols d’intérêt majeur, sous forme d’une grille raster au pas de 100 mètres, et ce, sur la totalité du Monde, surfaces artificialisées exclues. Il est prévu de délivrer ces propriétés sous la forme de valeurs moyennes assorties d’intervalles de confiance (ou fourchettes de valeurs les plus probables) de façon à rendre compte en même temps de l’incertitude associée. La prédiction de ces propriétés à des profondeurs standard est faite en utilisant la fonction « Spline » pour transformer des données recueillies par horizons ou par couches de profondeurs connues en un profil continu modélisant la distribution de la propriété en fonction de la profondeur. Une attention particulière est portée à l’estimation des incertitudes. Bien qu’aucun pays n’ait actuellement produit une couverture exhaustive de toutes les propriétés, un certain nombre de pays se sont lancés dans l’aventure, et disposent déjà, pour tout ou partie de leur territoire, de quelques produits conformes aux spécifications de GlobalSoilMap.
Potentiel de la spectrométrie gamma aéroportée pour la cartographie des sols et du régolithe : une mini-revue et des premiers exemples en régions Centre et Limousin | p 15-28
Auteurs :
B. Laroche, A. Richer de Forges, N. Saby, G. Martelet, B. Tourlière, J. DeParis, F. Messner, J. Wetterlind, J. Moulin, D. Froger, D. Arrouays
Résumé :
Cet article fait une première analyse du potentiel de la spectrométrie gamma aéroportée (SGA) pour la cartographie des sols et du régolithe. On présente tout d’abord le principe de cette méthode de mesure, sa couverture du territoire et une courte revue des applications qui ont été déjà réalisées en France et dans le monde en ce qui concerne la cartographie des sols et du régolithe. On présente ensuite trois essais méthodologiques qui ont été récemment menés en France, dans les régions Centre et Limousin. Ces applications
montrent le caractère prometteur de l’utilisation de cette technique pour la cartographie numérique. La mise en oeuvre de ces données dans divers contextes géologiques, géomorphologiques ou d’occupation du sol mérite d’être plus amplement évaluée, comme outil d’aide à la cartographie des sols.
Cartographie numérique d’une carte pédologique au 1/50 000 dans le Doubs, France | p 27-46
Auteurs :
S. Lehmann, M. Eimberck, M. P. Martin et D. Arrouays
Apport de la cartographie numérique des sols pour prédire l’hydromorphie et l’extension des zones humides potentielles à l’échelle régionale | p 47-66
Auteurs :
B. Lemercier, M. Lacoste, M. Loum, L. Berthier, A.L. Le Bris et C. Walter
Résumé :
Les outils de la Cartographie Numérique des Sols (CNS) permettent de prédire des propriétés pédologiques sur de vastes étendues à partir d’informations limitées sur les sols et de variables exhaustives traduisant les facteurs de formation des sols. L’objectif de cette étude était d’établir, à l’échelle de la région Bretagne, des cartes de prédiction de l’hydromorphie et des zones humides par apprentissage automatique, et de les valider avec des données indépendantes. La première étape a consisté à établir un modèle basé sur les relations
sol-environnement physique pour prédire l’hydromorphie selon 4 classes. La méthode appliquée est une classification supervisée par arbre stochastique optimisée (algorithme AdaBoost-SAMME implémenté dans la boîte à outil ‘adabag’ du logiciel R). Le modèle a été calibré à partir de 1652 points où l’hydromorphie était connue et de 14 variables environnementales exhaustives sur la région, puis extrapolé à l’ensemble de la zone d’étude (27 360 km²). Dans une seconde étape, l’extension des zones humides potentielles a été dérivée de celle de l’hydromorphie par reclassement des valeurs prédites selon les critères pédologiques de l’arrêté du 1er octobre 2009 relatif à l’identification et à la délimitation des zones humides. Les prédictions ont été validées à partir d’informations pédologiques (données ponctuelles, cartes pédologiques précises numérisées et référentiel régional pédologique de Bretagne à 1/250 000) et d’inventaires de zones humides considérés comme fiables disponibles dans le Finistère.
Les variables qui contribuent le plus au modèle de prédiction de l’hydromorphie sont l’occupation du sol, le matériau parental et la pluviométrie, suivies de la courbure verticale et de la dénivelée au cours d’eau. La précision interne du modèle est satisfaisante : le taux de prédictions correctes calculé à partir des données de calibration est de 77 %, l’indice de Kappa de 70 % et les 4 classes d’hydromorphie sont correctement prédites. La distribution spatiale des sols hydromorphes et des zones humides est très cohérente avec les connaissances préexistantes bien que l’hydromorphie et les zones humides semblent surestimées. Cette surestimation est confirmée par la validation des résultats du modèle par comparaison aux observations ponctuelles indépendantes (n =3 348) et aux cartes des sols précises : les taux de prédictions correctes sont de 55 et 36 % respectivement, et les sols non hydromorphes sont sous-estimés.
Cette étude a permis d’établir une procédure complète de prédiction de l’hydromorphie et de l’extension spatiale des zones humides potentielles à l’échelle d’une région, à une résolution fine et assortie une incertitude. La procédure est répétable et adaptable, ce qui permet d’envisager d’améliorer les performances du modèle, voire de la transposer à d’autres secteurs qui disposeraient de suffisamment de données pédologiques et de variables prédictives exhaustives.
Cartographie numérique des sols : principe, mise en œuvre et potentialités | p 83-98
Auteurs :
P. Lagacherie, D. Arrouays, C. Walter
Résumé :
La production de bases de données spatiales permettant d’appréhender les variations de nature et de propriétés des sols de l’échelle globale jusqu’aux échelles locales représente un préalable pour permettre une gestion raisonnée des territoires face aux grands enjeux actuels (sécurité alimentaire, gestion de la ressource en eau, maîtrise des rejets de CO2,…). Dans cette perspective, la cartographie numérique des sols (CNS) propose une démarche présentant des coûts de mise en œuvre acceptables pour pallier les fréquents manques en bases de données spatiales sur les sols constatés à l’échelle mondiale.
Nous présentons dans ce papier une synthèse des avancées en CNS réalisées au cours de ces vingt dernières années. Nous exposons successivement ses principes généraux - résumés dans l’équation conceptuelle s = f(s,c,o,r,p,a,n) + ℇ – ,les éléments importants de sa mise en œuvre – les fonctions de prédiction développées, les données spatiales sur les sols et les covariables de paysage utilisées, les méthodes d’estimation d’incertitude - , quelques résultats significatifs déjà obtenus et l’évocation des verrous et opportunités qui jalonnent son futur proche.
L’analyse sur quelques exemples d’application de CNS montre que, dans certains contextes pédologiques, des propriétés de sol ou classe de sols sont estimées avec des précisions acceptables validant ainsi, a minima, des principes et pratiques sur lesquels se fonde la CNS. Cette analyse révèle par contre les limites actuelles de la CNS à prédire certaines propriétés de sol dans certains contextes pédologiques. Des travaux scientifiques sont en cours pour lever certaines de ces limites.
Cartographie du risque d’érosion hydrique à l’échelle parcellaire en soutien à la politique agricole wallonne (Belgique). | p 67-82
Auteurs :
A. Maugnard, C.L. Bielders, L. Bock, G. Colinet, H. Cordonnier, A. Degre, P. Demarcin, A. Dewez, N. Feltz, X. Legrain, N. Pineux, A.I. Mokadem
Résumé :
L’érosion hydrique des sols pose le problème de la protection de la ressource « sol » mais également de la prévention des impacts environnementaux et sociétaux qui y sont associés tels que la dégradation de la qualité des eaux de surface, l’envasement des retenues d’eau et des bassins d’orage ou encore les inondations boueuses. Afin de cibler au mieux les mesures de lutte anti-érosives, il convient d’identifier les parcelles les plus à risque d’érosion. Mettant à profit la disponibilité d’importantes bases de données en matière de climat, sol, topographie, parcellaire et occupation du sol, une procédure automatisée de calcul de l’aléa érosion hydrique potentielle à l’échelle parcellaire, adaptée du modèle RUSLE, a été mise au point pour la Wallonie (Belgique). La carte de l’aléa érosion potentielle montre une sensibilité maximale à l’érosion hydrique en Ardenne et Haute-ardenne, en raison du relief accentué et d’une érosivité plus importante des pluies. Pour les principales zones agro-pédologiques de Wallonie, un suivi des principales cultures (céréales d’hiver, maïs, betterave, pomme de terre, colza, lin) a également été réalisé, permettant d’estimer le facteur cultural C des principales successions culturales et ainsi l’érosion effective. La prise en compte de l’occupation du sol fait cette fois ressortir un aléa maximal dans les Régions (sablo-)limoneuses et le Condroz, en raison des superficies importantes de grandes cultures industrielles. En Ardenne et Haute-Ardenne, l’aléa d’érosion effective est faible en raison d’une couverture végétale dominée par les prairies permanentes. Enfin, sur base de la carte numérique des sols de Wallonie, une classification de la vulnérabilité des sols à l’érosion a été établie à partir du volume de sol exploitable par les racines. La vulnérabilité des sols apparaît élevée sur une majorité du territoire wallon, à l’exception des Régions (sablo-)limoneuses et de la Région jurassique. Un indice d’érosion, calculé comme le rapport de l’érosion potentielle (aléa) sur l’érosion tolérable (vulnérabilité), permet de calculer le risque d’érosion hydrique et, par conséquent, de cibler au mieux les parcelles pour lesquelles l’érosion constitue une menace majeure pour leur valorisation durable. Une gestion appropriée de ces parcelles par un choix judicieux en termes d’occupation du sol (forêt, prairie, rotations culturales) et de pratiques culturales (p.ex., TCSL, inter-cultures) devrait permettre d’y réduire les risques de dégradation des sols par érosion hydrique.

2013 - Volume 20 - Numéro 2

Pédogenèse polyphasée et transferts de polluants métalliques contraints par des structures cryogéniques : Le cas des sols sous épandages massifs d’eaux usées dans la plaine agricole de Pierrelaye | p 7-26
Auteurs :
F. van Oort, M. Thiry, E. Foy, K. Fujisaki et B. Van Vliet-Lanoë
Résumé :
Des structures cryogéniques, organisées en réseaux polygonaux de 20 à 30 m, ont été mises en évidence dans les sols de la plaine de Pierrelaye-Bessancourt. La présence de ces structures cryogéniques millénaires interroge sur les conditions hydrologiques locales qu’elles engendrent et le rôle de celles-ci sur le transfert des polluants accumulés dans les sols de la plaine suite aux épandages massifs, pendant un siècle, d’eaux usées de l’agglomération parisienne. Des réponses ont été cherchées par la combinaison d’études géophysiques et pédologiques (résistivité électrique, examen pédologique de tranchées, minéralogie, analyses pédogéochimiques, micromorphologie, microfluorescence-X), menées à différentes échelles (parcelle, solum, constituants).
Les structures cryogéniques correspondent à des affaissements/déformations des horizons E et BT et sont séparées du substrat calcaire par une "stone-line" de fragments calcaires. La concordance géométrique des horizons et du substrat témoigne d’une pédogenèse ancienne intervenue avant la mise en place des cryoturbations lors de la dernière période périglaciaire. L’ancienneté de cette pédogenèse est aussi attestée par la fragmentation et la déformation, par cryogénie, des illuviations argilo-ferrugineuses dans ces horizons. Par ailleurs, des revêtements minces d’argile limpides dans la partie supérieure du BT ainsi que des accumulations calcaires disposées en larges bandes horizontales, donc non affectées par la cryoturbation, témoignent eux d’une pédogénèse plus récente, post-cryogénies. Ces illuviations limpides et ces accumulations calcaires sont corrélatives de la décarbonatation qui a conduit à la formation de Néoluvisols durant l’Holocène.
Sous épandages d’eaux usées, les sols présentent des traits pédologiques spécifiques qui n’apparaissent jamais dans les sols hors du périmètre d’épandage : la dégradation des revêtements d’argile, la formation de ferranes et manganes, et le blanchiment de l’horizon E. Ces traits pédologiques témoignent d’une évolution pédologique récente, liée aux grands volumes d’eaux usées (≈ 2 000 mm par an), qui ont traversé ces sols durant le XXe siècle. Les analyses pédologiques montrent une évolution minéralogique de la smectite en minéral de type intergrade, une diminution importante (jusqu’à 50 %) de la CEC et une augmentation de la proportion d’aluminium échangeable. Ces modifications minéralogiques et physicochimiques sont le résultat de la ferrolyse, un processus engendré par les alternances d’oxydo-réduction dues aux pratiques d’épandages massifs. Les manifestations de la dégradation des sols sont maximales au droit des invaginations, dans la partie supérieure de l’horizon BT. Les plus forts contrastes de couleur et de texture sont caractéristiques des Luvisols Typiques. A l’écart des structures invaginées, les sols sont peu épais et l’horizon de labour repose parfois directement sur le calcaire fragmenté.
La configuration des structures cryogéniques, avec d’épais niveaux argileux invaginés formant un réseau polygonal et des sols peu épais au centre des polygones, conduit à des conditions hydrodynamiques contrastées à l’échelle décamétrique. L’impact sur le transfert de métaux vers le substratum est attesté par des teneurs plus élevées en métaux dans la fraction réactive fine des substrats calcaires à l’écart des structures invaginées, notamment Zn et Cu, par rapport à celle des substrats à proximité de ces structures.
Enfin, les alternances des conditions redox induites par les irrigations ont des incidences sur la géochimie des polluants dans les sols, comme en témoignent la coprécipitation d’éléments majeurs (Fe, Mn) et de métaux (Zn, Cu, Pb) sous forme de ferranes et manganes dans les horizons profonds.
Rôle de la végétation sur l’évolution des caractéristiques physico-chimiques de la surface d’un bassin d’infiltration des eaux pluviales | p 27-38
Auteurs :
J.-P. Bedell, M. Saulais, C. Delolme
Résumé :
Les bassins d’infiltration sont des ouvrages de gestion des eaux pluviales. Une décantation, en surface des matières en suspension contenues dans les eaux pluviales, donne lieu à des dépôts contaminés. Une végétation spontanée peut coloniser spontanément le bassin et avoir un effet au cours de sa croissance sur l’évolution de la surface du sol. L’étude a pour but de caractériser les principales propriétés géochimiques de la surface contaminée d’un bassin d’infiltration végétalisé et leur évolution en fonction de la croissance des végétaux. Le bassin d’infiltration, d’une surface de 8000 m2 présente une végétation naturelle, répartie de manière hétérogène, avec une zone humide à l’entrée du bassin. Trois zones, colonisées respectivement par des peuplements monospécifiques de Typha latifolia, Phalaris arundinacea et Eleocharis palustris, ont été retenues. Des prélèvements du dépôt de surface de chaque zone ont été réalisés à trois stades de développement des plantes. La caractérisation des dépôts a porté sur des paramètres physiques (teneur en eau, granulométrie) et des paramètres chimiques (pH, CEC, perte au feu, teneurs en carbonates, ions nitrate et sulfate solubles, éléments traces…). L’analyse des paramètres physiques montre que, dans les trois zones colonisées, la teneur en eau dans le dépôt est élevée quelle que soit la saison, avec un minimum de 44% MS. Ces résultats vont dans le sens d’une arrivée régulière d’eaux pluviales dans ces zones, voire la stagnation de l’eau. La texture des dépôts évolue à la fois en fonction de la saison et de la zone. Leurs teneurs en métaux sont très élevées et restent relativement stables. Les dépôts sont fortement carbonatés, ce qui s’explique par le contexte géochimique, avec un substratum constitué de dépôts fluvioglaciaires très chargés en carbonates. Les teneurs en carbonates évoluent peu. De la même façon, les teneurs totales en éléments majeurs (K, Mg, Ca, Al, Fe), le pH, les teneurs totales en azote (N)et phosphore (P) sont très peu variables que ce soit en fonction du couvert végétal ou de la saison. Les paramètres caractéristiques de la matière organique (perte au feu et carbone organique) sont davantage variables, notamment en fonction de la saison. Enfin, les dépôts au droit des trois zones se différencient principalement par l’évolution saisonnière des teneurs en ions, en particulier des ions sulfates et nitrates. Ces paramètres sont particulièrement à prendre en compte dans le cadre des études sur la dynamique de la contamination des ouvrages végétalisés.
Effet de la température sur le devenir des pesticides dans les sols et conséquences pour l’évaluation des risques environnementaux : Cas du glyphosate et des herbicides sélectifs | p 39-54
Auteurs :
L. Mamy, E. Barriuso et B. Gabrielle
Résumé :
L’introduction de cultures génétiquement modifiées résistantes au glyphosate est supposée diminuer le nombre et les doses d’herbicides (le glyphosate ayant un large spectre d’action et une efficacité reconnue), donc réduire les risques de contamination de l’environnement. Cependant, les études qui comparent rigoureusement le devenir du glyphosate dans l’environnement à celui des herbicides utilisés avec les cultures non résistantes sont rares. Le devenir des herbicides dans le sol, compartiment clé de l’environnement, dépend de la structure chimique des composés, des caractéristiques des sols et des conditions climatiques, en particulier des paramètres température et humidité. Ainsi, l’objectif de ce travail est de comparer, à trois températures et dans trois sols différents (Rendzine superficielle, Cambisol calcaire, Cambisol désaturé), le devenir du glyphosate à celui de la trifluraline et du métazachlore (herbicides du colza), de la métamitrone (betterave) et de la sulcotrione (maïs). Des solutions aqueuses d’herbicides marqués au 14C ont été appliquées sur les trois sols à des doses agronomiques. Puis, les sols ont été incubés à l’obscurité à 28 °C, 18 °C ou 4 °C et à humidité constante pendant 5 mois. Les résultats ont montré que lorsque la température décroît, la proportion de résidus d’herbicides restant extractibles augmente parce que la dégradation des herbicides ralentit. Ainsi, la minéralisation diminue, de même que la quantité de résidus non extractibles, sauf dans les cas du glyphosate et de la métamitrone. La dégradation complète sous forme de 14CO2 (minéralisation) varie en fonction des caractéristiques des sols, pH et teneur en carbone organique en particulier, et de l’intensité de la rétention des herbicides la biodisponibilité des herbicides pour être biodégradés est réduite quand la rétention est élevée. A 4 °C, après cinq mois d’incubation, tous les herbicides, sauf la sulcotrione, sont encore détectés. En particulier, jusqu’à 18 % du glyphosate initialement apporté ont été extraits du Cambisol désaturé. Les herbicides sont donc susceptibles de persister longtemps dans les sols à basse température. De même, les quantités résiduelles des métabolites majeurs du glyphosate, de la sulcotrione et du métazachlore sont significatives au maximum, elles atteignent respectivement, en pourcentages des quantités initiales, 39,3 %, 68,5 % et 62,3 % à 4 °C. La disponibilité des herbicides et de leurs métabolites, estimée par les quantités extractibles, est directement reliée aux risques de lixiviation. Ainsi, ces 40 derniers augmentent à basse température. Comparé aux herbicides sélectifs, le glyphosate est rapidement minéralisé, même à faible température, et présente donc moins de risques pour l’environnement. Cependant, les bénéfices potentiels de l’implantation des cultures résistantes au glyphosate sont contrebalancés par la persistance dans les sols de son principal métabolite, qui est déjà fréquemment détecté dans les eaux, et par l’augmentation des résidus non extractibles à basses températures.
Caractérisation physique des sols par méthodes géophysiques et télédétection : bilan et perspectives | p 71-80
Auteurs :
G. Grandjean et R. Guérin
Résumé :
La caractérisation physique des sols à partir de mesures proximales - de type géophysiques - ou plus distales - à partir de plateformes aéroportées ou spatiales - a donné lieu récemment à des avancées technologiques et scientifiques notables. La compréhension des processus qui affectent les sols s’appuie de plus en plus sur des modèles numériques généralement couplés et nécessitant en entrée de multiples paramètres physiques. L’utilisation de tels modèles nécessite donc de compléter les descriptions pédologiques par des variables d’état pouvant être, sur des courtes échelles de temps, stationnaires ou transitoires. Bien sûr, les techniques géophysiques utilisées pour cartographier ces paramètres, à plus ou moins grande échelle, évoluent rapidement, au grès de l’innovation technologique et informatique. Ces méthodes offrent en effet un réel intérêt par rapport aux méthodes pédologiques classiques car elles s’appuient sur des mesures physiques objectives dont les incertitudes peuvent être estimées. Cette réflexion a pour objectif de dresser un bilan des avancées qui ont permis d’améliorer la caractérisation physique des sols et d’en montrer la plus-value. Cette étude ne se veut pas
exhaustive car le champ scientifique est très vaste et sortirai du cadre demandé. En revanche, nous utiliserons des travaux récents pour illustrer la nature de ces avancées et évaluer leur potentialité à venir dans l’amélioration des connaissances.
Les sols dans la tête : Pratiques et conceptions des sols d’agriculteurs vendéens | p 81-95
Auteurs :
C. Compagnone, A. Sigwalt et J. Pribetich
Résumé :
Limiter la dégradation des sols, dans l’objectif d’un développement agricole durable, nécessite de comprendre comment les agriculteurs conçoivent et caractérisent les sols de leurs exploitations. Une enquête a été menée auprès d’agriculteurs afin de saisir, à partir de leurs discours, leurs conceptions des sols. Cette enquête a pris la forme d’entretiens collectifs réalisés en Vendée auprès d’agriculteurs rassemblés, selon leur mode de production, dans trois groupes différents : en agriculture de conservation, en agriculture biologique ou en agriculture conventionnelle. Les résultats montrent que, selon leurs préoccupations pratiques, les agriculteurs des trois groupes ne s’intéressent pas aux mêmes aspects du sol. Les agriculteurs en agriculture de conservation des sols (ACS) se différencient ainsi le plus fortement des agriculteurs en agriculture biologique (AB) dans la façon dont ils disent mobiliser la diversité de leurs sens pour caractériser les sols, et dans leur manière d’appréhender le sol comme une entité autonome, ayant sa propre logique de fonctionnement.
En revanche, ces types d’agriculteur en ACS et en AB sont proches dans la place centrale qu’ils accordent à la matière organique dans leur mode de production. Ils se retrouvent de même dans leur critique des outils techniques et connaissances agronomiques classiques, qui ne sont plus pertinents pour leurs pratiques. Les agriculteurs en agriculture conventionnelle (AL), qui, eux, pratiquent toujours le labour, présentent une richesse d’appréhension des caractéristiques du sol intermédiaire à celle des deux types précédents.
Six années de suivi du flux d’érosion éolienne sur un sol sableux cultivé au Sahel : Impacts des résidus de culture et de l’encroûtement | p 55-68
Auteurs :
A. Abdourhamane Touré, J.-L. Rajot, Z. Garba, R. Guillon, T. A. Didier,
B. Marticorena, C. Petit et D. Sebag
Résumé :
Au Sahel, l’érosion éolienne se développe particulièrement sur les surfaces cultivées. La présente étude vise : 1) à quantifier les résidusde culture sur les champs traditionnels pour en déterminer leurs impacts sur l’intensité des flux d’érosion éolienne ; 2) à déterminer le rôle de l’érosion éolienne dans le développement des croûtes d’érosion d’horizon B et à déterminer en retour l’impact de cet encroûtement sur le flux d’érosion éolienne ; 3) à tester le rôle que pourraient jouer des aménagements de type bandes enherbées sur des sols nus très sensibles.
Six années de mesures de flux d’érosion éolienne ont été entreprises à Banizoumbou dans le sud-ouest du Niger. Celles-ci ont permis de montrer que les résidus de culture protègent la surface des champs de l’érosion éolienne pendant la saison sèche (janvier – avril) et la diminuent significativement (de plus de 3 fois) au début de la saison des pluies (mai – juillet). Cependant, en dessous d’un seuil de 100 kg.ha-1 de recouvrement par les résidus de culture, l’érosion éolienne intervient pendant toutes les saisons, favorisant du coup le développement des croûtes d’érosion. Celles-ci peuvent modifier les flux d’érosion éolienne en limitant le stock de particules mobilisables.
Par ailleurs, les bandes enherbées ont contribué à baisser les flux d’érosion éolienne sur les sols nus, mais n’ont pas évité le développement des croûtes.
Effets du pH du sol sur le test de génotoxicité Vicia-micronoyaux | p 107-115
Auteurs :
A. Dhyèvre, A.-S. Foltête, D. Aran, S. Muller et S. Cotelle
Résumé :
Face à la multiplication des sites et sols contaminés, il est nécessaire d’apporter une solution technique pour évaluer le potentiel génotoxique des sols. En effet, il n’existe actuellement aucun test normalisé au niveau international pour mesurer la génotoxicité (toxicité vis-à-vis du matériel génétique) des matrices solides par exposition directe. La normalisation ISO du test Vicia-micronoyaux nous a amenés à travailler sur l’effet du pH sur la fréquence des micronoyaux ainsi que la gamme de pH dans laquelle le test est réalisable.
Deux approches ont été envisagées : la modification artificielle du pH d’un sol et l’exposition à des sols de pH naturellement différents. Les résultats montrent que le test peut être réalisé en respectant les critères de validité dans une gamme de pH allant de 3,1 à 9,0 sans observer d’augmentation de la fréquence des micronoyaux. Les tests réalisés avec les sols naturels de pH différents confirment ces résultats.
Cartographie du risque d’érosion hydrique à l’échelle parcellaire en soutien à la politique agricole wallonne (Belgique) | p 127-141
Auteurs :
A. Maugnard, C.L. Bielders, L. Bock, G. Colinet, H. Cordonnier, A. Degré, P. Demarcin, A. Dewez, N. Feltz, X. Legrain, N. Pineux et A.I. Mokadem
Résumé :
L’érosion hydrique des sols pose le problème de la protection de la ressource « sol » mais également de la prévention des impacts environnementaux et sociétaux qui y sont associés tels que la dégradation de la qualité des eaux de surface, l’envasement des retenues d’eau et des bassins d’orage ou encore les inondations boueuses. Afin de cibler au mieux les mesures de lutte anti-érosives, il convient d’identifier les parcelles agricoles les plus à risque d’érosion. Mettant à profit la disponibilité d’importantes bases de données en matière
de climat, sol, topographie, parcellaire et occupation du sol, une procédure automatisée de calcul de l’aléa érosion hydrique potentielle à l’échelle parcellaire, adaptée du modèle RUSLE, a été mise au point pour la Wallonie (Belgique). La carte de l’aléa érosion potentielle montre une sensibilité maximale à l’érosion hydrique en Ardenne et Haute-ardenne, en raison du relief accentué et d’une érosivité plus importante des pluies. Pour les principales zones agro-pédologiques de Wallonie, un suivi des principales cultures (céréales d’hiver,
maïs, betterave, pomme de terre, colza, lin) a également été réalisé, permettant d’estimer le facteur cultural C des principales successions culturales et ainsi l’érosion effective. La prise en compte de l’occupation du sol fait cette fois ressortir un aléa maximal dans les Régions (sablo-)limoneuses et le Condroz, en raison des superficies importantes de grandes cultures industrielles. En Ardenne et Haute-Ardenne, l’aléa d’érosion effective est faible en raison d’une couverture végétale dominée par les prairies permanentes. Enfin, sur base de la carte numérique des sols de Wallonie, une classification de la vulnérabilité des sols à l’érosion a été établie à partir du volume de sol exploitable par les racines. La vulnérabilité des sols apparaît élevée sur une majorité du territoire wallon, à l’exception des Régions (sablo-)limoneuses et de la Région jurassique. Un indice d’érosion, calculé comme le rapport de l’érosion potentielle (aléa) sur l’érosion tolérable (vulnérabilité), permet de calculer le risque d’érosion hydrique et, par conséquent, de cibler au mieux les parcelles pour lesquelles l’érosion constitue une menace majeure pour leur valorisation durable. Une gestion appropriée de ces parcelles par un choix judicieux en termes d’occupation du sol (forêt, prairie, rotations culturales) et de pratiques culturales (p.ex., TCSL, inter-cultures)
devrait permettre d’y réduire les risques de dégradation des sols par érosion hydrique.
Les jachères à base de Chromolaena odorata (Asteraceae) et de légumineuses ont-elles les mêmes potentialités agronomiques? | p 95-106
Auteurs :
E. F. Edoukou, A. W. Koné, J.E. Tondoh
Résumé :
Les jachères naturelles à Chromolaena odorata ont un effet améliorant sur la fertilité du sol et sont bien intégrées dans les systèmes de production agricole à faibles intrants en Afrique de l’Ouest et du Centre. Dans le contexte du raccourcissement de la durée des jachères en Côte d’Ivoire, la question de l’opportunité de remplacer C. odorata par les légumineuses est posée depuis longtemps. La présente étude a pour objectif de contribuer à répondre à cette question en comparant, en milieu paysan, les paramètres de fertilité du sol de parcelles à C. odorata et à légumineuses âgées de deux ans. Deux systèmes, C. odorata vs. Lablab purpureus (Système 1) et C. odorata vs. Cajanus cajan (Système 2) ont été étudiés. Chaque système était répété sur trois sites distincts, les deux types de parcelles étant contigües et les mesures effectuées concomitamment. Les paramètres examinés sont les teneurs du sol en carbone organique, en azote total et en phosphore disponible, le pH, la densité apparente du sol, l’humidité du sol, l’abondance et la diversité des vers de terre. En général, au bout de deux années, les paramètres de fertilité sous les légumineuses n’ont pas montré de différences significatives par rapport à ceux sous C. odorata, à l’exception de la disponibilité du phosphore qui s’est améliorée sous les légumineuses dans les deux systèmes et de la biomasse des vers de terre épigés, dans le Système 2. La question de l’opportunité de remplacer la jachère naturelle à C. odorata par les jachères à légumineuses au centre de la Côte d’Ivoire apparaît donc fondée si l’on s’en tient à une durée de deux années comme objectif. La qualité des litières de C. odorata pourrait expliquer en partie ces résultats qui demandent confirmation à travers une étude sur une durée plus longue (3 à 5 ans) avec un plus grand nombre de sites.
Vassili V. Dokoutchaiev et l’écologie urbaine | p 117-126
Auteurs :
L. Boukharaeva, M. Marloie
Résumé :
Fondateur de la pédologie, Vassili V. Dokoutchaiev considère le sol comme un corps naturel spécifique, le quatrième royaume de la nature - avec les minéraux, les plantes et les animaux. Possédant des propriétés et naissant dans les frontières de la matière vivante et non vivante, le sol vit selon ses lois complexes et peut dépérir. Il doit donc être étudié sur la base d'une démarche pluridisciplinaire réunissant les relations multiples et diverses entre ses composantes et ses facteurs de changement. Dokoutchaiev a appliqué cette démarche fréquemment appelée naturaliste ou globalisante à l’étude des sols urbains et périurbains de la ville de Saint-Pétersbourg et de ses environs. Le projet à la fois global et très détaillé était et continue d’être un exemple de la recherche pluridisciplinaire réunissant les forces des praticiens et des scientifiques de différents domaines de la connaissance pour résoudre les problèmes de maintien et d'amélioration de la santé des citadins. Ce travail de Dokoutchaiev fait de lui un précurseur de l’écologie urbaine. Sa pensée très contemporaine continue de vivre еt de se développer dans les institutions scientifiques et universitaires, et dans le Musée central des sols de Saint-Pétersbourg qui porte son nom.
Démarche statistique pour la sélection des indicateurs par Random Forests pour la surveillance de la qualité des sols. | p 127-136
Auteurs :
S. Taibi-Hassani, J.-C. Thoisy-Dur, P. Lepelletier, J. Bodin, N. Bennegadi-Laurent, J.-J. Bessoule, A. Bispo, J. Bodilis, R. Chaussod, N. Cheviron, J. Cortet, S. Criquet, J. Dantan, S. Dequiedt, O. Faure, C. Gangneux, J. Harris-Hellal, M. Hedde, A. Hitmi, M. Le Guedard, M. Legras, G. Pérès, C. Repinçay, L. Rougé, N. Ruiz, I. Trinsoutrot-Gattin, et C. Villenave
Résumé :
Le volume des données définies dans le programme Bioindicateurs 2 (Ademe) et le très grand nombre de variables biologiques à tester (une centaine) nécessitent des techniques d’analyse telles que les Random Forests qui peuvent s’affranchir du problème de multi-colinéarité pour la sélection d’indicateurs sensibles aux différents facteurs étudiés.
La méthodologie des Random Forests consiste en la sélection des variables les plus discriminantes. Ainsi nous avons recherché la meilleure sélection en étudiant l’ensemble des variables biologiques représentant la Microflore et la Faune. Cette démarche a porté sur l’ensemble des indicateurs d’effet issus du programme Bio2, les indicateurs de la flore et d’accumulation (escargot) n’ayant pas été traités. Ces travaux ont été mis en œuvre sur les trois facteurs de discrimination: l’usage des sols, les niveaux de contamination en ETM, et les niveaux de contamination en polluants organiques.
Nous avons ensuite regroupé les variables les plus discriminantes issues de chaque analyse par RF. Une analyse discriminante linéaire a ensuite été mise en œuvre pour chaque facteur en vue d’élaborer un modèle prédictif.
Dégradation morphologique et agriculture : quantification des évolutions pédologiques à court terme sous contraintes anthropiques | p 137-149
Auteurs :
D. Montagne ; I. Cousin et S. Cornu
Résumé :
La gestion durable de la ressource sol, reconnue comme non renouvelable à l’échelle humaine, nécessite de connaître voire d’orienter les évolutions des sols en réponse aux activités anthropiques ou au changement climatique. Les dynamiques des principaux processus pédologiques, à des pas de temps de quelques dizaines à centaines d’années sont cependant largement méconnues. Trop souvent encore, les sols sont considérés comme stables pour de tels pas de temps. Dans ce contexte, nous synthétisons ici les avancées scientifiques de dix ans de recherches avec pour objectifs : i) de caractériser l’impact de perturbations anthropiques sur la nature des processus pédologiques actifs dans des LUVISOLS DÉGRADÉS; ii) de quantifier l’importance des évolutions récentes des sols par rapport aux processus de formation long-terme ; et iii) de préciser la dynamique des processus pédologiques pour des pas de temps de la dizaine à quelques centaines d’années. La démarche utilisée repose sur un échantillonnage en séquence orientée et une modélisation du phénomène de dégradation morphologique par bilans massiques. Deux perturbations ont été considérées : la mise en culture de sols forestiers depuis au moins 200 ans, d’une part, et le drainage agricole pendant 16 ans, d’autre part. Nos travaux montrent que la mise en culture ralentit le phénomène de dégradation morphologique sous l’effet des pratiques de chaulage, mais peut aussi localement conduire à son accélération sous l’effet de l’implantation d’un réseau de drainage. Dans ces deux situations, l’impact cumulé des pratiques agricoles sur des périodes aussi courtes que quelques dizaines à centaines d’années s’est révélé suffisant pour produire une différenciation des sols avec une amplitude comparable aux processus de formation à long terme des sols. L’existence de boucles de rétroactions positives entre structure du sol, intensité des flux d’eau et transferts de matières, couplée à des évolutions par seuil sont deux éléments clés contrôlant ces dynamiques particulièrement rapides d’évolution des sols.
Le suivi de la restauration du fonctionnement de deux sols forestiers après tassement dans le Nord Est de la France | p 163-177
Auteurs :
N. Goutal, N. Bottinelli, D Gelhaye, P Bonnaud, G Nourrisson, J Demaison, A. Brêthes, Y. Capowiez, F. Lamy, A. Johannes, P. Boivin, J. Ranger
Résumé :
La déformation d’un sol soumis à la circulation d’engins a été identifiée comme un risque majeur menaçant la qualité des sols, et qui n’épargne pas les écosystèmes forestiers. Le dysfonctionnement à long terme de sols forestiers tassés reste encore peu étudié et l’on manque d’études intégrées sur le long terme pour appuyer les décisions de gestion forestière. Deux sites expérimentaux de suivi à court et long terme de l’impact de la circulation d’un porteur chargé de bois sur des sols forestiers sensibles et acides (forte teneur en limon, engorgement temporaire dû à une rupture texturale vers 50 cm de profondeur) ont été mis en place en Lorraine (NE France). Ces sites font l’objet d’un suivi multicritère intensif comprenant des indicateurs physiques (macroporosité, densité apparente, résistance à la pénétration et pédoclimat), chimiques (composition de l’atmosphère et des eaux libres et faiblement liées du sol) et biologiques (flore, croissance de plants de chênes sessiles, communautés lombriciennes). Le suivi du pédoclimat et de la composition de l’atmosphère du sol a montré une forte dégradation de l’aération du sol (augmentation de la fréquence et de l’intensité de l’engorgement et couche imperméable en surface) qui a duré pendant les 12 à 18 mois qui ont suivi le passage du porteur forestier. Ce fort effet initial sur l’aération du sol diminue dès l’apparition de la première sécheresse édaphique grâce à la fissuration du sol tassé en surface, mise en évidence à partir de lames minces et du suivi de la densité apparente. Cependant, 3 à 4 ans après le passage de l’engin, le régime hydrique ainsi que, la composition de l’atmosphère et des eaux du sol sont toujours significativement altérés par le tassement. Les suivis respectifs de la résistance à la pénétration du sol, de la végétation herbacée et des peuplements de chêne sessile n’indiquent pas de retour de ces paramètres à des valeurs non perturbées. Ainsi le sol reste très perturbé par le tassement sur le moyen terme même si on observe un début de restauration dû à des processus physiques (humectation/ dessiccation, gel/ dégel) en surface (0-10 cm).
Impact du Miscanthus sur la biodiversité végétale de sols contaminés par des éléments traces métalliques | p 151-161
Auteurs :
Hayet A., de Foucault B., Douay F., Deram A.
Résumé :
Dans le cadre du programme Phytener, une évaluation de l'influence de la production de Miscanthus giganteus sur la biodiversité végétale de parcelles cultivées a été réalisée afin d'apprécier la viabilité écologique de ce type de culture. Pour ce faire, la flore vasculaire de six parcelles expérimentales, toutes plantées en Miscanthus, a été analysée. Quatre de ces parcelles présentent des sols contaminés à des degrés divers par des éléments traces métalliques (ETM). Les concentrations en ETM des deux autres parcelles avoisinent celles des teneurs agricoles habituelles (TAH). Ces parcelles ont été considérées comme des références dans la démarche. Les résultats montrent que la flore adventice des cultures de Miscanthus se compose essentiellement d'espèces indigènes, communes et peu menacées (niveau de préoccupation mineure). Au niveau communautaire, deux grands types biologiques sont représentés : les annuelles (végétation thérophytique) et les vivaces. Ces communautés d'adventices témoignent des perturbations occasionnées par la plantation de Miscanthus et de l'hétérogénéité locale du milieu. Sur la base des résultats obtenus, la production de Miscanthus ne semble pas exercer d'influence néfaste sur les adventices de culture. En retour, les adventices ne semblent pas nuire au développement de Miscanthus, une fois la période d'implantation réussie. Dans notre contexte, la contamination des sols ne semble pas constituer un obstacle à la colonisation des cultures par les adventices. Les facteurs influant sur la colonisation des cultures par les adventices sont étroitement liés au contexte environnant et à la durée du cycle des cultures. En effet, une hétérogénéité spatiale des paysages à proximité des parcelles permet une meilleure diversité des adventices et un cycle de culture long est favorable à une reprise de la dynamique évolutive de la végétation.

2013 - Volume 20 - Numéro 3

Websol : une plateforme Internet de diffusion des données pédologiques | p 7-18
Auteurs :
J-M. Vinatier, A. Chafchafi, L. Bargeot, B. Toutain, B. Laroche, D. Arrouays et
H. Squividant
Résumé :
Le projet Websol est une interface Web qui permet de promouvoir et de faciliter la mise à disposition et la valorisation des connaissances sur les sols (RRP1 notamment) auprès des nombreux utilisateurs potentiels régionaux (techniciens, conseillers, administrations, etc.) et territoriaux (collectivités, contrats de rivières, etc.), ainsi que, pour partie de ces données, auprès du grand public. Cette interface est maintenant finalisée dans sa première version2 dans le cadre du projet CASDAR3 2007-2010.
La plateforme a pour vocation la valorisation aussi bien des données pédologiques que des applications réalisées à partir de ces données. Le développement de nouveaux modules élargira encore le champ des valorisations.
Pour aider à son implantation chez les partenaires impliqués dans le programme IGCS4, et veiller à son évolution en la dotant de nouvelles fonctionnalités, la plateforme Websol est mise à disposition (droits de propriété et codes sources) du RMT « Sols et Territoires » 5. L’axe 5 de ce RMT se fixe pour objectifs d’appuyer les déploiements de la plateforme dans les régions candidates, de réaliser des supports et des manuels relatifs à l’application, de proposer des évolutions possibles de la plateforme et enfin de clarifier son positionnement
juridique par rapport à la Directive INSPIRE.
Suivi de la croissance d’Aloe vera en milieu salin : Parcelle de Kalaât Landelous (Tunisie) | p 19-26
Auteurs :
D. Souguir, O. Jouzdan, M.L. Khouja et M. Hachicha
Résumé :
Dans le but d’occuper des terres salées, des cultures alternatives peuvent être utilisées telles que l’Aloe vera, une plante de valeurs thérapeutiques et économiques importantes. L’expérimentation a eu lieu sous conditions naturelles dans la région de Kalaât Landelous sur un sol hydromorphe fortement salin, à nappe superficielle et salée. L’irrigation estivale des plants d’Aloe vera par des eaux usées traitées et la faible teneur en ETM dans ces eaux ne font pas apparaître un réel effet de l’irrigation avec ces eaux sur les plants. Cependant, une faible croissance de la partie foliaire a été notée, due probablement à la dominance des ions Na+ par rapport aux K+, Ca2+ et Mg2+ dans ces organes.
MicroSol database©, le Premier Système d’Information Environnemental sur la Microbiologie des Sols | p 27-38
Auteurs :
F.E.R. Morin, S. Dequiedt, V. Koyao-Darinest, B. Toutain, S. Terrat, M. Lelièvre, V. Nowak, C. Faivre-Primot, P. Lemanceau, P-A. Maron et L. Ranjard


Résumé :
Un effort scientifique considérable est déployé à l’heure actuelle pour parvenir à améliorer la description et la compréhension du fonctionnement des agro-écosystèmes. Cet effort est motivé par une question centrale : l’action de l’Homme et les modifications climatiques risquent-elles d’engendrer des modifications du fonctionnement de ces systèmes de nature à compromettre leur rôle vis-à-vis des sociétés humaines ? Dans ce contexte, la mise au point de descripteurs permettant de rendre compte de l’état biologique et du fonctionnement des sols constitue un enjeu majeur.
Nombre des services assurés par les sols reposent sur l’activité, l’abondance et la diversité des communautés microbiennes telluriques, ce qui positionne ces paramètres microbiens comme des indicateurs de choix pour rendre compte de l’état biologique des sols. La base de données MicroSol database mise en place au sein de la plateforme GenoSol (INRA Dijon, http://www.dijon.inra.fr/plateforme_genosol) constitue un outil opérationnel pour développer ces indicateurs microbiens ainsi que les référentiels indispensables à leur interprétation. En effet, cette base de données unique en son genre renferme les résultats des analyses moléculaires de l’abondance
et de la diversité des communautés microbiennes acquis dans un cadre méthodologique standardisé à partir d’échantillons couvrant la totalité du territoire national.
Cet article retrace le contexte de la création de MicroSol database ainsi que les aspects techniques relatifs à l’architecture, à la typologie des données et aux fonctionnalités opérationnelles de cette base de données.
La protection et la gestion durable des sols face au droit | p 39-62
Auteurs :
J.-P. Plavinet, Y. Coquet
Résumé :
La protection quantitative et qualitative des sols agricoles et forestiers est plus que jamais à l’ordre du jour en tant qu’enjeu international : la prise de conscience de la multifonctionnalité de ces sols, biens rares, susceptibles de disparaître et non aisément reproductibles, a progressé, et l’état du droit en porte témoignage. L’Union européenne et son exigence d’un haut niveau de protection de l’environnement a multiplié les dispositifs juridiques de protection des sols, mais une proposition de directive-cadre sur les sols en date de 2006 est sans suite sept ans plus tard. Cette contribution vise à exposer l'ensemble des mécanismes juridiques relatifs au sol en droit français ainsi que les enjeux juridiques autour de ce blocage à l’attention des scientifiques et professionnels dont l’activité est centrée sur le sol dans les milieux naturels.

2012 - Volume 19 - Numéro 3

Les "Terres d'Aubues" de Basse-Bourgogne | p 139-161
Auteurs :
D. Baize
Résumé :
Les terres d'Aubues sont les sols épais de 20 à 180 cm, développés dans les couvertures résiduelles argileuses, rougeâtres, non calcaires, qui subsistent sur les plateaux jurassiques de Basse Bourgogne dans les positions les mieux protégées de l'érosion. Ces sols, probablement très anciens, sont le résultat d'un bilan de matières positif. D'un coté, la libération constante de matières silicatées par dissolution in situ des calcaires durs et, de l'autre, des phases sporadiques d'érosion hydrique et l'entraînement continu de particules argileuses dans le réseau karstique sous-jacent, et ce sur plusieurs centaines de milliers d'années.

L'article présente tout ce que l'on sait désormais sur ces terres d'Aubues : homonymies ; position dans les paysages ; morphologie des différents types de sols organisés en une toposéquence d'érosion ; principales propriétés analytiques ; unicité du matériau sur critères granulométriques ; arguments en faveur d'une stricte autochtonie ; propriétés structurales des horizons argileux profonds ; différenciation texturale par illuviation verticale d'argile malgré des textures d'argile lourde ; évolution pédogénétique ultime ; chronoséquences schématiques d'évolution ; estimation de la masse de calcaire à dissoudre pour la naissance des sols les plus épais ; estimation des quantités de matières perdues dans le réseau karstique souterrain ; estimation de l'âge de la couverture pédologique.

Pour la compréhension des processus pédogénétiques successifs comme pour l'estimation des durées, la difficulté principale résulte des nombreux changements qui ont pu intervenir sur de si longues périodes de temps, par exemple des phases d'érosion ou des cryoturbations toujours possibles sous climats périglaciaires. Enfin, les conditions climatiques d'aujourd'hui ne sont en rien révélatrices de celles qui se sont succédé dans le lointain passé.
Les éléments en traces dans les sols agricoles du Nord-Pas-de-Calais | p 163-178
Auteurs :
T. Sterckeman, E. Villanneau, H. Bourennane, F. Douay, H. Ciesielski, D. King et D. Baize
Résumé :
La région Nord - Pas de Calais est une région très densément peuplée qui a été profondément affectée par des industries lourdes, l’exploitation minière du charbon dans le passé et une agriculture intensive, toujours active. Un jeu de données a été constitué en rassemblant des teneurs en éléments en traces mesurées dans le cadre de différentes études menées sur les sols agricoles de la région. Des facteurs d’enrichissements (FE) ont été calculés en chaque site pour 18 éléments en traces et 250 solums en utilisant l’aluminium comme élément géochimique de référence et un horizon profond ou le matériau parental supposé non contaminé par les activités humaines. L’analyse variographique a révélé que seulement huit métaux traces (Bi, Cd, Cu, In, Pb, Sn, Tl, Zn) sont spatialement corrélés, ce qui a permis d’utiliser la simulation séquentielle gaussienne pour la spatialisation de leurs FE. Le Cd montre un net enrichissement (FE le plus souvent compris entre 3 et 10, parfois plus) sur la quasi-totalité du territoire régional tandis que le Zn et le Pb montrent de forts enrichissements localement (FE de 3 à 30) à proximité immédiate d’usines de production de ces métaux (Auby, Noyelles-Godault, Mortagne-du-Nord) ou de grandes agglomérations (Dunkerque, Lille, Valenciennes, Est du bassin minier). Le Bi, le Cu et le Sn montrent des enrichissements modérés (de 1,5 à 3) sur la moitié du territoire régional, principalement autour des plus grandes villes et des usines de production de Pb et Zn. L’indium et le Tl présentent des FE de 1 à 1,5 sur l’ensemble du territoire avec des valeurs plus élevées en certaines zones urbanisées ou industrialisées. Les cartes de spatialisation des FE, rapprochées de celle de l’occupation du territoire par les activités humaines, montrent les origines principalement industrielle, urbaine et routière des enrichissements en Pb et Zn, de même que ceux, nettement plus faibles en Bi, In et Tl. Les enrichissements en Cu, Sn et Cd comporteraient quant à eux une origine agricole plus importante que ceux des précédents éléments. Certains éléments non spatialement corrélés présentent des FE nettement supérieurs à 1 en moyenne. C’est le cas de Hg, Mn, Mo, Sb et Se. Ces enrichissements ont probablement en partie une origine humaine mais l’impossibilité de modéliser leur distribution spatiale n’a pas permis de les relier aux activités anthropiques. Enfin, As, Co, Cr, Ni et V ne semblent pas avoir été apportés dans les sols par les activités humaines, puisqu’ils présentent des FE proches de 1 et, de plus, non reliés à l’occupation du territoire. Pour certains éléments, les quantités apportées par les activités humaines et stockées dans l’horizon de surface ont été estimées. Les plus importantes sont celles du Pb et du Zn, de l’ordre de 60 000 T. Viennent ensuite le Cu, avec environ 15 000 t, le Sn (environ 2 000 t) et le Cd (environ 1 100 t).
Evolution des teneurs en carbone organique dans l'horizon de surface des sols cultivés en Alsace : Analyse à partir de la Base de Données de Analyses de Terre | p 179-192
Auteurs :
C. Swiderski, N.P.A. Saby, J.P. Party, J. Sauter, R. Köller, P. Vandijk, B. Lemercier, D. Arrouays
Résumé :
La Base de Données des Analyses de Terre (BDAT) regroupe les résultats d’analyses d'horizons de surface des sols de parcelles agricoles effectuées à la demande des agriculteurs sur l’ensemble du territoire national par les laboratoires agréés par le Ministère en charge de l’agriculture. Les données sont identifiées par le lieu et la date de prélèvement. La base de données permet de suivre la variabilité des caractéristiques de l’horizon de surface des sols cultivés et leur évolution au cours du temps.
Les enjeux agronomiques et environnementaux concernant la matière organique sont majeurs, mais l’évolution de sa teneur dans les sols à l’échelle nationale ou régionale reste encore peu renseignée. L’objectif de ce travail est de mettre en évidence et de quantifier les évolutions temporelles des teneurs en carbone organique dans les sols à partir des 47794 données disponibles dans la BDAT, à l’échelle de la région Alsace, sur une période s’étalant de 1990 à 2009. Des synthèses cartographiques et des statistiques menées sur les données brutes et les données agrégées au niveau cantonal ont permis de mettre en évidence une évolution significative des teneurs en carbone organique pour 28% des cantons (dont 18,5% en diminution). Une procédure de ré-échantillonnage a été mise en place afin de réduire le biais inhérent à la méthode de collecte des analyses.
La BDAT est une source d’informations peu coûteuse et facilement mobilisable. La poursuite de la collecte permettra d’avoir plus de recul et de confirmer ou d’infirmer les tendances d’ores et déjà observées. Une piste d’amélioration consisterait en un géoréférencement plus précis des échantillons prélevés afin de pouvoir relier plus aisément les données de la BDAT avec d’autres données du dispositif du Gis Sol (RMQS, BDETM) ou des données sur les facteurs de la pédogenèse.
Evaluation de l'impact de la mycorhization arbusculaire sur la nutrition minérale des plantules de palmier dattier (Phoenix dactylifera L. var Deglet Nour) | p 193-202
Auteurs :
B. Zougari-Elwidi, M. Sanaa, S. Labidi et A. Lounès-Haj Sahraoui
Résumé :
Le palmier dattier (Phoenix dactilyphera L.) est une espèce indispensable dans les oasis du Djérid (sud ouest Tunisien). Une expérience a été menée pour étudier l’effet de l’inoculation mycorhizienne sur les plantules de palmier dattier. L’essai a été conduit en serre avec deux types d’inoculation (spores de Glomus et un sol mycorhizé) et le témoin. Les résultats indiquent, après deux ans de culture, que l’inoculation avec les champignons mycorhiziens augmente de manière significative la croissance des plantules de palmier dattier. Nous avons aussi noté que les biomasses racinaires et aériennes ont été nettement améliorées avec des valeurs atteignant parfois +45% par rapport aux plantes témoins. L’analyse minérale a montré des teneurs plus élevées en phosphore, azote, potassium, cuivre et zinc chez les plantules inoculées.

2012 - Volume 19 - Numéro 4

Conférence de Georges Pédro : Regards sur une vie consacrée à l'étude des argiles et des sols | p 217-234
Auteurs :
G. Pédro
Edito et hommages à Georges Pédro | p 203-216
Auteurs :
C. Feller, A.-B. Delmas, D. Tessier
Les interactions bio-organo-argileuses et la stabilisation du carbone dans les sols. Aperçu historique | p 235-248
Auteurs :
C. Feller, C. Chenu
Résumé :
La perception que les argiles du sol pourraient protéger la matière organique (MO), ou au moins modifier les propriétés des argiles, est déjà émise au cours du XIXème siècle. On aboutira ainsi, en France, vers 1930 au concept de complexe argilo-humique. Mais c’est dans la deuxième moitié du XXème siècle que des recherches morphologiques et quantitatives se développent pour préciser la nature et les propriétés des associations organo-argileuses. L’incidence du « biologique » conduisant à l’étude d’interactions bio-organo-argileuses sera prise en compte surtout à partir des années 1980. C’est l’évolution de ces connaissances du début du XIXème siècle à nos jours qui est relatée ici en insistant sur la vision actuelle des processus permettant la stabilisation de carbone dans le sol.
Développements actuels dans l’identification et la quantification des minéraux argileux des sols | p 249-261
Auteurs :
L. Caner et F. Hubert
Résumé :
Les minéraux argileux (type, quantité, propriétés) sont des composants essentiels de la durabilité des fonctions des sols. La compréhension des processus de leur formation, leurs transformations et leur réactivité est une des clés de la gestion des sols. L’objectif de cet article est de montrer que les développements récents de traitement des données de diffraction des rayons X permettent 1) de mieux caractériser la minéralogie de la fraction argileuse des sols et 2) d’obtenir la quantification de la proportion relative de chacun des phyllosilicates. La méthodologie employée dérive de celle développée pour l’étude des minéraux argileux dans les séries diagénétiques. La modélisation directe des diffractogrammes de rayons X permet une description complète des diffractogrammes et l’identification des phases les moins bien cristallisées qui sont abondantes dans les sols et jusqu’à présent difficiles à décrire. Ces développements méthodologiques permettent une description semi-quantitative de la minéralogie des sols, ce qui offre l’opportunité de mieux décrire les processus d’altération ainsi que les modifications rapides des minéraux des sols liées à l’activité humaine.
Simulation de la nucléation et croissance de nanoparticules minérales en solution aqueuse, et applications aux minéraux argileux | p 263-266
Auteurs :
C. Noguera, B. Fritz et A. Clément
Les argiles et la santé humaine : D’hier à aujourd’hui | p 267-277
Auteurs :
N. Liewig, M. Rautureau et C. Gomes
Résumé :
La géophagie est une pratique universelle, humaine et animale. Elle est à l’origine de nombreux questionnements dans le domaine des sciences humaines et sociales tout comme dans celui des sciences fondamentales. Les produits contenus dans les sols, facilement accessibles, ont été utilisés en priorité et de ce fait, la pédologie a apporté une contribution active et importante pour tenter d’expliquer la motivation d’une consommation alimentaire pour le moins surprenante.
Des avancées sont peu à peu réalisées, elles sont le résultat de coopérations pluridisciplinaires exemplaires. Un matériau géologique particulier a une place fondamentale dans la pratique de la géophagie. Il s’agit de l’argile, une composante commune des sols qui justifie l’implication de pédologues dans les études sur la géophagie. Cette discipline et l’importante contribution que Georges Pédro y a apportée ont permis d’aborder le sujet sur des bases minéralogiques solides. Les retombées de ces connaissances s’étendent à d’autres domaines et permettent par exemple des interprétations cohérentes de textes très anciens grecs, arabes, chinois ou mayas.
L’importance du sujet traité ici touche directement l’impact socio-économique de la prise en charge médicale qui, à l’avenir, sera contrainte de prendre ces avancées en considération.

2011 - Volume 18 - Numéro 3

Le programme GESSOL 2 : Impact des pratiques agricoles sur les matières organiques et les fonctions des sols | p 137-145
Auteurs :
M. Bernoux, C. Chenu, E. Blanchart, T. Eglin, A. Bispo, M. Bardy et D. King
Impacts de changements d’occupation et de gestion des sols sur la dynamique des matières organiques, les communautés microbiennes et les flux de carbone et d’azote | p 147-159
Auteurs :
E. Attard, X. Le Roux, F. Laurent, A. Chabbi, B. Nicolardot et S. Recous
Mise au point d'outils de prévision de l’évolution de la stabilité de la structure de sols sous l'effet de la gestion organique des sols | p 161-174
Auteurs :
C. Chenu, S. Abiven, M. Annabi, S. Barray, M. Bertrand, F. Bureau, D. Cosentino, F. Darboux, O. Duval, L. Fourrié, C. Francou, S. Houot, C. Jolivet, K. Laval, Y. Le Bissonnais, L. Lemée, S. Menasseri, J.-P. Pétraud et B. Verbèque
Recyclage agricole des déchets organiques dans les sols tropicaux (île de La Réunion) : quel impact sur les transferts d’éléments traces métalliques ? | p 175-185
Auteurs :
E. Doelsch, I. Basile Doelsch, J.Y. Bottero, P. Cazevieille, C. Chevassus-Rosset, F. Feder, J.-M. Garnier, J.-P. Gaudet, S. Legros, C. Levard, A. Masion, G. Moussard, J. Rose et H. Saint Macary
Dégradation physique des sols agricoles et forestiers liée au tassement : principaux résultats du projet GESSOL-ADD DST | p 187-199
Auteurs :
J. Roger-Estrade, V. Adamiade, D. Arrouays, E. Baranger, M. Bartoli, H. Boizard, A. Brêthes, N. Brisson, Y. Capowiez, A. Chanzy, V. Chaplain, I. Cousin, P. Cosenza, K. Cui, YJ. Cui, S. Debuisson, P. Défossez, F. Gérard, P.-A. Jayet, J. Labreuche, C. Le Bas, Y. Lefèvre, J. Léonard, E. Lévêque, F. Lévêque, B. Mary, M. Mumen, J. Ranger, A. Tabbagh, J. Tabbagh, A.-M. Tang, D. Tessier et G. Richard
Contribution de la rhizodéposition aux matières organiques du sol, quelques implications pour la modélisation de la dynamique du carbone | p 201-216
Auteurs :
J. Balesdent, D. Derrien, S. Fontaine, S. Kirman, K. Klumpp, P. Loiseau, C. Marol, C. Nguyen, M. Péan, E. Personi et C. Robin
Rôle des facteurs édaphiques et hydrométéorologiques dans la survie et le transfert de bactéries fécales bovines, à l’échelle bassin versant : cas de pâturages d’altitude | p 217-236
Auteurs :
J.-M. Dorioz, Ph. Quetin, C. Prigent-Combaret et D. Trevisan

2010 - Volume 17 - Numéro 2

Influence de différents systèmes de culture sur la productivité de sols cultivés des Hautes Terres de Madagascar et conséquences pour le bilan de phosphore | p
Auteurs :
H. Andriamaniraka, L. Rabeharisoa, R. Michellon, N. Moussa et C. Morel
Effets des systèmes de cultures en semis direct avec couverture végétale sur le ruissellement et l’érosion des cultures pluviales des Hautes Terres de Madagascar | p
Auteurs :
J.-M. Douzet, E. Scopel, B. Muller, J. Rakotoarisoa, A. Albrecht et N.C. Drazafindramanana
Stockage de carbone dans les sols sous systèmes de culture en semis direct sous couvert végétal (SCV) dans différents contextes pédoclimatiques à Madagascar | p
Auteurs :
T. Razafimbelo, A. Albrecht, , C. Feller , H. Ravelojaona, , N. Moussa , C. Razanamparany, C. Rakotoarinivo, H. Razafintsalama, R. Michellon, K. Naudin et L. Rabeharisoa
Lutte biologique intégrée contre des insectes terricoles, Heteronychus spp à Madagascar, par un champignon entomopathogène sur riz pluvial en semis direct sous couverture végétale | p
Auteurs :
C. Razafindrakoto Raeliarisoa, H.L. Rakotoarisoa, A. Razafindrakotomamonjy, A. Ratnadass et B. Vercambre
Bilan de l’azote minéral au cours du cycle du riz pluvial sous systèmes de culture en semis direct sous couverture végétale en sol ferrallitique argileux à Madagascar | p
Auteurs :
J. Rakotoarisoa, R. Oliver, J. Dusserre, B. Muller, J.-M. Douzet, R. Michellon, N. Moussa, L. A. Razafinjara, C. Rajeriarison et E. Scopel

2010 - Volume 17 - Numéro 3

Évolution de la salinité dans une oasis moderne de la Tunisie | p
Auteurs :
B. Askri et R. Bouhlila
Les éléments en traces dans les sols agricoles du Nord-Pas-de-Calais I. Étude et cartographie des teneurs des horizons de surface | p
Auteurs :
D. Baize, F. Douay, E. Villanneau, H. Bourennane, T. Sterckeman, H. Ciesielski et D. King
Mobilité des éléments-traces dans un anthroposol développé sur des sédiments de curage fortement contaminés II. Mise en évidence des associations d’éléments par des techniques spectroscopiques sur lames minces | p
Auteurs :
P. Bataillard, V. Guérin, J. Lions, B. Girondelot, A. Laboudigue, J. van der Lee, C. Raepsaet et J.P. Gallien
Friedrich Albert FALLOU (1794-1877) et sa « Pedologie » 1 3. Chapitre 1 « Genèse du sol » | p
Auteurs :
J.-P. Aeschlimann, E. Frossard et Ch. Feller
Le Conservatoire des Sols : La mémoire des sols de France | p
Auteurs :
C. Ratié, A. Richer de Forges, P. Berché, L. Boulonne, B. Toutain, N. Saby, J.-P. Chenu, D. Laloua, B. Ortolland, E. Tientcheu, N. Soler-Dominguez, C. Jolivet et D. Arrouays

2009 - Volume 16 - Numéro 1

Editorial | p 7-8
Auteurs :
D. Arrouays, D. Baize et D. Schwartz
Etude et Gestion des Sols - Bilan de 15 années de parution | p 9-18
Auteurs :
M. Eimberck et M. Jamagne
Les sols tropicaux en semis direct sous couvertures végétales - Introduction | p 19-22
Auteurs :
C. Feller, L. Rabeharisoa, O. Husson et T. Razafimbelo
Estimation des stocks de carbone dans les sols de Madagascar | p 23-34
Auteurs :
C. Grinand, A. Rajaonarivo, M. Bernoux, V. Pajot, M. Brossard, T. Razafimbelo, A. Albrecht et H. Le Martret
Effet des systèmes de semis direct sous couverture végétale (SCV) sur le stockage de carbone et la macrofaune d`un Sol ferrallitique (Cerrados, Brésil) | p 35-46
Auteurs :
E. Blanchart, M. Bernoux, M. Siqueira Neto, C.C. Cerri, M. Piccolo, J.M. Douzet, E. Scopel et C. Feller
Emissions in situ de N2O d`un ferralsol argileux malgache cultivé en système sous semis direct ou labour traditionnel | p 47 -
Auteurs :
M. Rabenarivo, J. Andriamiaramiantraferana, R. Michellon, N. Moussa, A. Brauman, J. Toucet et L. Chapuis-Lardy

2009 - Volume 16 - Numéro 3

Le programme ADEME `Bioindicateurs de qualité des sols` : Vers le développement et la validation d`indicateurs biologiques pour la protection des sols | p 145-158
Auteurs :
A. Bispo, C. Grand et L. Galsomies
Développement de biomarqueurs d`exposition aux métaux basés sur Développement de biomarqueurs d`exposition aux métaux basés sur | p 159-174
Auteurs :
F. Brulle et F. Vandenbulcke
Étude des effets des apports de produits résiduaires organiques sur la macrofaune lombricienne en conditions de grandes cultures | p 175-186
Auteurs :
Y. Capowiez, M. Rault, C. Mazzia, C. Lhoutellier et S. Houot
Intégration de la biodiversité des sols dans les réseaux de surveillance de la qualité des sols : Exemple du programme-pilote à l`échelle régionale, le RMQS BioDiv | p 187-202
Auteurs :
D. Cluzeau, G. Pérès, M. Guernion, R. Chaussod, J. Cortet, M. Fargette, F. Martin-Laurent, T. Mateille, C. Pernin, J-F. Ponge, N. Ruiz-Camacho, C. Villenave, L. Rougé, V. Mercier, A. Bellido, M. Cannavacciuolo, D. Piron, D. Arrouays, L. Boulonne, C. Jolivet, P. Lavelle, E. Velasquez, O. Plantard, C. Walter, B. Foucaud-Lemercier, S. Tico, J-L. Giteau et A. Bispo
Utilisation et intérêts des escargots et des micromammifères pour la bioindication de la qualité des sols | p 203-218
Auteurs :
A. de Vaufleury, C. Fritsch, F. Gimbert, B. Pauget, M. Coeurdassier, N. Crini et R. Scheifler
ECOMIC-RMQS : biogéographie microbienne à l`échelle de la France - Etat d`avancement et premiers résultats | p 219-232
Auteurs :
S. Dequiedt, M. Lelièvre, C. Jolivet, N.P.A. Saby, M. Martin, J. Thioulouse, P.A. Maron, C. Mougel, N. Chemidlin Prévost-Bouré, D. Arrouays, P. Lemanceau et L. Ranjard
Sélection multicritère de bioindicateurs de la qualité des sols | p 233-242
Auteurs :
J. Devillers, P. Pandard et A.-M. Charissou
Bioindication et unités (concentrations vs quantités) : Comparaison des cinétiques d`accumulation et d`élimination du Cd, Pb et Zn chez l`escargot Helix aspersa | p 243-254
Auteurs :
F. Gimbert et A. de Vaufleury
Effet d`apports de composts sur la disponibilité de micropolluants métalliques et organiques dans un sol cultivé | p 255-274
Auteurs :
S. Houot, Ph. Cambier, P. Benoit, M. Deschamps, A. Jaulin, C. Lhoutellier et E. Barriuso
Nouvelles avancées vers la compréhension des données biologiques | p 275-288
Auteurs :
K. Laval, C. Mougin, M. Akpa, S. Barray, J-C. Dur, C. Gangneux, J. Lebrun, M. Legras, P. Lepelletier, P. Plassart, S.Taibi et I. Trinsoutrot-Gattin
Utilisation d`un bioindicateur lipidique végétal sur le site agricole de Feucherolles : Effets de divers amendements sur les végétaux cultivés | p 289-298
Auteurs :
M. Le Guédard, G. Bodineau, S. Houot et J-J. Bessoule
Impact d`amendements organiques sur la structure des communautés microbiennes des sols : Choix des méthodes, validation et résultats | p 299-312
Auteurs :
C. Leyval, C. Steinberg, M.P. Norini, T. Beguiristain, V. Edel-Hermann, P. Leglize, N. Gautheron, T. Lebeau et S. Houot
Accumulation et effets des éléments métalliques sur les populations végétales spontanées de trois crassiers métallurgiques : Peut-on utiliser les plantes comme bioindicateurs ? | p 313-322
Auteurs :
E. Remon, J-L. Bouchardon, J. Joly, B. Cornier et O. Faure
Indicateurs synthétiques de la qualité du sol | p 323-338
Auteurs :
N. Ruiz Camacho, E. Velasquez, A. Pando, T. Decaëns, F. Dubs et P. Lavelle
Effets génotoxiques du Cuivre chez Vicia faba et Pisum sativum | p 339-348
Auteurs :
D. Souguir, P. Goupil, E. Ferjani et G. Ledoigt
Germination et fonctionnement du système photosynthétique des végétaux comme bioindicateurs de pollution des sols | p 349-358
Auteurs :
P. Vernay, A. Austruy, C. Gauthier-Moussard et A. Hitmi
Effets du mode de travail du sol sur les microorganismes à l`échelle du profil cultural | p 359-368
Auteurs :
J.F. Vian, J. Peigné, R. Chaussod et J. Roger-Estrade
Analyse du fonctionnement biologique du sol par l`étude de la nématofaune : Semis direct versus labour sur les hautes terres près d`Antsirabé (Madagascar) | p 369-
Auteurs :
C. Villenave, A. Oumar Ba et B. Rabary

2008 - Volume 15 - Numéro 1

Mobilité des éléments traces dans un Anthroposol développé sur des sédiments de curage fortement contaminés - 1 - Migration à l`échelle du profil | p 7-18
Auteurs :
P. Bataillard(1, 2), B. Girondelot(1, 3), V. Guérin(1, 2), A. Laboudigue(1, 4), J. Lions(1,2) et J. van der Lee(5)
Adresse :
1) CNRSSP, BP 537, 930, boulevard Lahure, 59500 Douai, France
2) BRGM, 3, avenue Claude Guillemin, BP 36009, 45060 Orléans Cedex 2, France
3) ADEME - Nord Pas de Calais, 20, rue du Prieuré, 59500 Douai, France
4) ENSMD, 930, boulevard Lahure, 59500 Douai, France
5) ENSMP-CIG, 35, rue St-Honoré, 77300 Fontainebleau, France
Résumé :
Le maintien d`une profondeur d`eau suffisante des voies de navigation nécessite leur curage régulier. Le devenir le plus fréquent matériaux dragués est la mise en dépôt à proximité du lieu d`extraction. Jusqu`à il y a une vingtaine d`année celle-ci se faisait sans précaution particulière. Ainsi, dans certaines régions industrialisées, des matériaux contaminés en divers polluants organiques et inorganiques ont été déposés sur des sols perméables. Dans le nord de la France, l`un de ces sites est à l`heure actuelle particulièrement préoccupant en raison d`un niveau de contamination exceptionnel en divers éléments (Pb, Zn, Cd, As, Se…). L`altération météorique de ce sédiment de curage depuis sa mise en dépôt en 1976 conduit à la formation d`un Anthroposol au fonctionnement pédologique mal connu. Les potentialités de transfert des polluants vers la nappe de la craie ne sont donc pas appréhendées à l`heure actuelle. Au cours de ce travail, des observations de terrain, suivies de caractérisations au laboratoire, ont été entreprises pour comprendre les processus pédogénétiques impliqués dans la transformation du sédiment et en déduire leur impact sur la mobilisation des polluants au cours du temps. Les observations de terrain jusqu`à un mètre de profondeur environ ont montré que le matériau très contaminé constitue la couche de surface d`un profil complexe dont la structure en couche est en grande partie due à la succession dans le temps des phases de dépôt. La couche de surface présente des fentes quasi verticales de largeur parfois centimétrique qui sont des passages préférentiels des eaux météoriques. Il en découle un gradient d`altération d`échelle décimétrique entre la paroi de la fente et l`intérieur du solide induit par les passages préférentiels des fluides météoriques oxydants. Une analyse fine des teneurs en éléments de deux matériaux correspondant à des degrés d`altération différents, couplée à un traitement statistique des données obtenues, a permis de mettre en évidence un départ de près de 60 % du Cd et 20 % du Zn du matériau initial après environ 25 ans d`altération. Au contraire, un enrichissement d`un facteur trois en As a été constaté dans le matériau altéré au contact des fentes par rapport à son homologue peu altéré. Il s`accompagne d`une augmentation des concentrations en fer de l`ordre de 35 %. Les néoformations associant Fe et As, identifiées localement, sont des pièges efficaces pour As puisque cet élément n`est que peu présent dans les couches sous-jacentes. En définitive, les données recueillies indiquent que le matériau est en cours d`altération. Il constitue une source d`éléments toxiques dont certains sont mobilisables par un simple échange ionique.
De la terre au sol : des logiques de représentations individuelles aux pratiques agricoles - Etudes de cas en Pays d`Auge (Basse-Normandie) | p 19-36
Auteurs :
M. Marie(1), P. Le Gouée(1) et M. Bermond(2)
Adresse :
1) Laboratoire Géophen, UMR LETG 6554 CNRS, Université de Caen Basse-Normandie
2) Laboratoire Créso, UMR ESO 6590 CNRS, Université de Caen Basse-Normandie
Résumé :
L`étude menée dans le Pays d`Auge (Basse-Normandie) a été consacrée à la construction d`un questionnement sur l`impact des perceptions et des représentations individuelles des sols sur les pratiques agricoles. Il s`agissait de s`interroger sur l`influence des modes de représentation des terres locales sur la conduite actuelle d`un système extensif d`agriculture herbagère. Pour cela, deux actions ont été engagées conjointement : un travail d`enquête auprès d`une vingtaine d`agriculteurs afin de comprendre les logiques de perception/représentation des sols et l`élaboration d`une base de données des sols dans le but de poser une expertise objectivée de la qualité des terres. Les premiers résultats montrent que les perceptions relèvent de moments privilégiés d`observation des sols liés aux différentes opérations techniques conduites par les agriculteurs. Le terme de ` terre ` témoigne de l`absence d`une représentation verticale des couvertures pédologiques. Plus généralement, la confrontation des champs lexicaux relatifs aux sols avec les données analytiques soulignent des mécanismes de perception et de représentation faisant rarement référence aux propriétés des sols et à la notion de fertilité. L`impact des représentations sur la gestion spatiale du système de production à l`échelle de l`exploitation agricole est fonction du mode d`occupation du sol (prairie ou culture) et du niveau de formation des agriculteurs. Les premiers résultats laissent entrevoir la complexité des relations perceptions/représentations – pratiques agricoles – système de production. Actuellement, de nouveaux travaux visent à approfondir ces relations dans des systèmes agricoles plus intensifs et plus céréaliers.
Représentation cartographique nationale d`un Indice cantonal d`Acceptabilité des sols à l`Épandage agricole de boues de stations d`épuration calculé à partir de la Base de Données nationale d`Analyses de Terre | p 37-50
Auteurs :
Ch. Schvartz(1), J. Thorette(2) (3) et S. Follain(1) (4)
Adresse :
1) Institut Supérieur d`Agriculture, 48 boulevard Vauban, 59046 Lille cedex
2) INRA, US 1106, Unité Infosol, 2163 avenue de la Pomme de Pin - CS 40001 - Ardon, 45075 Orléans Cedex 2
3) Institut Français de l`Environnement, 5 route d`Olivet, BP 16105, 45061 Orléans cedex 2
4) INRA -ENSAM, UMR-LISAH - SupAgro, 2 place Viala, 34060 Montpellier cedex 1
Résumé :
L`augmentation prévisible de la production de boues de stations d`épuration pose de façon nouvelle la question de leur gestion. L`épandage agricole de ces boues est encadré par une réglementation précise et limité par les conditions techniques de sa faisabilité agronomique. A partir de ces contraintes, nous avons établi un indice visant à évaluer la faisabilité de cet épandage à l`échelle cantonale. Les informations relatives aux sols ont été tirées de la Base de Donnée nationale d`Analyses de Terre. Chaque indice étant relié à un canton, il a été possible de donner une représentation cartographique nationale de l`information obtenue.
Il apparaît que la restriction principale est induite par la réglementation qui interdit l`épandage lorsque le pH du sol est inférieur à 6. Dans le cas des boues chaulées, ce seuil est abaissé à 5 : le pH n`est alors plus un obstacle et les zone potentiellement favorables sont nettement augmentées. L`épandage des boues est alors directement concurrencé par celui des effluents d`élevage dans les régions où ils sont abondants. L`épandage agricole des boues de STEP est également compliqué par le fait que ces boues sont produites à proximité des zones urbaines et que leur transport vers des territoires plus agricoles est économiquement peu intéressant. Au bilan, il ressort que, si le chaulage est une solution nécessaire à l`établissement d`une filière solide pour la valorisation agricole des boues de STEP, il reste indispensable de mettre en place des filières alternatives complémentaires et d`envisager la gestion des déchets organiques de façon globale à l`échelle des territoires.
Cet indice doit toutefois être interprété relativement à son échelle et ne dispense pas d`une expertise à la parcelle préalable à l`épandage.
Numérisation d`études pédologiques à moyennes échelles : Méthodologie et estimation des coûts | p 51-68
Auteurs :
M. Eimberck et B. Joly
Adresse :
INRA 1106 - Unité INFOSOL, Avenue de la Pomme de Pin, BP 20619, Ardon, 45166 Olivet cedex 6
Résumé :
Les connaissances acquises sur les sols depuis plus de 30 ans constituent un capital qu`il est indispensable de sauvegarder et d`organiser en bases de données plus aisément utilisables que les cartes traditionnelles. L`Unité INRA InfoSol a entrepris la numérisation des études à 1/100000 initiées jusqu`en 2001 par le Service d`Etudes des Sols et de la Carte Pédologique de France.
Ceci constitue l`un des axes majeurs du programme Connaissance Pédologique de la France, volet du programme national d`inventaire multi-échelles I.G.C.S.
La structuration des données est faite selon le Modèle d`Organisation des Sols DoneSol du programme I.G.C.S., afin d`assurer la cohérence et l`harmonisation de l`ensemble des données à toutes les échelles d`inventaire.
Un cadre méthodologique est proposé à partir de trois exemples de cartographies pédologiques différentes dans leurs concepts et leur échelle :
- les cartes à 1/100 000 de Brive la Gaillarde et Châteaudun (Carte Pédologique de France), synthétiques et de type morphogénétique
- une portion de la Carte des Sols de la région Centre à 1/50 000, de type analytique (type de sol associé à 9 critères).
Les différentes étapes de mise au format des données extraites des cartes et des notices sont présentées en distinguant les opérations automatiques (ou automatisables) et les phases d`expertise.
Une estimation du temps de travail et des coûts, nécessaire à la réalisation de telles opérations, est proposée.
Le sol, maillon-clé de la gestion écosystémique de la biosphère anthropisée | p 69-76
Auteurs :
G. Pédro
Adresse :
Secrétaire Perpétuel Honoraire de l`Académie d`Agriculture de France
Résumé :
Conférence présentée à Florence à l`occasion de la séance solennelle de l`` Accademia dei Georgofili ` le 27 avril 2007

2008 - Volume 15 - Numéro 2

Variabilité spatiale de la productivité d`un Andosol Leptique de la région de Foumbot, Ouest Cameroun | p 87-96
Auteurs :
J.D. Ngandeu Mboyo(1), R. Yongue-Fouateu(1), M. Yemefack(2) et P. Bilong(1)
Adresse :
1) Département des Sciences de la Terre, Université de Yaoundé I, BP 812 Yaoundé Cameroun.
2) Institut de la Recherche Agricole pour le Développement (IRAD) Nkolbisson, BP. 2067 Yaoundé, Cameroun.
Résumé :
La ferme PROLEG de Foumbot, spécialisée dans la culture des légumes verts, est établie sur un Andosol Leptique. Malgré des pratiques culturales identiques sur toute son étendue, on note une disparité dans le rendement en maïs et en haricot vert des trois principales parties de celle-ci. Une étude de la variabilité spatiale de la fertilité du sol a été entreprise dans le but d`identifier les causes de la disparité du rendement parcellaire. L`objectif de cette étude était d`inventorier et d`évaluer les facteurs de la variabilité des caractéristiques des sols à l`intérieur de cette ferme, à travers une étude pédologique détaillée et une analyse spatiale de la distribution de certains facteurs de la productivité des sols. Il en résulte que bien que la fertilité chimique des sols sur roches volcaniques soit reconnue, d`autres caractéristiques des sols peuvent influencer de manière notable la fertilité globale de ces sols. Il s`agit pour le cas présent de la topographie, du taux d`éléments fins dans le sol et de la profondeur totale du sol accessible aux racines des plantes dont la variabilité spatiale contribue de façon significative à la variabilité des rendements des cultures.
Perdus dans le triangle des textures | p 97-112
Auteurs :
A. Richer de Forges(1), C. Feller(2), M. Jamagne(1) et D. Arrouays(1)
Adresse :
1) INRA US 1106 Unité InfoSol, 2163, avenue de la Pomme de Pin, CS4001, Ardon, 45075 Orléans Cedex 02
2) IRD, UR Seqbio, ENSAM, Bâtiment 12, 2, place Viala, 34060 Monpellier Cedex 01
Résumé :
Il existe de par le monde de nombreux diagrammes triangulaires de texture différents. Beaucoup de triangles de texture sont adaptés au contexte pédologique de leur région d`origine. De plus, les fractions granulométriques utilisées peuvent aussi varier d`un pays ou d`un organisme à l`autre. Nous avons tenté de faire un inventaire des diagrammes de texture existant afin de les comparer. Il ressort que l`ensemble des triangles est approximativement en accord sur les extrêmes (argile, limon, sable) contrairement aux classes de leur centre. Quelques limites granulométriques semblent toutefois faire l`objet d`un consensus. L`harmonisation au niveau mondial apparaît cependant très délicate devant la difficulté d`imposer une norme. Bien que certains auteurs aient calculé des algorithmes de passage d`un triangle à un autre, aucune comparaison systématique de tous les triangles existants n`a été réalisée. Une autre méthode consisterait en l`établissement de formules de transfert par grands types de matériaux en utilisant des granulométries laser continues, mais cela nécessiterait un travail considérable. Par conséquent, en attendant de trouver une solution d`harmonisation de tous ces diagrammes de textures, il est important que la texture soit renseignée avec toutes les précisions possibles concernant son diagramme de référence dans les bases de données.
Potentiel et effets des résidus de culture de canne à sucre pour la conservation des sols ferrallitiques d`une exploitation agricole de la région de Mbandjock (sud Cameroun) | p 113-130
Auteurs :
E. Tolale(1), R. Yongue-Fouateu(1), Z. Boli Baboule(2) et P. Bilong(3)
Adresse :
1) DST Faculté des Sciences, Université de Yaoundé1, B.P. 812 Yaoundé, Cameroun
2) IRAD, B.P.2123 Yaoundé, Cameroun
3) Faculté des Sciences, Université de Douala, Cameroun
Résumé :
Des problèmes de dégradation des sols se sont posés avec acuité ces dernières années à la Société Sucrière du Cameroun (SOSUCAM) à Mbandjock (Sud Cameroun) où près de 20 000 ha de terres sont exploités en culture pluviale de canne à sucre. Du diagnostic du risque érosif mené dans l`exploitation, il ressort que l`itinéraire technique cultural et les pistes sont des facteurs qui aggravent les effets nocifs des eaux de pluies sur les sols et sur les cultures. L`approche de gestion de ce risque intègre l`utilisation des résidus de plantation de canne dans la maîtrise du ruissellement et de l`érosion sur les versants par le paillage des pistes de limite des parcelles (pistes de carreaux) orientées dans le sens des écoulements des eaux.
Les résidus de culture générés au niveau des différentes séquences de la culture (récolte des semences, plantation, récolte de production après brûlage) sont d`une part caractérisés et quantifiés en procédant par l`échantillonnage, le triage, le séchage et la pesée à poids constant ; d`autre part, on apprécie la distribution spatiale des résidus et la dynamique superficielle du sol par le suivi des états de surface du sol sur les pistes et les cultures.
Les résultats montrent que les résidus de culture de canne à sucre sont constitués de paille, de bouts blancs, de morceaux et de tiges entières de canne. La fréquence de distribution des différents types de résidus varie en fonction de la séquence de culture et du temps. Les parcelles semencières laissent à la récolte en moyenne 15 t ha-1 de matière sèche ; les parcelles récoltées après brûlage en laissent environ 8 t ha-1, les parcelles de plantation 6 t ha-1. Sur les pistes récemment paillées, on en a observé 3,5 t ha-1 contre 1 t ha-1 sur celle paillée depuis un an. Dans les chantiers de plantation, la masse de résidus aux lieux de livraison des semences par unité d`exploitation (carreau) semble suffisante pour pailler les pistes à une charge de plus de 10 t ha-1. L`efficacité de ce paillage dépend de la richesse des résidus en bouts blancs et en tiges de canne entières ou en morceaux, et de la régularité du profil transversal de la piste.
Les résidus de récolte de canne entretiennent l`ouverture du sol, améliorant de ce fait sa perméabilité et freinant l`érosion. La protection du sol semble plus efficace dans le système de production sans brûlage, et pourrait être meilleure si les travaux de préparation du sol étaient réduits.
Friedrich Albert Fallou (1794-1877) et sa ` Pédologie ` - La Préface de l`ouvrage | p 131-137
Auteurs :
C. Feller(1), J.-P. Aeschlimann(2), E. Frossard(3) et V. Lutz(4)
Adresse :
1) Institut de Recherche pour le Développement (IRD), UR 179 SeqBio, ENSAM, 2 Place Viala, 34060 Montpellier Cedex 1, France
2) Agropolis-Museum, 901 Av. d`Agropolis, 34394 Montpellier Cedex 2, France
3) Swiss Federal Institute of Technology (ETH Zurich), Institute of Plant Sciences, Group of plant nutrition, Postfach 185, Eschikon 33, 8315 Lindau, Suisse
4) Huttenstrasse 36, 8006 Zürich, Suisse
Résumé :
Cet article concerne F.A. Fallou (1794-1877) qui fut le créateur du terme `pédologie` et qui écrivit en 1862 un ouvrage en allemand de 487 pages sur le sujet. Toutefois, les avis des historiens sont partagés sur le côté très précurseur ou non de ce savant, certains le proposant comme le fondateur de la pédologie, vingt années avant Dokuchaev. Cet article donne la traduction intégrale en français de la Préface et de la Table des Matières, accompagnée de commentaires des auteurs et d`une courte biographie de Fallou.

2008 - Volume 15 - Numéro 3

Impact du niébé (Vigna unguiculata) et de la fumure minérale sur les propriétés chimiques de la terre de barre du Bénin | p 147-160
Auteurs :
G. L. Amadji et H. N.S. Aholoukpe
Adresse :
UAC. BP : 499 Calavi. République du Bénin
Résumé :
Un dispositif Split plot de deux facteurs (fumure et variété) a été installé chez six paysans à Gbékandji afin d`évaluer l`effet de trois formules de fumure : P47K25N45, P47K50N45 et P47K50N30 sur les caractéristiques du sol. Sur le sol témoin, indépendamment de la variété de niébé, le Corg. et le phosphore ont baissé. A part l`amélioration du potassium et du phosphore induite par le traitement P47K50N30, tous les autres paramètres ont chuté suite aux trois fumures testées. En intégrant tous ces effets des traitements et les investissements qui y sont liés, le traitement P47K50N30 est écologiquement le plus bénéfique pour le paysan.
Evolution du pH et de la CEC de sols du Nord de la France en fonction des doses de chaulage (CaCO3) - Influence du carbone organique | p 161-170
Auteurs :
H. Ciesielski(1), T. Sterckeman(2), J.-Y. Baliteau(3), G. Caria(1), V. Goutiers(1) et J.-P. Willery(1)
Adresse :
1) INRA Laboratoire d`Analyses des Sols, 273, rue de Cambrai, 62000 Arras
2) INPL (ENSAIA)/INRA Laboratoire Sols et Environnement, 2, avenue de la Forêt de Haye, 54505 Vandoeuvre-lès-Nancy
3) Laboratoire SADEF, rue de la station, 68700 Aspach-le- Bas.
Résumé :
L`évolution du statut acido-basique de 35 sols agricoles du Nord de la France consécutive à des apports de carbonate de calcium a été étudiée. Les données utilisées proviennent d`essais réalisés en laboratoire et de mesures effectuées après une période d`incubation de deux mois.
On montre que la détermination du carbone minéral solubilisé dans des extraits de sol en présence d`oxalate d`ammonium permet de détecter de faibles quantités de carbonate de calcium, inaccessibles aux méthodes de détermination volumétriques classiques à moins d`aménagements drastiques.
Tant que la phase calcaire n`est pas en excès, l`augmentation du pH est reliée aux quantités de carbonate de calcium apportées par une relation qui pour être applicable à l`ensemble des sols examinés, ne fait intervenir que leurs seules teneurs en carbone organique selon :
pH = pH0 + (10/[C]).[CaCO3]ajouté.
Une autre relation est mise en évidence pour décrire les variations de la capacité d`échange cationique (CEC) en fonction de celles du pH. Elle conduit à un modèle proche de celui proposé précédemment pour estimer les quantités de carbonate de calcium nécessaires pour amener le pH des types de sols étudiés à une valeur donnée.
Emissions de méthane (CH4) et d`oxydes d`azote (N2O et NOx) par les sols cultivés - Aspects généraux et effet du non travail du sol | p 171-182
Auteurs :
B. Nicolardot(1) et J.-C. Germon(2)
Adresse :
1) ENESAD UMR 1210 INRA-ENESAD-Université de Bourgogne `Biologie et Gestion des Adventices`,
26, Boulevard Docteur Petitjean, BP 87999, 21079 Dijon Cedex
2) INRA, UMR 1229 INRA-Université de Bourgogne Microbiologie du Sol et de l`Environnement,
17, rue Sully, BP 86510, 21065 Dijon Cedex
Résumé :
L`objectif de ce travail bibliographique est de faire le point sur l`effet du non travail du sol sur les émissions de méthane (CH4) et d`oxydes d`azote (N2O et NOx) à partir des sols cultivés. Après avoir mentionné les contributions respectives au réchauffement climatique planétaire des principaux gaz à effet de serre (GES) nous rappelons les mécanismes de production et de régulation des émissions de méthane et d`oxydes d`azote à partir du sol. Concernant le méthane, les sols de systèmes cultivés des pays tempérés présentent généralement des flux négatifs, correspondant à une oxydation du méthane par le sol. Il y a peu ou pas de différence d`oxydation entre système labouré et semis direct ou travail superficiel. Les données bibliographiques récentes montrent que les sols en semis direct absorbent en moyenne 0,4 kg C-CH4 ha-1 an-1 de plus que les sols labourés. En ce qui concerne N2O, les pertes gazeuses sous cette forme s`avèrent extrêmement variables, les flux annuels variant généralement de quelques kg à une dizaine de kg N ha-1 an-1, rarement davantage sauf en situations particulières. La majorité des références montrent que les émissions de N2O sont plus importantes pour des systèmes en travail du sol réduit ou en semis direct par rapport aux systèmes avec labour. Cette augmentation moyenne est de l`ordre du kg N ha-1 an-1, voire de quelques kg N ha-1 an-1 ; elle est la conséquence de la modification des propriétés physiques du sol, notamment au niveau de l`augmentation de sa masse volumique et de la diminution de sa porosité, qui ont une incidence directe sur les transferts de gaz et de solutés dans le sol et l`apparition de conditions anoxiques favorables à la dénitrification. Les études mettent également en évidence que cette différence d`émission entre semis direct et labour pourrait dépendre de l`antériorité de la différenciation entre labour et non-labour et s`atténuer avec l`allongement de cette durée de différenciation. Enfin, concernant les émissions de monoxyde d`azote (NO) par les sols conduits en semis direct ou en labour, quelques études rapportent des différences entre les deux modalités de travail du sol généralement faibles, avec une tendance pour des émissions plus importantes pour les systèmes conduits en labour. En prenant en compte toutes ces émissions, il apparaît que, pour certaines situations, les émissions de GES peuvent contrebalancer l`effet bénéfique du stockage de carbone supplémentaire induit par le passage au semis direct. En définitive, il est important de continuer à établir expérimentalement des bilans de GES à la fois sur le court et le long terme pour concevoir et paramétrer des outils de simulation qui seront utilisés pour estimer les émissions de GES à l`échelle de grands territoires ou pour générer des scénarios de réduction de ces émissions.
Détection de valeurs anomaliques d`éléments traces métalliques dans les sols à l`aide du Réseau de Mesure de la Qualité des Sols | p 183
Auteurs :
E. Villanneau(1), C. Perry-Giraud(1), N. Saby(1), C. Jolivet(1), F. Marot(2), D. Maton(3), A. Floch-Barneaud(4), V. Antoni(5) et D. Arrouays(1)
Adresse :
1) INRA, unité INFOSOL, 2163 avenue de la Pomme de Pin, CS 40001 Ardon, 45075 Orléans Cedex 2
2) ADEME, département Sites et Sols pollués, 20 avenue du Grésillé, BP 90406, 49004 Angers Cedex 01
3) BRGM, service Environnement industriel et Procédés Innovants, 3 avenue Claude Guillemin, BP 36009, 45060 Orléans Cedex 2
4) NERIS, unité Déchets et Sites Pollués, Parc technologique ALATA, BP 2, 60550 Verneuil en Halatte
5) IFEN, 5 route d`Olivet, BP 16105, 45061 Orléans Cedex 2
Résumé :
Les éléments traces dans les sols peuvent avoir deux origines : naturelle ou anthropique. À défaut de pouvoir strictement déterminer, dans la plupart des cas, l`une ou l`autre des origines, il est possible de déterminer le cumul du fond pédogéochimique et d`une éventuelle contamination diffuse communément appelé ` bruit de fond ` et nommé ici de manière plus appropriée ` teneurs habituelles `. La limite supérieure de ces teneurs habituelles est établie à l`aide de vibrisses calculées localement et permettant de determiner des anomalies ponctuelles. Les données du Réseau de Mesure de la Qualité des Sols ont servi de base au calcul de la vibrisse de Tukey. Dans le cas des quatre éléments principalement présentés dans ce travail (plomb, zinc, cuivre, cadmium totaux et extractibles), les fortes vibrisses témoignent soit de valeurs naturellement fortes (cadmium dans les calcaires jurassiques), soit de contaminations diffuses d`origine anthropique (plomb et zinc autour des grandes agglomérations). Les vibrisses permettent d`établir un indicateur détectant une teneur en un
élément trace ayant une valeur suspecte tout en tenant compte du contexte local.

2008 - Volume 15 - Numéro 4

Prédiction spatiale des teneurs en carbone organique des sols par spectroscopie de terrain visible-proche infrarouge et imagerie satellitale SPOT - Exemple au niveau d`un périmètre d`alimentation en eau potable en Beauce | p 213-224
Auteurs :
L. Berthier, J.-C.Pitres et E. Vaudour
Adresse :
UMR INRA/ Agro Paris Tech ` Environnement et Grandes Cultures `, Equipe Sol, Agro Paris Tech, Av. Lucien Brétignières, 78850 Thiverval-Grignon, France
Résumé :
La compréhension de la répartition spatiale du carbone organique (CO) est un enjeu environnemental majeur, en lien notamment avec l`évaluation des stocks de carbone ou le transfert des pesticides dans les sols. La télédétection permet le suivi de phénomènes environnementaux à l`échelle de vastes territoires, par l`intermédiaire des propriétés spectrales de surface, notamment liées à des propriétés de sols : cette étude se propose de relier la réflectance du sol à la teneur en CO et de spatialiser celle-ci à l`aide d`imagerie satellitale SPOT (Système Pour l`Observation de la Terre) au niveau d`un périmètre d`alimentation en eau potable en Beauce. Trois étapes composent ce travail : i) la teneur en CO est d`abord estimée à l`aide d`une régression des moindres carrés partiels (Partial Least Squares Regression, PLSR, en anglais) calculée sur 27 spectres de réflectance de terrain à 153 bandes dans le domaine visible-proche infrarouge (400-900 nm) ; ii) la teneur en CO est ensuite estimée à l`aide d`une PLSR basée sur les 3 bandes spectrales simulées du capteur Haute Résolution Visible (HRV) du satellite SPOT ; iii) cette dernière relation est appliquée aux pixels en sols nus d`une image SPOT radiométriquement corrigée en réflectance, ce qui résulte en une spatialisation de la teneur en CO. Un jeu de 22 sites et de 3 images SPOT a été utilisé pour valider ces estimations spatialisées des teneurs en CO. Par la PLSR basée sur 153 bandes des spectres de terrain (400-900 nm), le modèle de prédiction des teneurs en CO est performant, avec une valeur du coefficient de détermination R² élevée (0,82) et une erreur quadratique moyenne de validation croisée (RMSECV) faible, de 0,53 g.kg-1. Par la PLSR restreinte à 3 bandes SPOT simulées à partir des spectres de terrain, le modèle de prédiction des teneurs en CO est certes moins performant (R² =0,40 ; RMSECV = 0,99 g.kg-1) mais son application est possible : les valeurs prédites sur les images sont validées par des erreurs de validation (RMSEV) faibles, comprises entre 1,04 et 1,71 g.kg-1, tandis que l`indice RPD de validation le plus élevé atteint 1,57.
Influence du pH des sols sur les fractions d`éléments traces extraites* ou diffusées** - (*) Par une solution de CaCl2 - (**) En présence de gels DGT (Diffusive Gradient in Thin films) | p 225-240
Auteurs :
H. Ciesielski(1), J.-C. Fischer(2), A. Guérin-Lebourg(1), N. Proix(1) et C. Gabelle(2)
Adresse :
1) INRA - Laboratoire d`Analyses des Sols, 273 rue de Cambrai, 62000 Arras, France
2) USTL - Laboratoire ` Processus et Bilans des Domaines Sédimentaires `, équipe de Chimie Analytique et Marine, UMR CNRS 8110, Université des Sciences et Technologies de Lille (Lille 1), 59655 Villeneuve d`Ascq Cedex, France
Résumé :
Les quantités d`éléments traces extraites dans les sols par des réactifs chimiques non tamponnés sont fortement influencées par le pH. Cette propriété est mise à profit dans ce travail pour comparer les quantités extraites par une solution de chlorure de calcium aux quantités diffusées au contact de gels DGT (Diffusive Gradient in Thin Films). Pour cela on utilise des sols pollués et non pollués, acides ou proches de la neutralité, ayant subi des apports croissants de carbonate de calcium. Les variations induites par le pH présentent de fortes similitudes pour les deux méthodes et peuvent se décrire à l`aide de relations de même nature. Pour l`ensemble des éléments traces étudiés (Cd, Cu, Ni, Pb, Zn) ainsi que pour le manganèse, on a pu améliorer les relations entre les quantités extraites et les quantités diffusées par la prise en compte du pH et de la teneur en carbone organique des sols considérés.
Estimation et signification de la capacité d`échange cationique des sols salés du Cheliff (Algérie) | p 241-254
Auteurs :
D. Saidi(1), Y. Le Bissonnais(2, 3), O. Duval(2), Y. Daoud(4) et D. Tessier(5)
Adresse :
1) Faculté des Sciences Agronomiques et des Sciences Biologiques, BP151, Chlef, Algérie
2) INRA d`Orléans, UR 0272 Science du Sol BP 20619, 45160 Olivet cedex, France
3) INRA Lisah, 2, Place Viala 34060 Montpellier cedex 02, France
4) INA, Département de Science du sol, El-Harrach, Alger, Algérie
5) INRA Versailles, unité de science du sol, Route de St-Cyr, 78026 Versailles cedex, France
Résumé :
Les mesures de la capacité d`échange cationique (CEC) renseignent sur d`importantes propriétés du sol, notamment son aptitude à retenir les cations et à raisonner leur mobilité dans le sol. Nous avons analysé treize échantillons de sols riches en électrolytes de la plaine du Cheliff (Algérie) en mesurant leur CEC et en établissant ses rapports éventuels avec la texture, la teneur en carbone organique et le pH des sols. Dans les sols calcaires, la valeur de la CEC du sol obtenue par la méthode au chlorure de cobaltihexammine est toujours supérieure à celle mesurée à pH = 7,0. Des équations de régression utilisant les teneurs en carbone organique et en argile comme variables indépendantes permettraient de justifier 90 % de la variabilité de la CEC mesurée dans l`acétate d`ammonium tamponnée à pH 7,0 et 89 % pour celle mesurée au pH proche de celui du sol. Ces rapports sont particulièrement utiles du fait qu`ils permettent d`estimer la CEC du sol en fonction des teneurs en carbone organique et en argile. Les essais de corrélation entre les indices de salinité, les paramètres de la phase saline et les propriétés physiques montrent que la méthode de mesure de la CEC au chlorure de cobaltihexammine permet de mieux caractériser les sols du Cheliff que la méthode Metson. Cette valeur de la CEC constitue un critère pour le suivi de la qualité chimique des sols. La mesure de la CEC à pH égal à 7 selon la méthode Metson permet de prévoir la teneur en eau au point de flétrissement permanent. Avec les hauts potentiels de l`eau, c`est la densité apparente qui en est la mieux corrélée.
Enfin, nous notons que la salinité rencontrée dans ces types de sols s`accompagne toujours d`une sodisation du complexe adsorbant, ce qui engendre par conséquent une diminution de la stabilité structurale et de l`infiltration.
Note historique - Friedrich Albert Fallou (1794-1877) et sa `Pédologie` - 2. L`introduction de l`ouvrage | p 255-268
Auteurs :
E. Frossard(1), J.P. Aeschlimann(2), V. Lutz(3) et C. Feller(4)
Adresse :
1) Swiss Federal Institute of Technology (ETH Zurich), Institute of Plant Sciences, Group of plant nutrition, Postfach 185,
Eschikon 33, 8315 Lindau, Suisse
2) AGROPOLIS-MUSEUM, 951 Av. d`Agropolis, 34394 Montpellier Cedex 2, France
3) Huttenstrasse 36, 8006 Zürich, Suisse
4) Institut de Recherche pour le Développement (IRD), UR 179 SeqBio, SUPAGRO, 2 Place Viala, 34060 Montpellier Cedex 1, France
Résumé :
Cet article concerne F.A. Fallou (1794-1877) qui fut le créateur du terme `Pedologie` (en allemand) et qui écrivit en 1862 un ouvrage en allemand de 487 pages sur le sujet. Toutefois, les avis des historiens sont partagés sur le côté précurseur ou non de ce savant, certains le proposant comme le fondateur de la pédologie, vingt ans avant Dokuchaev. Dans un article précédent de cette revue (Feller et al., 2008) nous avons publié, avec commentaires, la traduction intégrale en français de la Préface de cet ouvrage. Ce deuxième papier donne maintenant la traduction intégrale de l`Introduction, accompagnée aussi de commentaires des auteurs.

2007 - Volume 14 - Numéro 1

Effets du pH sur l`extraction des éléments traces métalliques dans les sols | p 7-30
Auteurs :
H. Ciesielski, A. Guérin-Lebourg et N. Proix
Adresse :
INRA - Laboratoire d`Analyses des Sols
273 rue de Cambrai
62000 Arras
France
Résumé :
Il existe de nombreuses méthodes d`extraction pour caractériser le comportement des éléments traces métalliques (ETM) dans les sols. Si cette diversité atteste de la complexité des applications visées, nutrition des plantes ou pollution des sols, elle complique singulièrement le choix des utilisateurs. L`objet de ce travail est d`apporter des précisions sur le mode d`action de quelques réactifs courants pour en faciliter la sélection, tout en essayant de mieux cerner les mécanismes physico-chimiques mis en œuvre.
Pour cela, nous utilisons des échantillons de sols agricoles non pollués et pollués en Cd, Pb et Zn que nous avons préalablement traités avec des doses croissantes de carbonate de calcium. Cette façon de faire nous permet de mettre en évidence l`influence prépondérante sur les quantités extraites du pH du milieu considéré, la valeur de ce dernier résultant du pH initial des échantillons et de la compétition entre deux pouvoirs tampons, celui du sol et celui du réactif d`extraction. Cette observation s`applique à des réactifs aussi différents que des solutions de sels neutres (CaCl2, NH4NO3) ou des solutions complexantes à base de DTPA ou d`EDTA. Dans le premier cas, en provoquant une forte diminution des quantités extraites lorsqu`il augmente, le pH s`avère être un facteur parfois plus discriminant que les teneurs totales pour expliquer les différences observées entre sols pollués et non pollués. Dans le second, hormis certains cas qui pourraient s`expliquer par un effet de compétition entre cations métalliques : une stabilité du pH des extraits entraîne celle des fractions d`ETM mises en solution, une augmentation se traduit par leur diminution et inversement.
On note de fortes analogies de comportement entre le cadmium, le cuivre, le nickel, le plomb et le zinc vis à vis d`un même réactif et, malgré la diversité des protocoles d`extraction utilisés, vis à vis de réactifs différents. On met également en évidence de nombreuses relations entre les quantités extraites, le pH et la teneur en carbonate de calcium des échantillons. Dans ces conditions on peut envisager, au fur et à mesure que le pH évolue, et avant que n`interviennent d`éventuelles réactions de précipitation, des compétitions entre mécanismes de rétention communs à l`ensemble des éléments qui, en se superposant aux modifications éventuelles du statut des espèces minéralogiques présentes, vont déterminer les quantités solubilisées.
Au final ce travail précise et renforce les connaissances que nous avons sur le mode d`action des différents réactifs, ce qui devrait en assurer une utilisation plus pertinente, en sachant notamment, qu`ils peuvent parfois donner une image différente d`un même phénomène.
Abstraction faite des zones de précipitation que nos conditions expérimentales ne font qu`effleurer et au sein desquelles chaque élément va évoluer de façon spécifique, notre étude met en évidence de fortes similitudes de comportement avec pour conséquence, la possibilité de pouvoir envisager, à terme, une généralisation. Dans certains cas nous proposons de privilégier le rôle de la matière organique, la compétition avec les protons influençant à la fois la densité des sites d`échange et les réactions de complexation sur la phase solide.
Altération du granite en zones tropicales. Exemple de deux séquences étudiées au Cameroun (Afrique Centrale). | p 31-42
Auteurs :
J.-P. Nguetnkam(1), R. Kamga(3), F. Villiéras(2), G.-E. Ekodeck(4) et J. Yvon(2)
Adresse :
(1) Département des Sciences de la Terre, Faculté des Sciences, Université de Ngaoundéré, BP 454, Ngaoundéré, Cameroun
(2) Laboratoire Environnement et Minéralurgie, ENSG-INPL, 15, avenue du Charmois BP40, 545001 Vandoeuvre-lès-Nancy, France
(3) Département de chimie Appliquée, Ecole Nationale Supérieure des Sciences agro-industrielles, Université de Ngaoundéré, BP 455, Ngaoundéré, Cameroun
(4) Département des Sciences de la Terre, Faculté des Sciences, Université de Yaoundé I, BP 812, Yaoundé, Cameroun
Résumé :
Deux séquences d`altérations du granite, développées dans deux zones bioclimatiques du Cameroun, ont été étudiées au moyen de l`analyse macroscopique et microscopique, de la diffraction des Rayons X (DRX), des analyses chimiques, ainsi que des observations au MEB et au MET. Au sud Cameroun, en zone forestière tropicale humide, à collines en demi-orange, à pentes moyennes à fortes et à drainage efficace, l`altération du granite conduit à la néoformation de la kaolinite et à la formation d`un sol ferrallitique, constitué de quatre horizons à pH acide et à rapport SiO2/Al2O3 < 3. A l`extrême Nord, en zone tropicale sèche, à végétation de savane, à pentes faibles et à drainage limité, l`altération du granite conduit à la néoformation de la beidellite et à la formation d`un vertisol chromique, constitué de trois horizons à pH basique et à rapport SiO2/Al2O3 > 3. Ces résultats soulignent et confirment une fois de plus l`influence du climat et des facteurs de station dans la néoformation des minéraux argileux et dans la différenciation des sols en régions intertropicales.
Sols et paléo-altérites sur roches volcaniques du Cantal (France) : Exemple du Puy Courny. | p 43-62
Auteurs :
P. Quantin(1), J. Dejou(2), M. Tejedor(3) et C. Jimenez(3)
Adresse :
(1) 5, rue Boileau, 21000 Dijon
(2) 1, rue des Réaux, 15250 Jussac
(3) Departemento de Edafologia y Geologia Universitad de La Laguna, Tenerife, Espagne
Résumé :
La coupe du Puy Courny, près d`Aurillac (Massif Central), est un haut lieu de la géologie volcanique cantalienne. Elle comporte à la base une coulée de basanite du Miocène terminal de 7,44 MA (millions d`années), recouverte par un paléosol rouge. Ensuite se succèdent :
une série trachytique explosive avec plusieurs strates successives, puis une seconde coulée de basalte datée de 6,48 MA et au sommet un dépôt périglaciaire. Cet article est consacré à l`étude de la composition minéralogique et chimique de chaque matériau des différentes strates de la coupe : basanite et basalte, pyroclastes trachytiques, altérites et sols, ainsi qu`à la discussion des résultats. Ces données permettent l`examen des processus d`altération qui ont affecté les diverses couches volcaniques, soit pré-météoriques, soit météoriques,ainsi que la comparaison de la genèse du Brunisol actuel à celle du paléosol rouge.
Sol et Culture dans EGS. Mais quel sol et quelle culture ? | p 63-64
Auteurs :
Ch. Feller(1) et S. Mériaux(2)
Adresse :
(1) Institut de Recherche pour le Développement (IRD), UR 179 SeqBio, ENSAM, 2 Place Viala, 34060 Montpellier cedex 1, France.
(2) Académie d`Agriculture de France, Section 7, 18 rue de Bellechasse, 75007 Paris, France
La représentation du sol dans l`art occidental | p 65-80
Auteurs :
Ch. Feller
Adresse :
Institut de Recherche pour le Développement (IRD)
UR 179 SeqBio, ENSAM
2 Place Viala
34060 Montpellier cedex 1
France.
Résumé :
Les pédologues sont formés pour observer en détail le Sol considéré comme un objet naturel. Les artistes sont aussi habitués à observer précisément la Nature, et l`on peut s`interroger sur leur vision spécifique du Sol. Cet article parcoure l`histoire de l`art depuis les peintures rupestres jusqu`à l`art contemporain avec un regard centré sur la représentation du sol, dans la peinture en particulier. A l`exception de quelques oeuvres d`artistes anciens comme Bosch, Breughel et les Surréalistes, ce sont seulement les artistes de la période actuelle qui représentent le Sol ` naturel-culturel ` pour lui-même.
La Terre écrite | p 81-90
Auteurs :
Suzanne Mériaux
Adresse :
Académie d`Agriculture de France
Section 17 - 18
rue de Bellechasse
75007 Paris
Résumé :
La Terre aux multiples visages – volume, surface, matière – est à la fois Terre-objet, lieu réel du quotidien et Terre mentale, lieu surréel de l`esprit.
La Terre est écrite par des formes, des géo-graphies qui traduisent l`action des hommes et la dynamique du milieu sur la surface du globe.
Elle est aussi écrite par les mots des hommes pour dire ce qu`elle a d`essentiel. C`est de cette écriture littéraire qu`il est traité.
Pour écrire la Terre ` habitée ` il faut se l`approprier, l`intérioriser à partir des images sensorielles données par la perception du lieu réel.
Les écrits sur les visages de la Terre remontent à la Genèse, traversent l`Antiquité pour arriver à nos contemporains romanciers, philo- sophes et surtout poètes.
Ces textes témoignent hautement de la richesse littéraire du patrimoine Terre. Ils représentent la voie sensible qui rejoint la voie rationnelle dans la recherche de l`unité de la Terre et du monde.
Le futur de la Science du Sol : Quelques réflexions à partir du livre édité par A.E. Hartemink | p 91-94
Auteurs :
A. Ruellan
Adresse :
Professeur Emérite de l`ENSAR (Rennes)
2, Boulevard Berthelot
34000 Montpellier

2007 - Volume 14 - Numéro 2

Comparaison de fonctions de pédotransfert nationales et européennes pour prédire les propriétés de rétention en eau des sols | p 103-116
Auteurs :
H. Al Majou(1),(2), A. Bruand(1), O. Duval(3) et I. Cousin(3)
Adresse :
(1) Institut des Sciences de la Terre d`Orléans (ISTO), UMR 6113 CNRS - Université d`Orléans, 1A Rue de la Férollerie,
45071 Orléans Cedex 2, France
(2) Département des Sciences du Sol, Faculté Agronomique, Université de Damas, PO Box 30621, Damas, Syrie
(3) INRA, UR0272 Science du sol, Centre de Recherche d`Orléans, BP20619, 45166 Olivet Cedex, France
Résumé :
Parmi les nombreuses fonctions de pédotransfert (FPT) qui ont été développées depuis plusieurs dizaines d`années, les classes de fonctions de pédotransfert (CFPT) n`ont fait l`objet que d`un nombre très limité d`études car leurs performances sont généralement considérées comme étant très limitées. A l`opposé, les fonctions de pédotransfert continues (FPTC), qui permettent une prédiction des propriétés de rétention en eau en rendant compte de façon continue de la variation des caractéristiques de composition du sol, ont fait l`objet de nombreux travaux. Dans cette étude, nous discutons les performances de CFPT et FPTC établies à partir de la base de données nationale SOLHYDRO 1.0 et nous les comparons à celles obtenues avec des CFPT et FPTC établies avec la base de données européenne HYPRES.
Les résultats montrent que, excepté pour les CFPT développées avec la base européenne HYPRES, les biais obtenus sont faibles à très faibles (-0,013 ≤ EMP ≤ 0,016 cm3.cm-3). Il n`y a pas, par conséquent, de différence sensible de qualité des fonctions de pédotransfert en terme de biais de prédiction en fonction des CFPT et FPTC utilisées. Les CFPT texturales développées avec SOLHYDRO 1.0 qui sont de simples jeux de valeurs moyennes de teneur en eau volumique pour chaque classe de texture conduisent à des prédictions de qualité analogue à celle obtenue avec les autres CFPT et FPTC testées, celles-ci étant toutes plus sophistiquées et plus exigeantes quant au nombre et à la nature des caractéristiques de sols requises par la prédiction. Concernant cette fois la précision, des différences importantes apparaissent en fonction des CFPT et FPTC utilisées. On enregistre une meilleure précision avec les CFPT et FPTC développées avec la base de données SOLHYDRO 1.0 (0,038 ≤ ETP ≤ 0,045 cm3.cm-3) par rapport à celle enregistrée avec les CFPT et FPTC développées avec HYPRES (0,050 ≤ ETP ≤ 0,060 cm3.cm-3). De telles valeurs de précision n`en demeurent pas moins faibles quelle que soit la base de données utilisée. Enfin, concernant l`apport de la prise en compte couplée par des CFPT de la composition granulométrique et de la structure, par l`intermédiaire respectivement de la texture et de la densité apparente, les résultats obtenus dans cette étude ne montrent pas d`amélioration très sensible de la prédiction comme permettaient de l`envisager les résultats enregistrés antérieurement.
Distribution granulo-densimétrique de la matière organique dans un sol argileux sous semis direct avec couverture végétale des Hautes Terres malgaches | p 117-134
Auteurs :
I. Grandière(1), T. Razafimbelo(2), B. Barthès(1), E. Blanchart(1), J. Louri(1), H. Ferrer(1), C. Chenu(3), N. Wolf(4), A. Albrecht(1)(2) et Ch. Feller(5)
Adresse :
1 IRD - UR 179 SeqBio, ENSAM, 2 Place Viala, Bâtiment 12, 34060 Montpellier Cedex 1, France
2 Laboratoire des RadioIsotopes, Service de la Radioagronomie, BP 3383 Route d`Andraisoro, 101 Antananarivo, Madagascar
3 INAPG - INRA, Département AGER, Bâtiment EGER, 78850 Thiverval, Grignon, France
4 INRA Science du Sol, RD 10 Route de St Cyr, 78026 Versailles Cedex, France
5 IRD, Route d`Ambohipo, BP 434, 101 Antananarivo, Madagascar
Résumé :
Le semis direct, en particulier sous couvert végétal (SCV), permet de stocker de la matière organique (MO), donc du carbone (C) dans les sols tropicaux, d`où son intérêt agronomique (fertilité) et environnemental (atténuation du changement climatique). L`objectif du travail présenté est d`étudier l`effet de trois systèmes SCV sur le contenu en C du sol total et de ses fractions granulo-densimétriques, sur un dispositif agronomique de longue durée (11 ans) installé sur sol argileux à Antsirabe, Madagascar (16°C , 1300 mm an-1).
Les systèmes SCV testés comportent un traitement à couverture végétale morte [NT m/s, rotation maïs (Zea mays)/soja (Glycine max)] et deux traitements à couverture végétale vivante [NT m/m-d, rotation maïs/maïs avec une couverture végétale de Desmodium uncinatum ; et NT h/s-k, rotation haricot (Phaseolus vulgaris)/soja avec une couverture de Pennissetum clandestinum]. Ils sont comparés à un système avec travail conventionnel [CT m/s, rotation maïs/soja]. Par rapport au sol sous CT, les sols sous SCV présentent des teneurs en C significativement plus élevées à 0-5 cm (+13,3 mgC.g-1 sol en moyenne) et à 5-10 cm (+5,8 mgC.g-1 sol en moyenne) de profondeur. Dans les systèmes SCV, les plantes de couverture ne permettent pas d`augmenter significativement les teneurs en C du sol. La distribution de C dans les fractions granulo-densimétriques diffère selon les systèmes et selon la profondeur. A 0-5 cm, le C stocké sous NT est principalement localisé : (i) dans les MO particulaires internes aux agrégats (> 50 μm), où il est protégé physiquement , et (ii) dans la fraction fine du sol (< 50 μm), où il est protégé physico-chimiquement par adsorption sur les particules minérales. A 5-10 cm, le C stocké sous NT est localisé essentiellement dans la fraction fine du sol. Pour l`ensemble de l`horizon 0-10 cm, le stockage de C sous SCV est dû pour 17 à 27 % aux MO particulaires internes aux agrégats > 50 μm, et pour 46 à 60 % aux fractions fines < 50 μm.
Utilisation du logiciel CLAPAS pour l`aide à la délimitation de pédopaysages - Un test sur la carte des sols de Mirande (Gers, France) | p 135-152
Auteurs :
S. Lehmann(1), J.C. Bégon(2), M. Eimberck(1), J. Daroussin(2), R. Wynns(3) et D. Arrouays(1)
Adresse :
(1) INRA Orléans, Unité InfoSol, BP 20619, F-45166 Olivet cedex 06
(2) INRA Orléans, Unité de Science du Sol, BP 20619, F-45166 Olivet cedex 06
(3) BRGM, BP 6009, F-45060 ORLEANS Cedex 2
Résumé :
L`objectif de ce travail est de tester l`apport du logiciel Clapas (Robbez-Masson, 1994) pour l`aide à la cartographie des sols dans le cadre du programme IGCS. Notre secteur d`étude couvre une surface d`environ 50 000 ha localisée dans la région des coteaux de Gascogne (Gers) (figure 1). Nous rappelons les principes de Clapas (figure 2). A partir de deux secteurs d`apprentissage (figure 8), nous définissons les combinaisons de données numériques (issues de la carte géologique numérisée (figure 3) et des indices dérivés d`un MNT au pas de 50 m) les plus pertinentes pour discriminer des Unités Cartographiques (figures 5 et 6). Nous procédons d`abord à une validation interne de la méthode Clapas au sein des secteurs d`apprentissage. Nous analysons la qualité des résultats à l`aide de cartes de qualité des classements (figure 10), et d`une matrice de confusion avec les unités de la carte de validation (tableaux 3 et 4). Nous procédons à plusieurs itérations en regroupant successivement des unités sur la base de leur confusion (figure 4). Lorsqu`un résultat satisfaisant est atteint (fixé à 75 % de bonne prédiction), nous généralisons la classification à l`ensemble de la zone d`étude. Nous la validons en la comparant à une carte des sols du même secteur au moyen d`une nouvelle matrice de confusion (validation externe). Nous montrons que cette méthode apporte une aide pratique à la délimitation d`unités pédopaysagères à l`échelle du 1:250 000 (figure 12). Nous proposons ensuite quelques voies d`améliorations possibles de la méthode.
Référentiel Pédo-Géochimique du Nord-Pas de Calais - Méthode et principaux résultats | p 153-168
Auteurs :
T. Sterckeman(1), F. Douay(2), D. Baize(3), H. Fourrier(2), N. Proix(4) et C. Schvartz(2)
Adresse :
(1) INPL(ENSAIA)/INRA, Laboratoire Sols et Environnement, BP 172, 54505 Vandoeuvre-lès-Nancy Cedex, France
(2) ISA, Laboratoire Sols et Environnement, 48, boulevard Vauban, 59046 Lille Cedex, France
(3) INRA, Unité de Science du Sol, BP 20619, 45166 Olivet cedex, France
(4) INRA, Laboratoire d`Analyses des Sols, 273, rue de Cambrai, 62000 Arras, France
Résumé :
Le Référentiel Pédo-Géochimique (RPG) est le résultat d`un inventaire géochimique des sols du Nord-Pas de Calais, réalisé selon une approche typologique. Ces sols sont issus uniquement de matériaux sédimentaires. Les concentrations totales en Al, Fe et en 18 éléments en traces, ainsi que les paramètres pédologiques habituels, ont été mesurés dans les échantillons de 271 horizons de surface et 487 de profondeur issus de 22 types de roches et de formations superficielles. Les facteurs d`enrichissement calculés par rapport à Al ou Fe montrent que les matériaux parentaux sont enrichis en presque tous les éléments en traces au regard de la croûte continentale supérieure. Les roches calcaires du Carbonifère, du Crétacé et du Jurassique sont particulièrement enrichies en Cd, probablement par substitution du métal au Ca de la calcite. Dans les horizons profonds, les éléments les moins mobiles géochimiquement (Bi, Co, Cr, Cu, In, Ni, Pb, Sn, Tl, V, Zn, dont le potentiel ionique, Z/r, se situe entre 3 et 7) sont associés à la fraction < 2 μm. Les éléments plus mobiles (As, Cd, Hg, Mn, Mo, Sb, Se) sont moins, voire non corrélés à cette fraction. Le cadmium est particulièrement associé au manganèse. Le mercure, Pb, Sb et surtout Se montrent de fortes affinités pour la matière organique. Les horizons de surface sont enrichis en tous les éléments en traces, à l`exception de Co, Cr et Ni. Cet enrichissement est essentiellement dû aux contaminations anthropiques, la matière organique agissant comme un puits vis-à-vis des éléments exogènes. Rapporter les teneurs en éléments en traces à celles en Al ou Fe permet de réduire la variation du fond pédo-géochimique liée au matériau parental. De ce fait, la distribution des ratios [élément en traces]/([Al] ou [Fe]) donne une estimation du fond pédo-géochimique qui peut être appliquée à tous les sols du Nord-Pas de Calais.

2007 - Volume 14 - Numéro 3

Vérifications de la qualité des Référentiels Régionaux Pédologiques : Etats des lieux et enseignements | p 219-236
Auteurs :
B. Laroche, J. Doux
Base de Données Numériques sur les SOls et le TERrain (SOTER) de l’Afrique Centrale (RD Congo, Rwanda et Burundi) | p 207-218
Auteurs :
Base de Données Numériques sur les SOls et le TERrain (SOTER) de l’Afrique Centrale (RD Congo, Rwanda et Burundi)
C. Goyens, A. Verdoodt, J. Van De Wauw, G. Baert, V.W.P. van Engelen, J.A. Dijkshoorn et E. Van Ranst
Résumé :
En Afrique Centrale, les données pédologiques et l’information détaillée sur les ressources naturelles sont difficiles d’accès, incomplètes et souvent sous des formats non standardisés, ce qui affecte l’accessibilité et la rapidité d’exploitation de l’information. Depuis l’élaboration de la « Carte des Sols du Congo belge et du Ruanda-Urundi » en 1959, une quantité d’information sur les sols et les terrains de ces trois pays a été éditée et publiée. Il en résulte diverses cartes des sols, de la végétation et du relief aux échelles variables, des cartes lithologiques et une quantité de données morphologiques et physico-chimiques des profils pédologiques.
L’objectif principal du programme SOTER est la création d’une base de données sur les sols et le terrain au niveau mondial, contenant des unités cartographiques numérisées et les données de leurs attributs. La méthodologie SOTER est fondée sur l’identification de zones de terres en fonction des caractéristiques de terrain et de sol. Cette base de données, compatible avec d’autres bases de données, offrera ainsi les données nécessaires pour améliorer la gestion et le suivi des changements dans les ressources en sols et terrain.
A partir des cartes thématiques et des données accessibles, nous avons crée une base de données SOTER pour l’Afrique Centrale (SOTERCAF). SOTERCAF comprend une carte numérisée des unités SOTER de la RD Congo à l’échelle de 1/ 2 000 000 et deux cartes à l’échelle de 1/1 000 000, l’une du Rwanda, l’autre du Burundi. L’information supplémentaire décrivant les composants non cartographiables et les propriétés descriptives et physico-chimiques des profils pédologiques, ont été harmonisés et insérés dans une base de données relationnelle.

Utilisation du modèle STREAM pour raisonner les aménagements fonciers | p 179-194
Auteurs :
Lheriteau M., Ouvry J-F., Souchère V., Lechène S.
Résumé :
En Pays de Caux, les ruissellements sur parcelles agricoles sont à l’origine de troubles importants en fréquence et en coûts, tels que de l’érosion concentrée, des coulées de boues et de la turbidité de l’eau potable. Les pentes y sont faibles (< 3%), le réseau de concentration du ruissellement est donc fortement dépendant de la forme des parcelles, de leurs limites et du sens de culture par rapport à la pente.
Depuis les années 1997, dans les opérations d’aménagement foncier, des aménagements sont proposés et réalisés pour limiter le risque érosif par ruissellement concentré. Dans le cadre d’une opération de ce type, en cours dans un bassin versant de 501 ha, nous avons cherché à utiliser STREAM pour localiser les zones à risque d’écoulements concentrés et donc déterminer celles qui feront l’objet d’une proposition d’aménagement. Après obtention des paramètres d’entrée, le modèle STREAM a permis de comparer le réseau d’écoulement et les volumes écoulés avant et après les opérations de remembrement et cela pour différents événements pluvieux d’hiver et de printemps, avec des périodes de retour de 2 à 20 ans. Les résultats graphiques font bien ressortir toutes les modifications du réseau de concentration des écoulements sur le plateau, du fait des changements de limites et de taille des parcelles. Puisque globalement l’occupation du sol est volontairement restée identique, il n’y a pas de différence significative dans les volumes totaux à l’exutoire du bassin versant. Par contre sur le plateau, STREAM met bien en évidence des modifications locales importantes liées par exemple à la suppression d’une prairie (50 % de ruissellement en plus). STREAM a aussi permis de tester l’impact de l’aménagement de deux mares tampon sur les écoulements.
Les résultats obtenus démontrent que l’utilisation de STREAM au cours d’un aménagement foncier peut être utile, et permettent aussi de déterminer sous quelles conditions il est un outil d’aide à la décision pour le bureau d’études. Il permet de dégager les atouts du parcellaire existant afin de les conserver dans le projet et de tester le nouveau parcellaire au stade de l’avant projet afin de voir son impact sur le réseau d’écoulement. Suivant les marges de manœuvre disponibles, le bureau d’études peut alors proposer des aménagements anti érosifs ou modifier le projet de parcellaire.
Modélisation de l’évolution des sols liée à des processus hydrologiques et géochimiques | p 195-204
Auteurs :
A. Samouëlian, S. Cornu, A. Bruand, G. Richard
Résumé :
Les sols représentent un compartiment clé des écosystèmes terrestres qui évoluent en permanence sous l’effet de forçages extérieurs (homme et changement global notamment). Pour pouvoir prédire ces évolutions il est nécessaire de mettre au point des outils de modélisation capable de prendre en compte les circulations de la solution du sol pour rendre compte de l’impact d’évènements climatiques extrêmes ou de pratiques culturales. Seules des modélisations couplant fonctionnement géochimique et transfert d’eau et de solutés répondent à cette exigence. Différents degrés de complexité existent au sein de ces modélisations. Nous avons distingué les approches empiriques des approches mécanistes et discuté les avantages et inconvénients des différentes approches. Parmi les différentes options de modélisation existant dans la littérature, les modèles mécanistes couplés géochimie-transfert d’eau et de solutés semblent être les plus à même de modéliser l’évolution des sols liée à des processus hydrologiques et géochimiques. Ils sont en effet les seuls, à notre connaissance, à pouvoir simultanément : 1) appréhender les différents mécanismes chimiques mis en jeu lors de l’évolution des sols, 2) s’adapter aux changements de conditions physico-chimiques du milieu et 3) fonctionner en conditions hydriques saturée et non saturée. Ils nécessitent néanmoins une adaptation à la problématique de la pédogenèse : 1) les bases de données du module de géochimie doivent être compatibles avec les minéraux des sols, 2) les interactions et rétroactions entre les phases solide et liquide doivent être intégrées, 3) l’organisation emboîtée des sols doit être prise en compte. Certains processus sont encore mal ou peu pris en compte, notamment le transfert de particules et les processus biologiques.

2007 - Volume 14 - Numéro 4

Sommaire - A la mémoire de Michel Robert | p 241-248Effets des dispositifs enherbés sur les transferts diffus de phosphore dans les bassins versants agricoles - Analyse critique des données bibliographiques et conséquences opérationnelles | p 249-265
Auteurs :
J.M. Dorioz
Adresse :
INRA UMR CARRTEL, 75 avenue de Corzent, BP 511, 74203 Thonon les Bains, France
Résumé :
Face à la pollution diffuse agricole, la préconisation de dispositifs tampons de type bandes ou dispositifs enherbés (DE) se généralise, d`autant que ce type de mesure ne remet pas ou peu, en cause les modes de productions actuels. Cet engouement s`étendant désormais au problème de la maîtrise des transferts diffus de phosphore (P), il a semblé utile de faire un point bibliographique sur les acquis expérimentaux et les modèles scientifiques disponibles pour évaluer les performances des DE dans la rétention des composés du phosphore. L`analyse s`appuie sur une réflexion théorique préalable concernant la spécificité du comportement du phosphore et la nature des effets tampons dans le contexte de la pollution diffuse.
Une abondante littérature scientifique décrit le fonctionnement des DE lors des crues et la dynamique du P dans ce contexte. Ceci permet d`identifier les structures et les mécanismes impliqués dans l`effet tampon recherché. Les références disponibles en terme de performance de rétention des diverses formes de P, résultent d`expérimentations mises en place dans une large gamme de situations agro-pédologiques et climatiques. Malgré cette diversité, les résultats convergent : des DE de dimensions raisonnables divisent approximativement par 2 le P-total émis par des parcelles cultivées. Cet effet bénéfique est établi sur des expérimentations à pas de temps courts (année). Les performances à long terme (décennie) sont par contre peu documentées et plus discutables.
L`ensemble des connaissances est synthétisé sous forme d`un modèle conceptuel global intégrant les fonctionnements à court terme (crue), les dynamiques saisonnières et les risques associés aux accumulations sur de longues durées.
Etude du fonctionnement actuel des sols forestiers par la méthode des minéraux-tests | p 265-286
Auteurs :
J. Ranger(1), L. Augusto(2), J. Berthelin(3), J. Berrier(4), P. Bonnaud(1), Ch. Calvaruso(1), E. Dambrine(1), C. Dreyer-Felix(1), J-L. Gonzalez-Barrios(5), M. Hervio(4), A-M. Jaunet(4), F. Lapeyrie(6), L. Mareschal(1), F. Paris(6), D. Righi(7), M-P. Turpault(1), G. Veneau(4) et M. Robert(ƚ)
Adresse :
(1) INRA Centre de Nancy - UR Biogéochimie des Ecosystèmes Forestiers - 54280 Champenoux
(2) INRA Centre de Bordeaux - UMR TCEM Transferts Sols-Plantes et Cycles des Eléments Minéraux dans les Ecosystèmes Cultivés - 71 avenue Edouard Bourlaux - BP 81 - 33883 Villenave d`Ornon cedex
(3) UMR CNRS-UHP Limos - Laboratoire des Interactions Microorganismes Minéraux Matières Organiques dans les Sols - 54501 Vandoeuvre-les-Nancy cedex
(4) INRA Science du sol - Route de Saint Cyr - 78000 Versailles
(5) INIFAP Centro Nacional de Investigación Disciplinaria en Relación Agua-Suelo-Planta - Atmósfera BP 225-ZI Gómez Palacio DGO - 35071 Mexique
(6) UMR INRA-UHP - UMR INRA-UHP Interaction Arbres Microorganismes - 54280 Champenoux
(7) CNRS-Université de Poitiers - Hydrasa Avenue du Recteur Pineau - 86000 Poitiers
Résumé :
La méthode des minéraux-tests a été utilisée dans des situations très diverses, pour identifier le fonctionnement actuel des sols. Cette méthode, assez simple à mettre en oeuvre, fait partie d`une panoplie d`outils qui permettent d`apporter des données pertinentes sur l`état et l`évolution actuels des écosystèmes continentaux. L`interprétation des résultats qu`elle génère est rendue possible grâce à la calibration réalisée en conditions contrôlées par les travaux de Michel Robert et de ses collaborateurs. Utilisée dès la fin des années 70, elle a participé à la prise en compte du fait qu`un sol est en équilibre dynamique avec des conditions environnementales et avec les aménagements.
Malgré certaines limites, cette méthode a le potentiel pour : améliorer les connaissances sur les processus, étudier des processus globaux à des échelles temporelles variées (de la saison à l`intégration pluriannuelle), appréhender des échelles spatiales allant du site fonctionnel à l`écosystème entier, et généraliser les résultats en identifiant les variables de contrôle du fonctionnement biogéochimique des sols.
Devenir des polluants métalliques dans les sols : révélateur d`impacts de l`activité humaine sur la pédogenèse? | p 287-303
Auteurs :
F. van Oort(1), J. Labanowski(1, 2), T. Jongmans(3) et M. Thiry(4)
Adresse :
(1) INRA, UR 251 - PESSAC, Physico-chimie et Ecotoxicologie des Sols d`Agrosystèmes Contaminés, RD 10, 78026 Versailles Cedex
(2) UMR CNRS 6008, Université de Poitiers-ESIP, Laboratoire de Chimie et Microbiologie de l`Eau (ex LCEE), 40, avenue du recteur Pineau, 86022 Poitiers Cedex, France
(3) WUR, Wageningen University, Landscape Centre, Land dynamics, PO Box 47, 6700 AA, Wageningen, the Netherlands
(4) UMR 7619 Sisyphe, Mines Paris, Centre de Géosciences, 35, Rue St Honoré, 77305 Fontainebleau
Résumé :
Les activités anthropiques polluantes peuvent entraîner des changements dans les caractéristiques physico-chimiques des sols, et parfois même affecter l`évolution morphologique du solum. Cependant, des études visant l`observation d`impacts liés à l`introduction de polluants métalliques sur le fonctionnement des sols, sur sa structure et ses traits pédologiques sont peu nombreuses. Dans ce travail, nous avons examiné des organisations macro- et microscopiques et des distributions de métaux dans des sols, sélectionnés en fonction d`un gradient de pollution en combinant des observations de terrain, les microscopies et des analyses chimiques et spectroscopiques. Les sols étudiés sont localisés dans un site pollué s.l. comprenant un ancien complexe métallurgique et son périmètre de sols agricoles. La prise en compte de la continuité d`étude entre le site s.s. et les sols environnants avait été fortement encouragé en 1995 par Michel Robert, travaillant alors au Service de Recherche et Affaires Economiques de Ministère de l`Environnement. Les résultats de ce travail montrent que les impacts de l`activité métallurgique sur les sols sont visibles à toutes les échelles d`étude, avec selon le gradient de pollution, apparition de nouveaux horizons organiques ou minéraux à la surface des sols, stratifications horizontales des horizons de surface témoignant d`un dysfonctionnement faunique, colorations particulières en surface et en profondeur, et formations de nouveaux constituants. Les études du fonctionnement de ces sols, ` perturbés ` par une activité polluante durant seulement un demi-siècle, montrent la complexité des interactions entre biologie, géochimie et physique dans les sols qui sont trop souvent encore regardés comme des ` objets ` stables.
L`importance des recherches coloniales, en particulier à Madagascar, dans le développement de la pédologie française | p 305-315
Auteurs :
C. Feller(1), E. Blanchart(1), A. Herbillon(2), J.C. Leprun(3) et R. Poss(4)
Adresse :
(1) Institut de Recherche pour le Développement (IRD), UR 179 SeqBio, ENSAM, 2 Place Viala, 34060 Montpellier cedex 1, France
(2) Université Catholique de Louvain, Unité des Sciences du Sol, Place Croix du Sud, 2/10, B. 1348 Louvain-la-Neuve, Belgique
(3) ex-pédologue de l`ORSOM-IRD, Académie d`Agriculture de France, 17 rue de Bellechasse, 75007 Paris
(4) Institut de Recherche pour le Développement (IRD), UR 176 Solutions, SupAgro, 2 Place Viala, 34060 Montpellier cedex 1, France
Résumé :
Dès 1900, une très importante et systématique campagne de prélèvements de sols est organisée à Madagascar et 500 échantillons de sols seront analysés à Paris par le fameux chimiste Müntz et son collègue Rousseaux, un événement unique pour l`époque. Ceci fonde en quelque sorte la naissance de la pédologie coloniale française, mais est aussi exemplaire par rapport à l`ensemble de la science du sol métropolitaine de la fin du 19e siècle. Mais avant, en 1881, un planteur de la Martinique, O. Hayot, avait publié, à compte d`auteur, un écrit passé absolument inaperçu dans l`histoire de la pédologie française où il compare les altérations en milieu tropical et en milieu tempéré, et où il montre que les sols qui en résultent sont bien différents. Le premier Traité de Pédologie français sera écrit seulement en 1935 par H. Erhart, mais il est fondé sur sa thèse de 1926 qui portait sur les sols de Madagascar. Il sera suivi, en 1936, d`un autre traité par Agafonoff à partir de son expérience des sols de Tunisie. Pour ce qui est de la connaissance des processus d`altération et de la minéralogie des sols, la pédologie française doit aussi beaucoup à A. Lacroix et à ses nombreux travaux dans les territoires d`outremer. Enfin, juste avant puis après la deuxième guerre mondiale, l`une des grandes figures de la pédologie française, G. Aubert, sera un pédologue oeuvrant dans les colonies et qui fondera la section de Pédologie de l`ORSTOM. Nous retraçons aussi brièvement sa carrière et son influence, avec ses élèves de l`ORSTOM, sur la pédologie au niveau national et international.
Une analyse des stratégies d`échantillonnage des réseaux de surveillance de la qualité des sols en Europe | p 317-326
Auteurs :
X. Morvan(1,2), A. Richer de Forges(1), D. Arrouays(1), C. Le Bas(1), N. Saby(1), R.J.A. Jones(3), F.G.A. Verheijen(3), P. Bellamy(3), M. Kibblewhite(3), M. Stephens(3), A. Freudenschuss(4), P. Strauss(5), H. Spiegel(6), A. Verdoodt(7), E. Goidts(8), G. Colinet(9), T. Sishkov(10), N. Kolev(10), V. Penizek(11), J. Kobza(11), T. Balström(12), P. Penu(13), T. Köster(14), C. Jolivet(1), R. Baritz(15), C. Kosmas(16), J. Berényi Üveges(17), G. Becher(18), J.P. Renaud(19), A.H. Arnoldussen(20), P. Pavlenda(21), P. Neville(22), P. Michopoulos(23), E. Herzberger(24), P. Simoncic(25), D. Fay(26), V.V. Buivydaite(27), A. Karklins(28), J. Kobza(29), S. Camilleri(30), S. Sammut(30), A. Higgins(31), C. Jordan(31), M. Rutgers(32), J. Niedzwiecki(33), T. Stuczynski(33), M. C. Goncalves (34), R. Dias Mano(35), C. Simota(36), A. Lilly(37), G. Hudson(37), M. Olsson(38), H. Lilja(39), I. Simo Josa(40), M. Zupan(41) et S. Sleutel(42)
Adresse :
(1) INRA, Unité Infosol, US1106, Centre de recherche d`Orléans, BP 20619, 45166 OLIVET Cedex, France
(2) Université de Reims Champagne-Ardennes, Gegena, EA 3795, CREA, 51100 REIMS, France
(3) Cranfield University, Silsoe Bedfordshire, MK45 4DT UK, United Kingdom
(4) Umweltbundesamt GMBH, Spittelauer Lände 5, 1090 Wien, Austria
(5) Institute for Land and Water Management Research, Federal Agency for Water Management, Pollnbergstraße 1; A-3252 Petzenkirchen, Austria
(6) Austrian Agency for Health and Food Safety; Spargelfeldstraße 191, A-1226 Wien, Austria
(7) Ghent University, Laboratory of Soil Science, Krijgslaan 281 (S8), B-9000 Gent, Belgium
(8) Université Catholique de Louvain, Unité de Géographie, Bâtiment Mercator, Place Pasteur, 3, B-1348 Louvain-la-Neuve, Belgium
(9) Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques de Gembloux, Laboratoire de Géopédologie, Passage des déportés 2, B-5030 Gembloux, Belgique.
(10) Institute of Soil Science Nikola Poushkarov, 7 Shosse Bankya str., 1369, 1080 Sofia, Bulgaria
(11) University of Life Sciences Prague, Department of Soil Science and Geology, Kamycka 129, 165 21 Prague, Czech Republic.
(12) Institute of Geography & Geology, University of Copenhagen, Oster Voldgade 10, DK-1350 Copenhagen K, Denmark
(13) Agricultural Research Centre, Teaduse 4-6, Saku, 75501 Harjumaa, Estonia
(14) Estonian University of Life Sciences, Kreutzwaldi 1, 51014 Tartu, Estonia
(15) Bundesanstalt Fuer Geowissenschaffen Und Rohstoffe, Stilleweg, Hannover, 30655, Germany
(16) Agricultural University of Athens, Laboratory of Soils and Agricultural Chemistry, Iera Odos 75, Athens 11855, Greece
(17) Central Service for Plant Protection and Soil Conservation, H-1118 Budapest, Budaörsi út 141–145, Hungary
(18) Institute for World Forestry, Leuschnerstr. 91, 21031 Hamburg, Germany
(19) Inventaire forestier national, 45290 Nogent-sur-Vernisson, France
(20) Norwegian Forest and Landscape Institute, Raveien 9, N-1431 Aas, Norway
(21) National Forest Centre, T. G. Masaryka st. 22, SK-96092 Zvolen, Slovakia
(22) Coillte, The Irish Forestry Board, Newtownmountkennedy, Co. Wicklow, Ireland
(23) Forest Research Institute of Athens, Terma. Alkmanos, Athens 11528, Greece
(24) Federal Research and Training Centre for Forests, Natural Hazards and Landscape, Seckendorff-Gudent-Weg 8, A-1131 Vienna, Austria
(25) Slovenian Forestry Institute, Vecna pot 2 , SI 1000 Ljubljana, Slovenia
(26) Teagasc – The irish Agriculture and Food Development Authority, Oak Park, Carlow, Ireland
(27) Agronomy Faculty, Lithuanian University of Agriculture, Studentu St. 11, LT-53361, Akademija, Kaunas R., Lithuania
(28) Institute of Soil and Plant Sciences, Latvia University of Agriculture, Liela iela 2, Jelgava, LV 3001, Latvia
(29) Soil Fertility Research Institute, Gagarinova 10, SK-82713, Bratislava, Slovakia
(30) Ministry for Rural Affairs and the Environment, National Agricultural Research & Development Centre, Ghammieri, Marsa, Malta
(31) Agri-Food & Biosciences Institute, Newforge Lane, Belfast BT9 5PX, Northern Ireland, UK
(32) Laboratory for Ecological Risk Assessment, National Institute for Public Health and the Environment (RIVM), P.O. BOX 1, 3720 BA Bilthoven, The Netherlands
(33) Institute of Soil Science and Plant Cultivation – National Research Institute, ul. Czartoryskich 8, 24-100 Pulawy, Poland
(34) Estação Agronómica Nacional, Quinta do Marquês, 2784-505 Oeiras, Portugal
(35) INRB, Laboratory of Agricultural Chemistry Rebelo da Silva (LQARS), Tapada da Ajuda Apartado 3228, P-1301-903 Lisboa, Portugal
(36) Research Institute for Soil Science and Agrochemistry, Bd. Marasti, no. 61, 71331 Bucharest, Romania
(37) Macaulay Institute, Craigiebuckler, Aberdeen, AB15 8QJ, United Kingdom.
(38) Department of Forest Soils, Swedish University of Agricultural Sciences, Box 7001, SE 750 07 Uppsala, Sweden
(39) MTT, Plant Production Research, Soil and Plant Nutrition, 31600 Jokioinen, Finland
(40) Secció d`Avaluació de Recursos Agraris, Departament d`Agricultura, Ramaderia i Pesca, Generalitat de Catalunya, Av. Rovira Roure 191, 25198, Lleida, Spain
(41) University of Ljubljana, Biotechnical Faculty, Agronomy department, Jamnikarjeva 101, 1000 Ljubljana, Slovenia
(42) Ghent University, Department of Soil Management and Soil Care, Coupure Links 653, Gent, Belgium
Résumé :
Dans le cadre du projet ENVASSO (Environmental assessment of soil for monitoring), qui vise à proposer un cadre commun pour l`harmonisation de la surveillance des sols en Europe, nous avons réalisé une synthèse, la plus exhaustive jusqu`à maintenant à notre connaissance, des différentes stratégies d`échantillonnage utilisées par les différents réseaux de suivi de la qualité des sols en Europe. Des réseaux de mesure existent dans les 27 pays européens, la plupart membres de l`Union Européenne, leurs stratégies d`échantillonnage (sélection des sites de surveillance, surface des sites, nombre de sous-échantillons prélevés, pas de temps d`échantillonnage, stratégie d`échantillonnage du sol) sont toutefois très hétérogènes. L`harmonisation des stratégies des réseaux représente donc un problème délicat : en effet, la plupart des changements proposés entraînerait la quasi impossibilité de comparer les résultats avec ceux des campagnes de mesure précédentes. Il paraît cependant nécessaire d`harmoniser les réseaux de surveillance européens afin de pouvoir les comparer entre eux. Les propositions formulées vont dans ce sens. Nous estimons que plus de 4000 sites devraient être ajoutés aux sites existants pour obtenir une couverture satisfaisante des sols d`Europe. Nous recommandons que la taille minimale d`un site soit de 100 m², et n`excède en général pas plus de 1 ha. La recommandation faite afin d`harmoniser les réseaux de mesure européens est de prélever au moins 4 sous-échantillons, ce nombre étant à adapter en fonction de la surface du site de surveillance et/ou de la variabilité spatiale intra-site, si celle-ci est connue. Nous conseillons un pas de temps de l`ordre de 10 ans entre deux campagnes de prélèvement. Des recommandations sont également formulées quant à la stratégie verticale d`échantillonnage, la mesure des densités apparentes, la préparation et la conservation des échantillons. Il reste qu`une telle harmonisation demandera un effort considérable à de nombreux pays et il n`est pas certain qu`ils aient tous la capacité de respecter les propositions faites dans le cadre de cette étude. Quoi qu`il en soit, le projet ENVASSO permet d`asseoir une nouvelle base sur laquelle il sera possible de s`appuyer pour parvenir à cette harmonisation.

2006 - Volume 13 - Numéro 1

Caractérisation physico-chimique des sols à l`échelle d`une région naturelle à partir d`une compilation de données - Exemple des sols du massif forestier landais | p 7-22
Auteurs :
L. Augusto(1), V. Badeau(2), D. Arrouays(3), P. Trichet(4), J.L. Flot(5), C. Jolivet(3)L. Augusto(1), V. Badeau(2), D. Arrouays(3), P. Trichet(4), J.L. Flot(5), C. Jolivet(3) et D. Merzeau(6)
Adresse :
(1) I. N. R.A., UMR Transfert sol-plante et Cycle des éléments minéraux dans les écosystèmes cultivés. BP 81, 33883 Villenave d`Ornon Cedex, France.
(2) I. N. R.A., UMR Ecologie et Ecophysiologie Forestières. 54280 Champenoux Cedex, France.
(3) I. N. R.A., US InfoSol. Centre de Recherches d`Orléans, BP 20619, 45166 Olivet Cedex, France.
(4) I. N. R.A., UR Ecologie fonctionnelle et physique de l`environnement. 69, route d`Arcachon, 33612 Cestas Cedex, France.
(5) Département Santé des Forêts, Ministère Agriculture, DGFAR. 19 avenue du Maine, 75732 Paris Cedex 15, France.
(6) Institut pour le Développement Forestier - CPFA. Maison de la Forêt, 6 parvis des Chartrons, 33075 Bordeaux Cedex, France
Résumé :
Une compilation des données non publiées dans des revues à comité de lecture et concernant la physico-chimie des sols du massif forestier landais a été réalisée. Au total, ce sont des analyses provenant de 229 profils de sol qui ont été mises en base de données. Le traitement statistique de cette base a permis de mettre en évidence le rôle central de la teneur en carbone de ces sols sur leurs propriétés physico-chimiques (pH ; CEC ; stocks en nutriments). Ce comportement est principalement lié à la quasi absence de phase minérale réactive, ce qui confère alors aux matières organiques du sol l`essentiel des rôles d`échanges ioniques et de stockage de certains nutriments.
La composition des sols distingue assez nettement les régions forestières du massif (Dunes littorales ; Plateau Landais ; Bazadais). Au sein du plateau landais, il existe des différences dans la physico-chimie des sols en fonction de la typologie des stations, mais elles sont relativement peu marquées pour la majorité des variables (comme le C/N) par rapport aux résultats des études antérieures, géographiquement plus ponctuelles.
Ce travail met en évidence
i) la contribution potentiellement intéressante des données non publiées dans des revues à comité de lecture,
ii) la nécessité de vérifier et d`homogénéiser les données selon les différentes méthodologies employées.
Observatoire de la qualité des sols (O.Q.s.) du Donon : contenu et flux de Ca, mg et K après la tempête de 1999 | p 23-32
Auteurs :
M. Bonneau(1), P. Bonnaud(2), D. Gelhaye(2), et J. Ranger(5)
Adresse :
(1) Retraité. 4 rue de Bastogne, 54500 Vandœuvre-lès-Nancy
(2) INRA, Centre de Nancy, Biogéochimie des écosystèmes forestiers. 54280 Champenoux
Résumé :
La tempête de décembre 1999 a complètement jeté bas le peuplement d`Épicéa de la forêt du Donon. Cet évènement regrettable a été l`occasion d`un bilan des flux d`éléments minéraux dans le sol et de vérifier les conclusions d`une précédente étude (Bonneau, 2000 a, b, c, 2005) Comme cela avait déjà été mis en évidence en 1996, le magnésium subit des pertes considérables, tandis le potassium est approximativement conservé et que le calcium s`accumule en quantité notable. Ces pertes importantes peuvent être expliquées par la forte garniture en aluminium du complexe d`échange, une minéralisation accélérée des litières et de l`humus, une percolation importante d`eau par suite de l`inexistence, depuis la destruction du peuplement, de l`interception du couvert et de l`évapotranspiration, ainsi que par la charge en acides organiques des eaux qui diffusent au travers des horizons holorganiques. Contrairement à ce qui a été conclu en 1996, le calcium donne lieu à accumulation et non à pertes, sans doute à cause de l`apport important de cet élément par les litières au moment de la tempête.
Etude isotopique du devenir de l`azote des litières dans les sols de six hêtraies du réseau RENECOFOR | p 33-51
Auteurs :
M. Nicolas(1), B. Zeller(1), E. Dambrine(1), S. Bienaimé(2) et E. Ulrich(2)
Adresse :
(1) INRA - Centre de Nancy, unité Biogéochimie des Ecosystèmes Forestiers, 54 280 Champenoux
(2) Office National des Forêts - Département Recherche, RENECOFOR, Bd de Constance, 77 300 Fontainebleau
Résumé :
En forêt, les formes d`humus sont classiquement considérés comme une illustration de l`activité biologique du sol et de la fertilité des stations. Afin de mieux comprendre cette relation, nous nous sommes intéressés à la dynamique et à la minéralisation de l`azote dans des sols de fertilités variées.
L`étude a porté sur six hêtraies du réseau RENECOFOR, présentant une large gamme de conditions climatiques, édaphiques et de productions forestières. Sur chaque site, nous avons déposé une quantité connue de litière de feuilles de hêtre enrichies en 15N à la place de la litière fraîchement tombée. Nous avons suivi pendant trois ans l`évolution de la masse de litière enrichie. Puis nous avons mesuré l`excès isotopique dans les litières en décomposition et dans des échantillons du sol sous-jacent. Enfin nous avons mesuré la minéralisation et l`excès isotopique de l`azote minéral produit en incubation en laboratoire.
A partir de ces observations, nous concluons que la vitesse de décomposition de la litière est surtout influencée par le pédoclimat tandis que l`incorporation des matières organiques en profondeur est principalement contrôlée par l`activité des vers de terre. Il apparaît également, dans les sites où les résidus de décomposition s`accumulent à la surface du sol sous forme de moder, que la minéralisation touche l`azote récent issu de la litière introduite. En revanche, dans les sols riches à mull où les résidus de décomposition sont incorporés en profondeur, l`azote récent de la litière est rapidement stabilisé et la minéralisation est principalement alimentée par le pool d`azote ancien.
La disparition du paludisme dans la France rurale et la régression des terres humides - Exemple de la sologne | p 53-61
Auteurs :
Pierre-Olivier Fanica
Adresse :
23, rue Numa Gillet
77690 Montigny-sur-Loing
Résumé :
Les médecins constatent en France que les fièvres intermittentes diminuent d`importance à partir du milieu du XIXe siècle et disparaissent quasiment avant la Seconde Guerre mondiale. Cette disparition laisse la classe médicale perplexe. En particulier, dans les vastes régions aux sols bruns humides et acides, elle peut avoir pour origine :
1° L`entretien des réseaux de fossés, de mares permettant l`élimination des eaux superficielles.
2° Développement de l`usage des amendements calcaires (plâtrage, chaulage et marnage) qui permet des gains de rendements dans ces terres acidifiées et carencées. L`élévation du pH des sols améliore la structure des argiles et les rend plus perméables.
3° L`adoption progressive des charrues réversibles permet les labours à plat et plus profonds ainsi que la régression du billonnage, où l`eau stagne dans les sillons.
4° La reforestation de surfaces importantes de landes et de zones marécageuses qui a comme conséquence l`assainissement de ces terres. En été, les arbres évaporent beaucoup plus vite les eaux stagnantes que des zones sans végétation.
De plus, les animaux sont maintenus à l`étable pour obtenir des fumiers. Ils sont préférés par les anophèles et ne constituent pas un réservoir pour les hématozoaires.
En revanche, le drainage, non rentable dans des régions pauvres comme la Sologne, s`est développé lentement et ne semble pas être responsable de la disparition du fléau.
Toutes les évolutions agronomiques mentionnées ci-dessus, bien que moins performantes que le drainage, allaient dans le même sens et leurs effets se sont additionnés.
Sans doute la généralisation de l`utilisation du quinquina et de la quinine a-t-elle permis aussi la diminution de l`inoculum provenant de l`homme et aidé à rompre le cycle infernal de la maladie.

2006 - Volume 13 - Numéro 2

Effet des substitutions d`essences forestières et des amendements sur les propriétés physiques d`un Alocrisol - site expérimental de la forêt de Breuil-Chenue, morvan, France | p 71-88
Auteurs :
G. Levrel et J. Ranger
Adresse :
INRA, Centre de Nancy
Biogéochimie des écosystèmes forestiers
54280 Champenoux
Résumé :
Nous avons étudié l`effet de différents peuplements forestiers sur les caractères physiques et hydriques d`un Alocrisol de la forêt de Breuil (Morvan). Des plantations de hêtre, de Douglas, d`épicéa, et de chêne, ont été substituées à un taillis sous futaie de hêtre et chêne qui constitue la référence `forêt native`. Les plantations sont âgées de 30 ans et seul le facteur espèce varie. De plus, le Douglas et l`épicéa ont reçu ou non une fertilisation/amendement en N, P, K et Ca.
Les sols sous chaque parcelle sont analysés par niveaux de profondeur, tous les 5 cm jusqu`à 15 cm puis tous les 10 cm (jusqu`à 25 cm) et tous les 15 cm (jusqu`à 70 cm).
Deux indicateurs physiques ont été observés en fonction des essences et des traitements :
- la stabilité structurale des sols : les tests ont porté sur leur capacité à résister à l`éclatement par immersion rapide à l`eau, leur résistance à la réhumectation lente, et leur résistance à la déstructuration mécanique.
- la réserve utile (RU) et sa répartition porale. Des échantillons des différents horizons de sol de chaque essence ont été placés dans des extracteurs à plaques, et ont été soumis à des pressions croissantes [pF 2,5 (0,33 bar), pF 3 (1 bar), pF 3,5 (3,3 bars), pF 4,0 (10 bars), et pF 4,2 (15 bars)], ce qui permet d`estimer une répartition de la réserve utile dans des porosités équivalentes.
Les résultats montrent qu`il existe des changements significatifs à la fois sur la stabilité structurale et sur la réserve en eau et sa répartition dans les classes porales. L`effet des couverts forestiers se fait ressentir en surface pour ces deux critères. Le classement des couverts est différent pour les deux propriétés, la stabilité structurale croît du chêne au Douglas en passant par le hêtre, le taillis sous futaie, et l`épicéa. En revanche, les sols sous chêne présentent la RU la plus forte, ceux sous Douglas la plus faible avec une conservation de l`ordonnancement pour les espèces intermédiaires. L`amendement a un effet positif significatif sur les propriétés physiques du sol.
Ces changements occasionnés par les essences et l`amendement du sol, sont liés à des modifications de la qualité des matières organiques des sols et probablement à un changement de nature et d`activité du cortège de micro-organismes. Ceci pourrait expliquer la relation inverse observée entre réserve utile et stabilité structurale pour l`horizon de surface.
Etude pétrologique d`une formation latéritique sur granite en milieu tropical forestier sud-camerounais (Afrique centrale) - mise en évidence de son caractère polyphasé | p 89-102
Auteurs :
J.-P. Nguetnkam(1), R. Yongue Fouateu(2), D. Bitom(2), P. Bilong(2) et B. Volkoff(3)
Adresse :
(1) Département des Sciences de la Terre, Faculté des Sciences, Université de Ngaoundéré, B.P. 454 Ngaoundéré, Cameroun
(2) Département des Sciences de la Terre, Faculté des Sciences, Université de Yaoundé1, B.P. 812 Yaoundé, Cameroun
(3) IRD, 2 Avenue Henri-Varagnat, 93143 Bondy Cedex, France
Résumé :
Dans la région de Mvangan au Sud Cameroun, l`analyse pétrologique d`une formation latéritique développée sur granite montre qu`elle est constituée de trois grands ensembles d`horizons, qui sont, de bas en haut :
- un ensemble inférieur à kaolinite majoritaire, associée à l`halloysite et à la gibbsite, subdivisée en une allotérite à structure du granite partiellement conservée, surmontée par un horizon argileux bariolé dans lequel cette structure s`effondre progressivement vers le haut ;
- un ensemble médian représenté par une dalle isaltéritique dure et continue, sauf à l`aval où elle est fragmentée. Cette dalle est caractérisée par la parfaite conservation de la texture du granite et par la présence quasi exclusive de gibbsite ;
- un ensemble supérieur à kaolinite, regroupant des horizons glébulaires ferrugineux et des horizons argileux meubles dont aucune de leurs organisations, ni leur composition géochimique, ne rappelle la dalle isaltéritique sous jacente.
Ces trois ensembles sont en discontinuité génétique et résultent de trois phases d`altération et de pédogenèse différentes : une phase monosiallitisante couplée à un cuirassement ferrugineux pour l`ensemble supérieur, une phase allitisante pour l`ensemble médian, et une phase essentiellement monosiallitisante pour l`ensemble inférieur. Seule la phase monosiallitisante du niveau inférieur reste fonctionnelle et assure l`enfoncement vertical du profil dans les conditions pédoclimatiques actuelles. A l`inverse, les deux premières phases ne sont plus fonctionnelles, et les niveaux supérieur et médian sont en déséquilibre et ne se renouvellent plus, mais se transforment.
La couverture pédologique étudiée, constituée de strates superposées formées dans des conditions pédoclimatiques différentes, est donc polyphasée.
Impact de l`abandon et de la colonisation par le genêt (Cytisus scoparius L.) sur le sol et la végétation d`une pâture de la Chaîne des Puys (massif Central) | p 103-112
Auteurs :
B. Prévosto(1), E. Dambrine(2) et B. Zeller(2)
Adresse :
(1) Cemagref, UR Ecosystèmes Méditerranéens et Risques, 3275 Route Cézanne, CS 40061 Le Tholonet, 13182 Aix-en-Provence cedex 5
(2) INRA-Nancy, Unité 1138, Biogéochimie des Ecosystèmes Forestiers (BEF), 54280 Champenoux
Résumé :
Les pâturages du Massif Central sont assez fréquemment soumis à l`abandon et à la colonisation par le genêt à balai (Cytisus scoparius L.).
L`étude présentée cherche à évaluer l`impact de cet abandon et de cette colonisation arbustive sur les sols et la végétation d`une pâture de la Chaîne des Puys.
Différents stades d`abandon d`une pâture et de sa colonisation par le genêt ont été échantillonnés : 42 placettes ont été installées dans une pâture gérée, dans une pâture abandonnée faiblement colonisée et dans des peuplements de genêts jeunes et âgés. Sur chaque placette, après avoir mesuré le peuplement de genêts, des relevés de flore ont été effectués et les valeurs Ellenberg indicatrices des conditions de sol et de milieu ont été calculées. Les sols ont été analysés pour déterminer leurs principales caractéristiques physico-chimiques notamment leur teneur en C et N et leur potentiel de minéralisation en N par incubation au laboratoire. L`abondance isotopique en 15N (δ15N) des sols a aussi été mesurée.
Les résultats montrent que le nombre d`espèces diminue fortement lors de l`abandon de la pâture puis avec la fermeture du milieu par le genêt. L`évolution de la composition de la végétation suggère une augmentation de l`acidité, de l`humidité et de la disponibilité en azote au cours la colonisation. L`évolution des principales propriétés des sols pour les différents stades confirme ces résultats, les changements étant nettement plus marqués dans le premier que dans le second horizon. Le passage de la pâture gérée à la pâture abandonnée non colonisée s`accompagne : i) d`une forte baisse de la densité apparente, ii) d`une augmentation relative des teneurs en C et N, iii) d`une diminution du δ15N, iv) d`une hausse de la nitrification potentielle alors que les stocks en C et N du sol restent stables en raison de l`évolution opposée entre les teneurs et la densité apparente. La fermeture par le genêt dans les stades suivants accentue l`augmentation de la teneur en C et N, et de la nitrification alors que les stocks augmentent modérément et que le δ15N reste stable. Cette étude souligne l`impact fort de l`abandon du pâturage puis du rôle plus modéré de la colonisation par le genêt sur le taux de matière organique et la dynamique de l`azote dans les sols.
Effet de différents systèmes de culture à couverture végétale sur le stockage du carbone dans un sol argileux des Hautes Terres de madagascar | p 113-128
Auteurs :
T.M. Razafimbelo(1), A. Albrecht(1), I. Basile(2), D. Borschneck(2), G. Bourgeon(3), C. Feller(4), H. Ferrer(1), R. Michellon(5),(6), N. Moussa(6), B. Muller(3), R. Oliver(3), C. Razanamparany(6), L. Seguy(3) et M. Swarc(7)
Adresse :
(1) IRD - UR 179 SeqBio, BP 64501, 34394 Montpellier Cedex 5, France
(2) CEREGE-CNRS-Université Paul Cezanne-Aix-Marseille III, Europôle Méditerranéen de l`Arbois, B.P. 80, 13545 Aix-en-Provence Cedex 4, France
(3) CIRAD - UPR Recyclage et risque, TA 40/01, Avenue Agropolis, 34398 Montpellier cedex 5, France
(4) IRD, Ambatoroka, BP 434, 101 Antananarivo, Madagascar
(5) CIRAD, Ampandrianomby, BP 853, 101 Antananarivo, Madagascar
(6) ONG TAFA, BP 266, 110 Antsirabe, Madagascar
(7) CIRAD - Laboratoire d`analyse, TA 40/01, Avenue Agropolis, 34398 Montpellier cedex 5, France
Résumé :
Stocker du carbone dans le sol permet d`améliorer ses propriétés physico-chimiques et de réduire les émissions de dioxyde de carbone vers l`atmosphère. L`effet des systèmes en semis direct avec couverture végétale (SCV) sur le stockage de C dans le sol est étudié sur un dispositif agronomique de longue durée (11 ans) à Antsirabe, Madagascar (16 °C, 1 300 mm). Quatre systèmes sont étudiés : un système en labour conventionnel avec exportation des résidus de récolte [CT m/s, rotation maïs (Zea mays L.)-soja (Glycine max. L.)], et trois systèmes en SCV sans travail du sol, et avec restitution des résidus de récolte [NT m/s, rotation maïs-soja ; NT m/m-d, rotation maïs-maïs avec une couverture végétale de Desmodium uncinatum ; et NT h/s-k, rotation haricot (Phaseolus vulgaris)-soja avec une couverture végétale de Pennissetum clandestinum]. Le sol est très argileux, à faible capacité d`échange cationique mais possédant des propriétés andiques pouvant influencer les potentialités de stockage du C du sol. A 0-5 cm, les teneurs en C sont plus élevées sous SCV (NT m/s, NT m/m-d et NT h/s) que sous labour (CT m/s), et à 5-10 cm, elles sont plus élevées sous NT m/m-d et NT m/s que sous NT h/s-k et CT m/s. Le stockage annuel de C, à masse de sol équivalente, est de 0,69 et 1,01 mg C.ha-1.an-1, sous NT m/s et NT m/m-d pour l`horizon équivalent à 0-20 cm, alors qu`il n`y a pas d`effet SCV observé pour l`horizon équivalent à 0-40 cm. Ceci peut être dû à la fois à l`absence réelle de stockage comme à une variabilité initiale des teneurs en C dans les horizons de profondeurs, car le labour n`est effectué que jusqu`à 20 cm de profondeur. Les différences de stockage de C entre NT et CT dans la couche 0-20 cm sont essentiellement attribuées aux quantités beaucoup plus importantes de résidus organiques restituées par les systèmes NT par rapport au système labouré CT, mais on peut aussi envisager qu`une partie de cette différence soit le fait d`une perte de C par érosion sous labour. Les teneurs en macroagrégats stables (MA, 200-2 000 μm) sont plus élevées sous NT m/s, NT h/s-k et NT m/m-d que sous CT m/s à 0-5 cm et à 5-10 cm. Cette teneur en MA est corrélée positivement (R = 0,408, p < 0,05, n = 24) avec la teneur en C du sol, ce qui pourrait induire (i) une amélioration de l`agrégation en fonction de l`augmentation de la teneur en C du sol et (ii) une protection du C se trouvant à l`intérieur de ces agrégats contre la minéralisation microbienne. Toutefois, la respirométrie ne montre pas une protection physique de C dans les sites de protection supérieurs à 200 μm pour NT m/s et CT m/s. Dans cette étude, le C stocké dans le sol pourrait alors être protégé contre la minéralisation par d`autres processus comme l`adsorption sur les colloïdes du sol ou la récalcitrance biochimique de la matière organique du sol.
Histoire de la fertilisation phosphatée 1762-1914 | p 129-137
Auteurs :
Jean Boulaine - Membre émérite de l`Académie d`Agriculture de France
Adresse :
18, rue Tournefort
75005 Paris
Résumé :
Dès 1762, avant même la connaissance du phosphore Duhamel du Monceau signale par empirisme que les débris d`os et d`ivoire améliorent les sols. C`est au XIXe siècle que les chimistes et les agronomes ont précisé cette action et que l`industrie a fabriqué les superphosphates nécessaires dans les sols neutres et basiques. L`adjonction d`acide sulfurique aux matières premières, os et minerais divers, est pratiquée dès 1817 et devient commune à partir de 1840 (Liebig). Seuls Jean-Baptiste Dumas et Jean-Baptiste Boussingault s`obstineront à prôner la pulvérisation, en se moquant des industriels. À partir de 1880, l`emploi puis l`industrie des superphosphates se répandent rapidement et la France récupère son retard, ce qui ne sera vraiment effectué qu`après la Première Guerre mondiale.

2006 - Volume 13 - Numéro 3

Le Réseau de mesures de la Qualité des sols de France (RmQs) - Etat d`avancement et premiers résultats | p 149-164
Auteurs :
C. Jolivet, D. Arrouays, L. Boulonne, C. Ratié et N. Saby Avec la collaboration technique de Philippe Berché, Didier Laloua, Sébastien Lehmann, Eugénie Tientcheu et Gérald Yart
Adresse :
INRA, Unité Infosol
2163, Avenue de la Pomme de Pin
BP 20619 - ARDON
45166 Olivet Cedex 2
Résumé :
Le Réseau de Mesures de la Qualité des sols est en cours d`installation sur le territoire français. Plus de la moitié des 1 650 sites que comptera ce réseau ont été mis en place et la première campagne de mesures devrait être achevée à la fin de l`année 2008. Les premiers examens des données collectées montrent une représentativité nationale satisfaisante en terme d`occupation des sols et vis-à-vis de quelques variables (textures de surface et teneurs en carbone organique) en comparaison avec les données issues de la Base de Données d`Analyses de Terres. L`analyse des premiers résultats du RMQS montre que ce réseau permet de mettre en évidence des gradients de contamination diffuse en éléments traces métalliques, notamment autour des grandes agglomérations et des pôles industriels. L`analyse et l`interprétation des données qui n`en sont qu`à leurs prémices nécessiteront un fort investissement scientifique, mais d`ores et déjà, la qualité des données collectées laisse présager de grandes potentialités pour le RMQS.
Suivi des teneurs en carbone organique et en phosphore extractible dans les sols agricoles de trois régions françaises - Analyse à partir de la Base de Données des Analyses de Terre | p 165-180
Auteurs :
B. Lemercier(1), C. Walter(1), C. Schvartz(2) , N. Saby(3), D. Arrouays(3) et S. Follain(2)
Adresse :
(1) UMR INRA / Agrocampus Rennes Sol, Agronomie et Spatialisation - 65 rue de Saint-Brieuc, CS 84215, 35042 Rennes
(2) ISA, Laboratoire Sols et Environnement - 48 boulevard Vauban, 59046 Lille Cedex
(3) INRA CR d`Orléans, Unité INFOSOL - Avenue de la Pomme de Pin, BP 20619 Ardon, 45166 Olivet Cedex 2
Résumé :
La Base de Données des Analyses de Terre (BDAT) regroupe les résultats d`analyses effectuées sur l`ensemble du territoire national par des laboratoires agréés par le Ministère de l`agriculture, à la demande d`agriculteurs. Les analyses disponibles et validées sont réparties en deux ensembles, selon leur date de réalisation : de 1990 à 1994 et de 1995 à 1999. Une base de données similaire a été constituée en Bretagne à partir d`analyses de terre réalisées entre 1980 et 1985. Ces bases de données constituent une source d`information importante sur la variabilité des caractéristiques des horizons de surface des sols cultivés.
Les enjeux agronomiques et environnementaux autour du carbone organique et du phosphore extractible sont majeurs, mais l`évolution de leurs teneurs dans les sols aux niveaux national ou régional est très peu documentée. L`objectif de ce travail était d`étudier la possibilité de déceler et quantifier des variations temporelles des teneurs en ces deux éléments à partir de la BDAT, dans des contextes pédoclimatiques variés. Cette étude a été menée sur les régions Bretagne, Limousin et Nord-Pas-de-Calais. Des traitements statistiques sur les données brutes et sur les données agrégées au niveau cantonal, complétés par des représentations cartographiques, ont permis de mettre en évidence des évolutions significatives des teneurs en carbone organique en Bretagne (diminution), et en phosphore extractible en Bretagne (augmentation) et en Nord-Pas-de-Calais (diminution).
Cependant, les biais statistiques inhérents à la stratégie d`échantillonnage adoptée sont importants et des précautions doivent être prises pour interpréter les résultats d`évolution des caractéristiques chimiques des sols. La mise en place d`une procédure de rééchantillonnage et les effectifs d`analyses très élevés limitent ces biais.
Puisqu`elle est une source d`information relativement peu coûteuse et simple à mobiliser, la BDAT est un outil clé du dispositif national de connaissance et de surveillance des sols, et le seul actuellement opérationnel pour le suivi des caractéristiques chimiques des horizons de surface des sols agricoles à petite échelle. A terme, le géoréférencement précis des prélèvements de terre permettra de relier les données de la BDAT à d`autres sources d`information sur les sols et leur occupation. La BDAT est complémentaire des autres programmes du GIS Sol (cartographie exhaustive des sols à différentes échelles) et de démarches expérimentales dans lesquels les sols sont décrits précisément et dans leur ensemble.
Analyses totales et pseudo-totales d`éléments en traces dans les sols - Principaux résultats et enseignements d`une collecte nationale | p 181-200
Auteurs :
D. Baize(1), N. Saby(1), W. Deslais(1), A. Bispo(2) et I. Feix(2)
Adresse :
(1) Science du Sol et INFOSOL - INRA – Centre d`Orléans – BP 20619 – 45166 Olivet Cedex
(2) ADEME Département Gestion biologique et sols. BP 90406 - 49004 ANGERS Cedex
Résumé :
Dans le cadre de la réalisation des plans d`épandage des boues de stations d`épuration, de très nombreuses analyses d`éléments traces métalliques (ETM) et de sélénium ont été effectuées depuis 1984 sur des échantillons de sols, sur l`ensemble du territoire.
C`est pourquoi, à la demande de l`ADEME, l`INRA d`Orléans a engagé un travail de collecte, d`informatisation et de traitement des données disponibles au plan national. La base de données ainsi constituée (en 1998) est maintenant mise à la disposition du GIS Sol. Elle livre désormais des informations inédites sur les teneurs totales ou pseudo-totales en ETM des sols agricoles français et sur leur répartition dans l`espace.
Huit éléments traces (Cd, Cu, Cr, Hg, Ni, Pb, Se et Zn) ont été analysés dans les horizons de surface de sols agricoles destinés à recevoir des épandages. Plus de 11 300 résultats d`analyses ont ainsi pu être rassemblés, irrégulièrement répartis sur le territoire français, dont une partie seulement a pu être géoréférencée avec précision.
L`ensemble des résultats des traitements statistiques et cartographiques sera publié prochainement sous deux formes : un fichier .pdf d`environ 80 pages ` prêt à imprimer ` et un cédérom comportant la totalité du texte et des illustrations du rapport final (notamment toutes les cartes et tous les cartogrammes).
Le présent article reprend le plan du rapport final. Structuré en onze chapitres, il présente les principales caractéristiques de cette collecte, quelques résultats à titre indicatif et les principaux enseignements qu`il est possible d`en tirer grâce à de bonnes connaissances générales sur la géologie et la pédologie du territoire national.
Modélisation de l`aléa érosif des sols en contexte méditerranéen à l`aide d`un Référentiel Régional Pédologique au 1/250 000 et confrontation aux enjeux locaux | p 201-222
Auteurs :
V. Antoni(1), Y. Le Bissonnais(2), J. Thorette(1), N. Zaidi(3), B. Laroche(3), S. Barthès(4), J. Daroussin(5) et D. Arrouays(3)
Adresse :
(1) IFEN, 5 route d`Olivet - BP 16105 - 45061 Orléans Cedex 2
(2) INRA, LISAH Campus AGRO - 2 place Viala - 34060 Montpellier Cedex 1
(3) INRA, Unité INFOSOL, 2163 Avenue de la Pomme de Pin - BP 20619 Ardon - 45166 Olivet Cedex
(4) Chambre Régionale d`Agriculture du Languedoc-Roussillon, Mas de Saporta, CS 30012, 34875 Lattes
(5) INRA, Unité de Science du Sol, 2163 Avenue de la Pomme de Pin - BP 20619 Ardon - 45166 Olivet Cedex
Résumé :
L`érosion est un des processus majeurs de la dégradation des sols. Il est donc primordial d`appréhender l`aléa érosif pour protéger la ressource sol. Nous avons appliqué un modèle hiérarchique, à l`aide d`un Système d`Information Géographique, pour cartographier l`aléa érosif des sols. Il combine différents paramètres, par ordre d`importance : occupation du sol, battance, pente, érodibilité, hauteur et intensité des pluies. Les facteurs de battance et d`érodibilité sont établis à partir de paramètres issus des bases de données pédologiques par des règles de pédo-transfert. L`étude a porté sur la région du Languedoc-Roussillon, d`une part parce qu`elle est couverte par une base de données pédologiques (BDSol-250) à l`échelle de 1/250 000 et d`autre part parce que la modélisation de l`aléa érosif à l`échelle régionale n`a pas encore fait l`objet d`une étude en milieu méditerranéen. Développée originellement pour d`autres études, cette modélisation a nécessité la définition de nouvelles règles de pédo-transfert appliquées à la BDSol-250 pour tenir compte des spécificités du milieu méditerranéen. Ces règles s`appuient sur le taux de pierrosité, la texture, ainsi que la teneur en matières organiques et en fer des horizons de surface des sols. La modélisation permet de cartographier les zones d`aléa érosif fort qui sont ensuite confrontées aux enjeux urbains, environnementaux (enjeu de qualité de l`eau) et économiques (enjeu viticole) identifiés en région Languedoc-Roussillon.
Quatre indicateurs sont ainsi proposés : l`indicateur ` coulées boueuses ` (spatialisation du nombre de coulées boueuses par communes), l`indicateur ` enjeu urbain ` (combinaison de la densité de population, de l`évolution de la population et de l`artificialisation), l`indicateur de qualité de l`eau (teneurs en Matières en Suspension - MES - dans les eaux de surface), l`enjeu viticole enfin (spatialisation des zonages d`aptitude AOC). La confrontation des zones d`aléa et des zones d`enjeux montre l`intérêt de poursuivre ces investigations pour intégrer le risque érosif dans les politiques de prévention.
L`artificialisation des sols : pressions urbaines et inventaire des sols | p 223-236
Auteurs :
B. Laroche (1), J. Thorette (2) et J.-Cl. Lacassin (3)
Adresse :
(1) INRA, Unité Infosol, 2163, Avenue de la Pomme de Pin - BP 20619 - ARDON - 45166 Olivet Cedex 2
(2) IFEN, 5, route d`Olivet, BP 16105 - 45061 Orléans Cedex 2
(3) Société du Canal de Provence - Le Tholonet, BP 100, 13603 Aix-en-Provence
Résumé :
Le développement urbain constitue une menace pour le sol qui est considéré comme une ressource non renouvelable. Les politiques d`aménagement du territoire, en particulier dans les zones périurbaines, devraient tenir compte, lors de l`élaboration des documents d`urbanisme, de l`aptitude des sols à remplir certaines fonctions économiques ou écologiques.
Pour 23 pays de l`Union Européenne, 48 % des terres qui ont été artificialisées de 1990 à 2000, étaient des terres arables ou occupées par des cultures permanentes. Au niveau français, l`accroissement de l`artificialisation, de 1990 à 2000 (Corine Land Cover), qui s`élève à environ 4,8 %, est surtout du à celle des zones industrielles et commerciales.
Il est possible de qualifier la nature des sols affectés par cette artificialisation en rapprochant via un Système d`Information Géographique les données pédologiques issues de l`IGCS (Inventaire Gestion Conservation des Sols) de celles de l`inventaire d`occupation du sol Corine Land Cover. Bien qu`il soit difficile d`attribuer à un sol un indice de qualité unique et de portée universelle, tant cet aspect est dépendant des usages et des fonctions des sols, nous avons estimé que la Réserve Utile (RU) pouvait être l`intégrateur de bon nombre de propriétés des sols (profondeur du sol, densité apparente, texture, éléments grossiers).
Un essai est effectué à partir de la carte IGCS de l`Ile de France (1 / 250 000e) : les sols de qualité moyenne à bonne sont les plus concernés par l`artificialisation. Ils couvrent de grandes surfaces sur la région. Ce sont principalement des sols cultivés des plateaux.
L`exemple du SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale) Provence Méditerranée montre qu`il est possible de prendre en compte des données sols dans un document d`urbanisme. Il utilise une carte au 1 / 50 000e, de l`aptitude des sols à la mise en valeur agricole dérivée de données pédologiques.
Ces travaux plaident pour le développement de bases de données de meilleure résolution et pour la mise au point de méthodes permettant de mieux appréhender les enjeux attachés à la conservation des sols, en particulier vis-à-vis de la pression urbaine.
Utilisation des données sols d`I.G.C.s. en France - Etat des lieux en 2006 | p 237-246
Auteurs :
C. Le Bas et N. Schnebelen
Adresse :
INRA, unité de service InfoSol
Centre de Recherche d`Orléans
BP20619, Olivet cedex
France
Résumé :
Pour favoriser l`utilisation des données d`I.G.C.S., il faut être en mesure d`identifier les utilisateurs, de connaître leurs besoins, de susciter leur intérêt pour les données sols. Un premier état des lieux de l`utilisation des données I.G.C.S. en France avait été réalisé en 2004 sur 92 études. Un deuxième inventaire réalisé en 2006 a permis de recenser 250 études.
L`analyse de ce deuxième inventaire a montré que les maîtres d`ouvrage régionaux doivent faire face à une demande accrue en données sols. Le domaine agricole reste prépondérant mais celui de l`agri-environnement est en augmentation. Cependant, les données sols restent sous-utilisées dans certains domaines tels que l`aménagement du territoire, même si l`on y note une certaine progression. Les principaux utilisateurs des données sols restent les organismes de la profession agricole et les organismes de recherche et d`enseignement, mais leurs parts sont en diminution au profit des administrations et des collectivités territoriales. Les études de plus en plus externes aux maîtres d`ouvrage I.G.C.S. montrent une plus grande demande d`accès direct aux données sols et une moindre utilisation de la modélisation.
La très grande majorité des données sols utilisées sont à moyenne ou à petite échelle, ce qui correspond aussi à la disponibilité des données. L`analyse a également porté sur les études ayant utilisé la base de données géographique des sols de France au millionième.
Si cette base de données a été essentiellement utilisée pour des études trans-régionales ou nationales, elle a également été utilisée dans des études régionales en raison de l`absence de données plus précises. Cela démontre donc le besoin d`avoir des données au 1/250 000 sur l`ensemble des régions françaises.

2006 - Volume 13 - Numéro 4

Le cuivre extrait à l`EDTA dans les sols de France - Probabilités de carences et de toxicités selon la BDAT | p 259-268
Auteurs :
D. Baize(1), N. Saby(1) et C. Walter(2)
Adresse :
(1) INRA, Science du Sol et INFOSOL, BP 20619, 45166 Olivet Cedex
(2) Agrocampus-INRA Rennes, UMR SAS, 65 rue de St Brieuc, CS84215, 35042 Rennes
Résumé :
L`analyse du cuivre extrait par l`action d`une solution d`acétate d`ammonium en présence d`EDTA (CuEDTA) sur un échantillon de terre est faite régulièrement en France. Ces analyses sont demandées par les agriculteurs pour juger des risques de carences en zones pédo-géochimiquement sensibles ou pour estimer l`état de contamination des sols sous vignes.
Grâce aux 174 000 résultats d`analyse rassemblés dans la `base de données des analyses de terre` (BDAT), des cartes ont pu être réalisées, par cantons, pour juger de la répartition des teneurs faibles, supposées signaler des dangers de carences pour les cultures les plus sensibles comme les céréales. D`autres cartes présentent la localisation des teneurs relativement élevées, faisant apparaître nettement les grands secteurs viticoles.
Des indices de pression anthropique ont été définis pour la viticulture (IPAV) et pour l`élevage porcin (IPAP) puis calculés par cantons.
Les valeurs de ces indices ont été confrontées à des valeurs statistiques de CuEDTA (quartiles supérieurs) dans deux régions l`une viticole (Bordelais et aire d`appellation Cognac), l`autre pratiquant l`élevage porcin intensif (sept départements du Grand Ouest). Les corrélations sont bien meilleures pour les indices IPAV que pour les indices IPAP.
La BDAT, malgré ses imperfections (vastes secteurs non renseignés), permet d`avoir une vue d`ensemble sur l`état des sols français en ce qui concerne l`oligo-élément cuivre. Les secteurs où se situent les plus fortes probabilités de carences sont clairement localisés. On constate que les sols agricoles de Bretagne ne connaissent plus ces risques tout en demeurant encore fort éloignés des niveaux admis comme seuils de toxicité.
Cartographie des sols à grande échelle : Intégration explicite d`une mesure de résistivité apparente spatialisée à l`expertise pédologique | p 269-288
Auteurs :
J. Moeys(1)(2), B. Nicoullaud(1)*, A. Dorigny(1), Y. Coquet(2) et I. Cousin(1)
Adresse :
(1) INRA, UR0272, Science du Sol, Centre de Recherche d`Orléans, BP 20619, F-45166 Olivet Cedex
(2) U.M.R. Environnement et Grandes Cultures INRA / INA-PG - Equipe ` Sol `. BP 01, 78850 Thiverval-Grignon
* Auteur correspondant : bernard.nicoullaud@orleans.inra.fr
Résumé :
La cartographie des sols est une étape incontournable pour de nombreux travaux d`évaluation agronomique et environnementale. Les méthodes de prospection, qui reposent en grande partie sur l`expertise de terrain des pédologues, sont aujourd`hui très proches des travaux formalisés il y a plus de 30 ans. De nouveaux outils sont venus récemment renforcer la ` panoplie ` du pédologue. Nous avons testé l`un d`eux, la mesure de la résistivité électrique apparente du sol par l`outil MUCEP, sur une parcelle de 22 ha en Beauce chartraine. Cet appareil tracté permet une mesure quasi-simultanée pour des écartements inter-électrodes de 50, 100 et 200 cm.
Nous avons intégré cette mesure géophysique au travail de cartographie des sols de la parcelle. Cette intégration s`est déroulée en plusieurs étapes. Après avoir utilisé les contrastes révélés par la mesure de résistivité pour orienter la prospection pédologique, nous avons procédé à une analyse statistique des corrélations entre les variables pédologiques et la résistivité électrique apparente. Le paramètre utilisé est le coefficient de corrélation bisériale. Ce dernier nous a permis de comparer simultanément l`effet des variables pédologiques quantitatives et qualitatives sur la résistivité. Il en ressort que la mesure de la résistivité électrique apparente est liée à de nombreuses propriétés du sol. Alors que la résistivité des écartements 50 cm et 100 cm est surtout sensible à la pierrosité de surface et à la profondeur d`apparition du calcaire, la résistivité de l`écartement 200 cm est d`abord sensible à la profondeur d`apparition du niveau argileux. Le résultat de cette analyse statistique a été exploité lors du tracé des limites entre les unités cartographiques de sol, en suivant un schéma de décision explicite. Ce dernier permet d`adapter localement, et au cas par cas, l`utilisation de la mesure de résistivité combinée au jugement d`expert.
Cette étude montre que la mesure de résistivité électrique apparente MUCEP, complétée par une analyse statistique simple, peut apporter un gain de précision au travail de cartographie des sols. Ce constat est d`autant plus intéressant que le contexte géo-pédologique de cette étude est peu favorable au pédologue comme au géophysicien.
Statut de la matière organique des sols de la région sahélienne du Burkina Faso | p 289-304
Auteurs :
F.J.-P. Pallo(1), S. Asimi(1), A. Assa(2), P.M. Sedogo(1) et N. Sawadogo(1)
Adresse :
(1) Institut de l`Environnement et de Recherches Agricoles (INERA) - 04 BP 8645 Ouagadougou 04 - Burkina Faso
(2) Université de Cocody / UFR - STRM - 22 BP 582 Abidjan 22 - Rép. de Côte d`Ivoire

Résumé :
L`étude traite de la matière organique de l`horizon supérieur des sols brun rouge subarides, des sols bruns subarides à pseudogley et des sols bruns subarides vertiques, sous formation naturelle. Dans la base de référence mondiale pour les ressources en sols (WRB), ces unités correspondent au niveau des groupes de référence des sols, aux Cambisols et Luvisols. Elles sont localisées dans la région sahélienne du Burkina Faso. Bien que cette partie du pays soit généralement considérée comme une zone de pastoralisme, l`agriculture pluviale d`autosubsistance y est aussi pratiquée. Le but de l`étude est d`accroître les connaissances sur cette importante composante édaphique dont les effets positifs sur la productivité des sols ont été soulignés par de nombreux auteurs. Elle vise aussi à établir pour la zone concernée les relations entre ce facteur de fertilité et les propriétés physiques, chimiques, biologiques des sols. Pour la réaliser, outre la caractérisation morphologique et physico-chimique, la quantification des carbone et azote totaux des sols a été effectuée ; puis au niveau de chaque échantillon de sol, trois fractions granulométriques [(0-50 μm), (50-200 μm), (200-2000 μm)] ont été séparées et leurs teneurs respectives en carbone et azote déterminées. L`activité minéralisatrice des microorganismes a été appréhendée à travers la détermination de l`azote minéral, par distillation et de l`azote minéralisable par la méthode de Waring et Bremner. Les échantillons de sol ont également été incubés pour mesurer la respiration du sol (CO2 dégagé) tandis que le taux de carbone de la biomasse microbienne a été obtenu par la technique de fumigation (par le chloroforme) - incubation. Les résultats montrent que les sols considérés contiennent peu de carbone et azote totaux comparativement aux sols des autres régions du pays. La distribution granulométrique du carbone et de l`azote indique que les fractions argilo-limoneuses (0-50 μm) détiennent les plus grandes quantités de ces variables. Les rapports C/N y sont plus faibles, proches de ceux du sol brut. En revanche, les valeurs les plus élevées sont celles de la matière organique associée aux fractions grossières [(50-200 μm), (200-2000 μm)]. Par ailleurs, pour toutes les unités de sol, les coefficients d`enrichissement en carbone (Ec) et en azote (En) sont plus élevés dans la fraction (0-50 μm) que ceux des fractions sableuses. Le cumul de C.CO2 dégagé et le taux de minéralisation du carbone au bout de 31 jours d`incubation des échantillons de sol non fumigés sont plus élevés que ceux obtenus avec les échantillons fumigés. Les sols bruns subarides à pseudogley possèdent les plus fortes valeurs de ces paramètres. Le taux moyen de carbone de la biomasse microbienne est supérieur à 100 mg C kg-1 sol et représente 3 à 4 % du carbone total ; les quantités d`azote minéralisable et minéral étant plus fortement dépendantes des unités de sol. Nos résultats ont aussi montré que la teneur en carbone de la fraction (0-50 μm) influence favorablement la somme des bases échangeables, la capacité d`échange cationique et dépend des quantités d`argile et de la somme argile + limons totaux (A+LT). Les teneurs en carbone et en azote des fractions sableuses [(50-200 μm) ; (200-2000 μm)] sont plutôt positivement corrélées avec les cumuls de C-CO2 dégagé pour le premier paramètre et avec le potentiel de minéralisation de l`azote pour le second paramètre. Cette étude met ainsi en évidence l`existence dans les sols étudiés de pools de matière organique qui ont des fonctions et dynamiques différentes, selon leur taille et degré de décomposition. Elle révèle aussi l`importance des facteurs tels que la texture et l`humidité du sol sur les processus d`évolution de la matière organique des sols de la région.
Elle suggère, enfin, l`intensification de la pratique du parcage des animaux dans les champs et celle des fosses fumières pour relever le taux de matière organique des sols cultivés et accroître les rendements des cultures.
Une chronoséquence pédologique sur formations alluviales quaternaires siliceuses - Les sols des terrasses de la Basse Vallée du Loir (Anjou - France) | p 305-320
Auteurs :
J.-P. Rossignol(1), G. Moguedet(2), R. Biagi(3) et F. Sème(2)
Adresse :
(1) I.N.H., laboratoire de Science des sols et des substrats, UMR Sagah A462, 2 rue Le Nôtre, 49045 Angers cedex 01
(2) Université Angers, Equipe Paysages et Biodiversité, 2, Bd Lavoisier 49045 Angers Cedex, 49045 Angers cedex 01
(3) Groupe ESA, 55 rue Rabelais, BP 30748, 49007 Angers Cedex 01
Résumé :
Les formations alluviales quaternaires étagées de la basse vallée du Loir, bien qu`étant d`âges différents, sont constituées d`un matériau qui, dans son ensemble, varie peu d`une terrasse à l`autre. Il est en effet hérité pour l`essentiel, qu`il soit fin ou plus grossier, du remaniement des formations mésozoïques et cénozoïques sur lesquelles le cours d`eau est installé depuis sa source.
Si les solums pédologiques sont semblables pour un niveau de terrasse donné et pour une occupation actuelle du sol équivalente, il n`en est pas de même pour les solums de niveau altitudinal différent et donc d`âge différent. Bien qu`étant constitués de matériaux a priori identiques au départ, les sols dérivés ne présentent pas les mêmes caractéristiques, tant du point de vue morphologique que minéralogique ou physico-chimique.
Les sols des terrasses du Loir qui ont enregistrés des pédogénèses successives sont polygénétiques. Plus les sols sont vieux, plus leur évolution a, bien sûr, été importante ; mais surtout cette évolution peut s`intégrer dans le même type de chronoséquence. Ceci permet de proposer un modèle d`évolution quaternaire des formations alluviales siliceuses situées aux moyennes latitudes.

2005 - Volume 12 - Numéro 1

Estimation des apports agricoles et des retombées atmosphériques en éléments en traces et majeurs grâce à un essai de longue durée (dispositif Dehérain à Grignon). | p 9-24
Auteurs :
D. Baize(1) et S. Bourgeois(2)
Adresse :
(1) INRA - Orléans - Science du Sol - BP 20619. 45166 Olivet Cedex
(2) INA Paris-Grignon - Agronomie et Environnement. 78850 Thiverval - Grignon
Résumé :
Des échantillons de sols prélevés depuis 1938 sur le dispositif Dehérain à Grignon ont été analysés. Les teneurs en 13 éléments en traces ou majeurs ont été déterminées pour quatre dates différentes et trois traitements distincts. L`objectif était d`estimer les flux d`apports correspondant à une agriculture normale et les retombées atmosphériques sur 61 ans. Les labours ayant été approfondis deux fois, des raisonnements en stocks s`imposent mais se heurtent aux incertitudes sur les masses volumiques apparentes des prélèvements du passé. Les stocks calculés pour le mercure sont déjà extrêmement élevés en 1938, puis croissent et ensuite décroissent fortement. L`origine du mercure demeure mystérieuse. Les seules certitudes concernent le flux de phosphore apporté par la fertilisation (+ 167 g.m-2 en 61 ans) et les quantités de cadmium, de zinc et de plomb des retombées atmosphériques qui ont pu être estimées respectivement à 0,049 - 1,54 et 4,0 g.m-2 sur 61 ans. Ces valeurs sont compatibles avec les résultats d`autres études similaires.
Interactions entre microbiologie anaérobie et géochimie du sol. Description des dynamiques microbiennes | p 25-42
Auteurs :
F. Dassonville(1) et P. Renault(2)
Adresse :
(1) CIRAD, UPR 78, Domaine Agropolis, TA 40/01, Avenue Agropolis, 34398 MONPELLIER cedex 5.
(2) INRA, Unité `Climat, Sol et Environnement`, Domaine Saint-Paul, Site Agroparc, 84914 Avignon Cedex 9, France.
Résumé :
L`anaérobiose dans le sol peut avoir des impacts néfastes sur le sol, la zone non saturée profonde, la nappe, et l`atmosphère. Dans ces conditions, les activités microbiennes sont en étroite interaction avec les transformations géochimiques abiotiques tant au niveau de la solution que des phases solides. Quelques modèles combinent la description des processus microbiens et des transformations géochimiques dans le sol. Jusqu`à présent, les évolutions quantitatives et qualitatives des populations microbiennes n`ont pas été mesurées simultanément pour attester de la fiabilité des modèles proposés. Les dynamiques microbiennes globales peuvent être caractérisées en quantifiant la biomasse ou en comptant les microorganismes. Les dynamiques de groupes microbiens spécifiques peuvent être suivies par des techniques de biologie moléculaire en utilisant des amorces spécifiques de l`ARNr16S. Toutefois, aucune méthode n`a été mise au point pour analyser simultanément les dynamiques de nombreuses communautés microbiennes fonctionnelles en relation avec les processus géochimiques du sol. Récemment, une nouvelle méthode combinant biologie moléculaire (PCR-SSCP) et dénombrements directs a permis de caractériser les dynamiques des communautés microbiennes fonctionnelles en relation avec les transformations géochimiques du sol.
Impact des eaux d`irrigation sur l`origine des accumulations gypseuses dans les sols de l`oasis de Metouia (Tunisie) | p 43-54
Auteurs :
A. Hatira(1), B. Benmansour(1), M. Grira(2) et T. Gallali(1)
Adresse :
(1) UR. Pédologie. Département de Géologie. Faculté des Sciences de Tunis. Campus Universitaire. 2092. Manar II. Tunisie.
(2) Arrondissement Sol. CRDA Gabès. Tunisie.
Résumé :
A partir des données d`analyse chimique des eaux d`irrigation et à l`aide d`une approche morphologique et géochimique, complétée par une analyse micromorphologique, nous avons analysé la relation entre les eaux d`irrigation, la solution extraite du sol et la nappe superficielle, pouvant être responsable des accumulations gypseuses dans les sols de l`oasis de Metouia. Les eaux d`irrigation provenant des forages et exploitées dans l`oasis de Metouia depuis l`année 1958, ont gardé globalement le même faciès chimique mixte sulfaté. Ces eaux sont classées avec un risque de salinisation élevé et un risque d`alcalinisation moyen. Nous avons constaté une nette augmentation de la concentration des cations (Na+, Ca2+, Mg2+) et des anions (Cl- et SO42-) dans l`extrait de pâte saturée des sols représentatifs de l`oasis par rapport aux concentrations dans les eaux d`irrigation. Les solutions extraites du sol sont globalement saturées vis à vis du gypse. Dans l`oasis, la nappe superficielle est située à faible profondeur et la composition chimique des eaux varie en fonction des saisons. Ainsi l`irrigation, à partir des eaux de forages ayant gardé le même faciès mixte sulfaté depuis plusieurs années, a eu un impact manifeste sur la typologie des sols dans l`oasis où les différentes formes d`accumulations gypseuses dominent le profil pédologique avec un gradient d`accumulation croissant de la surface vers la profondeur. Les croûtes et les encroûtements gypseux surmontant la nappe superficielle sont localisés à des profondeurs variables selon la topographie et les conditions de drainage local.
Mode de travail du sol, ruissellement et propriétés hydrodynamiques sur un dispositif expérimental de l`Ouest de la France | p 55-68
Auteurs :
D. Heddadj(1), C. Gascuel-Odoux(2), P. Cotinet(1) et Y. Hamon(2)
Adresse :
(1) Station expérimentale de Kerguehennec, Chambre d`agriculture du Morbihan, 56500 Bignan, France.
(2) UMR Sol Agronomie Spatialisation INRA-ENSAR, 65 Route de Saint Brieuc, CS 84215, 35042 Rennes Cedex, France.
Résumé :
Les techniques sans labour sont en plein essor, alors qu`il existe peu de références en France de leur impact sur les caractéristiques hydro-dynamiques des sols et le ruissellement. Un dispositif expérimental en rotation maïs/blé a mis en comparaison, dans le contexte de l`Ouest de la France, un travail du sol avec labour avec deux modalités en non labour depuis quatre ans, l`une en semis direct, l`autre en travail superficiel du sol. Aucune opération de décompaction du sol n`a été réalisée. Chaque modalité comporte trois sous parcelles sur lesquelles le ruissellement de surface a été suivi sur les périodes clés. Les mesures de conductivité hydraulique proche de la saturation et des tests de simulation de pluie complètent ce suivi. La sensibilité des sols au ruissellement est très variable selon les sous parcelles, mais reste globalement faible quelle que soit la modalité. En condition de pluies naturelles et à un événement près, seuls des évènements hivernaux conduisent à du ruissellement durant les quatre années de suivi. Les mesures sous simulation de pluie montrent que la sensibilité des sols au ruissellement est : plus faible en non labour qu`en labour en conditions de printemps, où le ruissellement apparaît contrôlé par les états de surface du sol ; plus forte en non labour qu`en labour en conditions hivernales, où le ruissellement apparaît contrôlé par les propriétés hydrodynamiques et les conditions hydriques du profil de sol. Ces résultats conduisent à préconiser en hiver, dans certaines conditions pédo-climatiques et agronomiques, une gestion attentive des états structuraux du sol en non labour, notamment pour l`application hivernale de pesticides, afin de préserver la qualité des eaux de surface.
Modification de la porosité du sol sous les techniques culturales de conservation en zone semi-aride Marocaine | p 69-78
Auteurs :
S. Lahlou(1), M. Ouadia(1), O. Malam Issa(2), Y. Le Bissonnais(2) et R. Mrabet(3)
Adresse :
(1) Département de Géologie UFR Géosciences et Environnement, Faculté des Sciences, Université Chouaib Doukkali, B.P.20, 24000 El Jadida, Maroc
(2) Institut National de la Recherche Agronomique (I.N.R.A) Unité des Sciences du sol, Centre de recherche d`Orléans, France
(3) Institut National de la Recherche Agronomique (I.N.R.A) Centre Aridoculture, Settat Maroc
Résumé :
La porosité du sol est une caractéristique majeure contrôlant les propriétés hydrodynamiques du sol et le développement racinaire des plantes, mais aussi un indicateur physique de la qualité du sol influencé par les différentes techniques culturales. Cette étude s`intéresse à la détermination des effets des techniques culturales sur le système poral d`un sol argileux gonflant après 10 ans d`expérimentation en zone semi-aride Marocaine (plaine de la Chaouia). L`analyse de la porosité du sol des horizons superficiels (0-5 cm) à l`aide de la porosimétrie au mercure a révélé une modification de la porosité du sol sous les systèmes de labour conventionnel et de non travail du sol.
Toutefois, l`augmentation de la teneur en matière organique en fonction du type de la rotation céréalière intensive contribue aussi à l`accroissement de la porosité structurale du sol. L`introduction de la jachère chimique en régime de non travail du sol n`a pas eu d`impact sur la porosité du sol.

2005 - Volume 12 - Numéro 2

La latérite de Buchanan | p 87-100
Auteurs :
G. Bourgeon(1) et Y. Gunnell(2)
Adresse :
(1) CIRAD-Amis, programme agronomie, MOST, TA 40/01, Avenue Agropolis, 34398 Montpellier Cedex 5, France
(2) Département de Géographie, Université Paris 7, 2 place Jussieu, Case 7001, 75251 Paris Cedex 5, France
Résumé :
En 1799, le sultan de Mysore Tippoo-Saïb était vaincu par les britanniques et, en 1800, un médecin de la Compagnie des Indes orientales, Francis Buchanan, chargé de faire l`inventaire des territoires nouvellement conquis, créait le mot Laterite. Publiées en 1807, sous la forme d`un récit de voyage (` A Journey... `), ses notes rencontreront une large audience, notamment dans le milieu des géologues anglais s`intéressant à l`Inde. Buchanan a nommé Laterite une assez large gamme de matériaux, et le présent article s`attache à illustrer cette diversité. L`auteur n`a pas véritablement cherché d`explication concernant la genèse de la Laterite même si plusieurs passages de son récit montrent qu`il s`est efforcé d`en préciser les conditions de gisement, ce qui est un préalable indispensable pour en comprendre l`origine.
Ses successeurs, géologues du XIXe siècle, exploreront abondamment cette problématique de la genèse et ce sont des hypothèses qui nous surprennent aujourd`hui - celle d`une origine sédimentaire avec recherche de fossiles, et celle d`une origine volcanique avec discussion sur l`extension des trapps du Deccan - qui feront notablement progresser les idées dans le sillage de Buchanan.
Les pédologues ne se sont intéressés qu`assez tardivement à l`objet ` latérite ` et n`ont souvent retenu, de l`ouvrage de Buchanan, que la description de la carrière de briques d`Angadipuram. Des discussions sur les changements de dureté du matériau entre son extraction et sa mise en œuvre émaillent la littérature spécialisée. Les mots ` latérite ` et ` latéritique ` ont été utilisés avec des sens souvent très différents et prêtant à confusion ; pour les besoins de la science des sols, il a été décidé d`inventer un nouveau terme, plinthite, pour désigner les matériaux tachetés susceptibles de s`indurer irréversiblement. La définition de ce terme n`est pas exempte de défauts quand il s`agit de reconnaître la plinthite sur le terrain.
En géomorphologie, les niveaux cuirassés ont été abondamment étudiés. Leur datation ne fut bien longtemps que relative mais cela a néanmoins permis des progrès considérables dans la compréhension des paysages intertropicaux. Très récemment, l`étude des cryptomélanes a permis de dater certaines formations latéritiques.
Quand l`humus est à l`origine de la pédologie - 1. Les travaux du forestier danois P.E. Müller(1840- 1926) | p 101-122
Auteurs :
C. Feller(1), E. Blanchart(1), B. Jabiol(2) et M. H. Greve(3)
Adresse :
(1) IRD, BP 434, 101 Antananarivo, Madagascar
(2) UMR ENGREF-INRA ` Ressources Forêt-Bois `, Ecole Nationale du Génie Rural, des Eaux et des Forêts, 14 rue Girardet, CS 4216, 54042 Nancy Cedex.
(3) Danish Institute of Agricultural Sciences, Departments of Agroecology and Crop Physiology and Soil Science, Research Centre Foulum, P.O. Box 50, 8830 Tjele, Danemark.
Résumé :
Lorsqu`on pense à la fondation de la pédologie, on cite systématiquement V. Dokuchaev (1883) pour son ouvrage sur le Tchernozem. Curieusement, l`ouvrage du forestier danois P.E. Müller ` Les formes naturelles de l`humus ` est peu connu alors qu`il a été traduit en français en 1889. Cet ouvrage montre que, dès 1879, Müller avait une approche totalement pédogénétique de la formation des sols et des relations sol-végétation.
Les observations de terrain et la réflexion de Müller concernent essentiellement les sols sous végétations naturelles du Danemark. C`est pratiquement un ouvrage sur les grands processus tels que la brunification, le lessivage et la podzolisation, avec une approche dynamique (passage d`une forme à une autre – figure 14 et tentative de datation à l`aide de sites archéologiques). Toute la démarche est basée sur la nature des humus avec un accent particulier sur leur morphologie, les activités biologiques (faune et champignons) qui les caractérisent, le tout complété par des analyses chimiques (quand nécessaire). Müller nous présente un très grand nombre de profil pédologiques, l`ensemble étant résumé dans l`extraordinaire ` Tableau ` III. Un ouvrage presque d`actualité! Nous défendons l`idée que Müller est le plus important des précurseurs et qu`il devrait même être considéré comme un des co-fondateurs de la pédologie.
Cet article propose de longs extraits de l`ouvrage, suivis de l`histoire des humus jusqu`à nos jours, ainsi qu`une biographie personnelle et scientifique de Müller et les reproductions d`un tableau et d`un dessin le représentant.
Quand l`humus est à l`origine de la pédologie - 2. Avant et après P.E. Müller : évolution des conceptions sur la description et la typologie ` des humus ` | p 123-134
Auteurs :
B. Jabiol(1), Ch. Feller(2) et M. H. Grève(3)
Adresse :
(1) UMR ENGREF-INRA ` Ressources Forêt-Bois `, Ecole Nationale du Génie Rural, des Eaux et des Forêts, 14 rue Girardet, CS 4216, 54042 Nancy Cedex.
(2) UR179 SeqBio, IRD, Laboratoire MOST, BP 64501, 34394 Montpellier cedex 5, France.
(3) Danish Institute of Agricultural Sciences, Departments of Agroecology and Crop Physiology and Soil Science, Research Centre Foulum, P.O. Box 50, 8830 Tjele, Danemark.
Résumé :
Avant P.E. Müller la notion d`humus ` couche de sol ` ne fait qu`émerger. Et même si Müller la précise, quasiment même jusqu`à parler d`une succession de couches, et malgré la formalisation et l`interprétation biologique de ces principales couches (L, F, H) par Hesselman en 1926, la première moitié du XXe siècle ne verra guère émerger de typologie claire des formes d`humus au-delà de ce qu`avaient décrit ces précurseurs. Il faudra attendre Kubiena (1953) pour voir établies les bases solides d`une typologie plus complète. Ses travaux sous-tendront ensuite les investigations plus fouillées des équipes, principalement européennes ou canadiennes, qui se sont attachées et s`attachent à caractériser, tant biologiquement que morphologiquement, les formes d`humus, dans la voie tracée par Müller. Le diagnostic et la caractérisation des écosystèmes à l`aide des formes d`humus est un enjeu dont l`actualité dépasse actuellement le simple diagnostic des potentialités forestières, et s`inscrit dans le besoin d`une prédiction de l`évolution de ces écosystèmes. Des typologies harmonisées sont des outils indispensables à ces travaux.
Du développement en France des Stations agronomiques à la mise en place du Département de Science du Sol à l`INRA. Rôle pionnier du ` Laboratoire des Sols ` de Versailles sous l`impulsion de A. Demolon et S. Hénin. | p 135-144
Auteurs :
G. Pédro
Adresse :
Académie d`Agriculture de France
18 rue de Bellechasse
75007 Paris
Résumé :
Cette présentation retrace brièvement les principales étapes qui ont marqué en France les études sur les sols en relation avec l`Agronomie et l`Environnement depuis la seconde moitié du XIXe siècle. Elle met en exergue plus spécialement le rôle déterminant qu`a joué, à propos des recherches dans ce secteur, le ` Laboratoire des Sols ` de Versailles (1934-1974) sous l`impulsion de Albert Demolon, puis de Stéphane Hénin.
Perception et popularité des vers de terre avant et après Darwin | p 145-152
Auteurs :
E. Blanchart(1), G. G. Brown(2), S. S. Chernyanskii(3), P. Deleporte(4), C. Feller(1) et F. Goulet(5)
Adresse :
(1) IRD (Institut de Recherche pour le Développement), UR 041, Laboratoire MOST, BP 64501, 34394 Montpellier cedex 5, France
(2) Embrapa Soja, C.P. 231, Londrina, PR, 86001-970, Brésil
(3) Department of Landscape Geochemistry and Soil Geography, Faculty of Geography, Lomonosov Moscow State University, Moscow,
119899, Russie
(4) UMR6552 CNRS - Université Rennes I, Station Biologique, 35380 Paimpont, France
(5) INRA-SAD/UMR Innovation, 2 place Pierre Viala, 34360 Montpellier cedex 1, France
Résumé :
En 1881, environ 20 ans après la publication de ` De l`origine des espèces ` et 6 mois avant sa mort, Charles Darwin, le célèbre naturaliste anglais publie son dernier ouvrage. Succès de librairie aussi considérable que son ouvrage majeur, le dernier livre de Darwin n`en est pas moins caractérisé par un sujet perçu à cette époque comme insignifiant, ce qui a certainement ajouté à son succès. Cet ouvrage traite en effet des vers de terre et s`intitule ` La formation de la terre végétale par l`action des vers de terre avec des observations sur leurs habitudes `. Ce sujet, pour le moins surprenant de la part de ce grand naturaliste, va pourtant, comme ses autres ouvrages, révolutionner notre perception de la nature et favoriser le développement de disciplines comme la pédologie et la biologie des sols. Dans cet ouvrage, Darwin explique et décrit en détail (mesures à l`appui) comment les vers de terre affectent la pédogenèse et les processus d`altération, la différentiation d`horizons du sol et la formation de la ` terre végétale `, la fertilité des sols, le cycle global érosion-sédimentation, l`enfouissement des vestiges archéologiques. Cet ouvrage a modifié notre perception des vers de terre. Bien que pendant la période antique, les vers de terre aient été considérés comme des animaux utiles et respectés, ils ont par la suite été plutôt perçus comme des animaux nuisibles qu`il fallait éliminer des champs. Avec Darwin, les vers de terre sont redevenus ` les amis de l`homme `. Pourtant, au cours du XXe siècle, avec le développement de la chimie, les potentialités des vers de terre vis-à-vis de la fertilité des sols ont été ignorées et il faudra attendre les années 60-70 pour qu`enfin des études leur soient consacrées et leurs rôles reconnus. Ils sont notamment devenus les symboles d`une agriculture propre et durable.
Petite histoire des connaissances acquises sur les termites et leur rôle agroécologique | p 153-164
Auteurs :
A. Duboisset(1) et C. Seignobos(2)
Adresse :
(1) U.M.R. 137 Biosol, Lab. Biol. Sols et des Eaux, Université Paris XII 94010 Créteil
(2) I.R.D. Lab. d`Etudes Rurales 911, Av. Agropolis 34032 Montpellier
Résumé :
Cette brève analyse historique montre comment se sont construits deux points de vue antagonistes sur le rôle que jouent les termites dans le fonctionnement des agroécosystèmes tropicaux. Le premier défend l`idée selon laquelle l`éradication des termites risque d`engendrer, à moyen ou long terme, un dysfonctionnement des processus régulateurs de la fertilité. Apparu avec les écrits de Smeathman (1781) puis de Drummond (1886), il est de nouveau d`actualité grâce aux thèses soutenues en biologie du sol sur l`utilité de ces `ingénieurs de l`éco-système`. Le deuxième point de vue présente les termites comme un véritable fléau pour l`agriculture tropicale. Même si cet avis est aujourd`hui plus nuancé, il a toujours largement dominé la production scientifique, renforçant ainsi les termites dans leur réputation d`insectes nuisibles. Malgré l`abondance des connaissances accumulées à ce jour, le bilan global des conséquences antagoniques de l`activité des termites sur l`agriculture s`avère toujours aussi difficile à établir. Il serait, à ce propos, opportun d`adopter une approche pluridisciplinaire des questions en jeu et de les replacer dans le cadre de débats résolument interdisciplinaires.
Les Américanistes du Languedoc 1868-1893 | p 165-186
Auteurs :
Jean-Paul Legros
Adresse :
Unité LISAH, INRA-ENSAM
2, place Pierre Viala
34060 Montpellier cedex 1
Résumé :
L`article relate d`abord la découverte du phylloxera en France en 1868. Il résume ensuite les grandes lignes de l`histoire de ce parasite de la vigne. Le décor étant planté, on s`attache alors à décrire l`action des américanistes languedociens, ainsi appelés car ils sont partisans de l`utilisation des vignes d`origine américaine pour sauver le vignoble. On montre que la reconstitution sur pieds américains, la seule solution convenable, a été une entreprise difficile qui s`est heurtée à différents obstacles économiques, scientifiques, psychologiques et même pédologiques. Les tâtonnements ont conduit à mettre en oeuvre successivement plusieurs modes opératoires ayant temporairement la faveur des populations : valorisation directe des américaines comme producteurs de raisins (1877-1881), introduction des riparia et rupestris comme porte-greffes (1881-1887), utilisation du berlandieri pour sauver les vignes des régions calcaires (après 1887). Cette période de crise a été favorable à l`émergence de quelques grandes figures dont l`action est évoquée au fil du texte : Bazille (photo 1), Planchon (photo 1), Foëx, Ravaz (photo 4), Viala (photo 4). En conclusion, on montre que la viticulture actuelle est dépendante de ce parasite.
Dans le texte ou en annexe, des tableaux de synthèse donnent la liste des premiers américanistes de l`Hérault (tableau 1), la liste de leurs ouvrages (tableau 2), les dates des phases successives de la reconstitution sur pieds américains (figure 3), les dates saillantes de l`histoire du phylloxera (annexe 1).
Les aspects entomologiques, bien que très intéressants, ne sont pas traités (action des Balbiani, Cornu, Delamotte, Lichtenstein, Signoret, etc.). il en va de même des aspects économiques et sociaux.
La charrue ` Dombasle ` (1814-1821) : histoire d`une innovation en matière de travail du sol | p 187-200
Auteurs :
F. Knittel
Adresse :
INRA-SAD Mirecourt / Université de Nancy-II
Domaine du Joly
662, avenue L.-J. Buffet
88 500 Mirecourt
Résumé :
L`agronome lorrain Mathieu de Dombasle (1777-1843) est considéré comme un inventeur d`instruments aratoires perfectionnés, comme la charrue sans avant-train, et de pratiques nouvelles. En fait il n`a rien inventé au sens propre mais il a réinvesti l`héritage de l`agriculture nouvelle du XVIIIe siècle et s`est distingué par la manière dont il a diffusé ses idées et ses machines agricoles. Dans le présent article, nous nous proposons d`analyser la genèse d`une innovation de première importance en matière de travail du sol dans la première moitié du XIXe siècle : la conception de la charrue ` Dombasle ` jusqu`à la reconnaissance de Mathieu de Dombasle par ses pairs en 1820-1821. La démarche ` dombaslienne `, oscillant entre empirisme et théorie est expliquée, tandis que l`on met plus particulièrement l`accent sur les modifications des pratiques des agriculteurs qui utilisent le nouvel instrument aratoire.

2005 - Volume 12 - Numéro 3

Etude de l`évolution des effets azote de fumiers apportés annuellement pendant six ans dans une rotation mais fourrage-blé tendre d`hiver ou sur un ray-grass anglais fauché | p 209-213
Auteurs :
J. M. Bodet(1), R. Trochard(1), M. Corgnet(1), P. Castillon(2) et F. Laurent(3)
Adresse :
(1) Service Technique de Production, ARVALIS - Institut du Végétal, Station de La Jaillière, 44370 La Chapelle Saint Sauveur,
(2) Service Technique de Production, ARVALIS - Institut du Végétal, Station Inter-Instituts, 6, chemin de la Côte Vieille, 31450 Baziège
(3) Service Technique de Production, ARVALIS - Institut du Végétal, Station Expérimentale, 91720 Boigneville
Résumé :
En 1996 et en 1997, deux essais de longue durée sur l`évolution des effets azote de fumiers apportés annuellement ont été installés dans la région des Pays de la Loire à la Station Expérimentale ARVALIS - Institut du Végétal de La Jaillière (44). Les sols sont des sols bruns lessivés hydromorphes ( Néoluvisols rédoxiques) reposant sur altérite de schiste. Ils ont été drainés en 1981. L`un des essais est conduit en ray-grass anglais fauché, l`autre en rotation maïs fourrage irrigué-blé tendre d`hiver pailles enlevées.
Les traitements ont permis de comparer chaque année quatre types de fumiers (fumiers bruts et compostés de bovins, fumiers bruts et compostés de volailles), à des doses croissantes de fertilisation azotée minérale (0, X/4, X/2, 3X/4 et X, avec X = dose optimale d`azote). Ces fumiers ont toujours été appliqués sur les mêmes parcelles à des doses correspondant à 100 kg de N total ha-1 (maïs) ou 200 kg de N total ha-1 (blé tendre d`hiver, ray-grass anglais).
L`examen de l`évolution des coefficients apparents d`utilisation de l`azote des fumiers par le ray-grass anglais, le blé tendre d`hiver ou le maïs fourrage montre qu`il n`y a pas eu d`augmentation significative de ces derniers entre 1996 et 2004. De même, les minéralisations nettes cumulées de l`azote organique des fumiers entre 1996 et 2001 ont été des fonctions linéaires du temps exprimé en jours normalisés pour la minéralisation à 15 °C.
Dans la situation culturale considérée, les effets azote des fumiers appliqués tous les ans à doses modérées résultent principalement de l`azote minéral apporté avec ces fumiers et de l`azote issu de leur fraction organique rapidement minéralisable.
Premiers résultats de validation des classes de pédotransfert établies à partir de la base de données SOLHYDRO 1.0 - Application à des sols de la région Centre | p 221-228
Auteurs :
H. Al Majou(1), A. Bruand(1), B. Nicoullaud(2), O. Duval(2) et J. Dupont(3)
Adresse :
(1) Institut des Sciences de la Terre d`Orléans (ISTO), Université d`Orléans, Géosciences, BP 6759, 45067 Orléans Cedex 2
(2) Unité de Science du sol, INRA, 2163 avenue de la Pomme de Pin, BP 20619, 45166 Olivet cedex
(3) Chambre d`Agriculture du Cher, 2701 route d`Orléans, BP 10, 18230 St Doulchard
Résumé :
Les propriétés de rétention en eau de 42 horizons appartenant à 11 sols de la région Centre ont été mesurées pour 7 valeurs de potentiel. Les teneurs en eau volumiques ainsi déterminées ont été comparées à celles obtenues en utilisant des classes de pédotransfert (CPT) établies à partir de la base de données SOLHYDRO 1.0. Ces classes de pédotransfert utilisent soit seulement le type d`horizon et la texture (CPT texturales), soit le type d`horizon, la texture et la densité apparente de l`horizon (CPT texturo-structurales). Avec les CPT texturales, les teneurs en eau sont en moyenne légèrement surestimées (0,7 % en teneur en eau volumique). La prise en compte de la structure des horizons grâce à leur densité apparente (CPT texturo-structurales) ne réduit pas ce biais de prédiction. La précision obtenue avec les CPT texturales ou texturo-structurales est en moyenne voisine de 3 % en teneur en eau volumique. Une amélioration de la précision est enregistrée pour les horizons E, B et C et pour ceux de texture argileuse lorsque l`on passe des CPT texturales aux CPT texturo-structurales. Ainsi, sur la base de ces premiers résultats de validation, il apparaît que l`utilisation des CPT texturo-structurales n`apporte une amélioration sensible de la qualité de la prédiction (augmentation de la précision) que pour les horizons E, B ou C et les horizons de texture ALO, AS, A ou AL. Dans les autres horizons appartenant à des sols apparentés aux sols étudiés, il apparaît justifié de se limiter à l`utilisation des CPT texturales puisque la prise en compte de la densité apparente n`améliore au mieux que très peu le biais et la précision des prédictions.
Classification agronomique des sols de marais à partir de la relation entre sodicité et stabilité structurale - Application au cas des marais de l`Ouest | p 229-244
Auteurs :
Y. Pons et A. Gerbaud
Adresse :
INRA-SAD
Domaine expérimental
17450 Saint Laurent de la Prée
France
Résumé :
Les marais de l`Ouest, autrefois utilisés principalement pour l`élevage extensif, ont été progressivement drainés et mis en culture à partir des années 70. Le drainage peut cependant être mis en échec par la nature imperméable du terrain, constitué majoritairement d`argiles gonflantes et souvent sodiques. La perméabilité de ces sols dépend du maintien d`une structure de mottes et d`agrégats, dont la stabilité dépend notamment de la sodicité et du taux de calcaire.
Un nouveau protocole de mesure de la dispersion, basé sur le test d`Emerson, fournit un indice de dispersion, noté de 0 à 16, adapté à l`estimation de la stabilité de ce type de sols. Les valeurs de 0 à 5, 6 à 9 et 10 à 16 correspondent respectivement aux sols stables, intermédiaires et instables. On a vérifié la bonne corrélation de l`indice de dispersion avec des caractéristiques agronomiques de parcelles cultivées : état de surface et profondeur de la nappe en hiver.
Par ailleurs l`indice de dispersion est corrélé avec les propriétés chimiques du sol : une analyse de la sensibilité de cet indice aux différents paramètres du sol montre que la sodicité et le taux de calcaire suffisent à expliquer 82 % de sa variabilité. L`indice de dispersion croît avec la sodicité. Le seuil d`instabilité du sol (indice de dispersion ≥ 10) est atteint pour une sodicité supérieure à 25 % en sol calcaire, mais seulement 8 % en sol peu ou non calcaire. La salinité de ces sols étant faible, son effet n`a pas été mis en évidence.
Ces résultats nous ont permis d`améliorer la classification agronomique des sols basée sur la sodicité en prenant en compte la teneur en calcaire. Cette classification peut également être effectuée à l`aide de la mesure de l`indice de dispersion. Cette méthode simple et rapide permet de prévoir les caractéristiques agronomiques (profondeur de la nappe, état de surface) et l`aptitude à la culture des terres des marais de l`Ouest.
Ces résultats devraient s`appliquer dans d`autres régions possédant des sols argileux sodiques déssalés (estuaires, polders). Une classification selon la stabilité structurale pourrait être utile pour les sols où la compacité limite la fertilité, ou bien pour les sols soumis à l`érosion.
Valorisation muséographique des sols tunisiens | p 245-258
Auteurs :
I. Dridi et T. Gallali
Adresse :
Laboratoire de pédologie, département de Géologie
Faculté des Sciences de Tunis, Campus universitaire
2092 Tunis
Tunisie
Résumé :
Les monolithes de sol sont considérés comme des outils pour observer, comprendre et enseigner l`évolution de différents types de sol. Ils sont également des outils valables quand il est difficile d`observer le sol sur le terrain. Notre but est de caractériser, sur le plan morphologique et muséographique, quelques sols méditerranéens représentatifs et le prélèvement de profils grandeur nature, en vue d`alimenter une pédothèque. Les sites de description et de prélèvement des monolithes sont localisés en Tunisie septentrionale, suivant une direction Est-Ouest (Mjez El Bab - Oued Zarga - Béja). Cette région est couverte par des bioclimats méditerranéens allant du sub-humide au semi-aride. Cinq monolithes ont été réalisés, marquant les principaux traits de la pédogenèse méditerranéenne. Il s`agit d`un sol fersiallitique (Fersialsol), un sol à profil calcaire différencié, un Vertisol, un sol brun calcaire (Calcosol) à caractère vertique et un sol peu évolué (Fluviosol). Une bonne mais simple caractérisation morphologique et analytique a été nécessaire, puisque ces monolithes sont dédiés au public. Par conséquent, certaines caractéristiques morphologiques (couleur, structure, texture) et paramètres physiques et chimiques (pH, la granulométrie, Carbone Organique Total, Azote Total (NT), et C/N) ont été déterminés. Les sols collectés ont été conservés dans des supports de 10 cm d`épaisseur. Les analyses correspondantes ont été attribuées à chaque type de sol en vue de permettre aux visiteurs de mieux observer et comparer les profils pédologiques. Ces supports ont été exposés à la Cité des Sciences à Tunis et ils ont connu un intérêt et un succès auprès du grand public.

2005 - Volume 12 - Numéro 4

Azote minéralisable et statut organiqueAzote minéralisable et statut organique des Andosols de Guadeloupe - Influence du milieu et des pratiques culturales. | p 267-280
Auteurs :
M. Dorel(1), K. Lombard(1) et R. Oliver(2)
Adresse :
(1) CIRAD-FLHOR, Station de Neufchateau, 97130 Capesterre Belle-Eau - Guadeloupe
(2) CIRAD-AMIS, Avenue Agropolis, 34398 Montpellier Cedex 5
Résumé :
Les Andosols de Guadeloupe présentent des teneurs en matière organique très variables. Ces variations peuvent être liées à celles des conditions pédo-climatiques ou à l`effet des pratiques culturales. Dans un contexte où la limitation des pollutions d`origine agricole implique une réduction de la fertilisation azotée, les conséquences de ces variations sur la quantité d`azote minéralisable doivent être prises en compte pour évaluer la fertilité des sols et la durabilité des systèmes de cultures.
Après avoir étudié les variations du statut organique des Andosols sous bananeraie en relation avec la pluviométrie, l`intensité du caractère andique des sols et le mode de conduite de la culture, nous avons cherché à établir des relations entre la quantité d`azote minéralisable et le contenu des différents compartiments de la matière organique du sol (fractions granulométriques, biomasse microbienne). L`effet, sur ces paramètres, de l`introduction de la canne à sucre dans l`assolement des exploitations bananières a ensuite été évalué. Nous avons comparé pour ceci, sur une même exploitation, des parcelles sous monoculture bananière et des parcelles où ce système a été abandonné au profit de la rotation canne à sucre/ banane.
La teneur en matière organique des Andosols est fortement liée à la pluviométrie et à l`intensité du caractère andique qui est évalué par la rétention en eau à -1 500 kPa. La forte influence des conditions climatiques et édaphiques sur la teneur en carbone du sol et une localisation préférentielle des modes de conduite non mécanisés et peu intensifs dans les zones d`altitude soumises aux pluviométries les plus fortes rend l`effet des pratiques culturales sur la teneur en carbone du sol difficile à mettre en évidence. La quantité d`azote minéralisable apparaît sans relation avec la teneur en carbone organique total du sol mais est en revanche bien corrélée à la taille de la biomasse microbienne. Elle est nettement supérieure dans les bananeraies pérennes non mécanisées.
L`accroissement du rapport C/N de la matière organique du sol, du carbone contenu dans les fractions grossières et de la biomasse microbienne observé sous culture de canne à sucre semble lié à l`importante quantité de matière sèche apportée par les résidus de culture de canne à sucre. La faible teneur en azote des résidus de canne à sucre explique, qu`en dépit de l`accroissement de la biomasse microbienne, la quantité d`azote minéralisable n`augmente pas sous canne à sucre.
Effets de la nappe phréatique sur la salinisation des sols de cinq périmètres irrigués en Tunisie | p 281-300
Auteurs :
H. Ben Hassine
Adresse :
Direction des sols
ministère de l`agriculture et des ressources hydrauliques
2080 Ariana
Tunisie
Résumé :
Dans les périmètres irrigués, la salinisation secondaire a une double origine : l`eau d`irrigation et les remontées des plans d`eau souterrains. Dans cinq périmètres irrigués répartis sur le Nord, le centre et le Sud-Ouest de la Tunisie, la salinisation à partir des eaux souterraines a été étudiée par des tests de corrélation simple entre la profondeur du plan d`eau et sa salinité d`une part et la conductivité électrique de trois horizons du sol d`autre part. Les résultats se sont avérés peu significatifs dans la majorité des cas. Les tests de corrélation les plus significatifs sont apparus dans les sols du centre et du Sud-Ouest du pays. Cependant, les valeurs des coefficients de corrélation et de détermination sont, pour plusieurs campagnes de mesure, proches des valeurs significatives ce qui témoigne de l`existence de liens entre les deux paramètres concernés et de la participation de la nappe à la salinisation des horizons supérieurs du sol. Les périmètres de la basse vallée de la Mejerda semblent les moins touchés par cette origine de salinisation malgré leur texture fine et la présence de la nappe à des profondeurs assez faibles.
Les profondeurs critiques sont assez importantes pour les sols de texture fine et varient entre 1,6 et 2,0 m selon les périmètres et les campagnes de mesure. Elles le sont moins pour la texture sableuse et varient entre 1,3 et 1,5 m.
Effet de la lave trachybasaltique broyée sur les propriétés chimiques de sols de climat tropical humide | p 301-311
Auteurs :
P. Kanyankogote(1), E. Van Ranst(2), A. Verdoodt(2) et G. Baert(3)
Adresse :
(1) Laboratoire de Pédologie, Université de Kinshasa, B.P. 190 Kin.XI, République Démocratique du Congo.
(2) Département de Géologie et de Pédologie, Laboratoire des Sciences du Sol, Université de Gand, Krijgslaan 281 (S8), Gent B-9000, Belgique.
(3) BIOT, Département de Chimie du Sol et Nutrition Végétale, Hogeschool Gent, Voskenslaan 270 Gent B-9000, Belgique.
Résumé :
Dans cette étude, de la lave broyée à 3 tailles différentes de particules (0,5 – 4 mm ; 0,1 – 0,5 mm ; < 0,1 mm) a été mélangée avec des sols de climat tropical humide à des doses de 10, 25 et 50 t ha-1, et l`incubation conduite pendant 3, 6, 9, et 12 mois. Les sols traités, Ultisols et Oxisols en provenance d`Afrique et d`Asie du Sud-Est, présentent une fraction argileuse constituée essentiellement de kaolinite, goethite et gibbsite. Ces sols sont acides à très acides, présentent une CEC faible, un déséquilibre de la balance cationique au détriment du calcium et du magnésium, et des teneurs élevées en aluminium échangeable, à la limite de la toxicité. L`application de lave trachybasaltique broyée entraîne une augmentation considérable du pH, de la CEC et de la teneur en cations échangeables. La balance cationique est améliorée et l`aluminium échangeable est complètement neutralisé dans la plupart des cas.
Etude de sols ferrallitiques à caractères andiques sur trachytes en zone de montagne humide tropicale (Mont Bambouto - Ouest Cameroun) | p 313-326
Auteurs :
O. Leumbe Leumbe(1), D. Bitom(2), P. Tematio(3), E. Temgoua(4) et Y. Lucas(5)
Adresse :
(1) Institut National de Cartographie (INC). BP. 157 Yaoundé, Cameroun.
(2) Université de Yaoundé I, Département des Sciences de la Terre. BP. 812 Yaoundé, Cameroun.
(3) Université de Dschang, Département des Sciences de la Terre. BP. 67 Dschang, Cameroun.
(4) Université de Dschang, Faculté d`Agronomie et des Sciences Agricoles. BP. 222 Dschang, Cameroun.
(5) Université de Toulon et du Var. BP. 20132 - 83957 La Garde Cedex, France.
Résumé :
Des Sols Serrallitiques à caractères andiques développés sur trachytes alcalins dans le massif des Bambouto (Ouest-Cameroun) ont été étudiés sur le plan morphologique, minéralogique et géochimique. Ces sols, localisés dans la partie médiane du massif, couvrent 20 à 25 % de la superficie totale de celui-ci. Ce sont des sols rouges, épais (12 m) et comportant deux principaux ensembles d`horizons, un ensemble d`altération (ou altérites), à structures lithologiques conservées uniquement à sa base, et un ensemble pédoturbé, ou sol au sens strict, à forte différenciation structurale, d`où se démarque un horizon humifère brun sombre et très poreux, à caractères andosoliques. On note un rapport d`épaisseur sol/altérites d`environ 1/5. Sur le plan microstructural, ces sols, partout totalement dépourvus de séparations plasmiques, sont caractérisés par des plasmas cristiques gibbsitiques notamment dans l`ensemble pédoturbé. Sur le plan minéralogique, la gibbsite domine largement ; elle est associée à un peu d`oxydes de fer (hématite et goethite) et à de très petites quantités de kaolinite, d`halloysite et d`allophane, ce dernier minéral n`étant détecté que dans l`horizon humifère. Sur le plan géochimique, l`aluminium est l`élément le plus abondant, avec la silice et le fer, et sa teneur augmente fortement de la base au sommet des profils aux dépens principalement de la silice. Parmi les autres spécificités des sols étudiés, on note leur très faible densité apparente (0,7 à 1) et leur texture variable, mais partout bien pourvue en limons, ces derniers étant associés tantôt aux sables au sommet et à la base des profils, tantôt aux argiles dans les parties médianes. Par ailleurs, sur un plan plus général, les sols étudiés apparaissent se distinguer par l`association en leur sein, à la fois de caractères ferrallitiques et de caractères andosoliques.

2004 - Volume 11 - Numéro 1

Etude de l`effet à moyen et long terme des systèmes de culture sur la structure d`un sol limoneux-argileux du Nord du Bassin Parisien - Les enseignements de l`essai de longue durée d`Estrées-Mons (80) | p 11-20
Auteurs :
H. Boizard(1), G. Richard(2), P. Defossez(2), J. Roger Estrade(3) et J. Boiffin(2)
Adresse :
(1) INRA, Unité d`Agronomie de Laon-Reims-Mons, Estrées-Mons, B.P. 136, 80203 Péronne cedex, France
(2) INRA, Unité d`Agronomie de Laon-Reims-Mons, 02007 Laon Cedex, France
(3) INA P-G, UMR d`Agronomie INRA-INAPG, BP 01, 78850 Thiverval-Grignon, France.
Résumé :
L`étude de l`évolution à moyen et long terme de la structure des sols préoccupe les agriculteurs du Nord du Bassin Parisien. En effet la fréquence parfois élevée des cultures de printemps (betterave, maïs, pomme de terre) dans la succession implique souvent des conditions d`intervention au semis ou à la récolte en conditions humides avec du matériel lourd et puissant. Un essai au champ de longue durée a été mis en place en 1989 à Mons en Chaussée en Picardie pour étudier l`évolution de la structure du sol sous l`effet de systèmes de culture représentatifs de cette région et se caractérisant par des risques de compactage très contrastés. Les trois systèmes de culture comparés comportent un labour annuel. Ils se différencient par la nature de la succession (pois/blé d`hiver/colza/blé d`hiver ou betterave/blé d`hiver/maïs/blé d`hiver) et par les règles de décision concernant les dates d`intervention lors des semis et des récoltes. Le suivi de la structure de la couche labourée est basé sur une approche morphologique permettant de décrire la structure de l`horizon labouré tous les ans après implantation de chaque culture de la rotation. Cette description est complétée par une évaluation quantitative de la proportion, dans la couche labourée, d`éléments structuraux dont la porosité structurale est très faible à nulle (état interne ∆). Les résultats présentés dans cet article montrent que cet indicateur est sensible, variant fortement d`une année à l`autre et entre les trois systèmes de culture. Ils suggèrent également que les évolutions observées sont réversibles. Concernant la partie du sol située sous le fond du labour, des observations complémentaires, menées dans le cadre de cet essai, ont montré que le passage répété d`engins de récolte en conditions humides provoquait un tassement de la couche de sol sous-jacente à l`horizon labouré sur une dizaine de centimètres d`épaisseur.
Modélisation du compactage sous l`effet des passages d`engins agricoles | p 21-32
Auteurs :
P. Défossez(1), G. Richard(1), H. Boizard(1) et J. Roger-Estrade(2)
Adresse :
(1) INRA, Unité d`Agronomie de Laon-Reims-Mons, Rue F. Christ, 02007 Laon Cedex, France
(2) INA P-G INRA, UMR d`Agronomie, BP 01, 78850 Thiverval-Grignon, France
Résumé :
Le compactage des sols par les engins agricoles modifie la structure du sol des couches travaillées et des couches sous-jacentes. Il peut de ce fait avoir des conséquences importantes sur la production végétale et l`environnement. Cet article est consacré à la modélisation du compactage en vue de prévoir son intensité en fonction des caractéristiques des engins agricoles et des conditions dans lesquelles ils sont utilisés. Il présente les différents modèles mécanistes disponibles dans la littérature et compare leurs performances. Les modèles de compactage prévoient la distribution des contraintes exercées par l`engin sur le sol et les modifications de structure qu`elles engendrent :
l`augmentation de la masse volumique et la formation d`une ornière. Ils se décomposent en deux parties (i) un calcul des contraintes dans le sol à partir des caractéristiques de l`engin (charges, pneumatiques) (ii) une modélisation de la résistance mécanique du volume de sol sur lequel s`exercent ces contraintes à l`aide des relations contrainte-déformation mesurées en laboratoire. Les modèles pseudo-analytiques requièrent peu de paramètres. Ils ont été évalués pour une large gamme de conditions expérimentales au champ (type de sol, état hydrique et structural du sol) et s`avèrent satisfaisants dans des cas où le sol est de structure homogène. Les modèles basés sur la méthode des éléments finis (FEM) sont mieux adaptés pour traiter les sols hétérogènes. Cependant ils requièrent plus de paramètres et n`ont été testés que partiellement par des essais de laboratoire ou au champ avec des intensités faibles de tassement. Pour illustrer l`intérêt de la modélisation dans la gestion du risque de compactage lors des interventions culturales, deux simulations sont présentées : l`une analyse le compactage lors d`un chantier de récolte de betterave selon l`équipement utilisé, la seconde met en évidence l`effet du type de sol sur les délais d`intervention après une pluie lors des opérations de préparation de lit de semence au printemps.
SISOL : Un modèle d`évolution de l`état structural des couches de sol cultivées | p 33-46
Auteurs :
J. Roger-Estrade(1), G. Richard(2), H. Boizard(3), P. Défossez(2), H. Manichon(4) et J. Caneill(5)
Adresse :
(1) INA P-G, UMR d`Agronomie INRA-INA P-G, BP 01, F-78850 Thiverval-Grignon
(2) INRA, Unité d`Agronomie de Laon-Reims-Mons, rue F. Christ, F-02007 Laon Cedex
(3) INRA, Unité d`Agronomie de Laon-Reims-Mons, F-80200 Estrées-Mons
(4) CIRAD, av. Agropolis, F-34398 Montpellier cedex 05
(5) ENESAD, Département Agronomie-Environnement, 26 boulevard Docteur Petitjean, BP 87999
21079 Dijon cedex.
Résumé :
La mise au point de règles d`aide à la décision en matière de travail du sol ou l`évaluation de l`effet des systèmes de culture sur l`évolution de la composante physique de la fertilité des sols requièrent des modèles permettant d`évaluer l`effet des outils, de la circulation des engins et des agents naturels sur la structure du sol. L`objet de cet article est la présentation d`un tel modèle qui permet de simuler sur un pas de temps qui est celui de l`opération culturale, l`évolution d`un indicateur de l`effet des systèmes de culture sur la structure du sol :
la proportion de volume de sol fortement compacté (d`état interne ∆) dans la couche labourée. Ce modèle, baptisé SISOL, repose sur des hypothèses d`évolution de la proportion de zones tassées dans les couches de sol travaillées sous l`effet combiné du retournement par la charrue, du tassement par les roues des engins et de la fragmentation par les outils de reprise du labour et le climat. Son évaluation sur un essai de longue durée a montré que si les courbes d`évolution de la teneur en ∆ étaient correctement prédites (sur une période de simulation de sept ans), le modèle pouvait être amélioré en prenant mieux en compte la disparition des zones ∆ sous l`effet du climat et de la faune du sol. Même si son extension à d`autres types de sol que les limons argileux du Bassin Parisien est souhaitable, ce modèle peut, en l`état, être utilisé pour comparer l`effet sur l`évolution de la structure du sol de différents choix techniques (dates d`interventions, types d`équipement, modalités de travail du sol, successions de cultures...).
Effet de l`activité biologique sur la structure de sols soumis à différentes pratiques culturales - Impact sur leurs propriétés de transfert | p 47-58
Auteurs :
V. Hallaire(1), M. Lamandé(1) et D. Heddadj(2)
Adresse :
(1) INRA-ENSA Science du Sol, 65 rue de Saint-Brieuc, F35042 Rennes Cedex, France
(2) Chambre d`Agriculture du Morbihan, Station Expérimentale de Kerguehennec, F56500 Bignan, France
Résumé :
Le rôle de l`activité biologique sur les propriétés structurales et hydriques des couches de surface des sols cultivés est analysé sur des sites expérimentaux du Massif armoricain soumis à différentes modalités (type de culture, itinéraire technique, mode de fertilisation). La structure est caractérisée par analyse d`image de la macroporosité sur échantillons de sols non remaniés, et des mesures d`infiltration sont réalisées en conditions proches de la saturation au moyen d`un infiltromètre multi-disques. Lorsque les conditions culturales favorisent l`activité de la macrofaune, on met en évidence un processus structural décompactant, conduisant à la formation d`agrégats fins séparés par une importante porosité d`assemblage, qui améliore l`infiltration en conditions quasi-saturées. Ce processus structural s`oppose à des processus compactants dus au tassement. Selon les pratiques culturales, les processus compactants et décompactants peuvent se succéder et se compenser. Leur combinaison met en évidence l`importance de la structuration liée à l`activité de la macrofaune, capable de régénérer des structures compactées. L`abondance et la diversité des communautés lombriciennes étant elles-mêmes influencées par les pratiques culturales, cette étude illustre les interactions entre facteurs anthropiques et biologiques.
Travail du sol, structure et fonctionnement hydrique du sol en régime d`évaporation | p 59-68
Auteurs :
G. Richard(1), J.F. Sillon(1), I. Cousin(2) et A. Bruand(3)
Adresse :
(1) INRA, Unité d`Agronomie Laon-Reims-Mons, Rue F. Christ, 02007 Laon Cedex
(2) INRA, Unité de Science du Sol, Avenue de la Pomme de Pin, BP 20619, 45166 Ardon
(3) ISTO, Université d`Orléans, rue de St Amand, BP 6759, 45067 Orléans Cedex 2
Résumé :
Une des fonctions assignées au travail du sol est la modification de la structure en vue de contrôler le fonctionnement hydrique du sol.
L`étude que nous avons conduite avait pour but d`analyser l`effet de la structure sur le dessèchement d`un sol cultivé au printemps. Trois traitements se différenciant par leur niveau de compacité (fort/faible) et/ou par la date de travail du sol (automne/printemps) ont été créés dans un sol de craie (Rendoll Typic) et dans un sol de limon (Luvisol Orthic). Un suivi de la teneur en eau et du potentiel de l`eau a été réalisé, respectivement, à partir de prélèvements gravimétriques et de mesures par des tensiomètres. Le flux d`évaporation a été calculé par la méthode du plan de flux nul. Les propriétés hydrodynamiques ont été estimées par la méthode évaporative de Wind. Dans le sol de craie, le traitement compacté avait un flux d`évaporation supérieur à celui des traitements travaillés d`environ 1 mm/jour. Les premiers centimètres du traitement compacté restaient humides tandis que ceux des traitements travaillés s`asséchaient rapidement. Au contraire, en profondeur, la teneur en eau du traitement compacté était inférieure à celle des traitements travaillés. Cet effet de la compacité du sol est à mettre en relation avec les variations de conductivité hydraulique du sol non saturé en fonction de la masse volumique du sol. La conductivité hydraulique était plus élevée dans le traitement compacté, probablement à cause d`une surface de contact entre fragments terreux plus grande, donc d`une meilleure continuité de la phase liquide du sol non saturé. L`augmentation de la conductivité hydraulique du traitement compacté a permis une meilleure ré-alimentation en eau de la surface du sol depuis les couches profondes, donc un flux d`évaporation plus élevé et un dessèchement de l`ensemble de la couche labourée. Cet effet n`a pas été observé dans le sol de limon pour lequel les variations de structure du sol n`ont pas eu de conséquences marquées sur le dessèchement du sol. La conductivité hydraulique était la même, à une teneur en eau donnée, quelle que soit la masse volumique. Ceci pourrait résulter de la formation de pores structuraux reliques par compactage. Il apparaît qu`un sol trop poreux en sortie d`hiver limite le dessèchement de la couche labourée au printemps. La présence des pores reliques dans un sol pourrait permettre de caractériser les conditions de compactage qu`il a subies.
Influence de la structure du sol à différentes échelles sur les transferts d`eau - Conséquences d`une réduction du travail du sol | p 69-80
Auteurs :
I. Cousin(1), H.-J. Vogel(2) et B. Nicoullaud(1)
Adresse :
(1) INRA, Unité de Science du Sol, Avenue de la Pomme de Pin, BP 20619, 45166 Ardon, France
(2) Institut für Umweltphysik, Universität Heidelberg, Im Neuenheimer Feld 229, D-69120 Heidelberg, Allemagne
Résumé :
L`étude présentée ici a pour objectif de discuter de l`effet d`une réduction du travail du sol sur la structure et les propriétés hydrodynamiques de la couche cultivée d`un sol argilo-limoneux dans une région de grande culture. Une étude à double échelle a été entreprise : une expérience d`infiltration d`un colorant (Brilliant Blue FCF), suivie d`une prospection tridimensionnelle sur la base de coupes sériées à l`échelle de 1 m3, a permis de mettre en évidence des chemins préférentiels qui permettent un transfert rapide de l`eau et des solutés vers la profondeur. Nous avons également montré que l`ancien horizon de labour présentait, après 5 ans, une différenciation verticale marquée par une structure grumeleuse très poreuse, très connectée, et très filtrante sur les 10 premiers cm et une structure polyédrique, moins poreuse et moins connectée que la partie sus-jacente mais plus filtrante qu`un horizon de surface de même nature traité en labour conventionnel, sur les 20 cm suivants. Les propriétés hydrodynamiques mesurées au laboratoire et une analyse par tomographie aux rayons X a permis de confirmer ces résultats et de proposer des hypothèses d`évolution de la structure de l`ancien horizon labouré.
Influence de la variabilité spatiale de la structure des sols cultivés sur les transferts de l`eau et de l`ion bromure | p 81-94
Auteurs :
Y. Coquet(1), C. Desbourdes-Coutadeur(1), P. Vachier(1), J. Simunek(2) et J. Roger-Estrade(3)
Adresse :
(1) INA P-G, UMR INAPG/INRA Environnement et Grandes Cultures, B.P. 01, 78850 THIVERVAL-GRIGNON, France
(2) George E. Brown, Jr. Salinity Laboratory, USDA-ARS, 450 West Big Springs Road, Riverside, CA 92507, USA
(3) INA P-G, UMR d`Agronomie INRA/INA P-G, B.P. 01, 78850 THIVERVAL-GRIGNON, France
Résumé :
L`équation de transport de l`eau de Darcy généralisée aux écoulements non saturés reste encore aujourd`hui à la base de la plupart des modèles décrivant le transport de l`eau et des solutés dans les sols agricoles. A l`échelle intra-parcellaire, il existe une hétérogénéité de la structure du sol qui est en relation avec les interventions culturales réalisées sur la parcelle. Nous avons mené une étude afin d`évaluer quel pouvait être l`impact de cette hétérogénéité sur les transferts d`eau et de soluté. Un traçage de l`eau à l`aide de l`anion bromure a été réalisé sous pluie simulée dans une parcelle cultivée incluant un labour d`automne et une reprise par hersage avant le semis au printemps. Les résultats du traçage montrent une forte hétérogénéité du front de migration du bromure qui peut être mise en relation avec la présence de mottes tassées provenant d`anciens passages de roues fragmentés et déplacés par le labour. Ces résultats montrent la forte dispersivité du sol cultivé, en relation avec sa structure issue du mode de travail du sol. Une modélisation déterministe bidimensionnelle du transport de l`eau et des solutés dans le sol étudié à l`aide du modèle HYDRUS-2D permet de rendre compte correctement des résultats observés.

2004 - Volume 11 - Numéro 2

Le Référentiel Pédologique : Premier bilan au bout de 11 années | p
Auteurs :
D. Baize(1), B. Jabiol(2) et J.-M. Gobat(3)
Adresse :
(1) Institut National de la Recherche Agronomique - Science des Sols -Centre d`Orléans BP 20619 - 45166 Olivet Cedex
(2) UMR ENGREF-INRA Ressources Forêt-Bois - 14, rue Girardet - CS 4216 - 54042 NANCY Cedex
(3) Laboratoire d`Écologie Végétale - Université de Neuchâtel - 11, rue Emile Argand - 2007 NEUCHÂTEL (Suisse)
Résumé :
Onze ans après sa première publication, un bilan de l`utilisation du Référentiel Pédologique (en abrégé : RP) s`imposait. Mais, avant d`établir ce bilan, quelques rappels ont paru nécessaires : d`abord un bref historique de son élaboration puis la présentation de ses spécificités qui le font se démarquer nettement des systèmes de classification hiérarchisés antérieurs. L`une d`elles est la distinction affichée entre le domaine du réel (les couvertures pédologiques), celui des images que nous formons à partir de cette réalité et celui des concepts que nous forgeons et auxquels nous rattachons nos observations. Une autre est la séparation claire entre le domaine concret de l`espace géographique et le domaine abstrait de l`espace typologique.
La deuxième partie présente l`influence que le RP a acquise à l`échelle du continent européen. Outre sa traduction en anglais, en italien et en russe, il intéresse un certain nombre de collègues espagnols, suisses et italiens, notamment les forestiers qui apprécient la typologie des formes d`humus des climats tempérés. Une rapide comparaison est établie entre le RP et la World Reference Base for soil resources (WRB), le nouveau système de référence mondial supranational pour les sols. De nombreuses ressemblances existent entre ces deux systèmes qui sont autant de convergences.
La troisième partie de cet article est consacrée au témoignage d`un enseignant chercheur suisse, le troisième auteur, qui fut parmi les premiers universitaires à utiliser le RP et à l`enseigner. Il livre son jugement, globalement très positif, sur l`utilisation de ce système pour son enseignement de la pédologie et pour les recherches de son laboratoire menées sur les relations sols / végétation.
La quatrième partie s`appuie sur l`analyse d`un questionnaire récent et sur le contenu des débats d`un atelier tenu en octobre 2002 qui portèrent essentiellement sur la nécessité d`améliorer et d`enrichir le RP et les moyens de construire des outils facilitant son emploi. Un programme de travail collectif y est envisagé pour les mois à venir.
Quatre grands savants ont observé des profils et/ou décrits des techniques de prospection pédologiques avant 1850 : Palissy, Buffon, Thaer et Darwin | p
Auteurs :
C. Feller et E. Blanchart
Adresse :
IRD, Laboratoire Matière Organique des Sols Tropicaux (MOST) IRD, BP 64501, 34394 Montpellier Cedex 5, France.
Résumé :
La description des sols, la représentation du profil pédologique et les instruments et méthodes de cartographie des sols ne datent finalement pas de l`émergence de la science pédologique à la fin du XIXe siècle. Quelques travaux précurseurs, souvent passés relativement inaperçus, de très grands scientifiques, sont rapportés ici pour la période du 16e au XIXe siècle. Il s`agit des travaux de (i) Bernard Palissy (1563 et 1580), découvreur de la tarière pour la prospection des sols, (ii) de Georges-Louis Leclerc de Buffon (1734 et 1748), pour sa description très détaillée des sols et de certains de leurs traits pédologiques telles que les concrétions ferro-manganifères en vue d`apréhender les grands cycles géochimiques, (iii) de Albrecht Daniel Thaer (1809), pour sa méthodologie de prospection des variations pédologiques au sein des parcelles cultivées, de leur représentation sous forme de cartes et du mode de prélèvements d`échantillons de sol, (iv) de Charles Darwin (1837) dans la publication de schémas détaillés de profils pédologiques et pédo-archéologiques.
Prédiction des propriétés de rétention en eau des sols d`un bassin versant à l`aide de fonctions de pédotransfert : Influence de la densité apparente et de la teneur en éléments grossiers | p
Auteurs :
X. Morvan(1)(2), A. Bruand(3), I. Cousin(2), J. Roque(4), N. Baran(1) et Ch. Mouvet(1)
Adresse :
(1) BRGM, Service EAU/GRI, 3 av. Claude Guillemin, BP 6009, 45060 Orléans cedex 2, France.
(2) INRA, Unité de Science du Sol, Centre de Recherche d`Orléans, BP 20619, 45166 Olivet cedex, France.
(3) ISTO, UMR 6113 CNRS-UO, Université d`Orléans, Géosciences, BP 6759, 45067 Orléans cedex 2, France.
(4) INRA, Unité INFOSOL, Centre de Recherche d`Orléans, BP 20619, 45166 Olivet cedex, France.
Résumé :
L`objectif est d`étudier la qualité de l`estimation des propriétés de rétention en eau faite à l`aide de fonctions de pédotransfert (FPT) pour les sols d`un bassin versant de 250 hectares. Ce bassin versant, situé à proximité de Mantes-la-Jolie, au nord-ouest de Paris, possède des sols limoneux à limoneux-argileux profonds sur la moitié de sa surface, l`autre moitié correspondant à des sols caillouteux. Après une prospection pédologique détaillée, 15 horizons types ont été définis (tableau 1), puis 22 unités typologiques de sol (UTS) correspondant à la superposition de plusieurs horizons types et enfin 11 unités cartographiques de sol (UCS) regroupant plusieurs UTS (tableau 2). Les propriétés de rétention en eau des horizons types ont été déterminées au laboratoire pour 8 valeurs de potentiels variant de -10 à -15000 hPa et, en parallèle, estimées à l`aide des FPT proposées par Hall et al. (1977), Jamagne et al. (1977), Rawls et al. (1982), Vereecken (1989), Bastet (1999) et Bruand et al. (2002) pour des valeurs de potentiel appartenant à ce même domaine.
L`aptitude des FPT à rendre compte des variations des propriétés de rétention en eau mesurées pour les horizons types est très variable selon les FPT considérées (tableau 4). Comme d`autres études l`ont déjà montré (Bastet, 1999, Tietje et Tapkenhinrichs, 1993, Wösten et al., 2001), la proximité géographique de la zone d`étude par rapport à celles ayant servi de base aux FPT et la similitude des matériaux parentaux sont des éléments importants à prendre en compte pour apprécier l`aptitude potentielle des FPT à estimer les propriétés de rétention en eau des sols.
Une classification par texture, ou par texture et densité apparente, préalablement à l`établissement de FPT, permet d`améliorer la qualité des estimations. La texture et la densité apparente apparaissent donc comme des grandeurs déterminantes pour estimer correctement les propriétés de rétention en eau des horizons de sols étudiés. Toutefois, la densité apparente à l`échelle de l`horizon peut conduire à prendre en compte un volume de pores qui ne contribuent pas à la réserve en eau du sol, car de trop grande taille, et donc conduire certaines FPT à surestimer largement les valeurs de teneurs en eau.
Pour les sols qui possèdent des éléments grossiers, dont la présence n`est pas prise en compte par les FPT, une correction des teneurs en eau mesurées et calculées, visant à les exprimer par rapport à la seule fraction fine (< 2 mm) des horizons, ne permet toutefois à aucune FPT de donner des résultats satisfaisants pour les sols caillouteux. Ces sols caillouteux, le plus souvent peu épais, sont ceux pour lesquels la mesure des propriétés de rétention en eau demeure la plus difficile à obtenir, aucune méthodologie adaptée n`étant disponible à l`heure actuelle.
Effet du sodium échangeable et de la concentration saline sur les propriétés physiques des sols de la plaine du Cheliff (Algérie) | p
Auteurs :
D. Saidi(1), Y. Le Bissonnais(2), O. Duval(3), Y. Daoud(4) et A. Halitim(5)
Adresse :
(1) Faculté des Sciences de la Terre et des Sciences Agronomique, UHBC, BP151, Chlef, Algérie
(2)(3) Centre INRA d`Orléans, Unité de Science du Sol, 45160 Olivet cedex, France
(4) INA, Département de Science du Sol, El-Harrach, Alger, Algérie
(5) Université de Batna, Institut d`Agronomie, Batna, Algérie
Résumé :
La stabilité structurale des sols affectés par les sels solubles et le sodium échangeable est un facteur déterminant de leur évolution structurale superficielle sous l`action des pluies et des irrigations. Ce travail étudie les propriétés physiques des sols et met en oeuvre une méthode de caractérisation de la stabilité structurale par l`utilisation d`un granulométre à diffraction laser avec trois traitements correspondant à des états hydriques initiaux et des niveaux d`énergie appliquée différents. La méthode est appliquée sur des échantillons d`horizons de surface des sols affectés par les sels solubles et le sodium échangeable du Cheliff. Les résultats des tests de stabilité structurale sont repré-
sentés par des courbes quasi-continues des diamètres des particules agglomérées, rencontré, et qui décrivent la désagrégation sur une très large gamme granulométrique allant jusqu`à un diamètre de 0,05 µm dans le cas des sols affectés par le processus de dispersion physico-chimique. Les effets du rapport d`adsorption du sodium [SAR = Na / ((Ca + Mg)/2) 0,5] dans lesquelles les concentrations sont
exprimées en meql-1] et de la concentration saline sur la rétention en eau, la stabilité structurale et l`infiltration sont quantifiées. Tous les échantillons étudiés manifestent un comportement structural à risque lorsque le rapport d`adsorption du sodium (SAR) de la solution du sol dépasse un certain seuil. Ainsi la désagrégation augmente à mesure que la concentration du sodium et et la concentration électrolytique augmentent. ; le taux d`infiltration diminue aussi au fur et à mesure que le SAR et la concentration saline augmentent.
Les résultats de la matrice de corrélation linéaire amènent à conclure que la salinité des sols de la plaine du Chéliff s`accompagne toujours d`une sodisation du complexe absorbant. Les valeurs seuils acceptables de SAR et de ESP nécessaires pour conserver une structure stable se situent respectivement à 2 et 5 %. La dispersibilité apparaît très sensible, principalement au sodium échangeable et secondairement à la conductivité électrique qui traduit globalement la salinité du sol.

2004 - Volume 11 - Numéro 3

Numéro spécial : Editorial - Connaître les sols pour mieux les protéger | p 179-186
Auteurs :
M. Jamagne, D. Rat et P. Stengel
Le programme Inventaire Gestion et Conservation des Sols de France | p 187-198
Auteurs :
D. Arrouays(1), R. Hardy(1), N. Schnebelen(1), C. Le Bas(1), M. Eimberck(1), J. Roque(1), E. Grolleau(1), A. Pelletier(1), J. Doux(1), S. Lehmann(1), N. Saby(1), D. King(2), M. Jamagne(2), D. Rat(3) et P. Stengel(4)
Adresse :
(1) INRA, Unité Infosol, Centre de Recherche d`Orléans, BP 20619, 45166 Olivet Cedex
(2) INRA, Unité de Science du Sol, Centre de Recherche d`Orléans, BP 20619, 45166 Olivet Cedex
(3) Ministère de l`Agriculture, de l`Alimentation, de la Pêche et des Affaires Rurales. DGFAR, 78 rue de Varennes, 75007 Paris
(4) INRA, Direction Scientifique EONAT, 147 rue de l`Université, 75007 Paris
Résumé :
Cet article présente l`historique, la méthode et l`état d`avancement des actions de cartographie systématique des sols de France. Les levés cartographiques, programmés à l`origine par coupure cartographique IGN à 1/100 000, sont maintenant structurés selon un programme multi-échelle permettant l`organisation, le stockage et le transfert de l`information, depuis des échelles parcellaires jusqu`aux échelles régionales. La constitution de bases de données géographiques régionales de précision compatible avec une restitution cartographique à l`échelle du 1/ 250000 est le programme prioritaire. Bien qu`encore en retard par rapport à un certain nombre de ses voisins européens, l`inventaire cartographique des sols de France a connu ces dernières années une progression importante dans le cadre du programme IGCS. De nouvelles régions adhèrent progressivement au programme, ce qui laisse espérer que l`objectif de la couverture exhaustive du territoire pourra être atteint en 2010.
Sensibilité d`un modèle agro-hydrologique à la cartographie des sols : Test d`une méthode basée sur l`indice topographique et la lithologie | p 199-218
Auteurs :
F. Laurent(1) et J.-P. Rossignol(2)
Adresse :
(1) UMR Espaces Géographiques et Sociétés, Université du Maine, avenue Olivier Messiaen 72085 Le Mans Cedex 9
(2) UMR SAGAH (Sciences Agronomiques appliquées à l`Horticulture), Institut National d`Horticulture, 2 rue Le Nôtre 49045 Angers cedex 01
Résumé :
Les sols ont un rôle déterminant dans les flux de polluants. Leur prise en compte s`avère indispensable pour l`évaluation des risques de pollution, mais les cartes de sols manquent à des échelles adaptées et sur des surfaces étendues, ce qui constitue un frein majeur à cette intégration. Nous présentons une méthode de cartographie des propriétés des sols à partir de variables prédictives facilement accessibles et d`observations de terrain. Les propriétés étudiées sont : la teneur en argile et en limons, la profondeur du sol, la réserve utile et la perméabilité moyenne du profil. En mobilisant les données topographiques et géologiques, cette approche permet de réduire les temps d`acquisition en appuyant la spatialisation des propriétés du sol sur ces variables. La méthode est appliquée à deux bassins versants de l`ouest de la France. Une analyse de la variance démontre la pertinence des classes réalisées. La cartographie des propriétés des sols obtenue est ensuite introduite dans le modèle agro-hydrologique SWAT. La comparaison des résultats des simulations entre l`emploi de la méthode proposée et l`emploi d`une carte des sols montre que la première permet de simuler correctement les phénomènes d`émission et de transfert des nitrates des zones cultivées vers les cours d`eau. Enfin, sur la zone d`étude, le modèle est peu sensible à la densité de points de sondage utilisés pour le calage de la méthode de cartographie.
Classification des bassins versants alsaciens en fonction de leur sensibilité aux produits phytosanitaires | p 219-234
Auteurs :
R. Koller(1), J. Sauter(1), S. Pierrillas(1) et M. Virot(2)
Adresse :
(1) ARAA, Association pour la Relance Agronomique en Alsace, 2 rue de Rome, BP 30022 Schiltigheim, 67013 Strasbourg Cedex
(2) APRONA, Association pour la protection de la nappe phréatique de la plaine d`Alsace, 140 rue du Logelbach, 68000 Colmar
Résumé :
Une classification des bassins versants en fonction de leur sensibilité aux produits phytosanitaires a été réalisée en 2002 pour les 8300 km du territoire alsacien. Son objectif était de hiérarchiser les zones prioritaires pour optimiser le plan de surveillance de la qualité des eaux et la mise en place de programmes d`actions visant à réduire les pollutions des eaux superficielles et souterraines.
L`étude est inspirée en partie de la méthodologie de diagnostic régional proposée par le CORPEN (Comité d`Orientation pour des Pratiques agricoles Respectueuses de l`ENvironnement). Elle repose sur l`élaboration d`un modèle spécifique d`organisation des connaissances concernant la circulation de l`eau et le transfert des produits phytosanitaires, fondé sur l`identification et la compréhension des facteurs qui les commandent. Ce modèle prend en compte des processus jugés pertinents dans le contexte régional. Le travail a porté sur l`analyse de la sensibilité des eaux de surfaces et des eaux souterraines par bassin versant, déterminée à partir de la vulnérabilité (prise au sens d`une aptitude d`une ressource en eau à être atteinte par une pollution) modulée par les phénomènes de dilution potentielle de la pollution par les masses d`eau.
L`analyse s`est appuyée sur l`utilisation d`un système d`information géographique et a été rendue possible grâce à l`existence des différentes couches de données spatialisées descriptives du milieu, en particulier la base de données régionale sur les sols d`Alsace constituée dans le cadre du programme national Inventaire Gestion et Conservation des Sols (IGCS) piloté par le Ministère de l`agriculture et l`INRA. Pour la mise en oeuvre de cette méthode, la principale limite rencontrée a néanmoins été la disponibilité des données nécessaires à l`analyse.
L`analyse a permis la classification des bassins versants. La validation des résultats obtenus est partielle, et la démarche reste soumise à une analyse critique. Ce travail constitue la première étape d`une analyse du risque potentiel de contamination des eaux, qui nécessiterait de disposer d`une connaissance des pratiques relatives à l`usage des produits phytosanitaires. Elle constitue néanmoins d`ores et déjà une incitation à l`action aux échelles locales.
Base de Données des Analyses de Terre : Procédure de collecte et résultats de la campagne 1995-2000 | p 235-254
Auteurs :
N. Saby(1), C. Schvartz(2), C. Walter(3), D. Arrouays(1), B. Lemercier(3), N. Roland(2) et H. Squividant(3)
Adresse :
(1) INRA CR d`Orléans, Unité INFOSOL, Avenue de la Pomme de Pin, BP 20619 Ardon - 45166 Olivet Cedex
(2) ISA, Laboratoire Sols et Environnement, 41, rue du Port - 59046 Lille Cedex
(3) UMR ENSA-INRA SAS, 65, rue de Saint-Brieuc CS 84215 - 35042 Rennes
Résumé :
A partir d`informations transmises par les laboratoires d`analyses de terre agréés par le Ministère en charge de l`Agriculture, une base de données des résultats d`analyses de terre a été constituée. Cette base de données concerne les analyses effectuées sur des échantillons de terre prélevés sur l`ensemble du territoire national entre 1995 et 2000. De telles bases ont déjà été constituées au niveau régional depuis les années 80 et au niveau national sur la période 1990-1994.
Dans un premier temps, nous exposons la démarche de la collecte qui s`articule autour d`étapes aujourd`hui clairement définies, avec notamment l`explicitation des procédures de validation des résultats d`analyses avant leur intégration à la base de données (validation informatique, analytique et géographique). Plus de 490 000 résultats d`analyses ont ainsi été rassemblés correspondant à plus de 4700 000 déterminations. A partir de cet ensemble, une base de données cantonale a été construite par traitement statistique où la distribution de plusieurs déterminations agronomiques est décrite pour environ 2 800 cantons suffisamment renseignés parmi les 3511 existants.
Dans un deuxième temps, les données sont décrites à la fois au niveau national et au niveau cantonal. La représentation cartographique à partir de critères statistiques montre des structures spatiales sur des grandes distances, y compris pour les propriétés à forte variabilité locale. Ces résultats confirment les acquis de la précédente campagne tout en permettant une caractérisation quantitative de ces structures. De plus, cette nouvelle campagne permet d`obtenir une cartographie plus exhaustive du territoire.
Cette démarche consiste, par voie d`enquête et à moindres frais, à compiler de nombreux résultats, qui permettent d`obtenir une vision globale de l`ensemble d`un territoire et de dégager des tendances. Elle vient en complément de démarches expérimentales ou de programmes de cartographie et de surveillance du GIS Sol, mieux à même de caractériser les sols dans leur globalité et de déceler leur évolution.
Le système d`information national sur les sols : DONESOL et les outils associés | p 255-270
Auteurs :
E. Grolleau(1), L. Bargeot(2), A. Chafchafi(3), R. Hardy(1), J. Doux (1), A. Beaudou(4), H. Le Martret(4), J-Cl. Lacassin(5), J-L. Fort(6), P. Falipou(7), D. Arrouays(1)
Adresse :
(1) INRA CR d`Orléans, Unité Infosol,avenue de la Pomme de Pin, BP 20619, 45166 Olivet Cedex
(2) CNERTA-ENESAD, 4 rue Champs-Prevois, batiment Grand-Champs, 21000 Dijon
(3) Sol Info Rhône-Alpes, 5, rue Hermann Frenkel, 69364 Lyon Cedex 07.
(4) IRD Montpellier, S018 VALPEDO, BP 64501, 34394 Montpellier
(5) Société du Canal de Provence, Le Tholonet, BP 100 13603, Aix-en-Provence Cedex 1
(6) Chambre Régionale d`Agriculture Poitou, Charentes, 86550 Mignaloux-Beauvoir
(7) INRA, UMR1221 Études des interactions entre sols, agrosystèmes et hydrosystèmes, LISAH, 2, place Viala, 34060 Montpellier Cedex 1
Résumé :
Ces dernières années le modèle de données « DONESOL » s`est imposé, au niveau national comme en région, pour le stockage des données pédologiques spatialisées. Parallèlement, de nombreux outils ont été conçus autour de ce modèle. Cet article a pour but de dresser un premier bilan de ces développements.
Dans un souci de clarté de l`exposé, nous avons classé les outils suivant quatre fonctionnalités : (1) les outils d`aide à la saisie, qui peuvent être fixes ou portables sur le terrain tels que ceux développés à Montpellier ou à Dijon ; (2) les outils de validation des données, essentiellement conçus à l`INRA d`Orléans, ils permettent la validation, par le ministère en charge de l`agriculture, d`un niveau de qualité donné pour une étude du programme Référentiel Régional Pédologique ; (3) les outils de consultation des données qui vont de la simple mise en ligne d`un dictionnaire de méta-données à la création de sites Internet interactifs autorisant des requêtes cartographiques ou sémantiques (Rhône-Alpes et Bourgogne) ; (4) et les outils d`échange de données conçus pour le transfert de données pédologiques entre DONESOL et d`autres systèmes d`information tels que VALSOL, développé à l`IRD de Montpellier. Il convient de garder à l`esprit que cette classification est conceptuelle et que bien souvent une application informatique se situera à l`interface de plusieurs fonctionnalités.
Aujourd`hui de nombreux outils réalisés en régions ont atteint un stade de maturité suffisant pour que l`on puisse largement envisager une véritable mutualisation des développements. Pour mener à bien cette mission, les membres du programme Inventaire Gestion et Conservation des Sols ont décidé de mettre en place un groupe de réflexion sur la coordination trans-régionale et la diffusion des différentes applications informatiques.
MIRURAM/VALSOL: Un système d`information et une base de données pour représenter les sols tropicaux et leurs environnements | p 271-284
Auteurs :
A. Beaudou(1) et H. Le Martret(2)
Adresse :
(1) IRD, Unité de Service « Valpédo », 32, avenue Varagnat, 93143 Bondy Cedex
(2) IRD, Unité de Service « Valpédo », 911, avenue Agropolis, BP 64501, 34394 Montpellier Cedex 5
Résumé :
Les données pédologiques, qui représentent un capital très important pour tous les pays de la zone intertropicale, sont le plus souvent difficiles d`accès et peu pratiques à utiliser mais surtout risquent de disparaître.
Pour répondre à la demande actuelle de nos partenaires et également aux préoccupations internationales concernant le devenir de la planète et la gestion durable des ressources, la connaissance des sols et des milieux semble un point de passage obligé.
Deux étapes ont donc été envisagées : 1) la mise en place d`outils permettant de rassembler et transcoder les informations existantes afin de répondre à une première nécessité de sauvegarde d`un patrimoine scientifique, 2) l`actualisation et la valorisation de toutes ces données afin de répondre aux préoccupations majeures de gestion durable des milieux.
Afin de satisfaire ces demandes nous avons donc mis en place un système d`information comprenant trois volets principaux :
1) une base de données sols et environnement VALSOL permettant de rassembler par pays, sous une forme accessible, les données existantes. Pour réaliser VALSOL nous avons, dans un premier temps bénéficié de l`expérience de l`INRA dans le domaine des bases de données (DONESOL). Toutefois l`analyse préalable s`appuyant sur les travaux de cartographie réalisés par l`ORSTOM nous a conduit à une approche conceptuelle tenant compte du découpage spatial et de la spécificité des données des milieux intertropicaux. VALSOL se caractérise par des interfaces WEB d`intégration, de modifications et de gestion de la base pour faciliter son utilisation et s`appuie sur des logiciels du domaine public afin d`être largement diffusée. Dans le but de rassembler un maximum de données pédologiques de façon automatique des programmes de transfert des données ont été mis en place ou sont en cours de réalisation (STIPA vers VALSOL, DONESOL vers VALSOL et réciproquement). Plus qu`un simple outil de stockage, la base de données est également le moyen de valoriser les données analytiques anciennes : carbone, phosphore, éléments traces métalliques…
2) Des Systèmes d`Information Géographique qui offrent la possibilité, en transformant les cartes existantes, de rattacher chaque unité spatiale aux informations présentes dans les bases de données.
3) Une base de connaissances « MIRURAM-VALPEDO ». La base de connaissance est l`ensemble des pages Web de présentation de l`information pédologique s`appuyant sur des accès à la base de données VALSOL. Les documents cartographiques sont interactifs (zoom, sélection, requête…) et permettent d`afficher les données de la base VALSOL par une entrée spatiale.
CLASSOL: Un système expert pour aider à classer les sols dans le Référentiel Pédologique | p 285-298
Auteurs :
P. Falipou et J-P. Legros
Adresse :
ENSAM-INRA-Unité LISAH, place Viala 34060 Montpellier cedex 01
Résumé :
Un système expert, CLASSOL, a été mis au point avec pour objectif le classement assisté par ordinateur, dans le système Référentiel Pédologique (RP), d`un sol décrit par un utilisateur non spécialiste. La figure 1 synthétise la démarche. Le système pose 18 questions simples à l`utilisateur. Les réponses sont choisies dans des listes pré-définies (tableau 1). Le logiciel examine alors exhaustivement tous les taxons du RP (les Références) et détermine lesquels peuvent convenir avec les réponses fournies. En général, plusieurs noms de sols sont retenus. Ils sont proposés à l`utilisateur, classés dans un ordre d`intérêt décroissant (figure 7), sur la base de trois critères présentés dans le texte. Il reste à l`utilisateur à consulter l`aide en ligne (figure 3) et l`ouvrage RP pour finir le travail et choisir entre les taxons candidats les mieux placés. Quarante tests ont été réalisés par 8 volontaires sur dix sols typiques (tableau 3) décrits et analysés mais dont le nom avait été caché. Les essais montrent (tableau 4) que le logiciel est susceptible de présenter, 3 fois sur quatre en moyenne, le bon taxon dans le trio ou quarté de tête. Toutefois, il apparaît que pour utiliser le logiciel et répondre aux questions posées, il faut un minimum de connaissances en pédologie, par exemple pour juger si un profil est différencié ou non. Dans ces conditions, le logiciel ne remplacera jamais le spécialiste. En revanche, il pourrait constituer un bon outil pédagogique pour l`enseignement, son utilisation étant assez plaisante.
Utilisation des données sols d`I.G.C.S. en France : Un état des lieux | p 299-306
Auteurs :
C. Le Bas(1), S. Barthès(2), I. Boutefoy(3), JL. Fort(4), O. Scheurer(5), S. Darracq(6), JC. Lacassin(7), J. Sauter(8) et C. Schvartz(9)
Adresse :
(1) INRA, CR d`Orléans, Unité INFOSOL, avenue de la Pomme de Pin, BP 20619, 45166 Olivet
(2) Chambre Régionale Languedoc-Roussillon, Maison des agriculteurs, A CS 30012, Mas de Saporta, 34875 Lattes
(3) CRA Rhônes-Alpes, SIRA, 5 rue H. Frenkel 69364 Lyon Cedex 07
(4) Chambre Régionale Poitou-Charentes (Poitiers, France)
(5) Institut Supérieur d`Agriculture, BP 30313, rue Pierre Waguet, 60026 Beauvais
(6) ENESAD CNERTA (Dijon, France)
(7) Société du Canal de Provence, Le Tholonet, BP 100, 13603 Aix-en-Provence
(8) Association pour la Relance Agronomique en Alsace, 2 rue de Rome, 67309 Schiltigheim
(9) Institut Supérieur d`Agriculture, 41 rue du Port, 59046 Lille
Résumé :
Pour favoriser l`utilisation des données d`I.G.C.S., il faut être en mesure d`identifier les utilisateurs, de connaître leurs besoins, de susciter leur intérêt pour les données sols. Un état des lieux de l`utilisation des données I.G.C.S. en France a donc été réalisé par un groupe de travail et une base de données a été développée pour stocker l`information recueillie.
92 demandes ont ainsi été recensées. Leur analyse a montré que les maîtres d`ouvrage régionaux doivent faire face à une demande accrue en données sols, essentiellement pour le domaine de l`agriculture et de l`agri-environnement. On voit apparaître une augmentation et une diversification des demandes externes. Cependant, les données sols restent sous-utilisées dans certains domaines tels que l`aménagement du territoire. Nous avons surtout recensé des demandes portant sur des zones assez vastes avec utilisation de données à moyenne ou à petite échelle. Une constante reste l`implication forte du maître d`ouvrage régional qui dans 80 % des cas, a dû fournir une donnée élaborée, le demandeur n`étant souvent pas en mesure de traiter les données sols lui-même.
Modélisation et cartographie de l`aléa d`érosion des sols à l`échelle régionale - Exemple du département de l`Aisne | p 307-322
Auteurs :
Y. Le Bissonnais(1), N. Dubreuil(1), J. Daroussin(1) et M. Gorce(3)
Adresse :
(1) INRA CR d`Orléans, UR Science du Sol, avenue de la Pomme de Pin, BP 20619, 45160 Olivet, France.
(2) INRA, CR d`Orléans, Unité INFOSOL, avenue de la Pomme de Pin, BP 20619, 45166 Olivet
(3) Chambre d`Agriculture de l`Aisne, 02000 Laon, France.
Résumé :
L`érosion des sols représente un risque important pour les espaces agricoles et les zones situées à l`aval : pertes en terre, coulées de boue, turbidité et pollution des eaux. Au delà de l`érosion bien connue qui existe en montagne et dans les vignobles de coteaux, différents types de phénomènes érosifs ont été mis en évidence plus récemment dans les régions de grande culture : érosion diffuse et érosion de thalweg par concentration du ruissellement produit par de vastes parcelles agricoles imperméabilisées par la battance et le tassement des sols, érosion en rigoles sur des coteaux en culture de printemps. Ces phénomènes d`érosion des sols résultent de l`interaction entre de nombreux paramètres, dont certains sont permanents comme ceux relatifs au sol ou à la topographie, alors que d`autres évoluent dans le temps, comme l`occupation du sol, ou présentent un caractère aléatoire comme les précipitations. Un modèle, de type système expert, a été élaboré pour combiner dans un Système d`Information Géographique les principaux paramètres explicatifs de l`érosion des sols et pour cartographier les risques d`érosion en chaque saison à l`échelle de la France. Un exemple d`application de ce modèle au département de l`Aisne est présenté.
Le résultat cartographique permet de faire un état des lieux de l`aléa érosion sur le département ; il pourrait aussi constituer le point de départ à la mise en oeuvre d`une gestion coordonnée des actions de lutte contre l`érosion des sols. Une réactualisation sera possible, après mise à jour des données CORINE land Cover (2004) ou du RGA. On pourra ainsi comparer l`évolution des surfaces sensibles à l`érosion, et mesurer l`impact potentiel de la modification des paysages.
Les résultats de ce modèle peuvent aussi servir à hiérarchiser et sélectionner des bassins versants particulièrement sensibles à l`érosion des sols qui pourraient servir de références pour simuler, à l`aide de modèles plus fins, différents scénarios d`aménagements et d`événements climatiques extrêmes. Il s`agit donc d`un outil de gestion pour la protection des sols et de l`environnement. Ce type d`application pourrait être envisagé dans l`ensemble des régions dans lesquelles les données cartographiques sur les sols sont disponibles.
Estimation des propriétés de rétention en eau des sols à partir de la base de données SOLHYDRO: Une première proposition combinant le type d`horizon, sa texture et sa densité apparente | p 323-334
Auteurs :
A. Bruand(1), O. Duval(2) et I. Cousin(2)
Adresse :
(1) ISTO, UMR 6113 CNRS UO, Université d`Orléans, Géosciences, BP 6759, 45067 Orléans Cedex 2
(2) INRA, Unité de Science du Sol, Centre de Recherche d`Orléans, BP 20619, 45166 Olivet Cedex
Résumé :
La base de données SOLHYDRO regroupe un ensemble de mesures des propriétés de rétention en eau acquis en France sur des horizons de sols depuis une quinzaine d`années. Cette base de données est utilisée pour proposer des propriétés de rétention en eau des horizons de sol en fonction de leurs caractéristiques. Dans un premier temps, des valeurs de teneur en eau volumique a 7 potentiels de l`eau variant de -10 (θ1,0) a -15 000 (θ4,2) hPa sont proposées en utilisant le type d`horizon (horizons A d`une part, horizons E, B et C d`autre part) et sa texture. Dans un second temps, pour accroître la précision et réduire le biais lors de l`estimation, des valeurs de teneur en eau volumique sont proposées en utilisant cette fois le type d`horizon, sa texture et sa densité apparente. Une estimation par excès et par défaut de la réserve en eau utile est aussi proposée dans chaque cas. Ces différents jeux de valeurs constituent une première proposition qui a vocation à être précisée et élargie lorsque la base SOLHYDRO disposera d`un nombre de données supplémentaires suffisant.
La réalisation de la base de données géographique des sols d`Italie à l`échelle de 1/250 000 | p 335-348
Auteurs :
N. Filippi
Adresse :
CE Centre Commun de Recherches, IES, Unité sols et déchets, TP 280, 21020 Ispra (VA), Italia
Résumé :
Après la Carte de Sols au 1/1 000 000 (1966), une quantité considérable d`études pédologiques locales a été réalisée en Italie de façon dispersée et non harmonisée. Toutefois, une bonne part de l`information disponible sur les sols se caractérise par une cohérence conceptuelle, du fait de liens plus ou moins étroits existant entre les différentes équipes locales et l`école de pédologie de l`Université de Florence (Mr. Principi et par la suite Mr. Mancini).
En 1998-1999 trois programmes à vocation nationale, pour la réalisation des bases de données pédologiques à 1/250 000, ont été mis en oeuvre:
- «Méthodologies pédologiques» pour la «Carte des sols d`Italie»;
- «Carte écopédologique»;
- «Carte des sols d`Italie».
Par manque d`une structure administrative ayant en charge la coordination des différents programmes au niveau national, plusieurs institutions impliquées ont signé des contrats de collaboration pour réduire la dispersion des efforts et aider à la cohérence de l`ensemble.
L`un des cadres de référence commun a été le Manuel des procédures pour la base de données géoréférencée des sols de l`Europe. Ce Manuel a été produit par un groupe de travail international, mis en place par le réseau du Bureau Européen des Sols, afin de favoriser l`harmonisation des bases de données géoréférencées sur les sols en Europe.
Quelques exemples sont présentés pour illustrer la méthode de travail et les résultats acquis par les trois programmes.
La stratégie européenne de protection des sols : Un nouveau cadre | p 349-352
Auteurs :
L. Montanarella
Adresse :
Commission Européenne, Bureau Européen des Sols, Centre Commun de Recherches, 21020 Ispra (VA) Italia
Quelques données sur les activités du Service d`Etude des Sols et de la Carte Pédologique de France | p 353-369
Auteurs :
M. Jamagne(1) et J. Boulaine(2)
Adresse :
(1) INRA, Unité Infosol, Centre de Recherche d`Orléans, BP 20619, 45166 Olivet Cedex
(2) Académie d`Agriculture de France, 18 rue de Bellechasse, 75007 Paris
Résumé :
Cette note retrace brièvement les principales étapes dans les activités du Service d`Etude des Sols et de la Carte Pédologique de France depuis sa création en 1968 jusqu`à la fin des années 90 lorsque les programmes IGCS: Inventaire, Gestion et Conservation des Sols et CPF: Connaissance Pédologique de la France ont pris le relais dans le cadre de la nouvelle unité INFOSOL.
Les différentes périodes d`évolution intervenues y sont décrites : approches cartographiques, stockage et transmission des informations, élaboration des cartes de sols, valorisation des données acquises.
Les recherches associées à ces travaux d`inventaire y sont rappelées, tant dans le domaine fondamental que dans ceux des progrès méthodologiques et des actions plus appliquées.
La participation du Service aux principaux programmes européens, en tant que plate-forme de référence au plan national et international, y est également mentionnée.

2004 - Volume 11 - Numéro 4

Infiltrabilité et érodibilité de sols salinisés de la plaine du Bas Chéliff (Algérie) - Mesures au laboratoire sous simulation de pluie | p 379-392
Auteurs :
A. Douaoui(1), C. Gascuel-Odoux(2) et C. Walter(2)
Adresse :
(1) Université Hassiba Benbouali, Laboratoire Eau-Environnement, BP 225 Chlef 02000, Algérie
(2) INRA - Agrocampus Rennes, UMR Sol-Agronomie-Spatialisation, 65 route de St Brieuc, 35042 Rennes Cedex
Résumé :
L`aménagement de la plaine du Bas Chéliff doit assurer une bonne gestion des sols. En effet, 80 à 85 % des sols de cette région sont touchés par des problèmes de salinité. Or les propriétés hydrodynamiques et l`érodibilité de ces sols sont mal connues. Pour pallier ce manque de connaissance, les six principaux types de sols de cette région ont été soumis à deux pluies simulées successives d`une heure à une intensité de 63 mm h-1. Il s`agit d`un Fluviosol, d`un Vertisol et de quatre Salisols de niveau de salinité croissante. Ces simulations de pluie ont été réalisées sur des agrégats de 3 à 5 mm de taille, disposés dans des bacs de 1 m2, présentant une pente de 4 %. Le ruissellement, l`infiltration, le drainage et les transferts de particules ont été mesurés. Les résultats de ces simulations de pluie discriminent bien les sols.
Lors de la première pluie, le Fluviosol et le Salisol à sodicité moyenne (ESP de 6 %) présentent une forte infiltration, de l`ordre de 70 à 80 % de la pluie, le Vertisol et le Salisol à sodicité marquée (ESP de 10 %), une infiltration plus faible, de l`ordre de 40 % de la pluie, alors que les Salisols à sodicité élevée (ESP de 16 et 22 %) s`avèrent très sensibles au ruissellement, l`infiltration n`étant que de l`ordre de 15 à 30 % de la pluie. La hiérarchie des sols vis à vis de l`érosion est la même. Les flux de ruissellement sont étroitement liés aux tests de stabilité structurale, au taux de sodium échangeable, et dans une moindre mesure, à la conductivité électrique et à la teneur en matière organique.
Action combinée des pratiques culturales et des lombriciens sur le sol - Morphologie porale, conductivité hydraulique et communautés lombriciennes suivant trois systèmes de culture | p 393-402
Auteurs :
M. Lamandé(1), G. Pérès(3), V. Hallaire*(1), P. Curmi(1)(2) et D. Cluzeau(3)
Adresse :
(1) INRA, Unité Sol et Agronomie Rennes Quimper, 65, route de Saint-Brieuc, 35042 Rennes
(2) ENESAD, Département Agronomie et Environnement, Équipe Milieu Physique et Environnement,
26, bd Dr Petitjean, BP 87999, 21036 Dijon Cedex
(3) CNRS, UMR 6553 `Ecobio` - Laboratoire d`Ecologie du Sol et de Biologie des Populations, Station Biologique,
35380 Paimpont
* Auteur correspondant : hallaire@roazhon.inra.fr
Résumé :
L`activité des lombriciens et les pratiques culturales entraînent des modifications de la porosité à différents niveaux d`analyse, notamment celui de la mésoporosité (pores de diamètre équivalent compris entre 30 et 1 000 μm), où l`eau peut être faiblement retenue ou s`écouler lentement. L`évolution de la structure des sols en zone tempérée, est peu décrite à ce niveau d`analyse. L`objectif de cette étude est de comprendre, à travers la comparaison de trois systèmes de culture, les effets de communautés lombriciennes naturellement présentes et des pratiques culturales sur les relations entre la morphologie de la mésoporosité et le comportement hydrodynamique de l`horizon de surface d`un sol.
Le dispositif expérimental est composé d`une monoculture de maïs fertilisée au lisier, d`une rotation maïs/raygrass (1 an / 3 ans) en phase prairie également fertilisée au lisier et d`une prairie ancienne pâturée (association raygrass - trèfle blanc). L`horizon 0-10 cm du sol a fait l`objet d`une caractérisation morphologique de la mésoporosité par analyse d`images 2D de résolution spatiale 40 μm.pixel-1 et de mesures de la porosité totale. Les courbes de conductivité hydraulique en fonction du potentiel matriciel ont été calculées à partir de mesures d`infiltration à quatre potentiels (-0,05 ; -0,2 ; -0,6 ; et -1,5 kPa) réalisées à la surface du sol à l`aide d`infiltromètres à disque. L`utilisation d`eau teintée au bleu de méthylène a permis d`identifier la porosité fonctionnelle. Les communautés lombriciennes, extraites au terrain, ont été caractérisées par le nombre d`individus, les espèces présentes et la structure écologique fonctionnelle (catégorie écologique couplée au stade de développement).
Les pratiques culturales influencent significativement les communautés lombriciennes en termes d`abondance des individus et de diversité fonctionnelle. Dans le maïs, le petit nombre de pores tubulaires est lié à la faible abondance de vers, en particulier des anéciques, et de racines. Dans la prairie pâturée, le tassement par piétinement de bovins affecte les pores d`assemblage d`agrégats. La forte conductivité hydraulique dans la prairie de rotation est due à une diversité lombricienne plus grande que dans le maïs et à l`absence de piétinement par rapport à la prairie pâturée. L`analyse morphologique de la mésoporosité a permi d`expliquer les différences de fonctionnement hydrodynamique mesurées entre les trois parcelles. Des relations entre communautés lombriciennes et propriétés physiques ont été analysées grâce à une méthodologie originale qui prend en compte la diversité des espèces, ainsi que des paramètres morphologiques et physiques correspondant à un niveau d`analyse peu exploré.
Evolution sur 12 ans de la solubilité, mobilité et lixiviation du phosphate dans un sol ayant massivement reçu du lisier | p 403-418
Auteurs :
C. Morel(1), C. Cachot(2), J. Martinez(2), P. Peu(2), F. Elsass(3), M. Robert(3) et J.-Cl. Fardeau(3)
Adresse :
(1) UMR-TCEM INRA-ENITA, BP 81, 33883 Villenave d`Ornon Cedex
(2) CEMAGREF, Unité de Recherche ` Gestion des Effluents d`Elevage et des déchets Municipaux `
CS 64427, 17 avenue de Cucillé, 35044 Rennes Cedex
(3) INRA, Science du sol, Route de St Cyr, 78000 Versailles
Résumé :
La solubilité et la mobilité du phosphore (P) ont été déterminées dans des échantillons de terre prélevés en 1991, 1992, 1993, 1994, 1995, 1996, 1999 et 2002 dans les horizons 0-20 cm, 20-40 cm et 40-60 cm d`un dispositif expérimental comprenant une parcelle témoin ne recevant ni lisier ni phosphore et quatre parcelles ayant reçu les mêmes quantités massives de lisier de porc entre mars 1991 et octobre 1995 puis plus rien. Le dispositif a été cultivé en permanence avec du ray-grass. La solubilité du phosphore a été évaluée par un dosage colorimétrique de la concentration (Cp) des ions phosphate (Cp, mg P l-1) dans la solution filtrée (0,2 μm) d`une suspension de terre de 1 g et 10 ml à l`état stationnaire. Dans cette même suspension, la mobilité du phosphore a été quantifiée par le transfert (Pr) d`ions phosphate à l`interface solide-solution en utilisant le traçage isotopique au phosphore 32 (32PO4) et en analysant la dilution isotopique (32PO4/31PO4) des ions phosphate en solution. La quantité de P drainé à 80 cm a été déterminée tous les ans en multipliant le volume d`eau drainée par leur concentration en P total. Près de 4 900 m3 ha-1 de lisier ont été apportés au total ce qui représente 7 964 kg P ha-1. La valeur de Cp passe de 0,06 en 1991 à 12,0 mg P l-1 dans la couche 0-20 cm de sol, de 0,02 à 3,8 mg P l-1 dans la couche 20-40 cm et de < 0,01 à 0,18 mg P L-1 dans la couche 40-60 cm. Dès l`arrêt des épandages, Cp diminue notablement dans la couche 0-20 cm mais continue d`augmenter très significativement dans les couches 20-40 cm et 40-60 cm sans se stabiliser. Pour l `ensemble de la période étudiée, la dynamique de la mobilité du P est très précisément décrite par la cinétique de Freundlich suivante : Pr = 28,1Cp0,41 t0,28, 24 obs. (r2 = 0,99). Après 12 années de suivi, le P drainé à 80 cm (en moyenne 331 mm d`eau drainée) reste faible (<0,1 kg P ha-1) et invariant dans le temps. Le P du lisier n`a toujours pas atteint la profondeur de 80 cm. La forte réactivité des constituants de ce sol vis-à-vis des ions phosphate retarde sa migration en profondeur. Cependant cette migration reste une réalité et le transfert de phosphore dans les eaux de drainage pourrait prochainement augmenter significativement pour durer de nombreuses années.

2003 - Volume 10 - Numéro 1

Une simulation de l`utilisation d`un réseau de surveillance pour le contrôle du carbone séquestré dans les sols - Détecterons-nous des changements? | p 7-18
Auteurs :
D. Arrouays et N. Saby
Adresse :
INRA Infosol, Orléans, F-45160, Olivet France.
Résumé :
Dans le cadre du protocole de Kyoto, les accords de Bonn et de Marrakech prévoient que certaines activités volontaires permettant un stockage additionnel de carbone organique dans les sols puissent être comptabiliséesau titre des articles 3.3 et 3.4 de ce protocole. Cette comptabilisation est assujettie au caractère vérifiable de ce stockage additionnel. Dans cet article, nous analysons la faisabilité d`une vérification statistique de l`effet de changements d`usage ou de pratiques. Nous avons réalisé plusieurs simulations, afin de déterminer si des dispositifs de surveillance du stockage de carbone dans les sols pouvaient permettre un contrôle fiable et vérifiable de ce stockage. Nous nous sommes fondés sur le Réseau de Mesures de la Qualité des Sols (RMQS) actuellement mis en place en France (environ 2100 placettes qui seront suivies selon un pas de 5 ans) afin de déterminer, sous différentes hypothèses, si un tel dispositif pouvait détecter des changements significatifs. Nous avons également testé la mise en place de réseaux spécifiques dédiés aux changements des terres «Kyoto» .
Dans les différents scénarios testés, les durées moyennes nécessaires à la détection d`un changement de stock de C du sol varient de 3 à 15 ans. Dans les scénarios les plus défavorables ces durées atteignent 10 à 25 ans.
Ceci signifie qu`une densification du réseau ou la mise en place de réseaux spécifiques sera nécessaire si l`on prétend réaliser un contrôle au sol du carbone stocké durant la période d`engagement. Nous pouvons conclure de l`ensemble de ces simulations que la mise en place du réseau systématique tel qu`il est envisagé pourrait permettre d`apporter des preuves comptables et statistiques de la séquestration additionnelle sous un certain nombre de conditions:
- réaliser un suivi des usages et des pratiques. La question centrale est alors liée au coût de mise en place de ce réseau, et à la faisabilité et au coût du contrôle des surfaces soumises à des usages et des pratiques donnés,
- densifier le réseau et/ou mettre en place des suivis spécifiques dédiés à certains usages,
- s`assurer que les changements d`usage suivis aient une pérennité dans le temps compatible avec la durée nécessaire au suivi et avec la période d`engagement.
Réserve utile des sols du Nord-Ouest tunisien - Evolution sous culture | p 19-34
Auteurs :
H. Ben Hassine(1), M. Ben Salem(2), G. Bonin(3), E. Braudeau(4) et C. Zidi(1)
Adresse :
(1) Direction des Sols, Ministère de l`Agriculture, Tunisie
(2) Institut National de la Recherche Agronomique de Tunisie (INRAT)
(3) Université de Provence (L.B.E.M./I.M.E.P.), Aix-Marseille 1, France
(4) Institut de Recherche pour le Développement (IRD), Montpellier, France
Résumé :
Quatre types de sols céréaliers du Nord-Ouest tunisien, caractérisés d`une manière descriptive et analytique, ont été suivis au cours de deux campagnes agricoles pour étudier l`évolution de l`humidité de leurs horizons superficiels. Comparée aux limites inférieure et supérieure de la réserve utile, cette humidité reflète très nettement l`effet du climat et de la nature du matériau pédologique. Les sols du milieu bioclimatique subhumide, évoluant sur un matériau d`origine marneuse, gardent l`humidité sur un plus grand nombre de mois dans l`année. Ceux du milieu semi-aride sont moins argileux et à réserves utiles plus faibles qui n`atteignent presque jamais l`état de saturation des pores capillaires représenté dans cette étude par le point de gonflement maximum des agrégats primaires (WD). Le lien entre l`humidité et le rendement des cultures est évident. Plus les teneurs en eau sont élevées et la période d`humectation du sol est longue, meilleur est le rendement.
Les teneurs en eau des sols ont été corrélées à la capacité d`échange de cations (CEC) et à la densité apparente. Les résultats ont montré un lien entre point de flétrissement permanent (WB) et CEC pour les Vertisols et les sols à caractère vertique d`une part et entre capacité au champ (WD) et densité apparente pour les sols les moins argileux du milieu semi-aride d`autre part.
Un zonage viticole appliqué, basé sur la méthode des secteurs de référence, en vignoble de Cognac (France) | p 35-42
Auteurs :
C. Cam(1), P. Vital(2), J.-L. Fort(1), Ph. Lagacherie(3) et R. Morlat(4)
Adresse :
(1) Chambre Régionale d`Agriculture Poitou-Charentes
(2) Coopérative Agricole Syntéane, Saintes
(3) UMR ENSAM-INRA Sols et Environnement, Montpellier
(4) Unité expérimentale Vigne et Vin, Centre INRA Angers
Résumé :
Dans les Charentes, en réponse à une crise de production du vignoble destiné à la production de Cognac, un plan de diversification viticole pour des vins de pays de qualité est mis en place. Il nécessite une connaissance des sols et de leurs caractéristiques viticoles pour orienter le choix des types de vins et adapter l`itinéraire technique de production.
Afin de permettre une caractérisation rapide de l`ensemble du vignoble avec des coûts d`investigations limités, des secteurs de références (aires-échantillon d`extension limitée mais représentatives) ont été choisis à l`aide des cartes pédologiques à 1/250000, et précisés par des visites de terrain. Ces secteurs de référence ont fait l`objet d`une cartographie pédologique fine qui a permis de définir les différents types de sol et leur mode d`organisation spatiale. A partir d`observations détaillées et d`analyses effectuées sur des profils représentatifs de chaque type de sol, les potentialités et les contraintes agro-viticoles sont analysées selon une démarche collective associant chargés d`études pédologiques, techniciens locaux, viticulteurs et experts viti-vinicoles. Cette analyse débouche sur des recommandations relatives au choix de cépage, de porte-greffe, de pratiques viticoles susceptibles d`exploiter au mieux la potentialité de chaque type de sol, considéré ici comme unité de terroir. L`extension des résultats à l`ensemble du vignoble est réalisée au moyen de cartes d`extrapolation
associées à des clefs de détermination qui permettent en priorité au technicien viticole mais aussi au viticulteur d`identifier l`unité de sol de chaque parcelle et d`utiliser les recommandations relatives à celle-ci. L`ensemble des résultats obtenus est par ailleurs largement diffusé auprès de tous les acteurs de la filière selon des médias adaptés.
Après trois ans de travail sur cinq secteurs de référence, les résultats sont positifs et la méthode a fait les preuves de son efficacité. Cette approche de la notion de terroir est un élément fédérateur de tous les acteurs viticoles et un élément structurant permettant d`organiser l`acquisition progressive de références propres au vignoble concerné. Dans cette perspective, des réseaux de suivi s`installent. Par ailleurs, la caractérisation des terroirs sera complétée par des études climatiques.
Comparaison de la synthèse de cartes de sol et de la segmentation d`images satellitales pour l`élaboration d`une carte des sols au 1 :250 000 - Application à une zone de la Lorraine | p 43-60
Auteurs :
M-C. Girard(1), M. Gury(2) et L. Florentin(3)
Adresse :
(1) INA PG, UFR Dynamique des milieux et organisations spatiales. BP1 78850 Grignon
(2) Faculté des Sciences, Laboratoire de Science du Sol, BP 239, 54506 Vandoeuvre les Nancy cedex
(3) INP-ENSAIA, Sol et environnement. BP 172 - 54505 Vandoeuvre-Les-Nancy
Résumé :
Dans le cadre de l`élaboration de la couverture complète de la France en carte au 1/250 000, deux approches sont comparées : une méthode dite par synthèse et une méthode dite par segmentation. Un auteur a interprété les images SPOT et les cartes disponibles ; il en a tiré une représentation des pédopaysages par méthode par segmentation, et ce, sans utiliser les cartes pédologiques ; puis la carte a été mise sous SIG. Les autres auteurs ont interprété leurs cartes pédologiques au 1/100000 pour constituer une carte de pédopaysages au 1/250000 qui a été mise sous SIG.
La ressemblance globale des deux cartes issues des deux approches est estimée à 88,8 % par la méthode des possibilités. Il en ressort que la méthode par synthèse est la moins onéreuse sur un territoire où l`on dispose déjà des informations pédologiques nécessaires et que, sur un territoire où l`information disponible est insuffisante, la démarche par segmentation est la plus rapide et économiquement la seule acceptable.

2003 - Volume 10 - Numéro 2

Comportement et organisation de sols de Boulbène dans le Tarn - Quelques éléments sur le passage d`une structure prismatique à une structure vertique dans les horizons enrichis en argile | p 71-80
Auteurs :
J.C. Michel(1), D. Tessier(2) et J.C. Favrot(3)
Adresse :
(1) UMR A-462 SAGAH INRA/INH/Université d`Angers, Sciences AGronomiques Appliquées à l`Horticulture,
42, rue Georges Morel, 49071 Beaucouzé
(2) INRA, Science du Sol, route de Saint-Cyr, 78026 Versailles
(3) INRA-ENSA, Place Viala, 34060 Montpellier
Résumé :
Dans la région Sud-Ouest de la France, les sols développés sur les alluvions anciennes de la vallée du Tarn (appelés encore boulbène)
présentent, malgré une évolution pédologique comparable, des horizons B argilliques à structures très différentes (prismatique ou vertique)
en fonction de leur position topographique.
Les données classiques montrent que les teneurs en argile des horizons argilliques oscillent entre 36 et 55 % dans les faciès prismatique à vertique. Leur nature minéralogique est sensiblement comparable (illites-smectites), avec cependant un caractère smectitique plus marqué dans le faciès vertique. Les cations échangeables sont essentiellement Ca, Mg, Na et K, avec un rapport Ca/Mg respectivement voisin de 2 et 3 pour les faciès prismatique et vertique (tableau 1).
En fonction du type de structure, les courbes de dessiccation/humectation présentent des comportements macroscopiques extrêmes. Le gonflement atteint respectivement 3 et 25 % dans les faciès prismatique et vertique et semble avant tout à relier à l`aptitude de l`argile à devenir plus dense par dessiccation, et non à l`obtention d`une teneur en eau supérieure aux hauts états d`hydratation.
La présence d`une structure prismatique est associée à : (1) un faible gonflement et une légère déformation horizontale, (2) la présence d`oxydes de fer cimentant les cristallites d`argiles et (3) une orientation isotrope des particules argileuses. Cette organisation engendre une structure rigide avec une très faible variation de volume. En revanche, la structure vertique est caractérisée par (1) un matériau partiellement déferrifié, (2) un fort gonflement et, (3) une importante déformation quasi isotrope.
Cette évolution d`une structure prismatique à vertique peut être corrélée aux ondulations du micro-relief. Des conditions d`hydromorphie temporaire apparaissent principalement dans de légères dépressions, entraînant la dissolution des oxydes de fer. Il en résulte une aptitude du matériau argileux à se compacter en conditions sèches mais aussi de retenir plus d`eau et de gonfler plus largement en conditions humides. Le gonflement du sol devient alors suffisant pour provoquer sa rupture par cisaillement et la formation de plans de glissement caractéristiques de ce type de faciès et, in fine, entraîner une micro-division des particules argileuses. Ainsi, le passage d`une structure prismatique à une structure vertique et leurs propriétés hydrauliques respectives sont donc principalement à relier à l`évolution de la taille, de l`arrangement et du degré de cimentation des particules argileuses plutôt qu`à un changement d`ordre minéralogique.
Utilisation d`un secteur de référence pour désagréger les unités cartographiques complexes d`un référentiel régional pédologique - Un premier essai en plaine viticole héraultaise | p 81-94
Auteurs :
J. Oballos(1) et P. Lagacherie(2)
Adresse :
(1) Universidad de Los Andes, Merida, Venezuela
(2) Laboratoire sur les Interactions Sols, Agrosystèmes et Hydrosystèmes (UMR INRA-ENSAM-IRD LISAH)
2, place Viala, 24060 Montpellier cedex 1
Résumé :
Compte tenu de la complexité des couvertures pédologiques étudiées, les référentiels régionaux pédologiques réalisés en France au 1/250000 délimitent des unités de paysage regroupant plusieurs unités typologiques de sol (UTS). Les propriétés des sols intéressant les utilisateurs étant décrites au niveau de ces UTS, leur non-délimitation des UCS est un frein important à l`utilisation effective des référentiels pédologiques régionaux. Pour surmonter cette difficulté, nous proposons de délimiter les UTS en utilisant des lois ` sols-paysages ` préalablement établies à partir d`une cartographie pédologique détaillée d`un secteur de référence représentatif. Les lois ` sols-paysages ` sont formalisées à partir des données du secteur de référence par construction interactive d`un arbre de classification utilisant une interface informatique aisément utilisable par un pédologue cartographe. Cette démarche a été testée en plaine viticole Héraultaise sur une UCS majeure du référentiel pédologique régional du Languedoc-Roussillon. L`arbre de classification obtenu utilise des variables aisément disponibles sur l`ensemble de l`UCS (distance aux UCS voisines, altitude relative et pente) et permet d`isoler avec une probabilité satisfaisante deux des quatre UTS majeures décrites dans l`UCS étudiée, les deux UTS restantes ne pouvant être localisées qu`en association avec une seconde. Les prédictions obtenues s`avèrent cohérentes avec les superficies respectives des UTS données par le référentiel régional pédologique.
Innovations en aménagement des sols de mangrove pour la riziculture : Partie 1 - Cas du périmètre de Yangoyah (Guinée) | p 95-106
Auteurs :
M. Sow
Adresse :
Centre National des Sciences Halieutiques de Boussoura
BP 3738, Conakry
Guinée
Résumé :
Le riz est la céréale de base en Guinée où il est cultivé de façon extensive dans divers écosystèmes. Les possibilités d`intensification existent, notamment dans les basses terres du littoral. Malheureusement tous les schémas d`aménagement pratiqués depuis plus de cinquante ans ont donné des résultats plutôt médiocres. De nombreux échecs sont imputables aux stratégies de gestion des flux hydriques dans ce milieu. Le surdrainage et l`exclusion définitive de l`eau de mer assèchent les terres tout en favorisant une minéralisation brutale de la matière organique et le déclenchement du processus sulfaté acide dans les sols d`estuaire riches en pyrite. La configuration de ces derniers, associée à un marnage important et à une pluviométrie abondante se prête à un mode d`aménagement favorisant la gestion alternée de l`eau de mer en saison sèche et de l`eau douce en hivernage. L`aménagement réalisé reprend et améliore les pratiques traditionnelles des riziculteurs de mangrove. Une des nouveautés est la réadmission de l`eau de mer en saison sèche dans le but d`éviter l`oxydation des sols à sulfures, de les fertiliser par apport de vases marines fraîches et de contrôler le développement d`adventices. Cette pratique est complétée par des digues et un réservoir destinés à sécuriser la disponibilité en eau de submersion, condition première d`une production de riz inondé. Les objectifs de maintien de la productivité et de l`équilibre des terres ont été atteints.
Innovations en aménagement des sols de mangrove pour la riziculture : Partie 2 - Résultats agronomiques | p 107-119
Auteurs :
M. Sow(1) et M. B. Barry(2)
Adresse :
(1) Centre National des Sciences Halieutiques de Boussoura, BP 3738, Conakry, Guinée
(2) Institut de Recherche Agronomique de Guinée, BP 1523, Conakry, Guinée
Résumé :
Pour réhabiliter les rizières de mangrove dégradées par le processus sulfaté acide, un aménagement combinant la réadmission de l`eau de mer et la gestion de l`eau douce pluviale a été testé. Dans les conditions des plaines estuariennes du littoral guinéen, la faisabilité technique a été démontrée. En terme d`accroissement de la productivité des terres, au cours de trois campagnes, il a été enregistré une augmentation significative et progressive du rendement passant de 1650 à 2100 et 2 900 kg.ha-1 contre environ 500 kg.ha-1 dans les casiers traditionnels voisins. La gestion de l`eau a été globalement améliorée dans le périmètre et le planage des casiers a permis de mieux contrôler la lame d`eau dans la parcelle. L`introduction de variétés améliorées et l`échelonnement de la date de semis en pépinière ont également contribué à l`accroissement des rendements. Par contre, la fumure minérale n`a pas eu d`effet sur le rendement, probablement parce que la lame d`eau n`est pas gérée de façon optimale et que certains paramètres chimiques et/ou physiques du sol sont encore trop contraignants.
Par ailleurs, la possibilité de gérer l`eau toute l`année dans le périmètre a permis de tester, avec succès, la faisabilité de l`élevage extensif du Tilapia. L`intérêt des paysans pour ce modèle est certain, compte tenu de leur adhésion au programme de mise en valeur et de la demande de son extension aux plaines environnantes.
La question des possibilités d`extension de ce type d`aménagement dans la mangrove de Guinée et des pays voisins est brièvement abordée. Les données fragmentaires disponibles sur la zone permettent de penser que si la morphologie des plaines peut faire l`objet d`adaptation du modèle, un marnage important et une pluviométrie abondante sont les facteurs déterminants de la réussite de cette forme de mise en valeur.
Les sons de la houe dans la caractérisation des sols - L`exemple des paysans du Nord-Cameroun | p 121-128
Auteurs :
Ch. Seignobos
Adresse :
IRD – US Jachère
2051, av. Du Val de Montferrand
B.P. 5045 - 34032 Montpellier cedex
Résumé :
Dans le nord du Cameroun, certaines ethnies caractérisent leurs sols en fonction des bruits produits par la houe qui les travaille.
Ces sons, désignés par des idéophones, ne sont pas des onomatopées même si quelques-uns semblent s`en être inspirés. Ils appartiendraient plutôt à un sous-système lexicalisé. Ils peuvent s`entendre dans quelques cercles de villages ou être, au contraire, trans-ethniques. Ces idéophones permettent d`entrer dans la nuance des sols intergrades non référencés. Toutefois, ils connotent moins les qualités agronomiques des sols que la facilité ou la pénibilité de leur mise en culture.
Depuis plusieurs décennies, ces connaissances régressent chez les jeunes adultes, en grande partie en raison du développement de la culture mécanisée.

2003 - Volume 10 - Numéro 3

Evaluation de la minéralisation de l`azote de deux sols amendés avec un compost d`ordures ménagères | p 139-154
Auteurs :
E. Elherradi(1, 2), B. Soudi(3) et K. Elkacemi(1)
Adresse :
(1) Université Mohamed V, faculté des Science, Département de chimie, Rabat, Maroc.
(2) Ecole Normale Supérieure de Takaddoum, Département de Chimie, Rabat, Maroc
(3) Institut Agronomique et vétérinaire Hassan II, Département des sciences du sol, Rabat, Maroc.
Résumé :
Afin d`évaluer l`effet d`amendement organique des sols avec du compost d`ordures ménagères sur l`évolution de l`azote minéral, deux sols contrastés par leurs propriétés physico-chimiques et texturales : un sol sablonneux de la région côtière de Rabat (SRR) et un sol limono-argileux du Gharb (SDG) ont été étudiés.
Des essais d`incubation aérobie pendant 35 jours (5 semaines) ont été conduits au laboratoire sous des conditions contrôlées à une température de 30 °C, optimale pour l`ammonitrification. Les échantillons de sol ont été ajustés à différents niveaux d`humidité 50 %, 80 % et 100 % Hcc en présence de doses croissantes de compost, équivalentes à 0, 10, 20 et 30 tonnes.ha-1.
L`apport du compost a induit une augmentation de la quantité d`azote minéralisé des deux sols. La production d`azote minéral en fonction du temps croît avec la dose du compost apporté. L`allure générale de cette production est comparable pour les différents traitements. Cependant, les quantités d`azote minéralisé diffèrent dans les deux sols utilisés et dépendent de l`humidité. Cette allure est caractérisée pour toutes les doses apportées par une augmentation brutale durant la première semaine d`incubation appelée ` effect flush `. Les quantités résultantes de cette surminéralisation varient de 29 à 60 kg N.ha-1 et de 58 à 87 kg N.ha-1 respectivement pour SRR et SDG à 80 % Hcc. La minéralisation est plus intense en SDG que dans le SRR pour les différentes doses du compost. Après 35 jours d`incubation, la quantité d`azote minéralisé est de 139 kg.ha-1 en SDG et de 99 kg.ha-1 en SRR amendés avec 30 tonnes.ha-1 et à 100 % Hcc.
Le taux apparent moyen de minéralisation de l`azote organique du compost est de 8 et 10 % pour SRR et SDG durant la période d`incubation à 100 % Hcc.
Cartographie des propriétés hydriques des sols à partir de la lithologie et des pentes. Application au bassin versant de la Moine (Maine-et-Loire, France) | p 155-170
Auteurs :
F. Laurent(1) et J.-P. Rossignol(2)
Adresse :
(1) UMR Espaces Géographiques et Sociétés, Université du Maine, avenue Olivier Messiaen, 72085 Le Mans cedex 9
(2) UMR SAGAH (Sciences Agronomiques appliquées à l`Horticulture), Institut National d`Horticulture,
2 rue Le Nôtre, 49045 Angers cedex 01
Résumé :
L`identification des caractéristiques hydriques des sols est nécessaire à l`évaluation des risques de pollution diffuse. Or, ces propriétés des sols sont rarement cartographiées sur des étendues suffisantes pour pouvoir être intégrées dans les outils de diagnostic.
Nous proposons une méthode d`estimation des propriétés hydriques des sols s`appuyant sur des données géologiques et topographiques, aisément accessibles au 1/50 000, sur des sondages à la tarière et sur un traitement au moyen d`un Système d`Information Géographique. La méthode est appliquée à un territoire de 382 km2 du Maine-et-Loire, le bassin versant de la Moine. Les propriétés estimées par des fonctions de pédotransfert (Réserve Utile, profondeur du sol et épaisseur affectée par l`hydromorphie) suivent une loi d`organisation spatiale assez manifeste selon la pente et la lithologie du matériau, comme le confirme une analyse de la variance. L`identification de ces liens sur 753 sondages à la tarière nous conduit à construire des cartes de propriétés des sols. Ces cartes permettent de déterminer des entrées essentielles pour la modélisation de la pollution diffuse.
Fonctionnement hydrodynamique et différenciation pédologique d`une couverture de sol limoneux hydromorphe en Bassin Parisien | p 173-190
Auteurs :
J. Nicole(1, 2), Y. Coquet(1), P. Vachier(1), J. Michelin(1), L. Dever(2)
Adresse :
(1) UMR Environnement et Grandes Cultures, INRA/INAPG, BP 01, 78850 Thiverval-Grignon
(2) Laboratoire d`Hydrologie et de Géochimie Isotopique, Bâtiment 504 - Université Paris-Sud, 91405 Orsay Cedex
Résumé :
La stratification des matériaux géologiques du plateau des Alluets-Le-Roi (Yvelines) est classique d`un bon nombre de plateaux de la région parisienne : un placage de limons d`une épaisseur de deux mètres repose sur une formation d`argile à meulières de Montmorency qui couronne les sables et grès de Fontainebleau. La formation d`argile à meulières constitue un imperméable discontinu sur lequel peut se former une nappe perchée temporaire. L`objectif de cette étude est de caractériser le fonctionnement hydrodynamique d`une parcelle du plateau et sa relation avec l`évolution pédogénétique du limon carbonaté originel.
La localisation dans l`espace et le suivi de la nappe temporaire nous ont permis de comprendre le fonctionnement hydrodynamique du système sol/sous-sol. Une partie importante des précipitations ruisselle et se concentre pour s`infiltrer préférentiellement dans les dépressions topographiques. Au droit de celles-ci se forment les dômes piézométriques de la nappe. Celle-ci s`écoule latéralement vers des exutoires constitués par des chenaux ou fenêtres drainantes au sein de l`argile à meulières, pour aller recharger la nappe sous-jacente des sables de Fontainebleau. L`extension locale de la nappe temporaire est faible : on compte 40 m de distance entre la zone de recharge et l`exutoire. En relation avec les zones d`écoulement préférentiel de l`eau au sein de la couverture pédologique, une différenciation latérale des sols est mise en évidence. Nous observons au niveau des dômes topographiques, la présence d`un LUVISOL dans lequel l`engorgement temporaire laisse des traces d`oxydo-réduction sous forme de taches et de concrétions ferro-manganiques. Par contre, au niveau des dépressions topographiques, correspondant aux zones d`infiltration préférentielle de l`eau, l`évolution pédogénétique est telle que l`on rencontre un LUVISOL-RÉDOXISOL DÉGRADÉ plus ou moins glossique. L`étude géophysique de la parcelle par la méthode électrique (Wenner standard) a permis d`obtenir une image quasi-continue de la répartition de la résistivité dans le sol. On constate une bonne analogie entre la résistivité apparente et l`organisation de la couverture pédologique. Ainsi, il est possible de suivre la limite marquée par le contraste de résistivité existant entre l`horizon E éluvié et l`horizon BT illuvié, cette limite étant plus profonde dans les LUVSOLS-RÉDOXISOLS DÉGRADÉS glossiques.
Effet du paillis des résidus de canne à sucre sur la séquestration de carbone dans un sol ferrallitique argileux du Brésil | p 191-204
Auteurs :
T. Razafimbelo(1), B. Barthès(1), E. F. de Luca(1), M.-Ch.Larré-Larrouy(1), J.-Y. Laurent(1), C. C. Cerri(2) et Ch. Feller(1)
Adresse :
(1) MOST, IRD-CIRAD, BP 64501, 34394 Montpellier cedex 5, France.
(2) Université de São Paulo-CENA, Avenida Centenário 303, 13416-970 Piracicaba-SP, Brésil
Résumé :
Le Brésil étant le premier producteur mondial de canne à sucre, un changement dans le mode de gestion des résidus de cette culture pourrait avoir des effets notables sur la teneur en carbone (C) de l`atmosphère. Dans une plantation de canne à sucre de longue durée (50 ans) installée sur un sol ferrallitique argileux du sud du Brésil, on compare la teneur en C du sol total et de ses fractions granulométriques (après dispersion) et la stabilité structurale (résistance à l`éclatement) des couches superficielles (0-5 et 5-10 cm) sous deux traitements :
l`un comportant une récolte manuelle précédée d`un brûlis des résidus (CB, canne brûlée), l`autre une récolte mécanisée avec paillis des résidus depuis 6 ans (CNB, canne non brûlée).
La teneur en C total du sol est plus élevée en CNB qu`en CB, significativement à 0-5 cm (25,2 vs. 21,0 g C.kg-1) mais pas à 5-10 cm (22,3 vs. 20,5 g C.kg-1) ; la différence est également significative à 0-10 cm (23,7 vs. 20,7 g.kg-1). Cette différence correspond à un stockage de C en CNB s`élevant à 0,65 t C.ha-1.an-1 à 0-10 cm de profondeur, représentant 13 % du C apporté par les résidus aériens de la canne à sucre. Par rapport à CB, le surplus de C en CNB est principalement associé à la fraction argileuse (0-2 μm). Le taux de macroagrégats stables (> 200 μm) est également plus élevé en CNB qu`en CB à 0-5 et 5-10 cm de profondeur (p < 0,01) ; il est corrélé avec les contenus en C du sol total (r = 0,71 ; p < 0,01), de la fraction 0-2 μm (r = 0,73) et de la fraction hydrosoluble (r = 0,84). On fait l`hypothèse que la forte population de vers de terre en CNB aurait un rôle important dans l`enfouissement et la décomposition des résidus paillés, et déterminerait l`enrichissement de la fraction argileuse en C et l`accroissement de la stabilité structurale.

2003 - Volume 10 - Numéro 4

Modélisation empirique du transfert du cadmium et du zinc des sols vers les grains de blé tendre - Programme GESSOL – La Châtre | p 219-240
Auteurs :
D. Baize(1) et R.Tomassone(2)
Adresse :
(1) INRA - Science du Sol – Centre d`Orléans – BP 20619 – 45166 Olivet Cedex (France)
(2) Département de Mathématique et Informatique - Institut National Agronomique, 16, rue Claude Bernard
75231 Paris Cedex 05
Résumé :
Est-il possible de bâtir des modèles permettant de détecter par avance les cas de concentrations excessives en éléments traces métalliques (ETM) dans les grains de blé, à partir de données pertinentes acquises sur des échantillons de sol ? C`est pour répondre à cette question, parmi d`autres, qu`a été lancée cette étude, dans le cadre du programme GESSOL.
L`étude a été réalisée dans la région de La Châtre (sud de l`Indre). Elle a porté sur cinq familles pédo-géologiques contrastées (sols issus de roches métamorphiques vs sols issus de roches sédimentaires ; sols acides vs sols calciques ou calcaires). Des données analytiques ont été acquises sur la composition minérale (ETM et éléments majeurs) des grains de blé tendre et sur l`horizon de surface labouré du sol portant ces blés (caractérisation agro-pédologique classique, concentrations totales en ETM, cadmium, cuivre, plomb et zinc extractibles par le DTPA et par le nitrate d`ammonium). Certains sols montrent des teneurs naturelles élevées en cadmium et zinc, d`autres en plomb.
Une telle démarche de prédiction de la composition minérale des grains de blé uniquement à partir de mesures faites sur échantillons de sols se heurte à des difficultés théoriques intrinsèques. Malgré cela, l`analyse des corrélations canoniques a montré qu`il existe un lien fort entre les 25 variables analytiques pédologiques disponibles et les 7 variables de composition des grains. En outre, de bons modèles de régression ont été obtenus pour le cadmium, très bien validés sur un autre jeu de données acquis dans la région de Limoges. Ils devraient permettre une prédiction correcte de Cd et Zn pour les variétés de blé les plus `accumulatrices`.
Les calculs statistiques ont porté sur les données analytiques numériques. Les deux meilleurs modèles obtenus pour prédire les teneurs en Cd dans les grains prennent en compte seulement quatre variables pédologiques chacune hautement significative et la relation valeurs prédites/valeurs mesurées présente un excellent coefficient de corrélation. Ces variables sont le pH et la teneur totale en manganèse du sol et les quantités de Cd extractibles par les deux réactifs utilisés (DTPA et NO3NH4). Outre une validité statistique, ces résultats montrent une cohérence bio-géochimique : le cadmium extractible par NO3NH4 est supposé être échangeable, celui extractible par le DTPA est censé correspondre aux compartiments du métal associés aux matières organiques et aux oxydes de fer, tandis que le manganèse total est constitué essentiellement par ses oxy-hydroxydes, phases solides connues pour leurs propriétés de rétention des éléments traces métalliques. Ces oxy-hydroxydes de manganèse méritent donc une attention particulière et une quantification plus spécifique, afin d`élaborer finalement un indicateur pertinent et facile à mesurer en routine.
Le Réseau de Mesures de la Qualité des Sols (RMQS) de France | p 241-252
Auteurs :
D. Arrouays, Cl. Jolivet, L. Boulonne, G. Bodineau, C. Ratié, N. Saby et E. Grolleau
Adresse :
INRA, Unité Infosol
Avenue de la Pomme de Pin
BP 20619 – ARDON
45166 OLIVET Cedex
FRANCE
Résumé :
Un réseau systématique de mesures de la qualité des sols (RMQS) est mis en place en France, à l`initiative du groupement d`intérêt scienfifique Sol (GIS Sol), qui regroupe les ministères en charge de l`agriculture et de l`environnement, l`Ademe, l`Ifen et l`INRA. Les préoccupations concernant la protection de l`environnement, l`adaptation de l`agriculture aux nouveaux contextes politiques et économiques, et les risques concernant la sécurité alimentaire, sont les principaux facteurs qui ont contribué à la prise de conscience de la nécessité d`élaborer des programmes de surveillance des sols. Le RMQS est fondé sur l`installation de sites sur la base d`une grille régulière de plus de 2000 points couvrant le territoire national. Le pas de temps adopté pour le suivi est de 7 à 8 ans. Les échantillons sont conservés au sein d`une pédothèque. Les investissements consentis pour cette opération sont très importants et font l`objet d`une coordination nationale. Cette implication forte de plusieurs partenaires, et les récentes prises de position de la commission européenne sur les sols, permettent d`espérer une pérennisation de cette opération sur le long terme.
Des experimentations de longue durée sur la recherche en environnement. Un exemple pris en Grande Bretagne | p 253-262
Auteurs :
K. Goulding et P. Poulton
Adresse :
(1) Agriculture & Environment Division, Rothamsted, Harpenden, Hertfordshire, AL5 2JQ, United Kingdom
Résumé :
Rothamsted possède des séries d`expérimentations de longue durée, la plus ancienne ayant débuté en 1843. Ces expérimentations ont été utilisées en particulier pour suivre la qualité des sols en relation avec son utilisation ou d`autres pressions. La recherche a montré comment le carbone peut augmenter rapidement lors du passage d`une terre cultivée à une prairie ou au développement d`une occupation forestière, ou lorsque des fumiers d`origine animale sont apportés régulièrement. A l`inverse, une terre arable perd son carbone même lors de rotations avec de la prairie. Les résultats de ces expériences ont été utilisés pour aider à la mise au point des modèles internationalement connus que sont ROTH-C (sur le cycle du carbone) et SUNDIAL (cycle de l`azote). Les flux de nitrate et phosphate vers l`eau, et ceux du méthane des oxydes d`azote et de l`ammonium vers l`atmosphère ont été mesurés et mis en relation avec les pratiques de gestion des terres. Rothamsted a les plus longues séries de données sur les pluies acides du monde. Cela a été exploité avec les échantillons de sol et de végétation des expériences de longue durée, pour mettre en évidence les dépôts acides et leurs effets sur le sol et la végétation. Les analyses d`échantillons de sols et de plantes montrent l`accumulation ou au contraire la décroissance de la pollution par les métaux lourds ou polluants organiques tels que les dioxines, les furanes ou les PCBs. Les impacts de tels polluants sur les micro-organismes ont été étudiés. Les expérimentations de Rothamsted vont continuer à fournir des renseignements uniques sur la qualité des sols, l`impact de l`agriculture sur l`environnement et la durabilité de l`agriculture.
La qualité des sols forestiers français | p 263-286
Auteurs :
J. Ranger et Cl. Nys
Adresse :
INRA Centre de Nancy
Unité Biogéochimie des Ecosystèmes Forestiers
54280 Champenoux
Résumé :
La qualité des sols forestiers est abordée en identifiant les contraintes liées à leur spécificité d`une part, et au traitement des forêts d`autre part.
L`intensification de la sylviculture se traduit par une demande accrue à l`écosystème, dans un contexte général d`essences frugales en apparence seulement, de sols aux réserves limitées, et de restitutions rarement pratiquées.
Cet article passe en revue les contraintes physiques et chimiques liées aux aménagements sylvicoles. Les contraintes pour la biologie du sol ne sont pas abordées ici.
La stratégie des aménagements doit donc éviter au maximum les dégradations dans un contexte socio-économique où la remédiation est difficile, coûteuse et non souhaitée.
La notion d`indicateur de la qualité des sols forestiers est abordée : elle passe nécessairement par un approfondissement des connaissances sur leur fonctionnement et leur dynamique. L`association des sites-ateliers de recherche, où sont acquises ces données sur les mécanismes à partir desquelles s`élaborent des modèles à base mécaniste, et les observatoires de type réseau.Renécofor et réseau européen, doit conduire à la définition de critères opérationnels de qualité des sols. Il faut noter le caractère évolutif de cette notion en relation avec les fonctions à privilégier : ce domaine est actuellement en pleine redéfinition, puisque la fonction de production n`est plus nécessairement prédominante.
Rôle des propriétés physiques des sols et de leur variabilité spatiale sur les flux d`eau | p 287-298
Auteurs :
D. King(1), A. Bruand(2), I. Cousin(1) et J. Hollis(3)
Adresse :
(1) INRA, Centre de recherche d`Orléans. Unité de Science du Sol, BP 20619, 45166 Olivet, France
(2) ISTO, Institut des Sciences de la Terre d`Orléans, Université d`Orléans, Géosciences, BP 6759,
45067 Orléans Cedex, France
(3) NSRI, Cranfield University, Silsoe College, Bedfordshire, MK45 4DT Silsoe, UK
Résumé :
Les sols ont un rôle régulateur évident sur les flux d`eau au travers de leurs propriétés hydrodynamiques qui agissent sur les processus d`infiltration, de stockage et de ruissellement. Ces propriétés influencent également la qualité de l`eau puisque les échanges aux interfaces sont conditionnés par les temps de transfert. La gestion de l`eau dans les sols a longtemps été la préoccupation de la production agricole tant pour limiter les excès d`eau (drainage) que pour palier les insuffisances climatiques (irrigation). Les nouveaux objectifs environnementaux impliquent une réactualisation des connaissances sur les propriétés physiques des sols, notamment avec la prise en compte de leur variabilité spatiale aux différentes échelles.
Le présent article se focalise sur les verrous actuels et propose plusieurs champs d`étude en relation avec les nouveaux moyens de mesure désormais à notre disposition. Aux échelles détaillées, il est nécessaire de développer une approche tridimensionnelle de la porosité et des flux hydriques ainsi qu`une meilleure connaissance de l`influence de la nature et de l`histoire des matériaux sur les propriétés physiques. Aux plus larges échelles, la question demeure celle de la généralisation spatiale de mesures ponctuelles et coûteuses. Différentes pistes sont examinées : les méthodes géophysiques non destructives, les fonctions de pédotransfert établies sur des bases déterministes et les nouvelles méthodes de spatialisation numérique combinant des données ponctuelles avec des mesures spatiales et exhaustives.
Enfin, une gestion des risques de dégradation est proposée face aux menaces qui pèsent sur les propriétés physiques des sols: tout d`abord, par une intégration du suivi de ces propriétés dans les systèmes de surveillance des sols à long terme ; ensuite, par une utilisation accrue des outils de gestion de la politique agricole commune pour orienter les pratiques agricoles ; enfin, par le développement d`une modélisation capable d`intégrer des connaissances ` incertaines ` et peu nombreuses dans la gestion des flux d`eau aux différentes échelles d`espace et de temps. Ces orientations devraient apporter une aide aux acteurs et gestionnaires des territoires qui se trouvent confrontés à la complexité de la diversité et de la variabilité spatiale des sols.
Fonctions environnementales des dispositifs enherbés en vue de la gestion et de la maîtrise des impacts d`origine agricole. Cas des pesticides | p 299-314
Auteurs :
P. Benoit(1), C. Souiller(2), I. Madrigal(1), V. Pot(1), B. Réal(3), Y. Coquet(1), C. Margoum(2), B. Laillet(2), A. Dutertre(3), J.J. Gril(2) et E. Barriuso(1)
Adresse :
(1) UMR INRA/INAPG Environnement et Grandes Cultures, BP 01, 78850 Thiverval-Grignon
(2) Cemagref, Unité de Recherche Qualité de l`Eau et Prévention des Pollutions, Groupement de Lyon,
34 Bis Quai Chauveau, 69336 Lyon Cédex 09
(3) ARVALIS - Institut du Végétal, Service Techniques de Production, 80200 Estrées-Mons
Ferme expérimentale de La jaillière 44370 La Chapelle-Saint-Sauveur
Résumé :
Les dispositifs enherbés peuvent réduire de façon efficace les pertes en pesticides par ruissellement et érosion hors des parcelles agricoles. Ils sont largement utilisés dans des projets d`aménagements visant à préserver les ressources en eau à l`échelle de petits bassins versants agricoles. Leur mode de fonctionnement en tant que système épurateur vis-à-vis des pesticides véhiculés par ruissellement et érosion repose sur différents phénomènes d`origine physique, chimique et biologique. A relativement court terme, certaines propriétés des sols vont se trouver modifiées suite au changement d`occupation du sol, un sol cultivé de façon intensive se retrouvant enherbé pour plusieurs années. Certaines modifications vont jouer un rôle déterminant sur le devenir des pesticides interceptés par ces dispositifs : infiltration et transfert vertical des produits solubles dans l`eau, affectés par des changements de structure et de porosité, rétention des pesticides accrue en raison des changements de la composition organique des horizons superficiels et stimulation des biotransformations et de la stabilisation des résidus en relation avec un accroissement de l`activité de la microflore du sol. Combinant différentes approches expérimentales, les effets de ces changements sur le comportement de différents herbicides sont étudiés pour des dispositifs enherbés ayant différents âges d`implantation et installés dans différents contextes pédologiques (Brunisols et Calcisols).
Les émissions de protoxyde d`azote (N2O) d`origine agricole. Évaluation au niveau du territoire français | p 315-330
Auteurs :
J.-Cl. Germon(1), C. Hénault(1), P. Cellier(2), D. Chèneby(1), O. Duval(3), B. Gabrielle(2), P. Laville(2), B. Nicoullaud(3) et L. Philippot(1)
Adresse :
(1) INRA / Université de Bourgogne, UMR Microbiologie et Géochimie des Sols, 17 rue Sully, BP 86 510, 21065 Dijon Cedex
(2) INRA / INAPG, UMR Environnement et Grandes Cultures, 78850 Thiverval Grignon, France
(3) INRA Unité de Science du Sol, BP 20619, Ardon, 45166 Olivet Cedex – France
Résumé :
L`évaluation des émissions de N2O au niveau du territoire français au titre de la Convention des Nations Unies sur le Changement Climatique est réalisée actuellement à l`aide de la méthodologie proposée par l`IPCC ; les émissions comptabilisées ne prennent en compte que celles découlant des activités humaines et sont estimées à 259 103 t/an dont 176 103 t, soit 68 %, sont issues des activités agricoles. Au niveau du territoire français, N2O est considéré responsable de 15 % de la contribution à l`accentuation de l`effet de serre, et vient ainsi en second après CO2 (68 %) et devant CH4 (14 %). Cette évaluation découle d`une approche globale qui demande à être affinée pour mieux analyser l`origine des émissions et dégager des méthodes permettant de les réduire. Il est rappelé l`importante incertitude sur les évaluations définies par cette méthode. Les mesures actuellement disponibles à partir du territoire français laissent penser que les émissions directes à partir des apports de fertilisants sont vraisemblablement surestimées et qu`il convient d`acquérir des données complémentaires pour proposer une évaluation alternative à celle définie par la méthodologie IPCC. La comparaison des contributions respectives au potentiel de réchauffement global des émissions de N2O d`une part, et des capacités de déstockage et de restockage de carbone d`autre part, souligne la place déterminante de N2O dans la contribution des sols à l`effet de serre et l`impérative nécessité de s`intéresser à la maîtrise des émissions de ce gaz dans la définition de stratégies visant à limiter la contribution de l`agriculture au réchauffement climatique.
Les sols : sources et puits de méthane | p 331-346
Auteurs :
P. Roger et J. Le Mer
Adresse :
Laboratoire de Microbiologie IRD, IFR-BAIM, Marseille - Universités de Provence et de la Méditerranée
ESIL, Case 925, 163 Avenue de Luminy F-13288, Marseille Cedex 9, FRANCE.
Résumé :
Les sols, exondés ou inondés, abritent à la fois des populations de bactéries méthanogènes anaérobies, responsables de la production de méthane (CH4) et des bactéries méthanotrophes aérobies, responsables de son oxydation en CO2.
Les sols submergés sont des sources de CH4 où l`émission de ce gaz est la résultante d`une production dans les zones anaérobies et d`une réoxydation importante (60 à > 90 %) dans les zones aérobies que sont la rhizosphère des plantes aquatiques et l`interface sol-eau.
Les émissions de CH4 par les sols submergés (rizières, zones marécageuses, sols d`estuaires, tourbières...) s`expriment en mg CH4 m-2 h-1 avec une médiane inférieure à 10 mg CH4 m-2 h-1. Les sols continuellement exondés consomment le CH4 atmosphérique, mais les activités sont très faibles, difficiles à mesurer et les micro-organismes impliqués ne sont que très imparfaitement caractérisés. La consommation de CH4 dans ces sols ne dépasse qu`exceptionnellement 0,1 mg de CH4 m-2 h-1. Elle décroît des sols de forêt aux sols de prairie et aux sols cultivés.
Les sols agricoles, source de CH4, sont essentiellement les rizières où la submersion et l`utilisation d`engrais organiques favorisent l`émission de CH4. L`introduction d`à-secs dans le cycle cultural et l`utilisation d`engrais sulfatés permettent de réduire l`émission de CH4 par les rizières.
Le potentiel méthanotrophe des sols exondés est réduit par la mise en culture et principalement par l`apport d`azote ammoniacal.
Les estimations au niveau régional et planétaire des émissions et consommations de CH4 par les sols sont encore extrêmement imprécises en raison de difficultés méthodologiques aussi bien au niveau de l`évaluation des activités locales que de celle des superficies concernées.
Estimation de stocks de carbone organique des sols à différentes échelles d`espace et de temps | p 347-356
Auteurs :
D. Arrouays(1), C. Feller(2), C. Jolivet(1), N. Saby(1), F. Andreux(3), M. Bernoux(4) et C. Cerri(5)
Adresse :
(1) INRA Orléans, Unité Infosol, 45160, Ardon, France
(2) IRD Montpellier, Laboratoire MOST, BP 64501, 34394, Montpellier cédex, France
(3) Université de Bourgogne, UMR 111, Centre des Sciences de la terre, 6 boulevard Gabriel, 21000, Dijon, France
(4) IRD-UR041, CENA-USP, CP96, 13400 Piracicaba, SP, Brésil,
(5) Lab. Biogeoquímica Ambiental, CENA-USP, CP96, 13400 Piracicaba, SP, Brésil
Résumé :
Cet article traite de l`estimation des stocks de carbone organique des sols à différentes échelles d`espace et de temps. Dans une première partie nous passons en revue les principales échelles de variabilité des stocks de carbone des sols et nous en tirons des recommandations quant aux techniques à utiliser pour leur estimation et des considérations sur les incertitudes associées à ces estimations.
Nous analysons ensuite les conséquences de cette variabilité sur la faisabilité de la détection de changements au cours du temps et sur l`optimisation des dispositifs de surveillance in situ. Dans une dernière partie nous comparons différentes techniques analytiques et nous développons l`apport potentiel que pourraient représenter les techniques de spectrométrie infra-rouge.
Prise en compte de l`incertitude dans l`évaluation du risque d`exposition aux polluants du sol | p 357-370
Auteurs :
D. Guyonnet(1), D. Dubois(2), B. Bourgine(1), H. Fargier(2), B. Côme(3) et J.-P. Chilès(4)
Adresse :
(1) BRGM, 3 avenue C. Guillemin, BP 6009, 45060 Orléans Cedex
(2) IRIT, Université Paul Sabatier, 31063 Toulouse
(3) ANTEA, 3 avenue Claude Guillemin, BP 6119, 45161 Orléans Cedex
(4) Centre de géostatistique, 35 rue Saint-Honoré, 77305 Fontainebleau Cedex
Résumé :
Les paramètres qui influencent le risque d`exposition aux polluants du sol sont souvent entachés d`incertitude. Une méthode classiquement utilisée pour prendre en compte cette incertitude est la méthode dite Monte Carlo, qui applique la théorie des probabilités et s`appuie sur une représentation statistique de l`information disponible. Depuis quelques années, d`autres théories de l`incertitude ont été proposées pour traiter le cas où l`information dont on dispose n`est pas suffisante pour identifier des distributions de probabilité statistiquement représentatives, en raison notamment du faible nombre de données mesurées. La théorie la plus simple est la théorie des possibilités, qui utilise la notion de distribution de possibilité (aussi appelée nombre flou) pour représenter l`incertitude. Dans la pratique, il peut arriver que certains paramètres puissent effectivement être représentés par des distributions de probabilité (en raison d`un nombre suffisant de données), tandis que d`autres soient mieux représentés par des nombres flous (en raison d`une information trop incomplète). La question se pose alors de savoir comment ces deux modes de représentation de l`incertitude peuvent être combinés dans l`estimation du risque.
C`est l`objectif de la méthode dite ` hybride ` qui combine calcul Monte Carlo et calcul en nombres flous. La méthode est expliquée dans son principe et appliquée au calcul d`une dose d`élément trace métallique absorbée par une cible humaine par le biais de la consommation de légumes. L`exemple d`application illustre le potentiel de la méthode hybride, qui permet de représenter l`incertitude liée aux paramètres qui influencent le risque d`une manière qui est cohérente avec l`information dont on dispose réellement.

2002 - Volume 9 - Numéro 1

Azote minéral résiduel et son évolution pendant l`été en fonction du précédent cultural en climat méditérranéen | p 7-24
Auteurs :
H. Berdai(1), N. Aghzar(2), F. Z. Cherkaoui(3) et B. Soudi(4)
Adresse :
(1) Service des Expérimentations, des Essais et de la Normalisation (SEEN) de l`Administration du Génie Rural.
Laboratoire de Conservation des Eaux et des Sols. 461, Avenue Hassan II, Akkari, Rabat, Maroc.
(2) Université Mohamed V, Faculté des Sciences, Département de Biologie - Rabat, Maroc.
(3) Office de Mise en Valeur Agricole du Tadla
(4) Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, Rabat, Maroc.
Résumé :
Dans les zones d`intensification agricole des pays méditerranéens, l`azote minéral résiduel après récolte constitue une source majeure de nitrate pouvant être lixivié au delà de la zone racinaire au cours d`une campagne agricole.
La présente étude a été conduite dans le périmètre irrigué du Tadla (Maroc). La fertilisation azotée abusive adoptée par les agriculteurs pour les principales cultures d`une part et le fort pouvoir de minéralisation des sols d`autre part, laissent un reliquat important d`azote minéral dans le sol. Ce reliquat, dont près de la moitié sous forme nitrique, est évalué en moyenne sur la profondeur 0-100 cm à 430, 247, 235, 208 et 162 kg/ha respectivement pour les précédents culturaux : maraîchage, betterave à sucre, jachère, céréales et luzerne. Le suivi de l`azote minéral du sol pendant la période estivale a été réalisé dans les mêmes parcelles non cultivées après récolte. Ce suivi a montré que, en dépit des faibles humidités, l`ammonification persiste et génère une augmentation de la teneur en ammonium dans le sol. Après le retour des premières pluies automnales, des quantités appréciables d`azote minéral variant de 5 à 20 mg/kg dans la couche 0 - 100 cm du sol, de prédominance nitrique, sont libérées dans le sol pour tous les précédents culturaux sauf pour le précédent céréales où se produit une organisation de l`azote. Le taux d`accroissement de N minéral dans la couche 0-100 cm, entre la fin de l`été et les premières pluies, est de 89, 47, 51 et 17 % respectivement pour les précédents luzerne, cultures maraîchères, betterave à sucre et jachère. Il diminue de 21 % pour les céréales. Le rapport Naut/Ntotal est assez variable (entre 0,60 et 2,94) suggérant que la minéralisation provient d`un effet ` flush ` et de la minéralisation de la matière organique du sol, des résidus de récolte et du fumier de ferme. L`importance du stock d`azote minéral dans le sol, en début de période drainante, lié à l`azote minéral résiduel à la récolte et à son évolution pendant l`été constitue un risque de pollution de la nappe par les nitrates. Ce risque dépend de la nature du précédent cultural. Les résultats de cette étude ont permis d`émettre quelques recommandations : la fertilisation nécessite d`être rationalisée en vue d`améliorer l`efficience d`utilisation de l`azote et de réduire l`azote minéral résiduel à un niveau acceptable pour prévenir la lixiviation des nitrates tout en maintenant un niveau de production satisfaisant et économiquement rentable. Pour cela, des essais de démonstration ayant pour objectif la réduction des doses d`engrais azotés apportées, similaires à ceux conduits pour le blé et la betterave à sucre nécessitent d`être généralisés pour l`ensemble des cultures.
Conséquences de l`épandage de pommes de retrait sur la qualité des eaux de drainage | p 25-42
Auteurs :
A. M. de Cockborne*, L. Bruckler, G. Sévenier et V. Vallès
Adresse :
INRA - Unité ` Climat, Sol et Environnement ` (CSE), Bâtiment Sol, Domaine Saint-Paul, Site Agroparc. 84914 Avignon Cedex 9, France
* auteur correspondant : cockborn@avignon.inra.fr
Résumé :
Dans la région Provence-Alpes-Côte d`Azur (France), la production de pommes, entre 1986 et 1995, a varié de 430 000 Mg à 600 000 Mg par an, avec une destruction annuelle variant de 0à 230 000 Mg. Parmi les techniques d`élimination des surplus, l`épandage contrôlé au champ peut être une solution. Une étude de terrain et de laboratoire a été conduite pour évaluer les risques pour la qualité des eaux d`une telle pratique. In situ, trois parcelles ont reçu respectivement 0, 500 et 1000 Mg de pommes par hectare et on s`est intéressé au profil 00 - 90 cm. La fréquence des prélèvements a varié en fonction de l`évolution des phénomènes. En laboratoire, trois colonnes de sol ont reçu respectivement 0, 200 et 500 Mg de pommes par hectare et la durée de l`étude a été de 387 jours avec des alternances de périodes d`irrigation (11 et 5 semaines) et des périodes de dessèchement (3 et 5 mois). Pour l`étude de terrain et celle de laboratoire, on a mesuré le pH et le Eh, les anions et cations majeurs, les métaux (Fe et Mn), et l`alcalinité non carbonatée dans la solution du sol. On observe une décroissance rapide de la valeur du pH (passant de 7 à 5,5) et de celle du Eh (passant de +500 à -300 mV), la présence de manganèse, et la disparition de l`ion nitrate suite aux phénomènes d`immobilisation et/ou de dénitrification. Les acides organiques formés complexent les métaux (Fe, Mn) et les cations majeurs. Lors des phases de dessèchement, le sol redevient oxydant, les métaux reprécipitent sous forme d`oxydes insolubles, et on observe un accroissement de la teneur en nitrate de la solution du sol suite à la minéralisation. D`un point de vue pratique, des apports inférieurs à 200 Mg par hectare en conditions sèches et sur un sol riche en carbonates semblent être situés au-dessous du seuil de forte réduction du milieu.
Le système STIPA-2000 d`entrée et édition des données pour la base nationale de sols DONESOL II | p 55-74
Auteurs :
P. Falipou et J.-P. Legros
Adresse :
ENSAM - INRA - Science du Sol, 2, place Viala, 34060 Montpellier Cedex 01
Résumé :
Dans une première partie, l`article présente les travaux qui ont été faits en France, depuis 30 ans, pour guider les descriptions de sols, les encoder et les informatiser : mise au point des glossaires de pédologie, création de logiciels de saisie et de stockage des données. Dans une seconde partie, le système STIPA-2000 est présenté. Il constitue un nouveau moyen d`entrée pour alimenter en données la base nationale de sols DONESOL.II qui est hébergée à l`INRA d`Orléans. STIPA-2000 correspond à toute une chaîne de traitement (figures 4 et 5). Il exploite un vocabulaire modernisé, des fiches de terrain améliorées (figure 6, annexes A et B) et un système de saisie de conception nouvelle (figures 7 et 8). L`édition en clair des données stockée (annexe C) est prévue en utilisant pour cela un logiciel classique. En conclusion, on espère que les outils maintenant disponibles (téléphones portables, micro-ordinateurs performants, logiciels de base de données efficaces, STIPA-2000) permettront de stocker les données pédologiques de manière plus facile et donc plus attractive que par le passé.
Influence du travail du sol et des rotations de cultures sur la qualité d`un sol argileux gonflant en milieu semi-aride marocain | p 43-54
Auteurs :
N. Saber(1)* et R. Mrabet(2)
Adresse :
(1) Faculté des Sciences, Département de Géologie, BP 20, El-Jadida, 24000 Maroc
(2) Institut National de la Recherche Agronomique, Centre Aridoculture, BP 589 Settat 26000 Maroc
Résumé :
La ressource en eau demeure le facteur limitant la production céréalière en zones semi-arides marocaines. La conservation de l`eau comme son utilisation efficiente sont les éléments clé de l`agriculture pluviale. Les expérimentations à long-terme réalisées aux stations de recherche de l`Institut National de la Recherche Agronomique, pour dégager les systèmes de production à la fois productifs et durables, ont permis de conclure que le système du semis direct améliore les rendements, surtout en saisons sèches. Ces améliorations sont encore plus appréciables dans les rotations incluant une jachère. Ces performances notables dans la productivité sont associées à la qualité du sol. Ceci appelle une connaissance qualitative et quantitative approfondie des facteurs susceptibles d`introduire cette amélioration. Ces expérimentations, uniques à l`échelle nationale, ont fait l`objet de plusieurs mesures et observations particulièrement de l`agrégation, la matière organique, la matière organique particulaire, l`azote total et le pH. Les résultats les plus significatifs indiquent une meilleure agrégation hydrostable, une séquestration du carbone, une conservation de l`azote, une baisse du pH, et une importante teneur en matière organique particulaire en surface du sol sous semis direct en comparaison avec les surfaces travaillées. La rotation triennale incluant la jachère tend à présenter des indices de qualité du sol meilleurs que la rotation biennale blé-jachère ou blé sur blé. L`accumulation de la matière organique sous le semis direct sans labour ne se traduit pas par un appauvrissement de celle-ci en profondeur. La jachère contrôlée chimiquement a donc permis une amélioration du stockage de l`eau et l`élimination du labour a favorisé une qualité meilleure du sol.

2002 - Volume 9 - Numéro 2

Mise en valeur des Ferralsols de la région du Cerrado (Brésil) et évolution de leurs propriétés physiques : une étude bibliographique | p 83-104
Auteurs :
L.C. Balbino(1)(2), M. Brossard(3), J-C Leprun(4) et A. Bruand(5)
Adresse :
(1) INRA, Unité de Science du Sol. Centre de Recherche d`Orléans, BP 20619, 45166 Olivet Cedex, France
(2) EMBRAPA Arroz e Feijão, BP 179, 75375-000 Santo Antônio de Goiás, GO, Brésil
(3) IRD/EMBRAPA Cerrados, BP 7091, 71619-970 Brasília, DF, Brésil
(4) IRD, BP 5045, 34032 Montpellier Cedex, France
(5) Institut des Sciences de la Terre d`Orléans (ISTO), Université d`Orléans, BP 6759, 45067 Orléans Cedex 2, France
Résumé :
Le Cerrado recouvre 206 millions d`hectares et représente environ un quart du territoire Brésilien. Cette région correspond originellement à des écosystèmes de type savane tropicale. Le développement de l`agriculture n`y débute réellement qu`à la fin du XIXème siècle, s`accélère au XXème siècle durant les années trente et atteint son maximum entre les années 60 et 80. Aujourd`hui, cette région, où les surfaces affectées à l`activité agricole n`augmentent plus que très lentement, voit sa structure foncière évoluer avec le développement des grandes exploitations et le potentiel agricole de ses sols de plus en plus fréquemment dégradé par des pratiques agricoles extractivistes.
Dans ce contexte, les Ferralsols qui couvrent environ la moitié de la surface du Cerrado constituent un modèle très sensible, leurs propriétés chimiques et physiques pouvant être rapidement affectées par les pratiques agricoles. S`il est bien établi que la fertilité chimique est rapidement affectée par la mise en culture, cela apparaît être nettement moins bien établi pour la fertilité physique. En effet, l`analyse détaillée de la littérature montre que si la gestion de la fertilité chimique des Ferralsols pour de nombreuses cultures repose aujourd`hui sur de nombreux travaux, la gestion de la fertilité physique est en revanche moins bien établie. Les études révèlent que la mise en culture s`accompagne d`une importante et rapide évolution de la porosité en surface qui se traduit fréquemment par une augmentation de la masse volumique alors que celle-ci est faible sous végétation naturelle, en particulier dans les Ferralsols argileux. On observe alors une diminution de la stabilité structurale, un accroissement de la proportion d`argile dispersable dans l`eau, une augmentation de la résistance à la pénétration et une plus faible conductivité hydraulique.
Enfin, si un certain nombre d`études ont bien montré comment évoluaient les propriétés physiques en fonction de l`usage des Ferralsols, il n`en reste pas moins que la qualité des résultats obtenus est encore très inégale et que les études sont très partielles. Il en résulte que ces résultats sont difficilement généralisables à l`ensemble des Ferralsols du Cerrado. Par conséquent, le rôle de l`évolution des propriétés physiques dans celle de l`évolution globale de la fertilité de Ferralsols lorsqu`ils sont mis en culture reste difficile à cerner.
Estimation des propriétés de rétention en eau des sols : Utilisation de classes de pédotransfert après stratifications texturale et texturo-structurale | p 105-126
Auteurs :
A. Bruand(1)(2), P. Pérez Fernández(1)(3), O. Duval(1), P. Quétin(1), B. Nicoullaud(1), H. Gaillard(1), L. Raison(1), J.-F. Pessaud(1) et L. Prud`Homme(1)
Adresse :
(1) INRA, Unité de Science du Sol, Centre de Recherche d`Orléans, BP 20619, 45166 Olivet cedex.
(2) ISTO, Université d`Orléans, Géosciences, BP 6759, 45067 Orléans cedex 2.
(3) Universidade de Santiago de Compostela, Escuela Politecnica Superior, Campus Universitario, 27002 Lugo, Espagne.
Résumé :
Un programme de mesures des propriétés de rétention en eau des sols a été développé par l`INRA depuis une dizaine d`années afin de constituer un jeu de données qui puisse être utilisé pour tester les fonctions de pédotransfert (FPT) qui ont été proposées dans la littérature, en établir de nouvelles si celles proposées se révèlent non satisfaisantes et dans ce dernier cas, tester les nouvelles FPT. Dans ce contexte général et partant du constat que les FPT proposées ne permettent pas de prédire les propriétés de rétention en eau de façon satisfaisante, cette étude se propose de suivre une autre voie que celle habituellement suivie pour établir un outil d`estimation des propriétés de rétention en eau. Des classes de pédotransfert (CPT) sont proposées par classe de texture ou par classe combinant texture et structure, cette dernière étant renseignée à l`aide de la densité apparente déterminée sur des mottes de dimensions centimétriques. Ainsi, en utilisant soit la texture seule, soit la texture et la densité apparente de motte, on dispose des teneurs en eau massiques à -10, -33, -100, -330, -1000, -3 300 et -15 000 hPa en fonction de l`appartenance de l`horizon à telle ou telle classe de texture ou, telle ou telle classe combinant texture et densité apparente de motte. La qualité de la prédiction a été testée sur un échantillon de validation ; elle a aussi été comparée à celle qui aurait été obtenue si l`on avait utilisé les CPT de Jamagne et al. (1977). Par rapport à ces CPT, les résultats montrent une importante réduction du biais et un accroissement de la précision lorsque l`on utilise les CPT par classe de texture proposées dans cette étude. Lorsque l`on compare les CPT par classes texturales aux CPT par classes texturo-structurales, il n`y a pas d`amélioration notable du biais mais celui-ci était déjà très faible avec les CPT par classes texturales. En revanche, les CPT par classes texturo-structurales, qui permettent de tenir compte à la fois de la texture et de l`état structural du sol, améliorent la précision des prédictions. Pour les CPT par classes texturales, des teneurs en eau volumiques sont déduites des teneurs en eau massiques en utilisant la densité apparente de l`horizon. Les paramètres du modèle de van Genuchten sont donnés pour chaque classe de CPT. Une démarche permettant de prédire les propriétés de rétention en eau d`un horizon est proposée.
Inventaire et surveillance des sols en Europe | p 137-149
Auteurs :
D. King(1) et L. Montanarella(2)
Adresse :
(1) INRA, Centre de Recherche d`Orléans, Unité de Science du Sol, BP 20619, 45166 Olivet Cedex, France
(2) COMMISSION EUROPEENNE, Centre Commun de Recherche, 21020 Ispra (VA), Italie
Résumé :
Une revue des programmes d`inventaire et de surveillance des sols en Europe montre qu`il existe de très fortes disparités entre les pays. Cela peut être attribué à des raisons historiques, sociales ou politiques. Des inventaires ont été lancés depuis longtemps dans presque tous les pays d`Europe mais peu ont actuellement abouti à une couverture complète des territoires. Seuls les pays de l`Europe centrale et orientale ont achevé des programmes d`inventaire à des échelles parfois très détaillées. Dans le domaine de la surveillance, les programmes sont encore plus limités malgré une demande pressante de connaissances sur la dégradation des sols à long terme.
Au travers du Bureau Européen des Sols et de l`Agence Européenne de l`Environnement, des actions internationales ont été entreprises. L`une d`entre elles a permis d`établir une base de données géographique des sols à l`échelle du 1/1 000 000 qui sert d`ores et déjà dans plusieurs programmes appliqués. La surveillance des sols a également fait l`objet d`un programme international mais qui s`est limité aux sols forestiers. Le suivi de la qualité des sols agricoles représente pourtant un enjeu essentiel dans les années à venir.
Grâce à ces différentes actions, les scientifiques et producteurs de données ont progressé dans l`harmonisation et l`échange de leurs bases de données. Par contre, la coordination des différentes demandes d`utilisation des informations sur les sols reste à développer au sein même de la Commission Européenne. Cet objectif sera difficile à atteindre tant qu`aucune législation communautaire ne sera mise en place.
Fractionnement granulométrique de la matière organique de la terre collée aux pivots de la betterave à sucre dans les sols du périmètre irrigué des Doukkala au Maroc Comparaison avec le sol en place | p 127-136
Auteurs :
F. Naman(1), B. Soudi(2), N.C. Chiang(3) et D. Zaoui(1)
Adresse :
(1) Université Chouaïb Doukkali, Faculté des Sciences, Département de Biologie, B.P.20, Km 1,
Route Ben Maâchou, 24000, El Jadida, Maroc.
(2) Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, Département des Sciences du sol, Rabat, Maroc
(3) Université Catholique de Louvain, Unité de microbiologie, Louvain-la-Neuve, Belgique.
Résumé :
L`intensification agricole couplée à la non-restitution des résidus de culture contribue à un appauvrissement du sol en matière organique. Au Maroc, dans le périmètre irrigué des Doukkala, l`exportation des terres collées aux pivots de la betterave à sucre hors des parcelles lors de la récolte constitue une autre voie de perte de la matière organique du sol. Le but de cette étude est de quantifier cette perte en évaluant la teneur en matière organique dans les différentes fractions granulométriques du sol en place et de la terre collée aux pivots de la betterave à sucre. Cette étude a été menée sur quatre types de sol contrastés et représentatifs de ce périmètre.
Les résultats obtenus montrent que, pour tous les types de sol, le carbone organique et l`azote total des fractions sableuse, limoneuse et argileuse représentent respectivement 15 à 37 %, 19 à 40 et 24 à 66 % du carbone total et 10 à 24 %, 13 à 34 % et 42 à 78 % de l`azote total de l`échantillon. La fraction argile du Vertisol présente des contenus en carbone organique et en azote total plus élevés que ceux de la fraction argile des autres types de sol.
Les terres collées aux pivots sont plus riches en fraction argileuse et limoneuse et plus pauvres en fraction sableuse que les sols en place. La matière organique liée aux terres collées aux pivots représente 69 kg/ha pour le Vertisol, 57 kg/ha pour le Sol peu évolué, 52 kg/ha pour le Sol isohumique et 16 kg/ha pour le Sol fersiallitique. La matière organique perdue est majoritairement liée à la fraction argileuse pour le Vertisol, le Sol peu évolué et le Sol isohumique, représentant respectivement 68, 59 et 54 % du total perdu, mais minoritairement pour le Sol fersiallitique (29 %). Dans le périmètre irrigué des Doukkala, la perte annuelle de matière organique liée à la fraction argileuse est de 611 tonnes, soit l`équivalent de 30 kg de matière organique par hectare et par an.

2002 - Volume 9 - Numéro 3

La pratique du chaulage en système de semis direct Une expérience au Sud du Brésil (Rio Grande do Sul) | p 187-196
Auteurs :
E C. Bortoluzzi et D. Tessier
Adresse :
INRA, Station de Science du Sol, Route de Saint Cyr, 78026 Versailles
Résumé :
L`acidité des sols est au sud du Brésil un problème endémique qui affecte une grande partie du territoire. Dans ce contexte, un des objectifs de la recherche agronomique a été de développer un programme de correction de l`acidité des sols. Les difficultés et les perspectives de la méthode, notamment en système de semis direct (SSD, 70 % des terres cultivées au Rio Grande do Sul) sont ici exposées. Au Rio Grande do Sul, la recommandation repose sur l`indice SMP (SMP = solution tamponnée à pH 7,5), lequel permet de déterminer la quantité d`amendement nécessaire pour atteindre l`élévation du pH (eau) du sol souhaitée (pH 6,5, 6,0 ou 5,5). En système de culture de type semis direct consolidé, l`application d`amendements calcaires se fait à la surface du sol. Les résultats obtenus indiquent que la pratique permet globalement de maintenir la fertilité du sol. Cependant, il est nécessaire d`adapter le chaulage à la réalité du semis direct par la prise en compte de paramètres comme l`hétérogénéité du sol en surface, ceci afin d`aboutir ainsi à une efficacité optimale de l`amendement basique.
La pratique du chaulage - De la construction du référentiel régional à la démarche de conseil en exploitation | p 213-229
Auteurs :
B. Fabre(1) et F. Kockmann(2)
Adresse :
(1) ISARA, 31 place Bellecour, 69288 LYON, bernard.fabre@isara.fr
(2) Chambre d`Agriculture de Saône-et-Loire, 59 rue du 19 mars 1962, BP 522, 71010, MACONCEDEX
Résumé :
Le chaulage, pratique très ancienne, joue sur de très nombreuses composantes du sol. En cela, il contribue au maintien de la fertilité globale du milieu. A l`inverse des apports de fertilisants, le chaulage joue en interaction avec de nombreux facteurs et conditions de rendement. De ce fait, il modifie l`effet des facteurs de production employés. Il doit être envisagé dans la durée. Le raisonnement des pratiques culturales, n`est plus aujourd`hui une simple application de techniques jugées indépendantes, mais un réel pilotage de la culture, fonction d`objectif de rendement. Ceci implique une connaissance précise des modifications des comportements du sol induites par le chaulage et des interactions sol-plante. Comprendre les effets de l`apport d`un amendement basique calcique permet de préciser les avantages à retirer du chaulage, et de construire le référentiel régional, base des prescriptions. Cette construction de références régionales, nécessite donc une mobilisation d`éléments de la théorie agronomique, tant conceptuelle que méthodologique, mais encore partielle, pour prendre en compte et comprendre ces multiples interactions. De plus certains effets positifs devraient être testés et mesurés à des échelles différentes de la parcelle (érosion, transferts vers l`eau…).
Influence de matières fertilisantes sur les propriétés des sols - Cas des 42 parcelles de l`INRA à Versailles | p 177-186
Auteurs :
A. Pernes-Debuyser et D. Tessier
Adresse :
INRA Science du Sol, Route de St Cyr, 78026 Versailles Cedex
Résumé :
Les pratiques de fertilisation et d`amendement contribuent à modifier les propriétés des sols. Sur le dispositif des 42 parcelles de l`INRA à Versailles, des variations physico-chimiques considérables sont observées. Les engrais ammoniacaux conduisent à des parcelles très acides, à faible capacité d`échange en cations (CECsol) laquelle est essentiellement saturée en aluminium échangeable. Au contraire, dans les parcelles recevant des traitements basiques, le pH est supérieur à 8,0 et la CEC du sol, saturée par du calcium échangeable, a une valeur double de celle des parcelles acides. Ces différents états physico-chimiques se répercutent sur les propriétés physiques des sols notamment celles liées à son affinité pour l`eau telle que les états de surface des parcelles, la cohésion des agrégats ou la circulation de l`eau. Ceci montre qu`il est indispensable de prendre en compte les constituants du sol mais aussi leur environnement physico-chimique pour discuter des propriétés physiques des sols. La capacité d`échange en cations ainsi que la nature des cations échangeables, mesurés au pH du sol, se révèlent des outils précieux de suivi de l`évolution actuelle de la qualité des sols.
Impact des plantations forestières traitées semi-intensivement sur la fertilité minérale des sols et la qualité de l`environnement | p 159-176
Auteurs :
J. Ranger, D. Gelhaye et M.-P. Turpault
Adresse :
INRA centre de Nancy - Biogéochimie des Ecosystèmes Forestiers - 54280 Champenoux
Résumé :
La production de bois de sciage et d`industrie est en grande partie réalisée dans des plantations pures et équiennes d`essences résineuses en particulier (Epicéa commun, Sapin, Pin maritime, Douglas). Ces essences à croissance rapide et à fort potentiel de production, ont remplacé les essences natives, feuillues en général, ou ont été utilisées pour le reboisement d`anciennes terres agricoles.
Le traitement semi-intensif conduit à des contraintes pouvant devenir fortes pour le sol, en fonction des pratiques sylvicoles et des caractéristiques des sols, car aucune restitution d`éléments nutritifs n`a lieu. Malgré une efficience importante des essences forestières dans l`utilisation des éléments nutritifs pour produire la biomasse, et un recyclage très performant des éléments nutritifs dans l`écosystème, le risque d`altération de la qualité des sols dans leurs diverses fonctions de production, écologiques ou environnementales est un enjeu majeur de la gestion durable des écosystèmes forestiers.
Les travaux de recherche dans le domaine se heurtent à la longévité des écosystèmes qui évoluent de plus dans un contexte environnemental changeant (climat, apports atmosphériques, CO2 atmosphérique, ...).
Le travail présenté ici concerne la quantification de contraintes écologiques résultant de la sylviculture semi-intensive de plantations fortement productives de Douglas. Cet exemple a été choisi car le Douglas est l`une des premières essences de reboisement en France, et ce modèle sylvicole semi-intensif, sans restitution des exportations minérales, devrait conduire aux contraintes maximum pour le sol, compte tenu de sa productivité.

2002 - Volume 9 - Numéro 4

Evolution structurale de la surface d`un sol tunisien sous différents modes d`irrigation | p 239-250
Auteurs :
M. Hachicha(1) et V. Hallaire(2)
Adresse :
(1) INRGREF, 17 rue Hédi Karray BP n° 10, 2080 Ariana, Tunisie
(2) INRA, 65 rue de Saint-Brieuc, F35042 Rennes Cedex, France
Résumé :
La pérennité des périmètres irrigués en Tunisie est tributaire de la disponibilité et de la qualité des ressources en eau et en sol. Celles-ci, souvent rares et affectées par le sel, sont essentiellement exploitées à des fins de production agricole. Leur gestion constitue un défi important pour le développement de l`agriculture et la préservation de l`environnement. Les conséquences de l`irrigation sur la structure du sol sont étudiées sur un sol limono-argileux tunisien, dans un contexte salin. Trois modalités d`irrigation (submersion, aspersion et goutte à goutte) ont été comparées à la situation initiale et à un témoin non irrigué. La structure a été quantifiée par analyse d`image afin de décrire la morphologie des vides (taille et forme des pores) et de la phase solide (taille des agrégats). Les résultats montrent un accroissement de macroporosité sous irrigation, mais la taille et la forme des pores affectés par ces changements, ainsi que la taille des agrégats, varient d`un mode d`irrigation à l`autre. Les modifications les plus importantes sont obtenues avec l`irrigation au goutte à goutte, qui provoque une augmentation de la porosité d`assemblage et un émiettement des agrégats dans les 5 premiers centimètres. L`irrigation par aspersion crée une croûte sur le premier centimètre qui permet le développement d`une activité biologique importante entre 2 et 10 cm. Sous irrigation par submersion les modifications sont du même type mais moins prononcées. Le développement de cette macroporosité apparaît comme un élément favorable pour éviter la salinisation et la dégradation physique du sol.
Les sols sous boisements spontanés de bouleau et de pin sylvestre dans la Chaîne des Puys - Influence du substratum et de l`utilisation ancienne, conséquences sur la végétation | p 251-268
Auteurs :
B. Prévosto(1), T. Curt(1), C. Moares Domínguez(2), E. Dambrine(2), F. Poutier(2) et B. Pollier(2)
Adresse :
(1) Cemagref - Clermont-Ferrand, équipe Ecologie Appliquée des Milieux Boisés, 24 av. des Landais, BP 50085, 63172 Aubière cedex
(2) INRA-CRF équipe Cycles Biogéochimiques. 54280 Seichamps
Résumé :
La Chaîne des Puys, massif volcanique de moyenne montagne du Massif Central, a connu une déprise agricole importante et rapide au cours des 5 dernières décennies. L`abandon des anciennes cultures et terrains de parcours a permis la formation de boisements spontanés monospécifiques de bouleau (Betula pendula Roth) au Nord de la Chaîne et de pin sylvestre (Pinus sylvestris L.) au Sud. Dans le cadre de l`étude de cette dynamique forestière, des sols ont été prélevés et analysés sous bouleau et sous pin en fonction d`usages passés contrastés (lande, pâture et culture) ; des relevés de végétation ont été effectués et les coefficients d`Ellenberg indicateurs des conditions environnementales ont été calculés.
Les sols des deux zones de prélèvement différent par leur substratum, composé de scories basaltiques foncées au Sud, alors qu`au Nord, les scories trachytiques de couleur claire sont plus abondantes. Au Nord les sols ont un pH plus bas et montrent une forte accumulation de complexes organométalliques typiques des Andosols non allophaniques, alors qu`au Sud leur pH plus élevé, leur taux de matière organique plus faible et leur teneur en allophanes plus forte les classent parmi les Andosols a allophanes. Pour chaque zone, les sols sur anciennes cultures se distinguent des sols sur anciennes landes ou pâtures par un rapport C/N plus bas, un δ15N plus élevé et par une minéralisation potentielle d`azote et une production potentielle de nitrate plus fortes. La végétation est plus nitrophile sur les anciennes cultures et les coefficients d`Ellenberg pour l`humidité, l`azote et le pH permettent de différencier très clairement les usages passés. La composition chimique des projections volcaniques et l`intensité d`utilisation des anciennes terres agricoles apparaissent comme des facteurs clés pour comprendre la fertilité actuelle des sols et la composition de la végétation dans les boisements spontanés des zones volcaniques.
Capacités de stockage et d`épuration des sols de dispositifs enherbés vis-à-vis des produits phytosanitaires Première partie : Dissipation des produits phytosanitaires à travers un dispositif enherbé ; mise en évidence des processus mis en jeu par simulation de ruissellement et infiltrométrie | p 269-286
Auteurs :
C. Souiller(1), Y. Coquet(2), V. Pot(2), P. Benoit(2), B. Réal(3), C. Margoum(1), B. Laillet(1), C. Labat(2), P. Vachier(2) et A. Dutertre(3)
Adresse :
(1) Cemagref, Groupement de Lyon, Unité de Recherche « Qualité des Eaux et Prévention des Pollutions », 3 bis Quai Chauveau, 69009 LYON
(2) UMR INRA/INAPG Environnement et Grandes Cultures, 78850 THIVERVAL-GRIGNON
(3) ITCF (Institut Technique des Céréales et des Fourrages) - Services Techniques de Production, Domaine de Brunehaut, 80200 ESTREES-MONS - Ferme expérimentale de la Jaillère, 44 370 LA CHAPELLE SAINT SAUVEUR
Résumé :
Des expériences menées depuis le début des années 90 ont montré que des bandes enherbées peuvent retenir jusqu`à 90 voire 99 % de la quantité totale de produits phytosanitaires qui quitte une parcelle agricole via le ruissellement. Néanmoins, afin d`édicter des règles précises en matière d`installation et de dimensionnement de ces structures, il est indispensable de mieux comprendre leur fonctionnement. Pour cela, un dispositif de simulation de ruissellement a été mis au point qui permet d`identifier les paramètres impliqués dans la dissipation des produits phytosanitaires à travers une bande d`herbe de 3 m sur 1 m. Ces travaux, complétés par des expériences d`infiltrométrie, mettent en évidence le rôle prépondérant de l`infiltration favorisée par la traversée d`un sol enherbé. Par ailleurs, l`adsorption des produits phytosanitaires à la surface du dispositif peut, elle aussi, jouer un rôle non négligeable dans la réduction des concentrations aval. En revanche, ce processus est très dépendant des propriétés physico-chimiques des substances utilisées et de la saison. En conditions expérimentales, les molécules dont le coefficient Koc est relativement important, sont beaucoup mieux retenues que les autres. Cette rétention est en outre plus importante en période estivale qu`hivernale.
Capacités de stockage et d`épuration des sols de dispositifs enherbés vis-à-vis des produits phytosanitaires Deuxième partie : Propriétés de rétention de deux herbicides, l`isoproturon et le diflufénicanil dans différents sols de bandes enherbées | p 287-302
Auteurs :
I. Madrigal(1), P. Benoit(1), E. Barriuso(1), V. Etiévant(1), C. Souiller(2), B. Réal(3) et A. Dutertre(3)
Adresse :
(1) INRA, UMR INRA/INAPG Environnement et Grandes Cultures, BP 01, 78850 Thiverval-Grignon
(2) Cemagref, Unité de Recherche Qualité de l`Eau et Prévention des Pollutions, Groupement de Lyon,
34 Bis, Quai Chauveau, 69336 Lyon Cédex 09
(3) ITCF, Service Techniques de Production, 80200 Estrées-Mons / Ferme expérimentale de la Jaillère,
44370 La Chapelle Saint-Sauveur
Résumé :
Les dispositifs enherbés peuvent réduire de façon efficace les pertes en pesticides par ruissellement et érosion hors des parcelles agricoles. Un premier article (Souiller et al., 2002) fait état des résultats acquis sur le fonctionnement hydrologique et les bilans de transfert de pesticides lors d`expérimentations de simulation de ruissellement sur un dispositif enherbé installé sur le site ITCF de La Jaillière. Dans ce second article, nous présentons des expérimentations en laboratoire visant à décrire et à caractériser la rétention de deux herbicides, l`isoproturon et le diflufénicanil, dans trois dispositifs enherbés implantés par l`ITCF. Le dispositif de La Jaillière est comparé à deux autres dispositifs enherbés, différant par leurs caractéristiques pédologiques et par l`âge de l`enherbement. Quel que soit le contexte pédologique considéré (Brunisols et Calcisols), nous mettons en évidence que l`implantation d`un dispositif enherbé conduit systématiquement à accroître les capacités de rétention des herbicides en particulier dans les premiers centimètres du sol. Ceci est expliqué par l`accroissement des teneurs en matières organiques, la forme et la plus grande accessibilité de ces matières organiques dans les horizons superficiels des sols enherbés. Cet effet de l`enherbement est observé quel que soit l`âge des dispositifs considérés.

2001 - Volume 8 - Numéro 1

Analyse de représentativité de différentes configurations d`un réseau de sites de surveillance des sols | p 7-17
Auteurs :
D. Arrouays(1), J. Thorette(2), J. Daroussin(3) et D. King(3)
Adresse :
(1) INRA, Infosol, 45160 Ardon, France
(2) IFEN, 18 rue des Huguenots, 45000 Orléans, France
(3) NRA, Science du Sol, 45160 Ardon, France
Résumé :
L`objectif de ce travail est de tester différentes configurations d`implantation d`un réseau de surveillance des sols de type systématique. Nous montrons brièvement l`état d`avancement des réseaux de surveillance des sols en France. Nous présentons ensuite les principales stratégies retenues en Europe, en fonction des objectifs poursuivis. Pour définir la densité minimale acceptable d`un réseau systématique, nous générons des grilles de taille croissante (4, 8, 16, 32 km) que nous croisons avec la base de données géographiques des sols de France au 1 :1 000 000 ainsi qu`avec la couverture CORINE Land-Cover, d`occupation des sols. Nous calculons la statistique nationale des surfaces couvertes par les différentes combinaisons Sol/Occupation et nous la comparons avec la même statistique obtenue sur les points des différents réseaux. Nous montrons que la représentativité statistique se dégrade lorsque l`on passe à des mailles supérieures à 16 x 16 km. De plus, lorsque l`on augmente la taille des cellules, on note une forte hétérogénéité dans leur couverture régionale. Au plan de la représentativité locale, les résultats indiquent également la maille 16x16 comme la densité minimale acceptable.
Intérêt d`une compartimentation morphologique du profil cultural pour l`étude de l`infiltration de l`eau dans les couches de sol travaillées Premiers résultats | p 19-31
Auteurs :
Y. Coquet*(1), J. Roger-Estrade(2), A. Boucher(3), C. Labat(1) et P. Vachier(1)
Adresse :
(1) Unité Mixte de Recherche ` Environnement et Grandes Cultures `, INRA-INAPG, B.P. 01, F-78850 Thiverval-Grignon
(2) Unité Mixte de Recherche ` Agronomie `, INRA-INAPG, B.P. 01, F-78850 Thiverval-Grignon
(3) Laboratoire d`hydrologie et de géochimie isotopique, Université de Paris-Sud, F-91405 Orsay Cedex
* Auteur correspondant : coquet@grignon.inra.fr
Résumé :
Si l`on cherche à comprendre l`impact environnemental des pratiques agricoles, l`étude des propriétés hydrodynamiques de la couche de sol travaillée des parcelles cultivées revêt un intérêt particulier. En effet, ce sont ces propriétés qui vont, d`une part, déterminer le partage entre infiltration et ruissellement de l`eau à la surface du sol, et d`autre part, contrôler l`infiltration et la redistribution de l`eau dans la couche travaillée et donc l`importance des échanges physico-chimiques et biologiques qui pourront s`y réaliser. Les couches de sol travaillées ont une structure hétérogène dans l`espace. Cette hétérogénéité peut être décrite comme la coexistence, au sein de ces couches, de volumes de sol aux caractéristiques porales et structurales différentes : lit de semence, parties du profil cultural situées sous les passages de roues des engins agricoles, ou, au contraire, hors passages de roues. Cet article présente une caractérisation de la conductivité hydraulique de ces différents volumes de sol à l`aide de l`infiltromètre à disques, dans une parcelle agricole du centre expérimental de Grignon (Yvelines) dont le sol est un néoluvisol argilo-limoneux.
L`analyse des cinétiques d`infiltration de l`eau à différents potentiels hydriques montre que l`hétérogénéité de la conductivité hydraulique K(h) au sein de la couche de sol travaillée n`est mise en évidence que pour des potentiels supérieurs à - 8 cm (- 0,8 kPa). Dans le cas d`étude que nous présentons, les opérations culturales, en particulier la préparation du lit de semence (fragmentation du sol sur 8/10 cm de profondeur, compaction par les roues du tracteur tirant la herse rotative), n`ont affecté que la fraction de la porosité de rayon équivalent supérieur ou égal à 0,25 mm, donc visible à l`oeil nu. Ce résultat justifie a posteriori la pertinence d`une description morphologique de la structure de la couche de sol travaillée, telle que celle proposée par Manichon (1987). D`autre part, nos observations suggèrent que le climat peut entraîner des modifications importantes de la conductivité hydraulique, notamment par le développement de fissures liées à la dessiccation dans les volumes de sol compactés. Enfin, ces observations montrent également que la conductivité hydraulique au sein du compartiment de la couche travaillée, situé sous le lit de semence et hors des passage des roues de reprise, est variable, en relation avec l`hétérogénéité de la structure observée dans ce compartiment. L`incidence de telles hétérogénéités de conductivité hydraulique sur les transferts au sein des couches travaillées mériterait d`être étudiée dans le cadre d`une modélisation des transferts d`eau dans les sols cultivés.
Indicateurs de fertilité et durabilité des systèmes de culture au début du XIXe siècle - L`approche de Albrecht THAËR (1752 - 1828) | p 33-46
Auteurs :
C. Feller(1), J. Boulaine(2) et G. Pedro(2)
Adresse :
(1) IRD (ex-Orstom), Laboratoire de Biogéochimie du Sol, CENA-USP, CP 96, 13400-970 Piracicaba (SP), Brésil.
(2) Académie d`Agriculture de France, 18 rue Bellechasse, 75007 Paris, France
Résumé :
L`identification d`indicateurs robustes et quantifiés de la fertilité du milieu en vue d`une évaluation à long terme de la durabilité des systèmes de culture est une préoccupation majeure de la recherche agronomique actuelle, tant dans les pays du Nord que du Sud. Cette question a été abordée au tout début du XIXe siècle par l`agronome allemand Albrecht Daniel Thaër et il nous paraît intéressant de rappeller ici ses travaux. Dans un premier temps, nous resituons l`oeuvre de Thaër dans son contexte historique, de la fin du XVIe (Palissy) jusqu`au milieu du XIXe siècle (Liebig). Puis nous montrons comment Thaër élabore une échelle de fertilité quantifiée (en ` degrés de fécondité du sol `) extrèmement élaborée, intégrant les propriétés du sol, la demande de la plante, les itinéraires techniques mis en jeu et les successions culturales. Ces degrés se réfèrent à une productivité pour une céréale standard, le seigle ; l`unité est le scheffel de seigle par journal (environ 2 q/ha). A partir de cet outil, Thaër analyse, de manière chiffrée, la pertinence des principaux systèmes de culture de l`Allemagne de l`époque (assolements complexes) pour le maintien ou l`amélioration de la fertilité du milieu. Il donne une échelle de ` Valeur intrinsèque du terrain ` (tableau 1). Ses commentaires s`inscrivent directement dans la problématique de la durabilité. Des applications sont données pour l`analyse d`assolements complexes (tableau 2). Les calculs sont faits pour 8 systèmes de culture plutôt théoriques (tableau 3) et 9 systèmes réels. Les mêmes tendances de variation sont observées entre les deux approches. Ici Thaër fait en quelque sorte de la modélisation sans le savoir. Enfin Thaër complète cette analyse agronomique par une analyse économique extrèmement détaillée de ces 9 systèmes de culture (tableau 4) et commente les limites et potentialités de chacun. Ce système de Thaër a été très utilisé pendant un demi-siècle et probablement avec succès, car intégrant un grand nombre de connaissances empiriques sur les sols et la fertilisation organique. Malheureusement, les bases scientifiques de ce système, la ` théorie de l`humus `, se sont avérées définitivement fausses à partir de 1840 avec les travaux de Liebig et la ` théorie de la nutrition minérale ` des plantes. Ceci a beaucoup nui à Thaër pour sa célébrité posthume et l`on a un peu oublié, au-delà de ce choix théorique mauvais mais aux applications pratiques efficaces, combien cet homme fut un grand savant. Il mérite d`être redécouvert aujourd`hui avec nos propres interrogations.
Estimation des quantités de matière organique exogène nécessaires pour restaurer et entretenir les sols limoneux français à un niveau organique donné | p 47-63
Auteurs :
M. Le Villio(1), D. Arrouays(2), W. Deslais(2), J. Daroussin(3), Y. Le Bissonnais(3) et D. Clergeot(1)
Adresse :
(1) CReeD, Zone Portuaire de Limay, 291 Avenue Dreyfous Ducas, 78520 Limay
(2) Unité Infosol, INRA Orléans, 45160 Ardon
(3) Unité de Science du Sol, INRA Orléans, 45160 Ardon
Résumé :
Les phénomènes de dégradation physique des sols que sont la battance et l`érosion diffuse se multiplient en France. Pour les sols de texture limoneuse, la diminution du taux de matière organique à des teneurs inférieures à 2 ou 3 %, souvent observée dans les sols cultivés au cours des dernières décennies est un des paramètres déterminants de cette dégradation.
Face à ce constat, nous avons cherché à chiffrer les quantités de matière organique exogène qu`il serait nécessaire d`apporter pour relever, à un niveau donné, les taux de matière organique des sols sensibles aux phénomènes de battance et d`érosion.
Nous avons réalisé cette estimation pour différents seuils de teneurs en carbone compris entre 1 et 1,5 % et comparé localement, les quantités calculées aux quantités de matière organique exogène disponibles. Parmi celles-ci, les fumiers et les composts d`origine urbaine représentent les sources les plus importantes.
Les premiers résultats font apparaître des déficits de l`offre locale en matière organique exogène, notamment en Picardie, Aquitaine, Ile-de-France, Nord-Pas-De-Calais et Midi-Pyrénées.
Les tests réalisés montrent par ailleurs que les prédictions sont très sensibles, d`une part aux seuils visés et d`autre part à la calibration du modèle (valeurs des coefficients de minéralisation K2).
Évaluation du déficit en matière organique des sols français et des besoins potentiel en amendements organiques | p 65-81
Auteurs :
O. Roussel, E. Bourmeau et Ch. Walter
Adresse :
(1) ORVAL, 169 avenue Georges Clémenceau, F- 92 735 Nanterre CEDEX
(2) UMR Sol, Agronomie, Spatialisation, ENSA-INRA, 65 rue de Saint-Brieuc, F-35 042 Rennes
Résumé :
Le premier objectif de cette étude est de fournir un ordre de grandeur de l`étendue et de la localisation des surfaces que l`on peut juger déficitaires en matière organique.
L`état des lieux présenté ici est basé sur l`utilisation des données issues d`une synthèse nationale des analyses de terre (Schvartz et al., 1997 ; Walter et al., 1997).
Ce déficit est estimé en fonction de l`abaque de Rémy et Marin-Laflèche (1974) qui indique un taux en matière organique souhaitable en fonction de la texture du sol. Par cette méthode, nous estimons les surfaces déficitaires en matière organique comprises entre 6 à 7,7 millions d`hectares de terres arables, sur 19,5 millions d`hectares nationaux. Elles se situent principalement dans le Bassin Parisien, le Centre, le Nord, la Haute Normandie, l`Aquitaine, Midi-Pyrénées, les Haut et Bas Rhin. Le pourtour Méditerranéen et la Vallée du Rhône apparaissent relativement déficitaires mais ces résultats demandent confirmation (Base de données lacunaire sur ces zones et modèles peu adaptés à ces régions).
Une estimation des quantités d`amendements organiques nécessaires à un redressement de 10 % (sur 10 ans d`apports) du taux de matière organique sur les surfaces déficitaires a requis la mise en oeuvre de modèles simples d`évolution de la matière organique dans les sols : modèles de Hénin-Dupuis (1945) et Andriulo et al., (1999). Les résultats indiquent que 3,7 à 5,5 millions de tonnes de matière organique humifiée seraient nécessaires à ce redressement.

2001 - Volume 8 - Numéro 3

Cartographie du mercure dans l`horizon de surface des sols agricoles dans le centre du Bassin parisien Détection, localisation et origine des contaminations | p 167-180
Auteurs :
Baize D.(1), Deslais W.(1), Bourennane H.(1) et Lestel L.(2)
Adresse :
(1) INRA - Science du Sol - Orléans - B.P. 20619 45166 Olivet Cedex - France
(2) CNAM - Centre d`Histoire des Techniques - 5, rue du vertbois 75003 Paris
Résumé :
Cette étude porte sur les teneurs en mercure dans les horizons de surface des sols agricoles (terrains maraîchers exclus) dans le centre du Bassin parisien. Plus de 2000 analyses étaient disponibles sur 13 départements, mais irrégulièrement réparties dans l`espace. C`est pourquoi un échantillonnage complémentaire de 58 échantillons a été réalisé spécialement. Toutes les analyses proviennent d`un seul laboratoire, celui de l`INRA à Arras, ce qui nous autorise à les comparer.
Des estimations spatiales des teneurs en mercure ont été tentées sur le territoire étudié selon deux méthodes de cartographie par interpolation : inverse de la distance et simulation conditionnelle. Elles fournissent des cartes qui montrent les gradients majeurs mais qui ont le défaut de trop « lisser » la forte variabilité spatiale locale des concentrations mesurées, variabilité d`échelle kilométrique voire hectométrique.
La teneur en mercure dans les horizons de surface est complètement indépendante du type de sol et de la roche sous-jacente car les mêmes valeurs très faibles sont observées dans des régions naturelles très différentes géologiquement et pédologiquement. Pour la population étudiée, la médiane et le mode s`établissent à 0,05 mg/kg. Sur 2 149 disponibles seules 28 valeurs excèdent 0,40 mg/kg. Toutes les valeurs supérieures à 0,10 mg/kg semblent déjà correspondre à une contamination, plus ou moins importante. En effet, même si la quasi-totalité des prélèvements correspond à des terrains agricoles ordinaires avant épandages de boues d`épuration, certaines parcelles échantillonnées ont certainement reçu des épandages de « gadoues » dans les années soixante voire des boues d`épuration bien avant l`apparition des réglementations. Ailleurs, les retombées atmosphériques en provenance de l`agglomération parisienne sont certainement la source principale de mercure. Cette agglomération constitue une source majeure diffuse depuis plusieurs siècles (chauffages) mais on peut également envisager des sources ponctuelles plus récentes telles que les usines d`incinération d`ordures ménagères, les centrales thermiques et certains établissements industriels.
Ces résultats permettent de faire deux constatations inédites. D`une part on est surpris par les très faibles teneurs en mercure mesurées dans les sols agricoles, même dans ceux situés non loin de Paris : s`agit-il là de l`indice de très faibles retombées atmosphériques générales ou bien cela résulte-t-il d`un relargage du mercure par volatilisation ? D`autre part on décèle des anomalies anthropiques, plus ou moins importantes, localisées en quelques secteurs comme en Seine-et-Marne occidentale ou sur la commune du Perray-en-Yvelines. Une étude plus approfondie est en cours pour situer l`origine de ces contaminations locales et pour identifier les sources ponctuelles associées.
Utilisation de biosurfactants (rhamnolipides) pour le traitement d`un sol sableux contaminé par le pyrène Essais en colonnes de sol | p 181-188
Auteurs :
Bordas F.(1,2) et Lafrance P.(1)
Adresse :
(1) INRS-Eau, Université du Québec - 2800 rue Einstein, C.P. 7500, Sainte-Foy, Québec, Canada, G1V 4C7
(2) Adresse actuelle : Laboratoire des sciences de l`eau et de l`environnement, Université de Limoges.
Faculté des Sciences, 123 avenue Albert-Thomas, 87060 Limoges CEDEX, France
Résumé :
L`utilisation de tensioactifs biologiques est une voie prometteuse pour la dépollution des sols pollués par les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). La capacité d`un mélange de biosurfactants produits par une souche de Pseudomonas aeruginosa à mettre en solution et à favoriser la migration du pyrène avec l`eau a été étudiée à partir d`expérimentations menées en colonnes de sol artificiellement contaminé. Les biosurfactants étudiés ont montré une faible rétention sur le sol pouvant être attribuée à leur caractère anionique. Pour des concentrations supérieures à la Concentration Micellaire Critique (CMC) effective, une forte mobilisation du pyrène est obtenue après injection de la solution de biosurfactants. Cette mobilisation est rapide (entre 1 et 2 volumes de pore après l`injection) mais elle ne dépasse pas 70 % du pyrène total, ce qui montre la présence d`une fraction de ce HAP difficilement extractible. En conditions dynamiques, la masse de pyrène mobilisé croît de façon linéaire avec la concentration en biosurfactants injectés à partir de la CMC. D`autre part, l`injection de solutions de biosurfactants en concentrations supérieures à la CMC et contenant une concentration en pyrène proche de sa solubilité dans l`eau a montré l`aptitude de ces composés à faciliter le transport du pyrène à travers le sol. De tels résultats montrent le potentiel des biosurfactants dans une optique de dépollution des sols contaminés par les HAP. L`utilisation de solutions de biosurfactants en concentrations supérieures à leur CMC permettrait d`augmenter grandement la mise en solution et la migration du pyrène dans le sol, et cela sans affecter de façon significative la matière organique du sol.
Modèle de répartition géoécologique du Cesium-137 à la suite de l`accident du réacteur nucléaire de Tchernobyl Contribution à la protection des sols en Sarre | p 189-202
Auteurs :
Kastenholz U., Kubiniok J. et Kunkel R.(1)
Adresse :
(1) Physische Geographie und Umweltforschung - Universität des Saarlandes D-66041 Saarbrücken
Résumé :
Le 137Cs est un isotope radioactif artificiel, largement dispersé à travers la planète par les essais nucléaires atmosphériques réalisés à la fin des années 1950. En Europe, l`accident du réacteur nucléaire de Tchernobyl en 1986 est à l`origine de dépôts significatifs. De son fait, en plus des 3,0 à 4,4 kBq/m2 provenant des essais atomiques, entre 0 et 10 kBq/m2 ont été déposés selon l`importance des précipitations. Les connaissances du comportement du 137Cs dans l`écosystème de la région Sarre-Lor-Lux se limitaient jusqu`à aujourd`hui à l`étude du transfert plantes - animaux - homme. Le comportement du 137Cs dans les sols de la région, en particulier la façon dont il se distribue dans chaque compartiment du paysage, était peu expliqué. Par l`analyse de profils pédologiques sélectionnés en Sarre, des taux de migration en profondeur de l`isotope compris entre 0,25 cm/an et 1,0 cm/an ont pu être déterminés. Les causes de ces variations sont à rechercher dans les différents processus pédogénétiques de chaque type de sol. La profondeur maximale de pénétration du 137Cs dans le sous-sol atteint 40 cm, ce qui implique une contamination potentielle de la partie supérieure des nappes dans le cas de couvertures pédologiques fissurées peu épaisses, ou dans le cas de nappes phréatiques peu profondes, par exemple en lit majeur de cours d`eau. Ces réflexions - reposant sur les résultats ici présentés - proviennent du programme d`observation continue des sols du Ministère de la Protection de l`Environnement de la Sarre (Landesamt für Umweltschutz des Saarlandes). Parallèlement à la répartition en profondeur de l`isotope, le dépôt latéral joue un rôle déterminant pour le modèle de répartition géoécologique du 137Cs. L`érosion des sols labourés sur les sites étudiés constitue un phénomène déterminant. Les analyses menées à travers quatre différentes unités paysagères de la Sarre démontrent une perte parfois supérieure à 50 t ha-1an-1. En considérant un taux annuel de reconstitution des sols de 1,6 t ha-1an-1, de telles valeurs paraissent inacceptables d`un point de vue écologique et pour une utilisation respectueuse des sols. Les processus géomorphologiques très actifs sur les versants conduisent à une accumulation de 137Cs en pied de versant. Les eaux stagnantes (mares, bras morts, zones abritées du lit mineur) constituent également, en tant que zones de dépôt de sédiment, d`autres zones d`accumulation de 137Cs - certes moins significatives par rapport à la superficie totale concernée. Les teneurs de 137Cs y atteignent 500 Bq/kg - très supérieures à la concentration sur le sol terrestre, de 10 - 20 Bq/kg. La connaissance de ces zones de dépôt et de leurs rôles locaux sur les différents écosystèmes demeure incomplète.
Effets d`un apport de compost de boues de station d`épuration dans un sol d`un vignoble du Sud de la France | p 203-210
Auteurs :
Korboulewsky N.(1), Masson G.(2), Bonin G.(1), Massiani C.(3) et Prone A.(3)
Adresse :
(1) Institut Méditérranéen d`Ecologie et de Paléoécologie (IMEP) -
Laboratoire de Biosystématique et Ecologie Méditerranéenne (L.B.E.M.),
Faculté des Sciences St Jérôme, case 421 bis, 13397 Marseille cedex 20, France
(2) Pôle viticole et oenologique de la Chambre d`Agriculture du Var, 137 av. du Pst Wilson, 85550 Vidauban, France
(3) Laboratoire de Chimie et Environnement, Université de Provence, case 29, 3 pl. V. Hugo, 13331 Marseille cedex 3, France
Résumé :
L`expérimentation a été conduite dans un vignoble de Côtes de Provence. Le compost de boues de station d`épuration a été épandu puis immédiatement enfoui en mars 1999 sur des microparcelles de 50 ceps références à trois doses : 10, 30, 90 t/ha de produit brut. Chaque traitement a été répété trois fois, soit 9 microparcelles amendées plus 3 témoins. Le compost a significativement enrichi le sol en carbone organique et en azote, en particulier les formes assimilables par les végétaux (N-NO3 - et N-NH4 +). Les teneurs du sol en cations échangeables (Ca, Mg, K) semblent augmenter en fonction de la dose, mais seules les parcelles amendées à 90 t/ha sont significativement différentes des témoins. Aucun enrichissement en éléments traces métalliques n`a été noté à la suite de l`amendement. Les paramètres physiques étudiés n`ont pas révélé d`amélioration des propriétés physiques du sol. La production de raisin n`a pas été modifiée, mais la qualité du vin issu des parcelles fortement amendées semble diminuer, alors qu`un amendement plus modéré donne un vin de qualité très satisfaisante.
Des investigations plus précises sur le vin sont en cours, et un suivi sur la deuxième année est prévu afin d`étudier la cinétique de minéralisation du compost et son impact sur le développement de la vigne.
Modélisation systémique du transport de HAP en milieux poreux naturels du système modèle monoconstituant aux systèmes multiconstituants | p 211-221
Auteurs :
Simonnot M.-O.(1,2), Appert-Collin J-Ch.(1) et Sardin M.(1)
Adresse :
(1) Laboratoire des Sciences du Génie Chimique, CNRS-ENSIC-INPL - 1, rue Grandville, B.P. 451 - 54001 Nancy Cedex
(2) EEIGM (INPL) - 6, rue B. Lepage, BP 630 - 54010 Nancy Cedex
Résumé :
Devant la multiplication des sites contaminés par des polluants organiques, notamment des HAP, il importe de mettre au point des outils permettant d`évaluer quantitativement les risques de propagation des polluants vers des cibles sensibles comme la ressource en eau. L`objectif de cet article est de montrer que les méthodes de la chromatographie, qui couplent expériences en colonne et modélisation, sont bien adaptées à ce type d`étude. La démarche générale est présentée ainsi que son application à l`étude de systèmes simples monoconstituants pour arriver à des systèmes complexes multiconstituants. Les expériences monoconstituants ont été effectuées en alimentant une colonne de sable organique (foc = 2 %) ou de sable minéral imprégné d`une huile non polaire (foc de 0,3 à 0,5 %) par des solutions aqueuses contenant un HAP (naphtalène, fluorène ou phénanthrène). L`analyse des courbes de percée a conduit à la construction des isothermes d`équilibre. Ces isothermes sont non linéaires, de courbure concave (isotherme de Langmuir pour le sable organique) ou convexe (isotherme de Freundlich avec exposant supérieur à l`unité pour le sable imprégné) et la rétention de HAP est plus forte pour le sable imprégné que pour le sable organique, malgré une teneur plus faible en carbone organique. Les courbes de percée ont été représentées grâce à un modèle de transport utilisant ces paramètres d`équilibre. Les expériences multiconstituants sont des lixiviation d`échantillons de sites contaminés. La modélisation permet de prévoir les valeurs des concentrations auxquelles percent le naphtalène et le phénanthrène, à l`aide des paramètres d`équilibre relatifs au sable imprégné. Ainsi, la présence de quantités importantes de polluants organiques non polaires dans les échantillons tend à renforcer la rétention des HAP et les échantillons s`apparentent plus au sable imprégné qu`au sable organique naturel.
Ce travail montre que les méthodes de la chromatographie permettent de prévoir le niveau de concentrations auxquelles percent les HAP, mais la comparaison n`a pas été possible sur la percée globale en raison de l`échelle de temps : l`annulation des concentrations est prévue pour des temps de percolation de plusieurs dizaines de milliers de volumes poreux. En tous cas, ces premiers résultats sont prometteurs et ces méthodes présentent un intérêt certain, en complément des autres approches.

2001 - Volume 8 - Numéro 4

Érosion hydrique des sols dans les milieux méditerranéens : une revue bibliographique | p 231-245
Auteurs :
R. Bou Kheir(1), M.CI. Girard(2), M. Khawlie(1) et C. Abadallah(1)
Adresse :
(1) Centre National de Télédétection / Conseil National de la Recherche Scientifique, B. P. 11?8281, Beyrouth, Liban.
(2) Institut National Agronomique Paris Grignon, UFR Dynamique des Milieux et Organisations spatiales, 78850 Grignon
Résumé :
Cet article examine l`érosion hydrique des sols, processus majeur de dégradation des terrains en zone méditerranéenne, qui constitue une des clés de la désertification (UNEP,1994). II analyse les différents facteurs influençant l`érosion hydrique des sols dans la zone méditerranéenne et montre la nécessité de prendre en compte des variables telles que la pierrosité, les formes karstiques et les divers impacts de l`homme sur le milieu (carrières, serres, urbanisation, etc.).Les modèles d`érosion hydrique les plus utilisés dans la région méditerranéenne font appel à de nombreuses variables qu`il est difficile d`obtenir quand on s`intéresse à un espace de type régional dépassant de loin l`échelon parcellaire. On présente des critères observés sur le terrain (pédicules, buttes de sol résiduel, etc ...) qui peuvent servir d`indicateurs de divers degrés d`érosion, du ruissellement, des rigoles et des mouvements en masse pour les modèles spatialisés.Enfin, on indique les possibilités d`utilisation de la télédétection pour une connaissance spatialisée des facteurs de différenciation de l`érosion: occupation du sol, couvert végétal, pente, matériaux et sol, et pour un suivi diachronique de l`érosion sur de grands champs spatiaux. Cependant, pour valider les modèles, il faut adjoindre à la télédétection des études de terrain.Pour répondre aux questions des décideurs, les modèles doivent se contenter principalement des données existantes et être susceptibles de fournir des résultats spatialisés. L`intérêt de l`utilisation des SIG et de la télédétection tient aux possibilités de sortie des cartes et de mise à jour des données concernant l`érosion hydrique.
Analyse de la représentativité des cartes pédologiques au 1/100000 pour la connaissance des sols du territoire français | p 247-267
Auteurs :
D. King et N. Saby
Adresse :
INRA -Science du Sol Orléans,
Domaine de Limère
45166 Olivet Cedex France
Résumé :
Dans de nombreux pays, les programmes d`inventaire systématique des sols restent inachevés. C`est le cas du programme ` Connaissance Pédologique de la France ` (CPF) à l`échelle du 1/100000 lancé en 1968 par le Service d`Etude des Sols et de la Carte Pédologique de France. Depuis cette date, 24 cartes ont été publiées et 15 cartes sont en voie d`achèvement, soit environ 15 % de la France.

L`objectif de cet article est d`analyser la représentativité de ces cartes par rapport à l`ensemble du territoire français métropolitain. La méthode consiste à utiliser des couvertures d`information disponibles à l`échelle nationale: base de données des sols de France incluse dans celle d`Europe, carte géologique de France, base de données d`occupation du sol, etc. On examine tout d`abord si les valeurs prises par les variables de ces couvertures à l`échelle de la France sont également présentes au sein des zones délimitées par les cartes 1/100000. On calcule les fréquences de distribution de ces valeurs selon leur pourcentage de surface au sein des cartes 1/00000 et sur l`ensemble du territoire. On compare les deux populations à l`aide de tests de x2 et par l`analyse des histogrammes. Enfin, on détermine les unités cartographiques à l`échelle nationale absentes et/ou très éloignées des zones étudiées au 1/100000.

Les résultats montrent que les 24 cartes publiées du programme CPF constituent un échantillon assez bien représentatif du territoire. En effet, presque tous les types de sols de la classification FAO?UE reconnus à l`échelle nationale sont présents dans la zone cartographiée au 1/100000 et les proportions des surfaces sont globalement respectées. L`utilisation des autres couches d`information (géologie, occupation du sol...) confirme ces résultats. Par contre, on constate que toutes les Unités Cartographiques de Sols (constituées par la combinaison d`Unités Typologiques de sols) ne sont pas recoupées par les cartes 1/100000 et que certaines d`entre elles sont très éloignées géographiquement de ces cartes. On considère ainsi que 43 % de la surface française est insuffisamment représentée. L`introduction des 15 cartes en cours permet de ramener ce nombre à la valeur de 25 %.

Cette analyse de représentativité d`un programme de cartographie permet d`orienter des travaux ultérieurs: achèvement des cartes en cours, ouverture de nouveaux secteurs dans les zones insuffisamment connues, capitalisation des connaissances acquises, développement de méthodes de généralisation spatiale... La méthode proposée n`est pas spécifique du programme CPF et peut s`appliquer à d`autres disciplines et d`autres territoires.
Impact de l`intensification agricole sur le statut de la matière organique des sols en zones irriguées semi-arides au Maroc | p 269-277
Auteurs :
F. Namam(1), B. Soudi(2) et C. Chiang(3)
Adresse :
(1) Auteur correspondant
Université Chouaïb Doukkali, Faculté des Sciences, Département de Biologie, B.P.20, Km 1,
Route Ben Maâchou, 24000, El Jadida, Maroc.
(2) Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, Département des Sciences du sol, Rabat, Maroc
(3) Université Catholique de Louvain, Unité de microbiologie. Louvain la Neuve, Belgique.
Résumé :
Cette étude a été conduite sur des sols à caractères contrastés et représentatifs du périmètre irrigué des Doukkala. Elle consiste à évaluer les causes de diminution de la matière organique des sols sous intensification agricole. Ces pertes ont été identifiées suite à la détermination des teneurs en matière organique et de sa composante azotée dans des situations contrastées du point de vue du type de sol et de la durée de mise en eau. Les résultats trouvés montrent une perte moyenne en matière organique de 48 % pour une durée de mise en eau de 30 ans. Les pertes pour l`azote total et l`azote hydrolysable sont de l`ordre de 13 % et 40 % respectivement, ceci pour une période de mise en eau de 5 ans, et s`élèvent à 47 % et 69 % de l`azote total et de l`azote hydrolysable pour une période de 30 ans. La totalité de la perte en azote total est sous forme hydrolysable. Quant au type de sol, les pertes en matière organique et en azote se sont avérées plus élevées dans les sols fersiallitiques.

Les quantités de sols collés sur les pivots de la betterave à sucre est aussi une autre voie de perte de la matière organique. Cette perte est d`autant plus importante que la teneur en argile du sol est importante. Les résultats trouvés montrent une perte moyenne annuelle de 30 kg de matière organique de sol par hectare dans le périmètre irrigué des Doukkala.
Etude des sols de la Forêt de Hesse (Lorraine) Contribution à l`étude du bilan hydrique | p 215-229
Auteurs :
C. Quentin(1), F. Bigorre(1), N. Bréda(2), A. Granier(2) et D. Tessier(1)
Adresse :
(1) INRA Science du sol, 78026 Versailles
(2) INRA, Ecophysiologie forestière, 54280 Champenoux.
Résumé :
Les sols de la forêt de Hesse (57) ont servi de support à une étude dont l`objectif principal est de déterminer des critères d`évaluation de la réserve en eau utile. A partir de la prospection de terrain, trois profils de Brunisols Oligosaturés polycycliques à caractère plus ou moins hydromorphe ont été retenus. Des analyses physico?chimiques et granulométriques ont été effectuées sur chacun des horizons. Des prélèvements sur cylindres et l`étude de la rétention de l`eau et de la porosité de mottes a été faite en laboratoire à différents potentiels de l`eau.

Contrairement à d`autres exemples étudiés dans la littérature, dans les sols sous forêt étudiés, la teneur en eau au point de flétrissement (1600 kPa) n`est reliée ni à la texture, ni à la nature des constituants minéraux. Les résultats des mesures de densité apparente de mottes centimétriques montrent que les horizons se distinguent avant tout par leur porosité totale ou son corollaire le volume massique. Ces derniers sont très bien corrélés à la teneur en eau à la capacité au champ et dans une moindre mesure à l`humidité au point de flétrissement. Les résultats obtenus ont pu être confrontés à des données de terrain portant sur une chronique de trois années. La prise en compte de la densité apparente comme estimateur de la réserve en eau apparaît très satisfaisante afin d`établir une relation de pédotransfert. L`utilisation du modèle de bilan hydrique (BILJOUR) indique que les prédictions de consommation d`eau par la végétation sont comparables aux mesures in situ de sondes à neutrons. Cependant le modèle rend bien compte des variations climatiques.

Au total ce travail montre l`intérêt de développer simultanément une approche de laboratoire et de terrain, combinée à une modélisation du bilan hydrique, ce qui permet d`analyser et de valider le choix des paramètres pris en compte pour approcher les propriétés des sols et améliorer des modèles de prédiction.

2000 - Volume 7 - Numéro 1

lnfluence d`une fertilisation organique et de la solarisation sur la productivité maraîchère et les propriétés d`un sol sableux sous abri | p 73-81
Auteurs :
L. Thuriès(1, 4, 5), A. Arrufat(2), M. Dubois(3), C. Feller(1), P. Herrmann(4), M.-C. Larré-Larrouy(1), C. Martin(3), M. Pansu(1), J.-C. Rémy(4) et M. Viel(5)
Adresse :
(1) IRD (ex ORSTOM), Laborato¡re d`Etude du Comportement des Sols Cultivés, BP 5045, 34032 Montpellier Cedex 1
(2) C¡vambio Languedoc Roussillon, avenue de Grande Bretagne 66000 Perpignan
(3) Agriphyto Méditerranée, 19 avenue de Grande Bretagne 66025 Perpignan
(4) INRA-ENSAM, Unité de Science du Sol, 2 place P. Viala 34060 Montpellier Cedex 1
(5) Phalippou-Frayssinet S.A., fertilisants organiques, BP 42, 8127O Labastide-Rouairoux
Résumé :
Un dispos¡tif suivi sur cjnq ans, dans le sud de la France, a permis de tester les effets de l`apport d`un amendement organique commercial à base végétale (env 7 t MO ha-1.an-1) et de la solar¡sation sur la productivité végétale (laitue, melon) sous abri, le statut organique et diverses autres propriétés du sol.
La fertilisat¡on organique (amendement et engrais) n`a pas d`effet significatif sur la productjvité de la laitue, mais semble exercer un effet positlf sur le melon. La solarisation, appliquée avant les cultures de laitue, exerce un effet positif et significatif sur la productivité de cette plante, mais aucun arrière-effet n`est décelable sur la culture suivante de melon. La solarisation (combinée ou non à la fert¡lisation organique) a révélé sa grande efficac¡té, à court terme, dans la lutte contre certains pathogènes telluriques comme Sclerotinia spp,.
Concernant les propr¡étés édaphiques, la fertilisation organique (engrais + amendement) conduit à des augmentations sign¡ficatives des teneurs et stocks en C et N du sol (0-20 cm), mais la solarisation semble entraîner une diminution des teneurs en N. Cette augmentation des teneurs en C conduit à une diminution de la densité apparente, et à une augmentation de la porosité, des cations échangeables, de la capacité d`échange cationique, du phosphore total, et du point de flétrissement permanent, mais aucune variation significative n`est notée pour la capacité au champ, les pH-eau et-Kcl, l`ind¡ce de stabilité de l`agrégation et l`indice de dispersion.
Caractérisation hydrodynamique des sols à l`aide de l`infiltromètre à disques - Aspects théoriques et pratiques | p 7-24
Auteurs :
Y. Coquet(1), A. Boucher(2), C. Labat(1), P. Vachier(1) et J. Roger-Estrade(3)
Adresse :
(1) Unité Mixte de Recherche `Environnement et Grandes cultures`, INRA-INAPG, B.P. 01, F-78850 Thiverval-Griqnon
(2) Laboratoire d`hydrologie et de géochimie isotopique, Un¡vers¡té de Paris-Sud, F-91405 Orsay Cedex
(3) Unité Mixte de Recherche ` Agronomie `, INRA-INAPG, B.P.01, F-78850 Thiverval-Griqnon
auteur correspondant : coquet@gr¡gnon.inra.fr
Résumé :
L`infiltromètre à disque est un outil particulièrement bien adapté à la mesure de la conductivité hydraulique des sols au voisinage de la saturat¡on, pour des potentiels de l`eau compris entre -25 et 0 cm de hauteur de colonne d`eau, soit -2,5 à 0 kpa. II permet d`explorer le fonctionnement hydrodynamique de la macroporosité des sols dans la gamme de diamètre de pore équivalent supèrìeur à 0,12 mm.
Cet article décrit en déta¡l l`¡nfiltromètre à disque et son utilisat¡on prat¡que. Il présente les bases théoriques du pr¡ncipe de l`infiltromètre, ainsi que différentes méthodes d`estimation de la conductivité hydraulique à partir des mesures de flux d`infiltration (méthodes utilisant le régime permanent de l`inliltration: méthode multipotentiel d`Ankeny et al. (1991), méthode monopotentiel de White et Sully (1987) ; méthode utilisant le régime transitoire de l`infiltrat¡on d`Haverkamp et al. (1994)). Ces méthodes oni été testées et comparées dans le cadre d`une étude sur les propriétés hydrodynamiques de la couche de sol travaillée d`une parcelle agricole du centre expérimental de Gr¡gnon (Yvelines), dont le sol est un Néoluvisol limono-argileux.
Les résultats obtenus montrent la très bonne précision de la méthode multipotentiel (erreur relative estimée dK/K env. 20 %). Cette méthode est toutefois longue à mettre en ceuvre puisqu`elle nécessite la mesure de trois cinétiques d`infiltrat¡on jusqu`à l`atteinte du régime permanent. La méthode monopotent¡el de White et Sully (1987) présente l`inconvénient d`être systématiquement biaisée (sous-estimation de K). La méthode en régime transitoire d`Haverkamp et al. (1994) est intéressante car rapide de mise en oeuvre pu¡squ`elle n`utilise la mesure que d`une seule cinétique d`infiltration sans la nécessité d`attendre le régime permanent. Elle est toutefois moins précise que la méthode monopotentiel (dK/K env. 70 %) et se révèle inadaptée lorsque le régime transitoire de l`infiltration est trop bref (< 2 min.).
Erosion et conservation, après récupération, des sols volcaniques indurés de l`Equateur et du Mexique | p 25-35
Auteurs :
G. de Noni(1) C. Prat(1), P. Quanin(2), M. Viennot(1) et C. Zebrowski(1)
Adresse :
(1) IRD - 911 , av Agropolis, BP 5045 - 34032 Montpell¡er cedex 1
(2) 5, rue Boileau - 21000 Dijon
A Claude, à N¡cole et à la fam¡lle Zebrowski.
Résumé :
Les sols volcaniques indurés, appelés cangahua en Equateur et tepetate au Mexique, couvrent des surfaces importantes. lls sont stériles en l`état pour l`agriculture aussi doivent-ils être ameublis puis émiettés en éléments plus fins pour constituer un sol et être mis en culture, Néanmoins, les travaux d`ameublissement rendent le matériau pulvérulent et très érodible. Grâce à une gamme assez large de traitements traditionnels et améliorés, dont les effets ont été suivis sous pluies simulées (parcelle d`essai de 1 m2) et sous pluies naturelles (parcelles expérimentales de 44, 100 et 1000 m2 et parcelles paysannes de 419 et 1800 m2), il a été possible de caractériser le comportement à l`érosion de la cangahua et du tepetate ameublis.
Si les résultats obtenus montrent un certain nombre de similitudes de comportement entre tepetate et cangahua lorsqu`ils sont indurés, ameublis et non cultivés, des différences apparaissent cependant sous cultures. En Equateur et sur pentes fortes, le ruissellement et l`érosion sont faibles sous cultures traditionne¡les (maïs et avoine) et quasi nuls lorsque sont util¡sées des techniques simples de conservatìon. Au Mexique sur des pentes inférìeures et également sous cultures traditionnelles (maïs, blé, orge), même si l`érosion reste modérée, les pertes en eau avoisinent 10 % ce qui est encore trop pour un total pluviométr¡que de l`ordre de 600 mm/an.
Globalement dans les deux pays, si l`action locale des paysans est posit¡ve pour lutter contre l`érosion, ¡l semble nécessaire cependant de poursuivre les recherches dans le domaine de la gestion et de l`économie de I`eau, notamment au Mexique.
Approche géomorpho-pédologique et système d`information géographique (s¡g) pour la gestion des terres au Maroc | p 37-52
Auteurs :
M. Loukili(1), L. Bock(2), P. Engels(2) et L. Mathieu(2)
Adresse :
(1) Ecole Nat¡onale d`Agricu¡ture, Département des Sciences du Sol. BP S/40 Meknès, MAROC.
(2) Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques, Unité de Géopédologie, 27 Avenue Maréchal Juin, 5030 Gembloux. Belgique.
Résumé :
Un SIG est un outil informatique qui permet la saisie, le traitement et I`analyse d`informations diverses spatialement référencées. ll offre des poss¡bilités d`analyse dynamique (confrontation et suivi) de ces informations. C`est pour cela qu`un SIG peut être m¡s en oeuvre comme outil d`aide à la décision dans le cadre de la gest¡on durable des ressources naturelles. En fonction de cet object¡f, un système de référence a été constitué à I`aide du logiciel ILWIS, en utilisant les données relatives aux sols d`un périmètre cartographié selon une approche à caractère géomorpho-pédologique et s¡tué dans la plaine du Tadla (Maroc central). Le croisement entre les données physico-ch¡miques des terres et les unités de sols délimitées sur la carte, support fondamental du système de référence ainsi construit, démontre l`importance de ce dernier dans l`analyse des relations spatiales entre les différentes caractéristiques édaphiques. ll permet en outre la réalisation à la demande, des cartes thématiques. Ces dernières sont utiles pour la gestion et l`aménagement des terres, notamment en ce qui concerne l`évaluation de leurs aptitudes, l`améliorat¡on et la gestion de leur fertilité et leur affectation en fonct¡on de celle-ci.
Evolution du raisonnement de la fertilisation phosphatée des grandes cultures - Etude par simulation de l`évolution des préconisations de fumure sur un échantillon test représentatif des sols et des successions de culture du Nord du Bassin Parisien | p 53-71
Auteurs :
F. Pellerin(1), S. Pellerin(1), C. Vilette(2) et J. Boiffin(3)
Adresse :
(1) INRA, unité d`Agronomie, 71, avenue Edouard-Bourleaux, B.P. 81, 33883 Villenave d`Ornon Cedex, France.
(2) Station Agronomique de l`Aisne, 02007 Laon, France.
(3) INRA, unité d`Agronomie, 02007 Laon, France.
Résumé :
Jusqu`à un passé récent, le ra¡sonnement de la fert¡lisation phosphatée a été basé sur les notions de fumure d`entretien et de correction. L`object¡f de la fertilisat¡on était d`amener puis de maintenir le sol à la teneur en P extractible jugée souhaitable pour être non lim¡tante du rendement. Le progrès des connaissances, et l`évolution du contexte de l`agriculture, ont amené les agronomes à faire évoluer ce mode de raisonnement. L`objectif de la fertilisation dev¡ent davantage de fertiliser la culture à ven¡r, plutôt que d`amener le sol à un niveau de fertilité donné. L`objectif de ce travail est d`évaluer, grâce à des sìmulat¡ons, les conséquences de cette évolution conceptuelle sur les préconisat¡ons de fumure en utilisant deux logiciels (CEBES et REGIFEBT) correspondant à l`ancien et au nouveau mode de raisonnement. Les simulat¡ons ont été faites pour 4 successions de culture, 9 types de sol et une gamme réaliste de teneurs en p extractible, ce qui a conduit au total à 1 152 préconisations de fumure élémentaires. Nous avons vérifié que d`éventuelles différences `entre les bases de données des deux logiciels n`éta¡ent pas susceptibles de biaiser les comparaisons. Les s¡mulations font apparaître une certaine cohérence entre les deux démarches; les préconisations d`impasse sous REGIFERT correspondent en majorité à des préconisations de correct¡on négative sous CERES et, à l`¡nverse, les préconisations d`apport d`une fumure dite de complément de l`offre du sol sous REGIFERT correspondent en majorité à des préconisat¡ons de correction posìtive sous CERES. Cependant les préconisations de fumure REGIFERT sont en moyenne générale inférieures de moitié à celles de CERES. Ces écarts ont deux or¡gines majeures: (i) l`abandon dans le nouveau mode de raisonnement de l`objectif de redressement des sols. Sous CERES cet objectif de redressement conduit à préconiser une correction positive dans 50 % des cas. Du fa¡t du mode de calcul des fumures associé à cet objectif, les fumures préconisées par CERES sont alors très supérieures aux fumures préconisées par REGIFERT dans ces situations; (ii) la possibil¡té qu`introduit le nouveau mode de raisonnement de préconiser des impasses, en les faisant porter en pr¡orité sur les cultures sur lesquelles le r¡sque de perte de rendement est minimal (espèces peu exigeantes). Dans la major¡té des situations correspondantes CERES préconise une correction négative, mais les marges de sécurité associées à ce type de préconisation font que les fumures préconisées ne sont que légèrement inférieures à l`entretien. A l`échelle de la succession, les bilans [apports recommandés mo¡ns exportations] sont toujours positifs sous CERES, même lorsque le sol est bien pourvu, alors qu`ils sont négatifs, équilibrés ou positifs sous REGIFERT, en adéquation avec le diagnostic porté sur l`offre du sol.

2000 - Volume 7 - Numéro 2

Evolution d`un sol forestier acide des Vosges sur une période de 10 ans - Observatoire de la Qualité des Sols du DONON | p 99-117
Auteurs :
M. Bonneau, S. Belkacem, C. Nys, J. Ranger, D. Gelhaye, Y Lefèvre et D. Humbert
Adresse :
INRA, Centre de Nancy, Cycle biogéochimiques - Champenoux 54280
Résumé :
Un sol très acide des Basses Vosges, sous peuplement d`épicéa de 80 ans environ, dont 25 profils avaient été soumis à des analyses déta¡llées en 1986, a été à nouveau prélevé en 1996 et 14 profi¡s, formant deux blocs homogènes de 7, ont été analysés. Les masses des couches holorganiques et la masse de terre f¡ne à l`hectare ont été déterminées. Les pr¡ncipales évolut¡ons sont: une baisse de masse de OH; une diminution notable de la somme des éléments totaux des couches holorganiques et des éléments échangeables de 0 à 35 cm, particulièrement sensible pour le magnésium mais notab¡e aussi pour le calcium; une augmentation de la concentration de P total en OH. Cette augmentation est vraisemblablement liée à une minéralisation active de OH au cours de certaines années chaudes, mais les teneurs en Ca, Mg et K totaux évoluent peu, ce qui tend à indiquer une mauvaise rétention de ces cations par les colloïdes organiques. Les masses totales de calcium et magnésium ont fortement diminué en OH, en liaison avec la d¡minution de masse du matériel organique. Le plomb total a fortement diminué en OL et le cadmium total en OL et OF, résultat probable des mesures de dépollution. La concentration en K échangeable a augmenté de 0 à 5 cm. En résumé on peut d¡re que la fertilité chimique des horizons minéraux, si ce n`est une diminution du pH KCI de 0 à 5 cm, n`a pas var¡é. Par contre, si la fertilité à court terme paraît stable, on peut concevoir des inquiétudes pour l`avenir du fait des diminutions constatées de la somme du magnésium et du calcium totaux dans l`ensemble des couches holorganiques et échangeables dans les niveaux organo`minéraux. Cette diminution paraît liée essent¡ellement à la fluctuation de masse des couches holorganiques et à la forte aluminisation des horizons minéraux qu¡, de ce fait, selon Hildebrand (1986), sont incapables de retenir les cations libérés par la minéralisation de OH, tout particulièrement le magnésium. L`acidification nature¡le ou anthropique agit donc plus par son cumul au cours des précédentes décennies que par son action actuelle.
Elle tend à s`opposer à la recharge du complexe adsorbant qui pourrait se produire chaque fois que la couche OH se minéralise plus activement par effet climatique annuel, ou en fin de révolution lorsque la minéralisat¡on de OH l`emporte sur le prélèvement nécessaire à la production de bois et de nouvelles aiguilles, prélèvement qui diminue du fait du vieillissement du peuplement.
Roches-mères et Andosolisation en milieu montagnard tempéré - Comparaison pyroclastes récents - roches-mères volcaniques massives anciennes | p 119-132
Auteurs :
M. Gury(1), D. Aran(2) et E. Jeanroy(3)
Adresse :
(1) Centre de Pédolog¡e Biologique, UPB 6831 du CNRS associée à l`Université Henri Poincaré - Nancy 1, 17 rue N.D. des Pauvres, B.P 5,54501 Vandceuvre-lès-Nancy Cedex.
(2) Université de Metz, Unité de Recherche Ecotoxicité, Biodiversité et Santé Environnementale, Rue du Général Delestraint, 57070 Metz Borny.
Résumé :
L`existence d`Andosols dans les Vosges est aujourd`hui bien démontrée, mais ces Andosols sont à peu près totalement dépourvus d`allophanes et riches en complexes organo-métalliques stables et non mobiles. Leur extension géograph¡que est réduite car leur développement exige la conjonction d`une part de conditions climatiques humides propices à l`altération des minéraux et froides affaiblissant l`activité bjologique minéralisatrice des mat¡ères organiques, d`autre part de la présence de roches mères basiques riches en minéraux altérables. Cependant, lorsque les conditions propices à l`andosolisation sont réunies, le degré de développement du processus demeure modeste en regard de ce qui peut être rencontré dans le Massif Central.
Une comparaison minutieuse a été menée sur deux stat¡ons, représentative chacune de l`andosolisation la mieux exprimée dans les Vosges et dans la Chaîne des Puys.
La composit¡on chimique de la roche mère apparaît comme principal responsable de l`orientation de la pédogenèse. Sa texture, son assemblage minéralog¡que, sa compacité, sont déterminants dans le degré de développement du processus. Dans les Vosges, l`absence de matériaux pyroclastiques vitreux, meubles, explique les particularités de l`andosolisation. Les roches volcaniques basiques massives, non ou peu vitreuses conduisent à des Andosols non allophaniques (Aluandosols, R.P., AFES, 1995).
Effet de la salinité et la sodicité sur le comportement hydrique de mélanges sable-arg¡le | p 155-167
Auteurs :
Med T. Halilat(1) et D. Tessier(2)
Adresse :
(1) lnstitut d`Agronomie Sahar¡enne. Université de Ouargla (30000), Algérie
(2) INRA, station science du sol, route de Saint-Cyr, 78026 Versa¡lles, France
Résumé :
Cet article est consacré à l`étude de l`améliorat¡on des propriétés physiques des sols sableux du Sahara algérien par ajout d`argile. Son but est essent¡ellement de fournir des éléments d`interprétat¡on des propr¡étés des sols en fonction des conditions qui président à leur fonctionnement en milieu aride, à savoir le potentiel de l`eau, la sodicité et la salinité.
La rétention de l`eau de mélanges sable-argile dépend en premier lieu du taux d`argile. La teneur en argile accroît principalement la teneur en eau dans la gamme de hauts potentiels de l`eau. A l`état sec, la porosité des mélanges riches en argile devient plus faible.
En tenant compte de la qualité des eaux, on peut définir les conditions qui contrôlent les propriétés physiques du mélange sable-argile.L`effet de la sodicité/salinité se manifeste par des comportements hydr¡ques très contrastés. Les hydratations les plus fortes sont obtenues avec des hautes valeurs du SAR et des concentrations en sels faibles. Dans tous les cas, contrairement au SAR, l`effet de la concentration en sels apparaît déterminant dans les propr¡étés. Notre interprétation est que l`échange des cations ne se produit réellement qu`aux fortes concentrations en sels de la solution. ll en résulte qu`aux faibles valeurs du SAR et aux faibles concentrations salines les arg¡les possèdent le comportement d`argiles sodiques. Pour la gamme de sodicité et salinité retenue des seuils de comportement ont été définis et une modélisation des propriétés de rétention de l`eau est proposée.
Typologie des formes d`humus peu actives - Validation par des critères macro- et micromorphologiques, biologiques et chimiques | p 133-154
Auteurs :
B. Jabiol(1), A. Höltermann(2), J.-C. Gégou(4), J.-F. Ponge(3) et A. Brêthes(4)
Adresse :
(1) Ecole Nat¡onale du Génie Rural des Eaux et des Forêts, CS 4216, F , 54042 Nancy Cédex
(2) Institut für Forstökonomie, Tennenbacherstr. 4 - Unìvers¡tät Albert Ludwi,- 79106 Freiburg im Breisga
(3) Muséum Nat¡onal d`Histo¡re Naturelle, Laboratoire d`Ecologie, 4, avenue du Petit Château, 91800 Brunoy
(4) Off¡ce National des Forêts, Sect¡on Technique lnterrégionale Ouest, BP 23, 45760 Boigny-Sur-Bionne
Résumé :
L`object¡f de ce travail est d`étudier la morphologie et le fonctionnement biologique de formes d`humus peu actives à horizon OH afin d`en préciser la typologie.
Sur 30 placettes situées sur des matériaux acides en Région Centre (France), nous avons décrit précisément les horizons O et A et prélevé des échantillons pour lames minces et analyses chimiques.
Après une analyse en composantes principales faite sur les variables macromorphologjques seules, l`ensemble des données a été utilisé pour interpréter les résultats.
ll a été montré que parmi ces humus peu actifs il existait encore des différences morphologiques notables liées à l`act¡v¡té de groupes animaux différents. Ceci nous a permis de préciser les critères distinctifs des groupes typologiques utilisés depuis quelques années: i)dysmulls à activ¡té encore notable de vers anéciques, à horizon A grumeleux, horizon OH possible mais peu épais et très discont¡nu; ii)hémimoders et moders à forte activité de vers épigés, de diplopodes et d`isopodes, à A très Iocalement encore grumeleux et OH peu épais; iii) dysmoders à forte activité de diplopodes ou d`isopodes, A nettement massif ou particuìaire et OH épais; iv) hémimors à activité exclus¡ve d`enchytréides, à transition OH/A brutale, OF épais mais OH d`épaisseur varìable; aucun mor sans act¡vité animale n`a été rencontré dans l`échantillon.

2000 - Volume 7 - Numéro 3

Extractions séquentielles et spéciation des éléments trace métalliques dans les sols naturels - Analyse critique | p 179-189
Auteurs :
S. Cornu(1) et Bl. Clozel(2)
Adresse :
(1) INRA Centre d`Orléans, Unité de Science du sol, Avenue de La Pomme de Pin, BP 20619, 45166 Olivet CEDEX, France
(2) BRGM, Service Environnement et Procédés, av Claude Guillemin, BP 6009, 45060 Orléans CEDEX, France
Résumé :
Selon leur origine, les éléments trace métalliques (ETM) ne se trouvent pas sous la même forme dans les sols. Leur devenir dans l`environnement différera donc. ll est a¡nsi essentiel de façon à ra¡sonner leur impact environnemental, d`avoir accès à la répartition des ETM entre les diverses phases solides constitutives du sol, c`est à dire leur spéciation au sens large. Cependant, à l`heure actuelle, peu de méthodes de spéc¡ation font l`objet d`un consensus au sein de la communauté scientifique. Dans ce qui suit, les principales techn¡ques de spéciation des ETM dans les sols sont présentées; leurs avantages et limites respectives sont discutés. Une attention toute particulière est portée aux extractions chimiques séquentielles sous forme d`une analyse critique des principaux protocoles existants. Enf¡n, nous montrons comment un couplage des différentes méthodes devrait permettre d`affiner l`analyse de la spéciation des ETM dans les sols et notamment d`en définir plus précisément les limites.
lnfluence de la phase caillouteuse sur la réserve en eau des sols - Cas des sols de Petite Beauce du Loiret | p 191-205
Auteurs :
C. Coutadeur(1,2), I. Cousin(2), et B. Nicoullaud(1)
Adresse :
(1) INRA - Unité de Science du Sol, Avenue de la Pomme de Pin, BP 20619, 45166 Ardon Cedex
(2) INRA-INAPG -Unité Mixte de Recherche ` Env¡ronnement et Grandes Cultures `, BP 01, 78850 Th¡verval-Grignon
Résumé :
Les sols cail¡outeux représentent 39 % de la surface des sols français. Leurs propriétés sont généralement déterminées sans la prise en compte explic¡te de la phase caillouteuse. Sur des Calcosols caillouteux de Pet¡te Beauce (France), nous avons montré que la non pr¡se en compte de la phase caillouteuse conduisait à des surestimations de la réserve en eau utile (RU) de 22 à 39 % mais que sa prise en compte comme une phase inerte (on t¡ent compte du volume des ca¡lloux mais pas de leur propriétés de rétention) conduisait à une sous-estimation de 8 à 34 % de la BU. Cette étude a donc mis en évidence que la phase ca¡llouteuse participe au maintien d`une réserve en eau dans le sol accessible aux plantes : en présence d`une culture en période de forte croissance, la dess¡ccation des cailloux est plus rapide que celle de la terre fine car des racines sont présentes directement à la surface des cailloux. En revanche, en l`absence de culture, la dessiccation de la terre f¡ne est plus rapide, que ce soit en profondeur dans le profil ou en surface sous l`effet de l`évaporation. En phase d`humectation, la teneur en eau de la terre fine croît plus vite que celle des cailloux.
Une typologie hydrologique des petites zones humides ripariennes | p 207-218
Auteurs :
P Durand(1), C. Gascuel-Odoux(1), C. Kao(2), et P. Merot(1)
Adresse :
(1) INRA, UMR Sol et Agronomie de Rennes et Quimper, 65 Route de Saint-Br¡euc, 35042 Rennes CEDEX
(2)CEMAGREF, Unité de Recherche DEAN ` Ouvrages pour le Drainage et l`Etanchéité `, Parc de Tourvoie, BP 44, 92163 Antony CEDEX
Résumé :
En conditions climatiques tempérées, dans des contextes géomorphologiques avec substrat à faible profondeur et faible perméabilité, à pentes modérées, la nappe est généralement proche de la surface du sol en bas de versant. Ces cond¡tions conduisent de façon saisonnière à la présence de pet¡tes zones humides ripariennes de quelques hectares au plus. Ces zones sont insérées et dispersées au sein de paysages agricoles. Elles sont souvent oubliées des inventaires des zones humides bien qu`elles jouent un rôle ¡mportant dans le contrôle de l`hydrologie et de la qualité des eaux des bassins versants. Une typologie hydrologique de ces petites zones humides est proposée ici pour accompagner la réflexion sur leur gestion raisonnée, confrontée à des objectifs parfois antagonistes de maintien de biod¡versité et de lutte contre la pollution.
Cette typologie met en avant les notions de zone humide potentiellìe, effective et efficace. La zone hum¡de polentielle est définie par des critères topographiques et pédo-climat¡ques utilisant notamment des indices topographiques. Ces ind¡ces sont facilement dér¡vés des bases de données topographiques et pédo-climatiques. La zone humide effective esl défin¡e par l`évaluation réelle des conditions hydriques, basées sur des obseruations, soit d`une hum¡dité saisonnière moyenne, soit d`une analyse fréquentielle de la saturation des sols, soit idéalement d`une analyse des variations spatio-temporelles de la saturation des sols. L`efficacité hydrologique des zones humides peut être déf¡nie selon l`importance des fonctions de stockage de l`eau qu`elles exercent, en d¡stinguant le stockage latéral et longitudinal. Les zones humides ont également une fonction de transfert qui fait intervenir la connect¡vité et les interactions entre le versant et la rivière. L`importance de ces différentes fonctions ne peut souvent être définie que par des mesures détaillées, relayées par des approches de modél¡sation. Quelques résultats obtenus sur de pet¡ts bassins versants ruraux sont présentés. lls permettent de donner des ordres de grandeurs des flux. En dernière approche, un croisement entre cette typologie hydrologique et les fonctions épuratrices des zones humides souvent mises en avant est proposée.
Présence d`un sol fersiallitique développé sur gneiss et fossilisé par une coulée basaltique dans le massif du Cantal | p 219-230
Auteurs :
M. Gaiffe(1), J. Dejou(2), B. Kübler(3) et M. Caillier(4)
Adresse :
(1) 35, rue des Brosses, 25000 BESANÇON, France
(2) 1, rue des Raux, 15250 JUSSAC, France
(3) Université de Neuchâtel, 11 rue Emile Argand, CH 2OO7 NEUCHATEL, Suisse
(4) Un¡versité Laval, Départernent des sols, SAINTE-FOY, Québec, G1K 7P4, Canada
Résumé :
Sur le versant droit de la vallée de l`Authre, tout près de Vercuères (Cantal), à une vingtaine de kilomètres au N-E d`Aurillac, on observe un niveau rouge de 80 à 100 cm développé sur gneiss. ll est lui-même fossilisé par une coulée basaltique s¡tuée à la base de la puissante formation des brèches trachyandésitiques d`âge miocène qui occupent l`ensemble du versant. La couleur de cette formation est rouge vif: 2,5 YR 3/6 dans la zone 10-40 cm et 2,5YR4/8 à sa base (60-80 cm). Ses pr¡ncipales
caractéristiques sont les suivantes: pH basique par suite de la présence de calcite secondaire due à la percolation des eaux au travers des brèches et du basalte sus-jacents; phase 0-20 pm supérieure à 45 % dans l`ensemble du profil et const¡tuée de minéraux argileux 2/1 et 1/1 ; complexe d`échange saturé; évolution géochimique globale marquée par le départ de Na+ et K+ et par un enrichissement en Ca2+ et Mg2+ provenant du basalte.
ll existe une filiation génétique très nette entre gneiss, zone d`altération de cette roche et niveau rouge, ce qui justifie l`appellation de sol pour ce dernier. Ses caractéristiques permettent de le situer dans le domaine fersiallit¡que, parmi les Fersialsols Calc¡ques. Ce paléosol pourrait correspondre à un horizon B épais, après troncature de l`horizon A.
A notre connaissance, il est le premier observé sur substrat métamorphique dans le Cantal, tous ceux décrits à ce jour étant dévelopés sur basaltes m¡ocènes.
Erosion hydrique en Haute-Garonne vue à travers la sédimentation dans les retenues collinaires - Etat des lieux et perspectives d`action | p 231-247
Auteurs :
Cl. Mathieu et M. Subra-Durand
Adresse :
Ecole Supérieure d`Agr¡culture Purpan - 75, voie du Toec - 31076 Toulouse Cedex
Résumé :
Depuis une trentaine d`années, le développement des cultures irriguées dans le sud-ouest de la France et particulièrement en Haute-Garonne a conduit à la construction de très nombreuses retenues collinaires.
Dans celte région du Bassin Aquitain, une très grande partie du paysage est constitué de coteaux argilo-calcaires occupés par des cultures céréalières et protéagineuses développées en openfields. Si l`érosion en nappe est peu visible, l`érosion ravinante est souvent très marquée après les épisodes orageux de printemps.
Ainsi depuis le début des années 1990, il a fallu se résoudre à admettre qu`un certain nombre de ces retenues se remplissent de sédiments par l`érosion des terres amont. La présente étude recense l`¡mportance du phénomène, en décrit l`origine et les causes et préconise un ensemble de mesures et de moyens pour protéger les retenues de l`envasement dans le cadre d`une pratique globale d`aménagement au niveau des bassins versants.

2000 - Volume 7 - Numéro 4

Numéro spécial, avant propos - Biofonctionnements des sols tropicaux et mode de gestion des terres | p 257-259
Auteurs :
A. Herbillon(1) et Ch. Feller(2)
Recherche de méthodes de gestion des peuplements de nématodes phytoparasites par les facteurs du sol en zone soudano sahélienne au Sénégal | p 261-270
Auteurs :
P. Cadet, J.-F. Bois, J.-L. Chotte, R. Duponnois, ND. N`Diaye-Faye, Ch. Floret, S. Fould, R. Manlay, D. Masse, T. Mateille, Ph. Normand, E. Pate, Ch. Plenchette, J. Thioulouse, C. Villenave et J. Fardoux
Impact des nématodes phytoparasites de la zone soudano-sahélienne du Sénégal sur la croissance du mil en conditions contrôlées | p 271-278
Auteurs :
J.-F. Bois, P. Cadet, Ch. Plenchette et R. Duponnois
Détection de Pasteuria penetrans sensu lato, bactérie parasite des nématodes telluriques, dans les jachères en zone sahélienne | p 279-286
Auteurs :
S. Fould, Nd. Ndiaye-Faye, Ph. Normand et Th. Mateille
Analyse de la durabilité de la fertilité acquise suite à des jachères arborées au Nord-Cameroun | p 287-309
Auteurs :
R. Oliver, C.F. Njiti et J.M. Harmand
Déterminants biologiques de l`agrégation dans les Vertisols des Petites Antilles. Conséquences sur l`érodibilité | p 309-328
Auteurs :
E. Blanchart, W. Achouak, A. Albrecht, M. Barakat, G. Bellier, Y.M. Cabidoche, C. Hartmann, T. Heulin, C. Larré-Larrouy, J.-Y. Laurent, M. Mahieu, F. Thomas, G. Villemin, F. Watteau
Déterminants biologiques du système poral de Vertisols cultivés (Petites Antilles). Conséquences sur la disponibilité de l`eau des sols pour les plantes | p 329-352
Auteurs :
Y.-M. Cabidoche, P. Guillaume, C. Hartmann, S. Ruy, E. Blanchart, A. Albrecht, M. Mahieu, W. Achouak, T. Heulin, G. Villemin, F. Watteau et G. Bellier
Dégradation des pâturages amazoniens : description d`un syndrome et de ses déterminants | p 353-378
Auteurs :
Th. Desjardins, P. Lavelle, E. Barros, M. Brossard, L. Chapuis-Lardy, A. Chauvel, M. Grimaldi, F. Guimarães, P. Martins, D. Mitja, M. Müller, M. Sarrazin, J. Tavares Filho et O. Topall
Note - La mycorhization (Glomus aggregatum) du mil (Pennisetum glaucum) | p 379-384
Auteurs :
Ch. Plenchette, J-F. Bois, R. Duponnois et P. Cadet
Effet du séchage d`échantillons d`un sol ferrugineux tropical sur la détermination de la biomasse microbienne. Comparaison de deux méthodes biocidales de référence | p 385-394
Auteurs :
J. Fardoux, P. Fernandes, A. Niane-Badiane et J.-L. Chotte
Darwin et le biofonctionnement des sols | p 395-402
Auteurs :
C. Feller, G.G. Brown et E. Blanchart

1999 - Volume 6 - Numéro 1

Influence d`amendements organiques et d`apport de boues sur les propriétés d`un sol cultivé | p 7-14
Auteurs :
B. Dridi et C. Toumi
Adresse :
Institut National Agronomique, El Harrach, Alger
Résumé :
Les auteurs ont étudié l`influence d`un fumier d`ovins, d`une fumure minérale et de deux boues de stations d`épuration urbaines sur les propriétés d`un sol cultivé. L`expérimentation a été menée sur un sol de texture limono-argileuse portant une culture de vesce-avoine. Les mesures ont porté sur les paramètres physiques, notamment la porosité et sa distribution, les capacités en eau, la conductivité hydraulique et sur les rendements de la culture.
Comparés entre eux, les résultats des divers traitements ont confirmé le rôle prépondérant du fumier tant sur le sol que sur la culture. L`emploi des boues d`épuration a par ailleurs mis en évidence leur intérêt agronomique car il a eu des effets plus favorables que la fumure minérale. Le témoin a donné les résultats les moins intéressants.
Sensibilité de la surface des sols des plaines du Chélif à la dégradation structurale | p 15-25
Auteurs :
D. Saidi(1), A. Douaoui(1), Y. Le Bissonnais(2) et C. Walter(3)
Adresse :
(1) Centre universitaire, Institut d`Agronomie BP 151, Chlef, Algérie
(2) SESCPF, Centre INRA d`Orléans, 45160 Ardon
(3) ENSA-INRA, Laboratoire de Science du Sol, 65, rue St Brieuc, 35042 Rennes- Cedex, France
Résumé :
Les couches superficielles des sols des plaines du Chélif (Algérie) présentent une stabilité structurale moyenne à médiocre. Il s`agit par ce travail d`estimer leur stabilité structurale par différentes méthodes, en l`occurrence les méthodes de Hénin et al. (1958), d`Emerson (1967) et de Le Bissonnais (1988, 1996), pour déterminer les sols les plus sensibles à la battance ainsi que les caractéristiques liées à cette sensibilité.
Les résultats des deux premiers tests de Le Bissonnais et d`Emerson sont très corrélés entre eux et liés aux caractéristiques physico-chimiques des échantillons. Ces tests s`avèrent ainsi les mieux adaptés pour estimer la stabilité structurale dans ce type de milieu. La teneur en matière organique et la conductivité électrique des échantillons sont les facteurs principaux de leur stabilité structurale. Leur effet induit des différences importantes de stabilité structurale entre les parties haute, moyenne et basse de la plaine du Chélif.
Influence du travail du sol sur l`évolution physique d`un sol forestier ferrallitique après défrichement motorisé - Conséquence sur l`enracinement du maïs | p 27-39
Auteurs :
A. Tamia (1), R. Moreau (1), M. Fortier (2) et G. Yoro (3)
Adresse :
(1) Laboratoire d`Étude du Comportement des Sols Cultivés (LCSC), ORSTOM, B.P. 5045 - 911, Avenue Agropolis 34032 Montpellier CEDEX 01
(2) Laboratoire d`agrologie UR-FCM CIRAD-CA, Avenue du Val de Montferrand - B.P. 5035 - 34032 Montpellier CEDEX 01.
(3) IDEFOR- DCC, 01 B.P. 1827 Abidjan 01 République de Côte d`Ivoire
Résumé :
L`analyse du profil cultural, la résistance à la pénétration et la porosimétrie à mercure ont été utilisées pour préciser les modifications physiques d`un sol ferrallitique forestier de Basse Côte d`Ivoire, après un défrichement motorisé suivi d`une mise en culture avec ou sans travail du sol. Les conséquences sur l`enracinement du maïs ont été appréciées par le comptage et la cartographie des impacts racinaires.
La dégradation structurale avec la réduction de la porosité grossière (pores de diamètre équivalent > 6 μm) et l`augmentation de la résistance à la pénétration, qui affectent le sol cultivé sans labour, sont associées à un faible développement racinaire du maïs. Le travail du sol assure le maintien des caractères physiques favorables à l`enracinement, bien que des volumes compacts massifs liés à des phénomènes de tassement soient présents dans la couche labourée. Une corrélation significative entre les valeurs de résistance à la pénétration et de densité racinaire a pu être établie.
Comparaison de différentes méthodes d`estimation de la réserve en eau utile des sols (R.U.) dans le périmètre de l`O.G.A.F. - Environnement de la zone de Migennes (Yonne) | p 41-54
Auteurs :
G. Trouche (1) et P. Morlon (2)
Adresse :
(1) ENESAD, Sciences et Techniques Agronomiques - INRA, Systèmes Agraires et Développement
(2) INRA, Systèmes Agraires et Développement, 26 Bd Dr Petitjean, BP 1607, 21036 Dijon cedex
Résumé :
La pollution diffuse des nappes phréatiques par les nitrates d`origine agricole dépend des propriétés hydriques des sols. Les sols à faible réserve en eau cumulent une fréquente surfertilisation par les agriculteurs à cause de l`irrégularité des rendements et une lixiviation hivernale plus précoce et complète. Dans l`étude pour l`OGAF-environnement (Opération Groupée d`Aménagement Foncier) dans la région de Migennes (Yonne), nous avons cartographié la réserve en eau utile des sols (RU) dans un S.I.G. Mais, ne disposant pas directement des valeurs de RU dans les deux études pédologiques déjà existantes sur la zone, nous avons utilisé pour l`estimer des Fonctions de pédotransfert (FPT) basées sur des équations de régression (Gras, Osty) ou sur les classes texturales (Station de l`Aisne, Station de Rothamsted). Par comparaison avec les fourchettes indiquées dans l`une des études pédologiques, les valeurs de R.U. obtenues sont globalement surestimées, surtout avec la première méthode citée. Des valeurs issues de mesures, pour un échantillon de sols, montrent que le remaniement des échantillons conduit également à la surestimation de la R.U. Par contre l`estimation de la densité apparente, utilisée pour passer de l`humidité massique à l`humidité volumique, intervient peu dans cette estimation, lorsque l`on considère la R.U. de l`ensemble du profil.
Note de synthèse - 16e congrès mondial de la Science du Sol - Compte rendu succinct des travaux | p 55-78
Auteurs :
M. Jamagne
Adresse :
INRA - Unité de Science du Sol, SESCPF, BP 20169 Ardon - 45166 Olivet

1999 - Volume 6 - Numéro 2

Anomalies naturelles en Cadmium dans les sols de France | p 85-104
Auteurs :
D. Baize (1), W. Deslais (1) et M. Gaiffe (2)
Résumé :
A ce jour, de nombreuses anomalies naturelles en cadmium ont été détectées en France. Cet article en fait un premier inventaire, étudie leur répartition spatiale et approfondit la recherche des origines précises de ces anomalies. Localement, on peut mesurer des teneurs en cadmium très supérieures au seuil de 2 mg/kg sans avoir à invoquer une ` pollution ` anthropogène, même si une étude de la qualité des récoltes produites sur ces sols anomaliques présente un intérêt certain.
Deux populations ont été d`abord étudiées. L`une comporte 1 310 horizons supérieurs et profonds, prélevés sous culture ou sous forêt, parfaitement identifiés en ce qui concerne leur localisation, leur matériau parental et leur pédogenèse. L`autre est constituée de 11414 échantillons de surface de sols cultivés, provenant de 86 départements. Sur les 10 650 analyses de cadmium total, 8 530 sont correctement localisées en coordonnées géographiques, mais les informations relatives aux sols et aux roches sousjacentes sont pauvres ou absentes.
Le traitement de ces deux jeux de données montre que les anomalies en cadmium sont le plus souvent associées à l`existence de roches calcaires du Jurassique ou du Crétacé en Poitou Charentes, Berry, Bourgogne, Champagne et Jura, certains faciès de calcaires semblant être fréquemment associés aux anomalies (calcaires bioclastiques, crayeux, récifaux, oolithiques).
Pour vérifier l`hypothèse du rôle essentiel des faciès des calcaires sousjacents, des études plus détaillées ont été menées sur trois secteurs sélectionnés en Basse Bourgogne et dans le Jura. L`origine géogène des anomalies en cadmium y est confirmée ainsi que l`influence majeure des faciès, eux mêmes indicateurs des conditions de sédimentation. Des analyses de la teneur en cadmium de plusieurs échantillons de roches ont été réalisées et comparées à des résultats obtenus antérieurement par des auteurs helvétiques dans le Jura suisse. La teneur en Cd dans ces roches jurassiques varie très largement entre 0,02 et 8,15 mg/kg. Il semble que les sédiments néritiques et littoraux, liés à une activité biologique intense, présentent fréquemment des anomalies en cadmium.
L`origine géogène du cadmium est certaine, mais ce cadmium hérité est susceptible de transferts importants au sein des couvertures pédologiques, transferts qui seuls peuvent expliquer l`extrême variabilité spatiale observée aujourd`hui, y compris selon l`axe vertical. Pour un horizon, on doit envisager : - des pertes par lessivage vertical ou latéral, surtout en sols acides, proportionnelles aux flux d`eau traversant les sols ou y circulant ; - des apports latéraux, toujours possibles s`il y a un amont ; - et le recyclage biogéochimique ` sur place ` (absorption racinaire en profondeur, décomposition des organes végétaux aériens en surface).
Des études détaillées sont menées actuellement sur des toposéquences dans le haut Jura.
Estimation des stocks de carbone des sols du Bénin | p 115-130
Auteurs :
B. Volkoff, P. Faure, D. Dubroeucq et M. Viennot
Adresse :
IRD (ex-ORSTOM), 32 avenue Henri Varagnat, 93143 Bondy, France
Résumé :
Une première estimation du stock de carbone organique des sols du Bénin est faite à l`aide d`une base de données constituée à partir de la carte pédologique à l`échelle du 1/200 000 et d`une collection de résultats d`analyses réalisées au moment de l`établissement de la carte durant les années 1960-1970. Le Bénin qui s`étend, en Afrique de l`Ouest, de 6° à 12° de latitude nord appartient, dans sa quasi-totalité, au domaine des savanes soudano-guinéennes.
La couverture pédologique est à dominante de sols classés sols ferrugineux tropicaux suivant le système français CPCS (1967). Elle comporte aussi des sols ferrallitiques. Les différents équivalents Légende FAOUNESCO (1990) de ces sols, qui sont les Luvisols, Alisols, Lixisols et Acrisols, ont été recherchés en prenant comme critères la capacité d`échange de l`argile et le taux de saturation à 1 m de profondeur (horizons B) dont les valeurs ont été extraites de la base de données.
Les stocks exprimés en kg de carbone par mètre carré ont été calculés pour des épaisseurs de 0-20, 0-50 et 0-100 cm à partir des taux pondéraux, en prenant une même densité moyenne de 1,3 pour tous les types de sols et pour toutes les profondeurs. Les valeurs médianes ont été déterminées pour toutes les unités de la carte et pour des regroupements d`unités correspondant à des Groupes de la classification CPSC, des Grands Groupes de la Légende FAO-UNESCO ou encore à des subdivisions de ces Groupes et Grands Groupes faites d`après la texture des horizons de surface (taux d`argile de la couche 0-20 cm).
On montre que pour les sols dominants, c`est à dire pour tout ce qui n`est pas Vertisol, Sol Brun eutrophe ou sol hydromorphe, le stock de carbone est toujours dans une même fourchette de valeurs, quel que soit l`ensemble ou le sous ensemble taxonomique CPCS ou FAO considéré. Le stock de carbone moyen est de 2,2 kg/m2 entre 0 et 20 cm, de 3,5 kg/m2 entre 0-50 cm et de 4,5 kg/m2 C entre 0-100 cm de profondeur. Les coefficients de variation sont toujours élevés et atteignent 50 %. Ainsi cette variabilité masque en grande partie l`effet des différences dans la nature du sol. Les valeurs obtenues doivent alors être vues plus comme des paramètres caractérisant un environnement bioclimatique que comme des stocks liés à un type de sol.
Au travers de la variabilité, les résultats donnent une première indication chiffrée des stocks de carbone des sols sous savanes de l`Afrique de l`Ouest. Ces stocks apparaissent toujours nettement inférieurs à ceux qui sont généralement attribués aux sols de ces régions. Ils ne représentent que la moitié du stock de carbone des sols sous forêts tropicales humides.
Les couvertures pédologiques à PODZOLS du Bassin du Haut Rio Negro (Amazonie) | p 131-153
Auteurs :
D. Dubroeucq, B. Volkoff et P. Faure
Adresse :
IRD, Institut de Recherche pour le Développement, 32, avenue Henri Varagnat, 93143 Bondy, France
Résumé :
Une carte des couvertures pédologiques du bassin du Haut Rio Negro a été réalisée à l`aide de données de terrain et d`une photo-interprétation d`images satellitaires et radar aéroporté. Elle concerne la partie du Bouclier Guyanais commune au Brésil, à la Colombie et au Venezuela, située entre 1° de latitude sud et 4° de latitude nord et soumise à un climat équatorial très humide (3 000 à 4 000 mm de précipitations annuelles). La carte met en évidence l`ampleur des domaines sableux différenciés au sein d`une surface d`aplanissement à sols ferrallitiques. L`ensemble de ces domaines constitue une plaine à podzols hydromorphes et à podzols géants. Ces sols se sont formés aux dépens des sols ferrallitiques qui couvrent aussi bien des collines basses que de larges surfaces planes. Des sols ferrallitiques argileux typiques (Typic Haploperox) et des sols ferrallitiques jaunes appauvris (Xanthic Acroperox et Acrudoxic Kandiudult) caractérisent les collines convexes. Ils sont considérés comme les restes d`une vieille couverture bauxitique car ils comportent fréquemment d`abondants éléments grossiers (` Clayey Skeletal ` Typic Haploperox et Acrudoxic Kandiudult), nodules et blocs de cuirasses résiduels riches en gibbsite. Les sols ferrallitiques de la plaine sont pour la plupart jaunes et appauvris (Xanthic Acroperox et Acrudoxic Kandiudult). Des podzols prennent naissance à l`aval des collines et se développent vers l`amont des versants. Dans la plaine ferrallitique les podzols apparaissent au centre des interfluves puis s`étendent vers leur bordure. Les types de sol rencontrés dans la plaine sableuse sont étroitement dépendants de leur position sur ces interfluves. Des podzols de 1 à 3 m de profondeur (Ultic Alaquod) se trouvent au contact des sols ferrallitiques jaunes alors que des podzols géants (Typic Quartzipsamment) de 4 à 10 m de profondeur couvrent l`essentiel des zones sableuses. Des tourbes (Hydric Haplofibrist et Hemic Haplosaprist) sont aussi rencontrées au centre des étendues sableuses. Ces sols correspondent à différentes étapes d`une évolution secondaire des podzols contrôlée par une nappe phréatique peu profonde. Les mouvements tectoniques, enfoncements et soulèvements, qui affectent cette partie du bouclier seraient à l`origine de la distribution des sols que l`on observe actuellement.
Influence du chaulage sur la biodisponibilité des éléments métalliques en trace incorporés au sol lors de l`épandage de boues de stations d`épuration - Revue bibliographique | p 105-114
Auteurs :
Sylvie Dousset *(1)(2), J.L. Morel (1), J. Wiart (3)
Adresse :
(1) ENSAIA - INRA - Laboratoire Sols et Environnement - 2, avenue de la forêt de Haye, BP 172, 54505 Vandoeuvre Cedex
(2) Adresse perm. : Université de Bourgogne - Centre des Sciences de la Terre, Equipe GéoSol 6, boulevard Gabriel, 21000 Dijon
(3) ADEME - Direction de l`Agriculture et des Bioénergies - 2, square Lafayette, BP 406, 49004 Angers Cedex 01
Résumé :
L`utilisation des boues en agriculture peut être un moyen de recycler des éléments nutritifs pour les cultures, mais ces boues contiennent des éléments métalliques en trace. A forte dose, ces métaux peuvent entraîner des risques de phytotoxicité ou de contamination de la chaîne alimentaire. Le chaulage des boues pourrait réduire la mobilité et la biodisponibilité des métaux vers les cultures. Afin de vérifier cette hypothèse, une synthèse bibliographique concernant la mobilité et la biodisponibilité des métaux dans des sols ayant reçu des boues chaulées ou non chaulées -dans le cas de sols préalablement chaulés- a été réalisée. De cette étude, il ressort qu`utilisées à des doses compatibles avec la réglementation, les boues chaulées épandues en agriculture n`entraînent pas d`augmentation de mobilité des métaux dans les sols, ni d`augmentation de la teneur des métaux dans la plante.

1999 - Volume 6 - Numéro 3

Propriétés des sols forestiers français : Résultats du premier inventaire systématique | p 165-180
Auteurs :
V. Badeau (1), E. Dambrine (2) et C. Walter (3)
Adresse :
(1) INRA, UR 947, Unité Ecophysiologie Forestière, 59280 Champenoux
(2) INRA, UR 349, Unité Ecosystèmes Forestiers, 59280 Champenoux
(3) ENSAR, Unité Science du Sol, 65, Route de Saint-Brieuc, 35042 Rennes CEDEX
Résumé :
Le réseau européen de suivi des dommages forestiers a été utilisé pour réaliser un premier inventaire détaillé des sols forestiers français. Leurs caractéristiques pédogénétiques sont comparées aux données de la base géographique des sols de France et quelques propriétés chimiques sont comparées avec celles des sols agricoles, telles qu`elles sont décrites dans la synthèse nationale des analyses de terre.
Sur le plan pédogénétique, les sols forestiers français diffèrent assez peu des sols cartographiés sur l`ensemble du territoire. Quelques différences de fréquence sont cependant notées : les sols bruns, les sols hydromorphes et lessivés hydromorphes ainsi que les sols podzolisés sont plus fréquents en forêt ; à l`opposé, les sols lessivés non hydromorphes et les sols alluviaux sont moins représentés.
Des différences majeures sont par contre observées en ce qui concerne les propriétés chimiques des sols forestiers et agricoles. Les sols forestiers se distinguent très nettement par leur acidité, leur forte teneur en carbone et leur C/N élevé.
Paramétrisation du potentiel de ruissellement des bassins versants au moyen de la Télédétection et des Systèmes d`Informations Géographiques - Application à des bassins versants du Pays de Caux | p 181-199
Auteurs :
E. Blanchard (1), C. King (1), Y. Le Bissonnais (2), A. Bourguignon (1), V. Souchère (3), J-F. Desprats (1) et P. Maurizot (1)
Adresse :
(1) BRGM, Service Aménagement et Risques Naturels, 3 avenue C. Guillemin, BP 6009, 45060 Orléans CEDEX 2, France
(2) INRA, Unité de Science du Sol, SESCPF, BP 20619, Ardon 45166 Olivet CEDEX, France
(3) INRA, SAD Ile de France, RD 10 (Route de St Cyr), 78026 Versailles CEDEX, France
Résumé :
Des dégâts croissants liés au ruissellement excessif en Pays de Caux préoccupent les instances régionales qui sont en charge de l`aménagement du territoire. Nous proposons une méthodologie qui vise à estimer des paramètres du ruissellement au moyen de la télédétection et des SIG. Elle permet de proposer une comparaison objective des contraintes intrinsèques et anthropiques de chaque bassin versant cultivé de 1 000 à 5 000 ha.
Les caractéristiques de ruissellement potentiel sont analysées à partir des composantes de l`occupation du sol aggravant ou freinant le ruissellement et de leur distribution sur trois espaces fonctionnels différents en terme de ruissellement. Les paramètres retenus sont : la proportion et la compacité des surfaces contributives au ruissellement sur la partie amont des versants, la proportion des axes de concentration des eaux de surface non couverts par des prairies et enfin, la proportion de fortes pentes non occupées par des prairies ou des forêts.
L`analyse de l`évolution temporelle de ces indices et la comparaison entre bassins montrent l`importance des changements favorables au ruissellement qui ont pu intervenir entre 1990 et 1997.
La connaissance de ces changements est une information importante pour les acteurs régionaux. L`intérêt de ces paramètres réside dans leur utilisation pour identifier les zones sensibles au ruissellement. Ils peuvent donc servir d`outils d`aide à la décision dans le cadre d`une politique d`aménagement des bassins versants visant à réduire le ruissellement. La perspective d`une généralisation de ces indices pour une étude de sensibilité régionale est envisagée.
Analyse de la distribution verticale et spatiale du calcaire dans les sols de l`Algérie septentrionale | p 201-213
Auteurs :
K. Djili, Y. Daoud et N. Ayache
Adresse :
I.N.A., département de science des sols, 16200 El Harrach, Alger
Résumé :
Une banque informatisée des données pédologiques a été réalisée utilisant le logiciel STIPA. Elle est constituée de 1 116 profils types répartis sur l`ensemble du Nord de l`Algérie. Les calculs montrent que 70 à 80 % des sols sont moyennement à faiblement pourvus en calcaire. Les horizons de profondeur sont plus calcaires que les horizons de sub-surface ou de surface. La spatialisation de 5 classes de calcaire a été réalisée par le logiciel Arc/info. Il en ressort que les faibles teneurs en calcaire sont principalement identifiées dans la frange nord du pays et dans les horizons de surface, et que les teneurs les plus élevées concernent surtout l`intérieur du pays et les horizons de profondeur. Les teneurs moyennes semblent se distribuer indifféremment sur l`ensemble du Nord de l`Algérie et dans le profil. Les calculs statistiques confirment que les teneurs en calcaire sont fortement corrélées avec la latitude ; par contre, la longitude n`a aucun effet sur leur distribution. La distribution verticale et spatiale des teneurs et des formes d`accumulation du calcaire est liée à la répartition des pluies.
Note technique - Le suivi de la qualité des sols en France, la contribution de l`Observatoire de la Qualité des Sols | p 215-230
Auteurs :
S. Martin(1), D. Baize(2), M. Bonneau(3), R. Chaussod(4), H. Ciesielski(5), J.-P. Gaultier(6), P. Lavelle(7), J.-P. Legros(8), A. Leprêtre(9) et T. Sterckeman(5)
Adresse :
(1) DIREN Ile-de-France, 18 avenue Carnot, 94234 Cachan cedex, France
(2) INRA, Unité de Science du Sol/SESCPF, Ardon, 45160 Olivet, France
(3) INRA, Unité Microbiologie et Biogéochimie des Ecosystèmes Forestiers, Champenoux, 54280 Seichamps, France
(4) INRA, Unité de Science du Sol, 17 rue Sully, B.P. 1540, 21034 Dijon cedex, France
(5) INRA, Laboratoire d`Analyses des Sols, 273 rue de Cambrai, 62000 Arras, France
(6) INRA, Unité de Science du Sol, Route de Saint Cyr, 78026 Versailles cedex, France
(7) ORSTOM, Laboratoire d`Ecologie des Sols Tropicaux, 72 route d`Aulnay, 93143 Bondy cedex, France
(8) INRA, Unité de Science du Sol, place Viala, 34060 Montpellier cedex, France
(9) Université de Lille 1, SN3, Laboratoire d`Ecologie Numérique, 59655 Villeneuve d`Ascq cedex, France
Résumé :
De nombreuses activités humaines causent aux sols des dégradations. En général, celles-ci restent longtemps discrètes mais s`avèrent irréversibles à l`échelle humaine. A l`inverse, les nouvelles méthodes d`agriculture durable sont susceptibles de protéger et même de restaurer la qualité des sols.
C`est pourquoi, en 1985, le ministère de l`Aménagement du Territoire et de l`Environnement a créé pour la France l`Observatoire de la Qualité des Sols (OQS), avec l`appui scientifique de l`Institut National de la Recherche Agronomique (INRA).
L`OQS repose sur un réseau de sites. Ces sites sont, à leur création, décrits en détail (contexte géographique et historique, étude pédologique, fond pédogéochimique local). Ensuite, tous les cinq ans environ, sont mesurées les propriétés chimiques et physico-chimiques classiques des sols et leurs teneurs en éléments-traces métalliques.
L`OQS a impliqué l`élaboration :
1. De stratégies d`échantillonnage qui permettent d`estimer des changements à long terme de la qualité des sols en s`affranchissant le plus possible de l`hétérogénéité spatiale du milieu, des fluctuations saisonnières et des incertitudes liées aux mesures.
2. D`indicateurs de qualité des sols.
3. D`une base de données adaptée à un contexte scientifique.
Pour le futur, nous recommandons une évolution de l`OQS dans trois directions principales : (1) une extension géographique, (2) un développement thématique et (3) un renforcement du dialogue avec les utilisateurs.

1999 - Volume 6 - Numéro 4

Modélisation hydrologique et hétérogénéité spatiale des bassins - Vers une comparaison de l`approche globale et de l`approche distribuée | p 165-184
Auteurs :
J.C. Baudez*(1), C. Loumagne(1), Cl. Michel(1), B. Palagos(1),V. Gomendy(2) et F. Bartoli(2)
Adresse :
(1) CEMAGREF, division qualité et fonctionnement hydrologique des systèmes aquatiques, Parc de Tourvoie BP 121 92185 Antony Cedex
* adresse actuelle : CEMAGREF, domaine des palaquins, 03 150 Montoldre
(2) CNRS, Centre de Pédologie Biologique associé à l`Université Henri Poincaré - Nancy I, BP 5, 54501 Vandoeuvre les Nancy Cedex
Résumé :
La pertinence de l`utilisation d`une approche distribuée par rapport à une approche globale de la transformation pluie-débit à travers un modèle hydrologique est une question souvent résolue de façon intuitive et au cas par cas. Cette recherche présente une tentative pour répondre à ce problème, afin d`améliorer les procédures de modélisation des débits d`un bassin versant, mais aussi de les généraliser aux différentes situations rencontrées. Deux approches complémentaires ont été suivies sur un échantillon de quinze triplets de bassins versants français jaugés, chacun de ces triplets étant constitué de deux sous-bassins juxtaposés d`amont en aval et de superficie équivalente, et d`un petit sous-bassin aval.
La première approche a consisté à étudier l`intérêt de découper un bassin versant en sous-unités pour sa modélisation hydrologique. Pour ce faire, une analyse statistique non paramétrique des résultats du critère de Nash de validité d`un modèle s`est avérée être la plus pertinente pour classer les bassins en fonction de la valeur du test de Wilcoxon. La seconde approche a porté sur une recherche, pour le même échantillon de bassins, de caractéristiques supposées à priori déterminantes pour l`hydrologie, à savoir la densité du réseau hydrographique, l`hypsométrie, et la nature des couvertures pédologique et végétale. Les différences observées sur les caractéristiques de deux sous-bassins juxtaposés ont été quantifiées afin d`obtenir des indices d`hétérogénéité de bassin.
Une comparaison des résultats a été alors réalisée afin de déterminer s`il était possible d`établir un lien entre la préférence raisonnée d`un type de modélisation hydrologique et les degrés d`hétérogénéité de bassin. Cette comparaison a mis en évidence une relation entre les valeurs du test de Wilcoxon et certains déterminants hydrologiques. C`est ainsi que le degré d`hétérogénéité de la couverture pédologique s`est avéré être le plus discriminant dans le choix de discrétiser ou non un bassin versant. Certaines valeurs du test de Wilcoxon ont été aussi reliées à la taille des bassins, ce qui serait attribuable au fait que les hétérogénéités de bassin peuvent augmenter en fonction de l`échelle d`observation, en ce qui concerne notamment la couverture pédologique.
Variabilité verticale de la composition granulométrique des limons de Petite Beauce (France) | p 185-195
Auteurs :
P. Chéry(1)(3), O. Lavialle(2), H. Bourennane(3), D. King(3), A. Bruand(3)
Adresse :
(1) Ecole Nationale d`Ingénieur des Travaux Agricoles de Bordeaux, Laboratoire Sols et Paysages, 1 cours du Général de Gaulle, BP 201, 33175 Gradignan Cedex
(2) Ecole Nationale d`Ingénieur des Travaux Agricoles de Bordeaux, Laboratoire Analyse de Scènes Naturelles, 1 cours du Général de Gaulle, BP 201, 33175 Gradignan Cedex
(3) Institut National de la Recherche Agronomique, Centre de Recherche d`Orléans, Unité de Science du Sol - SESCPF, BP 20619, 45166 Olivet Cedex
Résumé :
En Petite Beauce, les matériaux limono-argileux à argilo-limoneux (limons de Beauce) présentent fréquemment une augmentation de la teneur en argile avec la profondeur. L`actuelle couverture pédologique s`étant développée dans ces matériaux, une telle différenciation granulométrique peut résulter soit de processus pédologiques, soit de processus sédimentaires. L`origine de cette différenciation n`ayant pas été clairement établie, l`objectif de cette étude est de la discuter sur la base d`un ensemble d`analyses granulométriques.
La composition granulométrique de 138 horizons a été déterminée au laboratoire. Ces horizons étaient issus de 40 fosses pédologiques réparties sur un secteur d`environ 2 500 ha. Les résultats ont montré l`existence de deux groupes d`horizons caractérisés par des teneurs moyennes en argile de 31,5 et 37,2 %, et limon grossier de respectivement 29,8 et 23,8 %. Ces teneurs ainsi que le rapport LF/LG sont significativement différentes entre les deux groupes d`horizons au seuil de 1 %. Lorsqu`il y a localement superposition d`horizons appartenant à ces deux groupes, les horizons les moins argileux sont toujours situés au-dessus de ceux qui sont le plus argileux. La distribution verticale se fait donc toujours dans le même ordre.
De tels résultats indiquent que la différence de teneur en argile a pour origine deux apports successifs de sédiments éoliens ; il s`agit par conséquent d`une discontinuité d`origine sédimentaire.
Le maintien de la fertilité des sols forestiers landais dans le cadre de la sylviculture intensive du pin maritime - Revue bibliographique et identification des pistes de recherches | p 197-216
Auteurs :
P. Trichet(1), Cl. Jolivet(2), D. Arrouays(2), D. Loustau(1), D Bert(3) et J. Ranger(4)
Adresse :
(1) INRA, Laboratoire d`Ecophysiologie et Nutrition, Domaine de l`Hermitage, 33610 Cestas.
(2) INRA, Unité de Science du Sol, SESCPF, Av de la Pomme de Pin, 45160 Ardon.
(3) INRA, Laboratoire de Croissance et Production, Domaine de l`Hermitage, 33610 Cestas.
(4) INRA, Equipe Cycles Biogéochimiques, Centre de Recherches de Nancy, 54280 Champenoux.
Résumé :
Les sols du massif forestier des Landes de Gascogne sont des sols sableux podzolisés caractérisés par une forte acidité, une pauvreté en ressources minérales assimilables, fortement liée à la faible capacité de rétention de leur complexe adsorbant, la présence d`un alios plus ou moins induré et superficiel et d`une nappe phréatique atteignant la surface en hiver en lande humide. La végétation, le développement du profil et les stocks de matière organique dépendent étroitement du niveau de la nappe phréatique dont l`amplitude de battement varie en fonction du micro-relief. Le manque de connaissances sur la matière organique du sol, qui est une clef de compréhension de l`évolution de la fertilité, rend difficile l`établissement d`un diagnostic fiable sur le maintien de la fertilité azotée des sols landais. De plus, le non renouvellement de la ressource azotée par fertilisation, laisse entrevoir un appauvrissement progressif des réserves à chaque rotation. Pour le phosphore, la fertilisation des peuplements à chaque rotation maintient en équilibre la faible fertilité phosphatée des sols landais. Le potassium, et le magnésium, ne sont pas apportés par fertilisation. Le calcium est apporté à des niveaux variables comme élément constitutif des engrais phosphatés. Le faible niveau de connaissances sur leur cycle biogéochimique ne permet pas de conclure sur le caractère durable de la disponibilité de ces éléments dans les sols landais. De toutes les modifications probables de l`itinéraire technique sylvicole du Pin maritime, le raccourcissement des révolutions est sans doute le point le plus délicat à prendre en compte dans le raisonnement du maintien de la fertilité des sols landais, en raison de l`augmentation de la fréquence des prélèvements minéraux et organiques et des perturbations du sol occasionnées à chaque coupe rase.
Note de synthèse - Inventaire cartographique et surveillance des sols en France page - Etat d`avancement et exemples d`utilisation | p
Auteurs :
D. King, M. Jamagne, D. Arrouays, M. Bornand, J.C. Favrot, R. Hardy, C. Le Bas, P. Stengel

1998 - Volume 5 - Numéro 1

Estimation des propriétés de rétention en eau des sols à l`aide de fonctions de pédotransfert (FPT) - Une analyse bibliographique | p 7-28
Auteurs :
G. Bastet, A. Bruand, P. Quétin et I. Cousin
Adresse :
INRA, Unité de Science du Sol - SESCPF. Centre de Recherche d`Orléans, Domaine de Limère, F 45160 Ardon.
Résumé :
L`étude des flux d`eau et de solutés dans les sols à l`échelle d`unité de paysage se heurte à de nombreuses difficultés dont celles relatives à une connaissance insuffisante des propriétés de rétention en eau des sols. Des outils d`estimation de ces propriétés ont par conséquent été développés. Cette analyse bibliographique présente les études ayant porté sur l`estimation des propriétés de rétention en eau à l`aide de fonctions de pédotransfert (FPT). Celles-ci ont la forme de relations mathématiques entre une propriété ou un comportement du sol et des caractéristiques de constitution de ce sol. Les travaux ayant concerné les fonctions de pédotransfert peuvent être regroupés en deux grands ensembles selon que l`on estime de façon ponctuelle ou continue les quantités d`eau retenues en fonction du potentiel matriciel. Dans le premier ensemble, les FPT permettent d`estimer la teneur en eau à des valeurs particulières de potentiel matriciel (h), en fonction de caractéristiques des sols. Des FPT ont été développées pour un nombre variable de valeurs de h pouvant aller jusqu`à 12 et variant dans ce cas de -40 à - 15 000 hPa. Dans le second ensemble de travaux, des modèles que l`on peut regrouper en deux sous-ensembles sont utilisés pour décrire l`évolution continue de h en fonction de la teneur en eau (θ). Le premier sous-ensemble est constitué par des modèles utilisant une ou plusieurs relations mathématiques paramétrées, lesquelles permettent de décrire mathématiquement au mieux l`évolution conjointe de h et de θ. Dans ce cas les FPT permettent d`estimer les paramètres de ces relations. Les modèles du second sousensemble sont en revanche basés sur des hypothèses reliant la distribution de taille et l`arrangement des particules élémentaires à la géométrie des pores. Dans ce cas, les modèles peuvent le plus souvent être assimilés à des FPT puisqu`ils intègrent dans leur expression mathématique des caractéristiques de la constitution du sol.
Suivant les études, les FPT ont nécessité, pour leur établissement, un nombre d`horizons très variable, mais aussi d`origine et de nature très différentes. De telles différences ont des conséquences importantes sur le mode d`utilisation et sur la qualité des estimations que l`on obtient avec les FPT. Plusieurs auteurs ont d`ailleurs cherché ces dernières années à évaluer l`efficacité d`un certain nombre de FPT en les utilisant pour des sols provenant des Etats-Unis ou d`Allemagne. Les résultats montrent de grandes disparités dans la qualité des estimations. Enfin, face à la complexité sans cesse croissante des FPT, cette analyse bibliographique montre qu`il est possible d`améliorer et de simplifier l`estimation des propriétés de rétention en eau en faisant appel à des critères pédologiques pour établir des règles de stratification préalablement à l`établissement de FPT.
Estimation des stocks de carbone des sols du Rondônia (Amazonie brésilienne) | p 31-42
Auteurs :
M. Bernoux(1), D. Arrouays(2), C. Cerri(1), P.M. de Alencastro Graça(5), B. Volkoff(3), J. Trichet(4)
Adresse :
(1) CENA-USP, Biogeoquímica de Solos, Caixa Postal 96, 13400-970 Piracicaba-SP, Brésil.
(2) INRA Orléans, Unité de Science du Sol, SESCPF, 45160, Ardon, France.
(3) ORSTOM, 32 Av. H. Varagnat, 93143 Bondy Cedex, France.
(4) Univ. d`Orléans, Lab. de Géochimie Organique, B.P. 6759, 45067 Orléans Cedex 2, France.
(5) INPA, Lab. de Ecologia, Caixa Postal 478, 69011-970 Manaus-AM Brésil.
Résumé :
L`estimation des stocks de carbone (C) organique des sols est d`une importance considérable, en raison de leur rôle en tant que source ou puits de composés carbonés vis-à-vis de l`atmosphère. L`objectif de ce travail est de comparer différentes méthodes d`estimation des stocks de C organique des sols forestiers. Nous présentons ici des résultats concernant l`évaluation de ces stocks en milieu tropical, pour l`état du Rondônia (Amazonie brésilienne) qui est une zone de forte expansion des défrichements. Une base de données a été élaborée à partir des résultats d`analyses d`horizons de sols échantillonnés lors de campagnes de prospection réalisées à la fin des années 70 et au début des années 80. La densité apparente est estimée à partir de régressions multiples faisant intervenir d`autres paramètres édaphiques disponibles.
Nous comparons les stocks calculés par sommation des données disponibles jusqu`à un mètre de profondeur, ou par intégration d`un modèle de répartition verticale du carbone. Nous comparons également les stocks régionaux obtenus soit à partir des unités cartographiques, soit par des interpolations géostatistiques des stocks totaux ou des trois paramètres du modèle de répartition verticale. Même si les effets ` pépite ` sont très importants, les résultats de la validation croisée et de la validation externe prouvent que ces modèles sont valides.
La démarche suivie permet une estimation relativement précise des stocks de C organique des sols d`un vaste secteur géographique. Cette démarche devrait permettre une meilleure quantification de l`effet des principaux déterminants (climat, texture, végétation, géologie, topographie, etc.) de la répartition spatiale et verticale du carbone dans ces sols. Enfin, une estimation fiable des stocks préalables au défrichement constitue la base indispensable à l`évaluation de leur impact sur le bilan atmosphérique en carbone.
Le terroir, une réalité géographique mise en évidence par des critères édaphiques | p 43-60
Auteurs :
J.-Cl. Monnet et M. Gaiffe
Adresse :
Laboratoire de Sciences Végétales-Pédologie, Université de Franche-Comté, Place Leclerc, F-25030 Besançon Cedex
Résumé :
La variabilité du goût du fromage de Comté est-elle seulement due aux changements saisonniers dans l`alimentation des vaches laitières (alternance herbe-fourrage) ou à des composantes pérennes du milieu naturel ? Existe-t-il des ` terroirs ` de fromage ? Une cartographie des unités agro-pédologiques (combinaison du système hydrique sol-roche et du volume de sol prospectable par les racines), effectuée sur 20 bassins laitiers, a permis une comparaison statistique faisant apparaître des ` secteurs édaphiques ` différenciés. Une analyse sensorielle de 106 fromages issus de ces 20 fromageries (fromages d`été ou d`hiver, affinés 3 ou 6 mois) a mis en évidence des ` crus de Comté `, qui correspondent – à plus de 80 % – aux secteurs édaphiques. Ces derniers ont donc valeur de terroirs, entités naturelles exprimées de façon synthétique par le sol et révélées par la végétation qui donne ses saveurs au lait puis au fromage.
Influence des pratiques culturales sur le comportement et les propriétés de sols du Paraná (Brésil) | p 61-71
Auteurs :
J. Tavares-Filho(1) et D. Tessier(2)
Adresse :
(1) UEL, Département d`Agronomie, BP 6001, 86051-970 Londrina, Brésil
(2) INRA, Science du Sol, route de Saint Cyr, 78026 Versailles
Résumé :
Dans l`Etat du Paraná, des ` Latossolos Roxo ` (Oxisols) ont été mis en culture depuis environ 35 ans. Ces sols présentent actuellement des problèmes de dégradation principalement liés à leur tassement et à la disparition d`une partie de leur macroporosité. L`objectif de cet article est de discuter de l`évolution des sols sous l`influence de pratiques culturales, dans une perspective de gestion à long terme de leur fertilité. Une étude de longue durée a été menée à l`OCEPAR (Organisation des Coopératives du Paraná) sur l`évolution simultanée des sols et des rendements des cultures. Des profils culturaux ont été effectués et des échantillons non remaniés prélevés après semis direct et labour à la charrue à soc. Une comparaison a été faite entre les propriétés physiques (rétention d`eau, gonflement-retrait) et physico- chimiques des sols sous forêt et cultivés. Les sols sous forêt présentent une structure microagrégée typique des sols ferrallitiques (latosols) développés sur basaltes (>70 % d`argile). Dans ce type de sol, le degré d`altération des constituants minéraux et leur environnement géochimique sont des éléments fondamentaux à prendre en compte pour comprendre et prévoir leur stabilité physique.
Lorsque le pH est acide (Cascavel) et le complexe d`échange largement désaturé, les forces de cohésion entre les constituants très fins (argiles, oxydes et matières organiques) permettent d`assurer la stabilité physique du sol. Le labour se révèle alors une technique relativement dangereuse car il tend à rompre de façon durable la structure microagrégée des sols ; en revanche, la pratique du semis direct semble être une technique de conservation bien adaptée aux sols acides.
Lorsque le pH tend vers la neutralité comme à Palotina, l`absence de forces de cohésion entre les constituants (argiles, oxydes et matières organiques) ne contribue plus à assurer une certaine stabilité physique au sol. Les conclusions établies pour Cascavel ne paraissent plus appropriées pour Palotina car le sol présente, du fait de sa constitution et de son environnement géochimique, un comportement potentiellement instable. Il est conclu que la technique de semis direct est alors moins bien adaptée que le labour à la charrue au maintien d`un espace poral favorable au développement des plantes. Au total, il apparaît que dans les régions tropicales, la maîtrise des techniques culturales nécessite de connaître un ensemble de caractéristiques propres aux sols et une gestion adaptée à chaque type de milieu.

1998 - Volume 5 - Numéro 2

Décomposition d`une poudrette de fumier incorporée dans un sol sableux de versant et un sol argilo-limoneux de bas-fond en milieu soudano-sahelien (Burkina Faso) | p 83-92
Auteurs :
B. Bacyé(1), R. Moreau(2) et C. Feller(2)
Adresse :
(1) Institut du Développement Rural BP 1091 Bobo-Dioulasso, Burkina Faso
(2) Centre ORSTOM 911, Avenue Agropolis 34032 Montpellier, France
Résumé :
La décomposition de la matière organique (MO) a été étudiée dans les conditions d`un sol ferrugineux sableux de mi-pente et d`un sol hydromorphe argilo-limoneux de bas-fond à travers une incubation au champ avec de la poudrette de fumier, durant deux saisons de culture. En l`absence de la poudrette de fumier l`évolution des teneurs en carbone (C) et azote (N) totaux des deux sols, préalablement sous culture continue, est faible et les pertes sont proportionnelles aux teneurs en MO du sol. Par contre, les teneurs en C des sols amendés, évoluent deux fois plus rapidement dans les conditions du sol sableux de versant que celles du sol de bas-fond, les constantes de vitesse de perte k étant respectivement de 0,033 et 0,015 % de C par jour. Mais à l`échelle de 2 saisons de culture, les pertes cumulées sont comparables dans les deux sols. L`accroissement des teneurs en C dû à l`apport de la poudrette de fumier est du même ordre de grandeur dans les deux situations ; il concerne surtout le compartiment ` débris végétaux ` (fraction > 50 μm) dont la biodégradation est relativement rapide. Pour l`entretien du stock organique, l`importance devrait être accordée à la nature de l`amendement et à la répétition des apports.
Caractérisation structurale de sols des Cerrados Brésiliens (Savanes) sous différents modes d`utilisation agricole | p 93-105
Auteurs :
P.L. de Freitas(1), Ph. Blancaneaux(2), R. Moreau(3)
Adresse :
(1) EMBRAPA / C N P S - Rua Jardim Botânico, 1024 ; 22460-000, Rio de Janeiro, Brésil.
(2) ORSTOM / EMBRAPA - C N P S - Rua Jardim Botânico, 1024 ; 22460-000, Rio de Janeiro, Brésil.
(3) ORSTOM - 911, av. Agropolis- B.P. 5045 ; 34032, Montpellier, France.
Résumé :
L`évaluation de systèmes de gestion pour la Région des Cerrados Brésiliens doit s`appuyer sur la mise en oeuvre d`approches méthodologiques comme l`analyse morpho-structurale permettant, en particulier, la caractérisation de l`état structural du sol, avec l`identification des différents horizons pédologiques et la caractérisation des unités pédologiques homogènes (UPH), qui résultent de l`activité anthropique et sont directement liées à l`action des outils agricoles. On y considère, sur un même type de sol ferrallitique, quatre situations comprenant une parcelle sous végétation naturelle anthropisée (CER), une parcelle sous pâturage cultivé de longue durée (PAL) et deux parcelles expérimentales sous irrigation (succession maïs/haricot), correspondant l`une à un système de gestion conventionnelle (CCL) et l`autre à un système de gestion par semis direct (PD).
La prise en compte de la différentiation morpho-structurale permet de comprendre et pronostiquer le comportement du sol évoluant sous différents modes d`utilisation agricole et conditions pédoclimatiques. S`agissant de l`espace poral, on constate une augmentation de la densité apparente dans les horizons les plus affectés par le travail du sol pour lesquels, toutefois, grâce aux caractéristiques de micro-agrégation des sols ferrallitiques, la porosité totale se maintient au-dessus de 49 %. C`est surtout la macroporosité grossière qui montre les variations les plus importantes en fonction du système cultural. Ces résultats sont confirmés et précisés par la porosimétrie à mercure.
On observe une correspondance nette entre les courbes de retrait et les caractères morphologiques décrits dans les divers horizons et UPH du sol existant sous différents systèmes. On constate, en effet, une cohésion d`assemblage et une cohésion interne des éléments structuraux très élevées en CCL, élevées en PAL ; par contre, si la cohésion interne reste appréciable en PD, la cohésion d`assemblage y est faible. Enfin, en comparant les situations CER et PAL avec les systèmes sous culture annuelle CCL et PD, on constate une stabilité plus faible des macro-agrégats (> 2 mm) dans le dernier cas. La diminution observée entre les deux cas de situation apparaît bien en rapport avec les caractéristiques morphologiques, physiques, chimiques et biologiques des différents systèmes considérés.
Évolution structurale d`un horizon de surface argileux sous irrigation (Kalaât Landelous, Tunisie) - Caractérisation de la macroporosité par analyse d`images | p 107-116
Auteurs :
V. Hallaire(1), M. Hachicha(2) et C. Cheverry(1)
Adresse :
(1) INRA-ENSA, Unité de Science du Sol et de Bioclimatologie, 65 rue de Saint-Brieuc, 35042 RENNES Cedex, France
(2) INRGREF, BP 10, 2080 ARIANA TUNIS, Tunisie
Résumé :
L`extension de l`irrigation en Tunisie est limitée par la quantité et la qualité des eaux, la présence d`une nappe phréatique peu profonde et salée, et la nature des sols : ces facteurs augmentent les risques de dégradation des sols dans les périmètres irrigués. L`objectif de ce travail est d`estimer les modifications structurales subies par un horizon de surface soumis à une irrigation par aspersion par des eaux salées. L`étude a été réalisée sur un sol argilo-limoneux du périmètre de Kalaât Landelous, au nord du pays. Elle a permis de caractériser la macroporosité sur les quinze premiers centimètres, par analyse d`images sur des échantillons de sols non remaniés, observés à trois échelles de résolution spatiale. La porosité a été quantifiée au moyen d`une approche morphologique, prenant en compte la taille et la forme des pores, ainsi que par leur spectre de porosité. En comparant un horizon travaillé soumis à l`irrigation et un horizon non travaillé sans irrigation, on montre que la macroporosité est plus importante après irrigation ; une analyse typologique montre que cette augmentation est due à la création d`une porosité très grossière, constituée de pores d`assemblage entre les agrégats, ceux-ci pouvant laisser entre eux des espaces de plus de 5 mm. En confrontant ces résultats aux descriptions pédologiques de terrain, on montre que l`irrigation a permis de passer d`une structure polyédrique subanguleuse, présentant une porosité essentiellement fissurale et tubulaire, à une structure grenue, présentant une importante porosité interstitielle entre les agrégats.
Devenir de l`azote des eaux résiduaires de féculerie après épandage sur un sol cultivé | p 117-133
Auteurs :
S. Page, C. Hénault, D. Chèneby, B. Lagacherie et J.C. Germon
Adresse :
INRA, Centre de Microbiologie du Sol et de l`Environnement, 17 rue Sully, BP 1540, 21034 DIJON Cedex, France
Résumé :
Une étude sur le devenir de l`azote d`eaux résiduaires de féculerie épandues sur des sols agricoles du Nord de la France a été réalisée afin d`en évaluer la disponibilité et les éventuelles pertes par lessivage ou par dénitrification. Des incubations en laboratoire à 20 °C ont confirmé que 62 % de l`azote organique apporté sont minéralisés en quelques mois et que la matière organique des effluents qui contient 80 % de carbone facilement biotransformable est biodégradée quasi complètement après les 37 semaines de l`étude. Le suivi in situ de l`azote minéral après un épandage d`eaux résiduaires à l`automne sur la base de 420 kg N ha-1 a confirmé la minéralisation rapide des effluents avec un excédent d`azote minéral dans la parcelle épandue de 90 kg N ha-1 4 jours après l`apport. Au printemps, cet excédent a atteint 58 % de l`azote total apporté ; il s`est estompé ensuite au cours de l`été simultanément au développement de la végétation. Une évaluation du transfert de l`azote nitrique vers les nappes a montré que celui-ci n`aurait pas dépassé, au cours de cette étude, quelques kg N ha-1. L`activité dénitrifiante du sol a été mesurée à l`aide d`un système de cylindres de sol non remanié incubant à 20 °C. Des pertes d`azote de l`ordre 10 kg N ha-1 ont été évaluées sur une semaine après l`épandage. Le potentiel de dénitrification relativement élevé dans ce type de sol est accru par l`apport des eaux résiduaires. Néanmoins l`activité de dénitrification dans le profil de la parcelle épandue est demeurée peu importante au cours de cette étude, limitée par les conditions de faible humidité du sol.

1998 - Volume 5 - Numéro 3

Eléments pour une méthode d`évaluation d`un risque parcellaire de contamination des eaux superficielles par les pesticides - Application au cas de la contamination par les herbicides utilisés sur culture de maïs sur des bassins versants armoricains | p 143-156
Auteurs :
P. Aurousseau (1), C. Gascuel-Odoux (2), H. Squividant (1)
Adresse :
(1) ENSAR, Laboratoire de Spatialisation Numérique, 65 Route de Saint-Brieuc, 35042 Rennes Cedex
(2) INRA, Unité de Science du Sol et de Bioclimatologie, 65 Route de Saint-Brieuc, 35042 Rennes Cedex
Résumé :
Des éléments sont proposés pour l`élaboration d`une méthode d`évaluation d`un risque parcellaire de contamination des eaux superficielles par les pesticides. Cette méthode suit les étapes suivantes: (1) une liste hiérarchisée de facteurs de risque est établie, faisant pour partie suite à une consultation d`experts régionaux et nationaux ; (2) chaque facteur de risque est traduit en un critère mesurable à l`échelle de la parcelle, plusieurs critères étant évaluables directement sous système d`information géographique à partir du parcellaire, des données d`occupation du sol et d`un modèle numérique de terrain ; (3) chaque facteur est subdivisé en deux, trois ou quatre modalités, les limites entre ces modalités s`appuyant là aussi pour partie sur l`avis des experts ; (4) la technique de combinaison des facteurs de risque choisie est une technique hiérarchique de rang, la méthode SIRIS, déjà utilisée pour classer les molécules de pesticides. Les facteurs de risques de contamination et les modalités retenus ont été choisis en tenant compte du contexte régional de l`étude et en privilégiant les mécanismes de contamination des eaux de printemps et de début d`été qui se produisent principalement par ruissellement après les désherbages du maïs. Cette technique a été appliquée sur plusieurs bassins versants à la demande de l`Agence de l`Eau Loire-Bretagne. Dans cette article nous présentons une mise en oeuvre sur la partie aval du bassin versant de l`Aulne en couplant des données d`occupation du sol obtenues par traitement d`images satellitaires et un modèle numérique de terrain à pas de 20 mètres. La méthode d`évaluation des risques utilisée met en oeuvre cinq facteurs de risque renseignés automatiquement par système d`information géographique : distance hydraulique de la parcelle au réseau hydrographique, pente de la parcelle, longueur de la parcelle dans le sens de la pente, protection par une zone concave, protection aval par une culture minimisant le ruissellement. Les rangs de risque finaux calculés par la méthode SIRIS sont ensuite partagés en quatre classes de risque qui sont visualisées dans le système d`information géographique.
Cette méthodologie est aisément applicable à d`autre contextes régionaux et à d`autres mécanismes de contamination à condition de réexaminer les facteurs de risque, leur hiérarchie et le choix des modalités.
Pratiques culturales et érodibilité du sol dans les Rougiers de Camarès (Aveyron) | p 157-170
Auteurs :
B. Barthès, A. Albrecht, J. Asseline, G. De Noni, E. Roose, M. Viennot
Adresse :
ORSTOM-LCSC. BP 5045. F-34032 Montpellier cedex 1
Résumé :
Dans les Rougiers de Camarès (Aveyron), les versants cultivés sont sensibles à l`érosion hydrique. Cette sensibilité résulte des caractéristiques du milieu physique, mais également des conditions d`exploitation de ce milieu. L`objectif du travail présenté est d`évaluer l`influence de différentes pratiques culturales (labour, travail superficiel ou semis direct, avec engrais ou fumier) sur l`érodibilité, la stabilité de l`agrégation et la teneur en carbone d`un régosol des Rougiers. L`étude porte également sur les relations entre érodibilité (évaluée par simulation de pluie sur sol nu retravaillé manuellement, initialement sec), stabilité de l`agrégation (évaluée par immersion puis tamisage dans l`eau) et teneur en carbone de la couche de sol 0-10 cm.
Ruissellement et perte en terre sont importants dans les parcelles labourées, plus faibles en semis direct (où le ruissellement reste notable), intermédiaires en travail superficiel, sans influence nette du type d`apport (engrais ou fumier). Dans les parcelles avec engrais, la macroagrégation stable (> 0,2 mm) est plus développée en semis direct qu`en labour ; en revanche, elle ne varie pas significativement parmi les parcelles avec fumier. Les profils de teneur en carbone montrent une concentration du carbone en surface dans les parcelles en semis direct et travail superficiel, mais sa dilution sur l`épaisseur des labours.
Ruissellement, turbidité et perte en terre (produit des deux premiers) sont liés à la stabilité de l`agrégation et à la teneur en carbone de la couche de sol 0-10 cm. En début de pluie (30 mn), ruissellement et perte en terre sont étroitement liés à la stabilité de la macroagrégation, mais pas à la teneur en carbone (bien que stabilité des macroagrégats et teneur en carbone soient corrélées). En fin de pluie (ruissellement stabilisé), turbidité et perte en terre sont liées étroitement à la teneur en carbone, et moins étroitement, à la stabilité de la macroagrégation. L`effet des pratiques culturales sur l`érodibilité dépend donc largement de leur effet sur la stabilité de l`agrégation et sur la teneur en carbone de la couche de sol superficiel.
Spatialisation et cartographie des risques érosifs à l`échelle d`un bassin versant agricole par un radio-isotope (137Cs) | p 171-180
Auteurs :
L. Mabit (1), Cl. Bernard (2), M.R. Laverdière (3) et S. Wicherek (1)
Adresse :
(1) Centre de Biogéographie-Ecologie, UMR180 CNRS, ENS Fontenay-Saint-Cloud - Le Parc, 92211 Saint-Cloud, France
(2) MAPAQ, Centre de recherche et d`expérimentation en sols - 2700 rue Einstein, Sainte-Foy (QC), Canada, G1P 3W8
(3) Université Laval, Département des Sols, Sainte-Foy (QC), Canada, G1K 7P4
Résumé :
L`érosion des sols et la qualité de l`eau sont deux problématiques imbriquées et indissociables. Outre les pollutions urbaines et industrielles, les pollutions diffuses agricoles contribuent à une dégradation des hydrosystèmes, ce qui entraîne une limitation coûteuse de leurs divers usages originels. La mesure de l`érosion hydrique des sols par des radio-traceurs a été initiée au début des années 1970. En raison de ses prédispositions (propriétés physico-chimiques, comportement environnemental) et de sa diffusion mondiale, le césium-137 (137Cs) fut l`un des plus usités pour inventorier l`état de dégradation des sols. Les auteurs ont utilisé cette méthode d`investigation sur un bassin versant agricole en France, dans le Soissonnais (Vierzy). Un bilan érosif interne et externe a été établi. L`importance des processus érosifs a été estimée, spatialisée, et cartographiée. La réalisation d`une telle cartographie des zones à risques des agrosystèmes peut aider à la conservation et à la gestion des ressources couplées eau/sol.
Apport de la recherche à la lutte antiérosive | p 181-194
Auteurs :
E. Roose et G. De Noni
Adresse :
ORSTOM, Laboratoire de Comportement des Sols Cultivés, BP 5045, 34032 Montpellier
Résumé :
Les Processus d`érosion sont aussi vieux que le monde et les premiers vestiges de lutte antiérosive remontent à 7 000 ans. En effet très tôt, l`homme a été obligé de développer des stratégies empiriques de gestion des eaux et de la fertilité des sols pour faire face à la pression démographique. Plus récemment, pour répondre aux crises économiques et sociales traduisant de fortes pressions foncières, se sont développées des techniques d`extension de l`agriculture à des zones fragiles et des stratégies modernes de lutte antiérosive tournées essentiellement vers l`équipement d`une petite hydraulique rurale (RTM, CES, DRS) par les agents du pouvoir central.
Par contre, la recherche scientifique n`a débuté qu`il y a un siècle et n`a pris un réel essor que depuis 1930 aux USA et 1954 en Àfrique. Une sorte de décalage a donc toujours existé entre les tentatives de lutte antiérosive et la recherche. Bien que depuis 60 ans, les mesures sur les facteurs de l`érosion aient été multipliées, on constate que les progrès de la connaissance n`ont pas toujours entraîné des bénéfices dans le domaine de la lutte antiérosive où le nombre d`échecs reste trop élevé. Les recherches se sont trop souvent limitées aux processus de dégradation sans accompagner les programmes de conservation des sols ni développer des moyens rentables de restauration de la productivité des sols, ce qui a contribué à entretenir ce décalage.
Une nouvelle stratégie participative, la GCES, a été développée pour répondre positivement aux problèmes de gestion durable des eaux de surface, de la biomasse et de la fertilité des sols. Les premiers résultats obtenus en Algérie et en Equateur sont encourageants et laissent la place à tout un champ de recherche.
Note historique : Un fractionnement granulométrique de la matière organique des sols en 1874 | p 195-200
Auteurs :
C. Feller
Adresse :
Laboratorio Biogeoquimica do Solo, CENA-USP/ ORSTOM, CP 96, 13400-970 Piracicaba (SP), Brazil
Résumé :
Depuis les vingt dernières années, des travaux de plus en plus nombreux mettent en oeuvre des fractionnements granulométriques et/ou densimétriques pour caractériser différents compartiments organiques des sols. Toutefois, à la différence des approches de type chimique ou biologique de la matière organique (MO) des sols, il ne semble pas exister d`étude historique exhaustive sur ce sujet. Pourtant, dés 1874, Schloesing publie, dans de bonnes conditions expérimentales et avec esprit critique, un fractionnement granulométrique de la MO des sols en vue de préciser son rôle dans la stabilité de l`agrégation des solsarables. Nous relatons ici ce travail.
Schloesing s`interroge sur la répartition de la MO du sol entre le sable et l`argile. Il distingue cinq fractions qu`il nomme : ` gros sable `, ` sable fin `, ` écaille ` (fraction légère à la surface des ` sables fins ` et se détachant en ` écailles ` après séchage), et ` deux dépôts d`argile `. Les résultats sont présentés en trois tableaux avec les bilans pondéraux (99,9 %), les teneurs en carbone et azote par gramme de fraction, et par gramme du sol, et la composition minérale de trois des fractions. Une des conclusions de Schloesing est que : ` l`argile contient 6,9 % de matière organique ; c`est assez pour qu`elle soit réellement modifiée dans sa manière d`agir comme ciment `.
Ce travail pourrait être publié de nos jours.
Communication présentée au symposium n° 42 du 16è Congrès Mondial de l`IUSS. Montpellier, 1998. Réflexions sur les classifications des sols | p 201-205
Auteurs :
Ph. Duchaufour
Adresse :
Académie d`Agriculture de France, 18, rue de Bellechasse, 75007 Paris
Résumé :
La classification des sols se heurte à deux difficultés majeures : (1) le sol n`est pas un objet défini ; il s`insère dans un ` continuum écologique `; (2) la hiérarchie des unités oblige à faire des choix difficiles entre les caractères de base et leur importance relative. Trois types de classification ont été passées en revue : (1) les classifications hiérarchisées, qui n`évitent pas ces deux difficultés ; (2) les référentiels classiques, qui ne les corrigent que partiellement ; (3) les référentiels de type ` fuzzy ` (flou), qui sont plus proches de la réalité, mais n`évitent pas le risque de confusion, car l`utilisateur doit faire certains choix. La World Reference Base paraît être un compromis satisfaisant, dans la mesure où elle est logique, flexible et facile à utiliser.

1997 - Volume 4 - Numéro 1

Variabilité intraparcellaire de quelques propriétés des sols sableux des Landes de Gascogne (France) - Conséquences sur la stratégie d`échantillonnage agronomique | p 5-16
Auteurs :
D. Arrouays(1), Isabelle Vion(2), Cl. Jolivet(1), Dominique Guyon(3), A. Couturier(1) et J. Wilbert(1)
Adresse :
(1) INRA, Unité de Science du Sol, SESCPF, 45160 Ardon, France
(2) Inter-Etudes-Aménagement, Parc Technologique de La Pardieu, 63063 Clermont-Ferrand Cedex 1, France
(3) INRA, Laboratoire de Bioclimatologie, BP 81, 33883 Villenave d`Ornon Cedex, France
Résumé :
Sur une parcelle maïsicole des Landes de Gascogne, on étudie la variabilité intraparcellaire de quelques propriétés de sols sableux. On réalise des prélèvements selon un carroyage systématique et des déterminations des taux de matière organique, du pH, et des teneurs en K2O et P2O5. On étudie la variabilité de ces caractères selon des techniques statistiques classiques et selon des techniques géostatistiques. Les résultats mettent en évidence la très forte variabilité des paramètres K2O et P2O5, qui peuvent être considérés comme aléatoirement distribués à l`échelle étudiée. Les teneurs en matière organique et le pH présentent, par contre, une structure spatiale qui autorise leur cartographie intraparcellaire par krigeage. On développe ensuite les conséquences de ces variabilités aléatoires ou structurées sur la possibilité de modulation des apports en fonction de l`existence ou non de zones d`isoteneurs, et sur la stratégie d`échantillonnage à adopter pour un suivi à long terme de l`évolution de ces paramètres. On montre qu`il est possible de moduler les apports de chaux sur la parcelle afin d`éviter des chaulages excessifs ou trop faibles. A l`opposé, il apparaît impossible de délimiter des zones d`isoteneurs en K2O et en P2O5, suffisamment vastes pour être fertilisées différemment. De plus, on montre que le nombre d`échantillons à prélever pour un suivi temporel de ces caractéristiques doit être beaucoup plus élevé que celui retenu dans les pratiques agronomiques conventionnelles.
Etat structural d`horizons superficiels sableux sous culture ou jachère herbacée en Afrique de l`Ouest (Burkina Faso) | p 17-26
Auteurs :
Ph. de Blic(1) et N. A. Some(2)
Adresse :
(1) ORSTOM B.P. 182 Ouagadougou Burkina Faso
(2) Institut de Recherche en Biologie et Ecologie tropicale B.P. 7047 Ouagadougou Burkina Faso
Résumé :
Le raccourcissement significatif des temps de jachère a entraîné, notamment en Afrique de l`Ouest, une détérioration importante de l`état structural des sols ferrugineux tropicaux lessivés, très caractéristiques de cette région. La restauration de cet état est déterminante pour le retour de meilleures conditions édaphiques et apparaît étroitement liée aux stades de reconstitution de la jachère définis en particulier par l`apparition et la succession de Andropogon spp. La caractérisation de l`état structural de l`horizon superficiel sous divers stades de jachère à Andropogon spp. fournit, par référence à l`état observé sous culture, des éléments d`appréciation de la restauration de meilleures conditions culturales. Les résultats suggèrent que les andropogonées vivaces jouent, dès leur apparition en touffes isolées dans les jachères de 6 à 8 ans, un rôle positif vis-à-vis de la structure et de la porosité de l`horizon superficiel. Cela confirme l`intérêt que présentent des modes de gestion favorisant l`implantation précoce de ces andropogonées.
Caractérisation des sols et paysages des garrigues méditerranéennes | p 27-42
Auteurs :
M. Bornand(1), J.M. Robbez-Masson(1), A. Donnet(1) et B. Lacaze(2)
Adresse :
(1) ENSA. M-INRA. - U.F.R.Science du Sol - Place Viala - 34060 Montpellier Cedex 01
(2) CEFE-CNRS -1919 route de Mende - BP 50551 - 34033 Montpellier Cedex 01
Résumé :
Les garrigues calcaires méditerranéennes sont des milieux présentant une grande hétérogénéité dans les caractéristiques des sols et une extrême variabilité dans leur distribution spatiale. Une typologie des sols et des paysages est établie dans des écosystèmes ; elle met particulièrement l`accent sur les relations pouvant exister entre les couvertures pédologiques et végétales. Sur cette base, une cartographie détaillée des sols et des paysages est réalisée au sein d`aires d`extension limitée représentatives de la diversité de ces espaces naturels : elle sert de référence locale de terrain pour réaliser une extrapolation spatiale des données à de vastes territoires. Pour ce faire, une procédure de traitements et d`analyse d`images satellitaires a été utilisée, basée sur le principe d`une classification tenant compte du voisinage spatial. Une confrontation est alors réalisée entre l`image classique obtenue et les cartes découlant de la prospection directe de terrain. Celle-ci permet d`évaluer la pertinence et les insuffisances des hypothèses émises au départ sur les relations sol-végétation. Des améliorations de la démarche sont alors proposées pour une meilleure discrimination des unités.
Variations de la densité des sols des hêtraies du nord-est de la France en relation avec leurs caractéristiques physico-chimiques | p 43-52
Auteurs :
J-L. Dupouey, Anne Thimonier et P. Behr
Adresse :
Unité d`Écophysiologie forestière, Équipe Phytoécologie, INRA - Nancy, 54280 Champenoux
Résumé :
Dans le cadre d`une étude de l`évolution des stocks de carbone et d`azote des sols de hêtraies du nord-est de la France, nous avons été amenés à mesurer puis modéliser la densité apparente de la terre fine de 93 horizons prélevés dans 37 sites. Le but de ce travail était d`étudier la possibilité de remplacer les mesures directes de densité dans ces milieux, longues et difficiles, en particulier en sols caillouteux, par les estimations obtenues à partir d`un modèle statistique utilisant des paramètres physico-chimiques du sol. La comparaison des méthodes de mesure de la densité au cylindre et à la paraffine indique une valeur systématiquement supérieure pour cette dernière (0,18 de plus), mais une répétabilité égale des deux méthodes (±0,07 à 5% d`erreur). Les modèles de densité obtenus font apparaître comme variables déterminantes le taux de carbone, la pierrosité, la profondeur et, de façon moins nette, l`état du complexe absorbant alors que la texture ne semble pas montrer d`effet significatif. Ils sont améliorés en séparant en 2 lots horizons superficiels et profonds. L`écart-type de l`erreur (0,12) et le pourcentage de variance expliquée (82%) permettent d`utiliser ces modèles en l`absence de mesures directes. Les écarts entre nos mesures de densité et les prévisions d`un autre modèle établi précédemment pour l`Angleterre sont faibles, du moins pour les horizons superficiels, ce qui renforce cette conclusion.
Variabilité et répartition de l`argile et de la salinité dans le périmètre de Kalaât Landelous (Tunisie) - Application à l`évaluation des risques de salinisation | p 53-66
Auteurs :
M. Hachicha(1), A. M`Hiri(2), F. Bouksila(2) et I. Bach Hamba(2)
Adresse :
(1) Ministère de l`Agriculture-Direction des Sols 17, rue Hédi Karray 2080 Ariana - Tunisie
(2) Laboratoire de Science du Sol - Institut National Agronomique de Tunisie, 43, Avenue Charles Nicolle 1082 Tunis - Tunisie
Résumé :
Dans le grand système hydro-pédologique de la Mejerda, l`hydromorphie et l`halomorphie affectent à des degrés divers les sols peu évolués d`apport alluvial. En particulier, les formations alluvionnaires de la Basse Vallée de la Mejerda, en bordure de mer, évoluent sous l`effet d`une nappe phréatique salée proche de la surface du sol. Ces terres étaient initialement exploitées extensivement par des cultures céréalières et fourragères et comme parcours. Elles ont fait l`objet d`une mise en valeur, pour le développement de cultures maraichères et fourragères irriguées d`été, par l`installation d`un réseau d`assainissement et de drainage, d`une station de pompage et d`un réseau d`irrigation. L`étude géostatistique des principales propriétés physico-chimiques a permis d`analyser leur structure et leur variabilité spatiale. Les paramètres hydro-pédologiques analysés à différentes échelles et à des pas de mesures de plus en plus petits ne montrent pas une réduction significative de la variabilité. Pour les paramètres physiques, la variabilité est plus forte en surface. Pour les paramètres chimiques, la variabilité est plus faible en profondeur et en surface mais plus forte aux niveaux intermédiaires soumis à la fois aux effets des précipitations et à celle de la nappe. Les profils salins sont descendants ou à ventre salin. A proximité de la nappe, le sol s`enrichit en chlorure et en sodium. Néanmoins, les solutions possèdent une réserve en gypse leur évitant la sodisation.
Les risques de salinisation sont manifestes. Les secteurs situés au nord-est, au sud et à l`est du périmètre présentent des risques de salinisation élevés. Ils seront les plus à contrôler.

1997 - Volume 4 - Numéro 2

Teneurs totales en éléments traces dans les sols agricoles de Seine-et-Marne | p 77-94
Auteurs :
D. Baize et H. Paquereau
Adresse :
Science du Sol - I.N.R.A. - Orléans. - Domaine de Limère - 45160 Ardon
Résumé :
A l`occasion de plans d`épandage de boues de stations d`épuration urbaines, la norme AFNOR NF U 44 041 rendue d`application obligatoire, exige l`analyse préalable de 8 éléments traces dans l`horizon labouré du sol agricole où est envisagé l`épandage. Prenant l`exemple du département de Seine-et-Marne, secteur soumis à une forte `pression` de la part de l`agglomération parisienne toute proche, cet article montre comment on peut traiter cette masse de données `dormantes` et quelles connaissances peuvent en être extraites facilement, malgré l`imperfection de l`échantillonnage. La population étudiée correspond à une entité administrative, le département. Malgré la multiplicité des sols et matériaux parentaux rassemblés dans cette population, des traitements simples ont permis de distinguer une sous-population de `sols limoneux`, de proposer des `seuils de contamination` et de faire apparaître des secteurs légèrement contaminés par des pratiques d`épandage déjà anciennes (composts d`ordures ménagères).
Rôle du sol sur la circulation et la qualité des eaux au sein de paysages présentant un domaine hydromorphe | p 95-114
Auteurs :
P. Curmi(1), J. Bidois(1), G. Bourrié(1,2), C. Cheverry(3, 1), P. Durand(1), C. Gascuel-Odoux(1), J.-C. Germon(4), V. Hallaire(1), C. Hénault(4), A. Jaffrezic(1), P. Mérot(1), F. Trolard(1), C. Walter(3, 1), et M. Zida(1)
Adresse :
(1) INRA, Unité de Science du Sol et de Bioclimatologie, 65 rue de Saint Brieuc, 35042 Rennes CEDEX.
(2) Université de Rennes 1 - Géosciences Rennes - UPR 4661 CNRS, Campus de Beaulieu, 35042 Rennes CEDEX.
(3) Laboratoire de Science du Sol, département DEERN, ENSAR, 65 rue de Saint Brieuc, 35042 Rennes CEDEX.
(4) INRA, CMSE, Laboratoire de Microbiologie des sols, 17 rue Sully, 21034 Dijon CEDEX.
Résumé :
La qualité des eaux de paysages présentant des sols hydromorphes dépend notamment des modes de circulation de l`eau à travers ces paysages et de l`extension spatiale et temporelle des zones humides en raison de leurs fonctionnements hydrologique et biogéochimique particuliers. L`incidence de ces cheminements sur la teneur en nitrate des eaux superficielles a été analysée par une approche pluridisciplinaire sur un bassin versant de 1200 ha (Coët Dan, Morbihan).
Le modèle d`organisation spatiale des sols correspond à un système pédologique associant un nombre limité d`horizons liés génétiquement. Le moteur de la différenciation pédologique étant l`hydromorphie, qui, sur ce bassin, est contrôlée principalement par la topographie, un modèle prédictif de la distribution des sols hydromorphes combinant deux indices topographiques a pu être établi. Les propriétés hydrodynamiques des horizons de ce système permettent de les regrouper en familles présentant un même comportement. En fonction de ces familles d`horizons et du modèle d`organisation des sols, le bassin versant peut être divisé en deux domaines : un domaine amont, homogène et très perméable où les transferts d`eau et de solutés sont principalement verticaux; et un domaine aval, multicouche, peu perméable présentant deux niveaux de nappes. Ce dernier domaine est le siège de transferts latéraux dans le sol et d`un ruissellement superficiel dont l`importance est fonction de l`extension spatiale et temporelle des surfaces saturées et de leur connectivité.
L`étude biogéochimique du domaine mal drainé montre l`importance des phénomènes de dénitrification dans la nappe perchée subsuperficielle et l`existence d`un composé du fer (rouille verte) qui peut à certains moments concurrencer la dénitrification. Au plan hydrologique, les variations de la qualité de l`eau au cours de la crue sont bien rendues par la décomposition de l`hydrogramme de crue à partir d`un modèle de mélange à 4 compartiments, cohérent avec le modèle de fonctionnement proposé. Ce modèle montre que l`eau venant de la zone dénitrifiée représente 15 à 30 % de l`écoulement de crue. A l`échelle annuelle, la concentration moyenne en nitrate de différents sous-bassins décroît lorsque la proportion de sols hydromorphes croît. Ces résultats montrent que les zones hydromorphes ont un effet sur les transferts de nitrate, mais que cet effet est limité par l`importance des chemins de l`eau court-circuitant les zones épuratrices. Un modèle conceptuel combinant les transferts d`eau et de nitrate à l`échelle du bassin versant est proposé qui prend en compte les principaux processus identifiés ici.
Morphologie de la porosité et circulations préférentielles en saturé - Cas des horizons d`un système pédologique armoricain | p 115-126
Auteurs :
V. Hallaire(1), P. Curmi(1) et Widiatmaka(2)
Adresse :
(1) INRA, Unité de Science du Sol et de Bioclimatologie, 65 rue de Saint-Brieuc, F 35042 Rennes CEDEX
(2) Bogor Agriculture University, Dept of Soil Science, Pajajaran Str., Bogor 16144, Indonesia
Résumé :
La macroporosité a été analysée sur neuf horizons types du bassin versant du Coët Dan (Morbihan), en vue d`une détermination des pores efficaces aux transferts hydriques en conditions saturées. Les voies de circulation préférentielle ont été marquées, puis identifiées par analyse d`images. Une paramétrisation morphologique des pores fonctionnels est proposée à partir de quatre critères : la porosité surfacique, la taille des pores, leur forme, et leur connectivité. Ces paramètres porosimétriques ont été croisés à un paramètre hydrodynamique, la conductivité hydraulique à saturation des horizons. On met en évidence une relation entre la porosité fonctionnelle et la perméabilité, malgré une grande variabilité au sein de chaque horizon. L`analyse morphologique des pores permet de classer les horizons en quatre types, en fonction de la classe principale des macropores. Cette classification montre que la connectivité est fortement liée au Ksat. Une approche morphologique de la porosité, tenant compte de la forme des pores (pores tubulaires, pores fissuraux, pores d`assemblage), de leur taille et de leurs connexions apparaît ainsi nécessaire pour expliquer les transferts hydriques en saturé.
Modification au cours de la révolution forestière des caractères physiques de sols sous plantation de Douglas (Pseudotsuga menziesii Franco) | p 127-140
Auteurs :
J. Chrétien(1), J. Ranger(2) et S. Villette(3), avec la collaboration technique de D. Meunier(1), O. Munier(1) et D. Gelhaye(2)
Adresse :
(1) INRA - Unité de Science du Sol - SESCPF - Antenne de Dijon, 17, rue Sully - 21034 Dijon cedex
(2) INRA - Centre de Nancy, Équipe `Cycles biogéochimiques` - 54280 Champenoux
(3) LEGTA - 58000 Challuy
Résumé :
Cette étude de trois sols forestiers sous plantation de Douglas de 20, 40 et 60 ans a pour but de mettre en évidence l`effet du vieillissement de l`écosystème sur les caractères morphologiques et physico-hydriques des solums de type ALOCRISOLS (RP 95). On observe ainsi une modification de nature et une diminution importante d`épaisseur des horizons organo-minéraux qui évoluent d`un mull acide épais à 20 ans vers un moder plus compact et réduit en épaisseur dès 40 ans sans changement notable des teneurs en matière organique. Corrélativement, on constate une diminution de la porosité totale in situ de ces horizons ainsi que de leurs composantes `pédologiques`, porosités structurale et de retrait déduites de mesures effectuées sur mottes naturelles (ou peds) à l`humidité du prélèvement ou après séchage à l`air. Enfin, le comportement physico-hydrique des matériaux constitutifs des horizons analysé à partir des courbes d`humidité et de gonflement (entre pF 4,2 et pF 1) indique une perte d`aptitude au gonflement accompagnée d`une diminution progressive de la porosité ouverte à l`air pouvant conduire dans le peuplement de 60 ans à une phase d`anaérobiose en période humide.
L`ensemble de ces constatations conduit à admettre l`existence d`un tassement progressif et généralisé des horizons organominéraux. Celui-ci peut être attribué à des contraintes mécaniques de gestion forestière (poids du sol, poids du peuplement, passage d`engins d`exploitation...) mais également, sans doute, à une évolution des types d`humus. Si des réserves peuvent être formulées sur les conditions de représentativité d`une telle chronoséquence forestière, il n`en reste pas moins vrai que les résultats obtenus conduisent à proposer une tendance évolutive en relation avec l`âge des peuplements qui semble bien s`intégrer au contexte pédogénétique de l`écosystème étudié.
Note historique - Histoire abrégée de la Science des Sols | p 141-151
Auteurs :
J. Boulaine

1997 - Volume 4 - Numéro 3

La prospection électrique : une méthode adaptée à la cartographie et à la reconnaissance de l`état hydrique des sols - Cas des sols de Lorraine | p 161-174
Auteurs :
F. Gras, A. Hesse, C. Tillier, D. Tessier et D. Zimmer
Résumé :
La prospection pédologique conventionnelle permet généralement de stratifier la couverture pédologique en un nombre plus ou moins important d`unités cartographiques à partir d`unités typologiques. Si cette approche est adaptée pour des échelles moyennes à grandes, une difficulté subsiste cependant pour délimiter des unités cartographiques à très grande échelle. Pour répondre à cet objectif, une méthode de prospection électrique basée sur la mesure des résistivités apparentes du sol, la méthode WENNER, a été utilisée suivant deux variantes, à savoir WENNER Normal et WENNER Dipôle-Bipôle. Elle a permis de réaliser des profils électriques et des cartes de résistivité sur un même site. La comparaison entre les dispositifs a montré que le dispositif WENNER Normal est adapté aux cartes de résistivité sur un même site. La comparaison entre les dispositifs a montré que le dispositif WENNER Normal est adapté aux unités de sol dont la dimension dépasse le décamètre. Le dispositif WENNER Dipôle-Dipôle apparaît plus approprié à l`étude de la couverture pédologique quand la variabilité spatiale est à l`échelle métrique. Les profils électriques contribuent à localiser rapidement les unités cartographiques telles qu`elles se succèdent le long d`une toposéquence. Les cartes de résistivité, de leur coté, confortent les informations précédentes et permettent de localiser à très grande échelle des unités cartographiques de faible dimension et des discontinuités pédologiques locales. Les auteurs montrent que la résistivité dépend étroitement de l`état hydrique du sol. Les cartes de résistivité permettent en particulier de localiser les nappes peu profondes.
Zonage prédictif des terroirs viticoles à partir de secteurs pris comme référence | p 175-190
Auteurs :
S. Salvador(1)*, P. Lagacherie(1) et R. Morlat(2)
Adresse :
(1) : INRA - Centre de recherches de Montpellier - Laboratoire de science du sol - 2, place P. Viala, 34060 Montpellier CEDEX 1.
(2) INRA - Centre de recherches d`Angers - Unité de Recherches sur la Vigne et le Vin - 49, rue G. Morel, BP 57, 49071 Beaucouzé CEDEX.
*: adresse actuelle : INRA - Centre de recherches d`Orléans - SESCPF - Ardon - 45160 Olivet
Résumé :
Dans un contexte concurrentiel croissant sur le marché des vins, de nombreuses méthodes de caractérisation des terroirs viticoles ont été développées. Parmi celles-ci, une méthode synthétique, prenant en compte plusieurs caractéristiques du milieu, est actuellement testée dans l`Anjou. Cependant, la phase de cartographie est relativement lourde et est un frein à sa généralisation. Une méthode d`automatisation et d`allégement de la cartographie des terroirs viticoles, basée sur les corrélations spatiales entre ces derniers, est proposée dans cet article. Cette méthode consiste en l`apprentissage des lois de répartition des terroirs sur un secteur déjà cartographié, puis en l`application de celles-ci sur des zones non prospectées, afin de prédire l`extension spatiale des unités de terroir. Quatre grands ensembles de terroirs, de complexité différente, sont testés indépendamment. La prédiction obtenue peut prendre deux formes : établissement d`une carte des terroirs viticoles, ou bien prédiction des terroirs à l`échelle parcellaire. Les résultats obtenus montrent que la qualité de la prédiction et l`allégement éventuel sont fortement corrélés à la complexité du milieu étudié. Une automatisation et un allégement conséquent de la cartographie des terroirs sont manifestes dans le cas de milieux de complexité relativement faible, c`est-à-dire dont la taille moyenne de la plage cartographique est de l`ordre d`une dizaine d`hectares.
Synthèse nationale des analyses de terre réalisées entre 1990 et 1994 | p 191-204
Auteurs :
Ch. Schvartz(1), Ch. Walter(2), Brigitte Claudot(1), Th. Bouédo(3) et P. Aurousseau(3)
Adresse :
(1) ISA, Laboratoire Sols et Environnement - 41, rue du Port - 59046 Lille
(2) ENSA Rennes, Laboratoire de Science du Sol - 35042 Rennes
(3) ENSA Rennes, Laboratoire de Spatialisation Numérique - 35042 Rennes
Résumé :
A partir d`informations transmises par des laboratoires d`analyses de terre, une banque de données d`analyses de terre a été constituée, concernant tout le territoire national.
Dans un premier temps, la faisabilité d`une telle banque de données est analysée. Celle-ci repose d`abord sur l`agrément des différents laboratoires par le Ministère de l`Agriculture, qui implique qu`ils utilisent les mêmes méthodes analytiques. Elle est également basée sur une validation concernant le mode d`expression des résultats et la localisation des lieux de prélèvement des échantillons, identifiée par la commune. Après élimination des données douteuses, nous avons conservé près de 300 000 analyses réalisées entre 1990 et 1994, correspondant à plus de 3 000 000 déterminations.
La pertinence d`un traitement d`ensemble de ces informations, recueillies selon une procédure s`apparentant plus à une enquête sans stratification préalable de la population qu`à une prospection pédologique systématique, est ensuite discutée. Ces données présentent l`intérêt, par leur grand nombre, de permettre des approches statistiques, globales ou spatialisées, complémentaires des approches pédologiques habituelles.
Dans un second temps, nous montrons que le canton est l`entité spatiale élémentaire la plus pertinente pour agréger les analyses dans le cadre d`une synthèse nationale. Chaque canton est alors décrit à partir de descripteurs statistiques robustes (médianes et quartiles), conduisant à la création d`une banque de données cantonale qui est brièvement décrite.
Synthèse nationale des analyses de terre réalisées entre 1990 et 1994 : II. descriptions statistique et cartographique de la variabilité des horizons de surface des sols cultivés | p 205-219
Auteurs :
C. Walter (1), C. Schvartz (2), Brigitte Claudot (2), T. Bouedo (3) et P. Aurousseau (3)
Adresse :
(1) ENSA-INRA Rennes, Laboratoire de Science du Sol, 35042 Rennes, France
(2) ISA Lille, 41 rue du Port, 41000 Lille
(3) ENSA Rennes, Laboratoire de Spatialisation Numérique, 35042 Rennes, France
Résumé :
Une base de données cantonale a été construite par traitement statistique des résultats analytiques portant sur 297 000 échantillons d`horizons de surface de sols cultivés, prélevés en France entre 1990 et 1994. Plusieurs déterminations agronomiques usuelles (granulométrie, pH, matière organique, calcaire, CEC, cations échangeables, phosphore extractible, oligo-éléments) sont prises en compte. Leur distribution est décrite pour environ 2 000 cantons suffisamment renseignés parmi les 3 511 existants.
Les données sont d`abord décrites conjointement aux niveaux national et cantonal pour comparer leur variabilité à ces deux échelles : référée à la variabilité générale, la variabilité intra-cantonale apparaît plus importante pour les propriétés influencées par l`activité humaine que pour les autres. La représentation cartographique à partir de critères statistiques montre néanmoins des structures spatiales de grande portée, y compris pour les propriétés à forte variabilité locale. Ces structures apparaissent liées, selon les propriétés et les régions, à des variations géologiques et/ou pédologiques, à des gradients climatiques, ou encore aux systèmes de production agricole.
L`approche par enquête, fondée sur la collecte et l`analyse de données existantes, donne ainsi des indications sur la variabilité de propriétés du sol au sein de vastes territoires ; elle permet également l`étude de son évolution éventuelle par la comparaison de jeux de données acquis à des dates différentes. Il s`agit donc d`un outil de connaissance sur les sols complémentaire des approches expérimentales ou de cartographie pédologique.

1996 - Volume 3 - Numéro 1

Télédétection des ressources en sols des zones arides - Une méthode d`inventaire adaptée au travail sur le terrain, expérimentée dans la région de Djelfa (Algérie) | p 7-26
Auteurs :
N. Boulahouat et B. Naert
Adresse :
Institut National de la Recherche Agronomique, Maison de la Télédétection, 500 rue J.F. Breton 34093 Montpellier Cedex 5
Résumé :
Afin d`évaluer l`apport de la télédétection pour l`agent de développement qui travaille en milieu aride, les méthodes classiques de traitement de l`image, supervisées et non supervisées, ont été appliquées sur deux images Thematic Mapper et une image SPOT prises dans la région de Djelfa (Algérie).
L`étude des résultats a permis de constater que, même dans une région steppique, la relation directe entre les classifications pédologiques et radiométriques était délicate à établir, mais que certains éléments de surface, secondaires pour la caractérisation des sols, étaient très influents dans l`image. Ils sont identifiés indépendamment des unités pédologiques auxquelles ils appartiennent, dans toutes les classifications des données de l`image.
Une méthode, économe en moyens et en temps, utilisant ces éléments prééminents comme identifiants de l`aptitude des sols à produire une phytomasse, a pu être proposée comme alternative, puis comme préalable à l`approche exclusivement pédogénétique.
Variabilité des propriétés de rétention en eau des sols : Importance de la densité apparente | p 27-40
Auteurs :
A. Bruand, O. Duval, H. Gaillard, R. Darthout et M. Jamagne
Adresse :
Institut National de la Recherche Agronomique. Unité de Science du Sol - SESCPF. Centre de Recherches d`Orléans. Avenue de la Pomme de Pin. F45160 Ardon.
Résumé :
Les teneurs en eau mesurées à différentes valeurs de potentiel matriciel ces dix dernières années sur des horizons de sols de composition granulométrique variée provenant essentiellement du Bassin de Paris sont présentées. Elles sont comparées aux valeurs fréquemment utilisées en France depuis les études desannées 70 et à celles publiées dans une abondante littérature internationale.
Les résultats obtenus confirment la nécessité d`effectuer les déterminations sur des échantillons non perturbés. Ils montrent aussi que la teneur en eau à la capacité au champ ne correspond pas à différentes valeurs de potentiel matriciel suivant la texture. Cette teneur en eau est proche de celle déterminée à un potentiel matriciel de -100 hPa (pF = 2,0).
Pour les horizons argileux, les teneurs en eau pondérales pour des valeurs de potentiel matriciel variant de -10 hPa (pF = 1) à -15 000 hPa (pF = 4,2) sont étroitement liées à l`inverse de la densité apparente en conditions proches de la capacité au champ. Des relations qui permettent de calculer ces quantités d`eau sont proposées et testées sur un échantillonnage indépendant d`horizons. L`erreur moyenne sur la teneur en eau pondérale estimée varie de 0,02 à 0,03 g/g suivant la valeur de potentiel matriciel. La réserve en eau utile varie du simple au quadruple lorsque la densité apparente varie de 1,8 à 1,2.
Pour les horizons limoneux et sableux, une importante gamme de variation des propriétés de rétention en eau est enregistrée au sein de chaque classe de texture. Une telle variation est cohérente avec celle obtenue dans d`autres études mais le nombre trop faible d`horizons étudiés n`a pas permis de mener une analyse aussi détaillée que pour les horizons argileux.
Plus généralement et quelle que soit la texture des horizons étudiés, les résultats montrent que le seul critère texture ne peut pas, à lui seul, conduire à une estimation satisfaisante des propriétés de rétention en eau. Pour ce faire, il apparaît en effet nécessaire de tenir compte à la fois de la nature et du mode d`assemblage des constituants élémentaires.
Étude de VERTISOLS à gilgaï du Nord-Caucase : Mécanismes de différenciation et aspects pédogéochimiques | p 41-52
Auteurs :
Irina Kovda(1), E. Morgun(2) et D. Tessier(3)
Adresse :
(1) Institut de Géographie, 29 Staromonetny, 109017 Moscou, Russie
(2) Institut de Pédologie et de Photosynthèse, 142292 Pushchino, Région de Moscou, Russie
(3) INRA, Science du Sol, route de St Cyr, 78026 Versailles, France
Résumé :
Dans le sud de la Russie, près de Stavropol, des Vertisols à gilgaï ont été étudiés. A l`échelle d`environ trois mètres, une séquence de sol a été mise en évidence. Elle fait apparaître l`importance primordiale du gilgaï dans le régime hydrique des sols. Une accumulation d`eau se produit dans la zone dépressionnaire ce qui contribue au maintien d`une forte humidité. En revanche, une nette dessiccation apparaît dans la zone sommitale. Dans la zone intermédiaire, à mi pente, le sol possède une structure vertique fortement développée avec des faces de glissement très bien individualisées. La séquence de sols semble fonctionner actuellement comme un système clos sans que des transferts géochimiques se produisent verticalement entre les sols et la roche mère et latéralement à une échelle supérieure à celle de la séquence. A l`intérieur de la séquence en revanche, on observe des transferts géochimiques importants depuis la dépression jusqu`à la microbutte. Les carbonates sont concentrés dans la zone sommitale et concourent à un affaiblissement des propriétés vertiques. Sur la pente, la présence de Na conjuguée à des variations hydriques importantes assure le maintien de la structure typique des Vertisols. Dans la partie basse, l`appauvrissement en cations alcalins et alcalino-terreux et la permanence d`un milieu humide ne permettent pas à la structure vertique de bien s`exprimer. En outre, une ségrégation des oxydes de fer est observée en relation avec l`hydromorphie du sol.
Au total la micro-séquence de sol étudiée présente des tendances d`évolution qui conduisent apparemment à de grands types de sols cités en référence par les pédologues russes (chernoziom vertique, Vertisol et sol hydromorphe à caractère vertique). Par rapport aux toposéquences habituellement décrites dans la littérature, il faut noter l`importance des transferts géochimiques profonds d`aval en amont, ce qui est à l`opposé des transferts latéraux superficiels.
États de surface, structure hydrographique et érosion en rigole de bassins versants cultivés du Nord de la France | p 53-70
Auteurs :
B. Ludwig(1), A.V. Auzet(2), J. Boiffin(1), F. Papy(3), D. King(4) et J. Chadoeuf(5)
Adresse :
(1) INRA - Unité d`Agronomie de Laon Péronne, rue Fernand Christ, F 02007 LAON cedex
(2) CEREG - URA 95 CNRS, 3 rue de l`Argonne, F 67083 STRASBOURG cedex
(3) INRA - SAD, F-78850 THIVERNAL-GRIGNON
(4) INRA - Unité de Science du Sol, S.E.S.C.P.F., Avenue de la Pomme de Pin, F 45160 ARDON
(5) INRA - Unité de Biométrie d`Avignon, Domaine St Paul, Site Agroparc, F 84914 AVIGNON Cedex 9
Résumé :
La variabilité de l`érosion en rigole issue d`un ruissellement concentré a été analysée en fonction des caractéristiques topographiques, pédologiques et agraires de 33 bassins versants élémentaires cultivés (BVE). D`une superficie comprise entre 3 et 95 ha, ces BVE ont été sélectionnés dans le Nord de la France et étudiés au cours de quatre périodes hivernales (de 1988/89 à 1991/92). La variation des taux d`érosion, c`est-à-dire du volume des rigoles rapporté à la surface du BVE, est forte (0 à 11.7 m3/ha) et est corrélée à l`aire des zones présentant un état structural superficiel propice au ruissellement. Ces zones sont identifiées d`après le stade d`évolution des croûtes de battance, l`importance des traces de roue et la rugosité. Les coefficients de ruissellement mesurés à l`exutoire de trois bassins versants sont également corrélés à la proportion du BVE occupée par ces zones.
Pour une meilleure compréhension de l`érosion en rigole, une analyse de la structure hydrographique des BVE a été réalisée. Cette structure hydrographique se compose d`un réseau de collecteurs du ruissellement qui est constitué par des motifs linéaires topographiques ou agraires. Ce réseau est découpé en segments, caractérisés par leur longueur, leur pente, la sensibilité du sol à l`incision et l`aire contributive au ruissellement connectée au segment. La fréquence de présence d`une incision le long d`un segment est fortement corrélée à la pente et à l`aire contributive au ruissellement. Pour les segments présentant une incision, la section incisée de la rigole est corrélée à l`aire contributive au ruissellement, à la pente et à la sensibilité du sol à l`incision. Le taux d`érosion en rigole estimé au niveau du BVE, en tenant compte de cette structure hydrographique, est étroitement corrélé avec les taux d`érosion mesurés. On montre ainsi que la position spatiale relative des aires contributives au ruissellement et du réseau des collecteurs est déterminante vis à vis des risques d`érosion en rigole. La modélisation de ce type d`érosion devrait intégrer un sous-modèle décrivant cette structure hydrographique, ainsi que son évolution au cours du temps sous l`effet du climat et des pratiques agricoles.

1996 - Volume 3 - Numéro 2

Alimentation en eau et production forestière - Application d`indicateurs simples pour les résineux dans le Massif Central | p 81-96
Auteurs :
T. Curt, S. Dole et G. Marmeys
Adresse :
Cemagref - Groupement de Clermont-Fd., Division Techniques Forestières - Domaine de Laluas, 63200 Riom
Résumé :
L`alimentation en eau des stations contrôle une part importante de la production forestière. Elle doit pouvoir être évaluée par des indices simples, robustes et facilement mesurables sur le terrain par tout gestionnaire forestier. Cet article montre l`intérêt de méthodes de diagnostic simplifié : la valeur du réservoir en eau du sol (RES) est estimée en prenant en compte uniquement la profondeur du sol (par test-tarière), sa texture et sa pierrosité. Un bilan entre apports et départs d`eau sur le versant complète ce diagnostic. Ces deux éléments sont comparés avec l`indice de fertilité de peuplements d`épicéa commun et de sapin pectiné, qui permet d`estimer leur niveau de production. Au total, 512 placettes de relevés ont été étudiées dans deux régions écologiquement contrastées du Massif Central : les hautes Cévennes granitiques et métamorphiques (Mont Lozère, Aigoual, Lingas), et les massifs volcaniques auvergnats (Chaîne des Puys, Monts Dore). L`indice RES discrimine une part importante de l`indice de fertilité pour le sapin pectiné et l`épicéa commun dans les hautes Cévennes, en climat méditerranéo-montagnard, et dans un contexte pédologique relativement homogène. Son rôle est secondaire dans la production de l`épicéa commun en Auvergne, du fait d`un faible déficit hydrique climatique. La méthode utilisée fournit un ordre de grandeur du réservoir en eau et permet des comparaisons entre stations. Cependant, elle ne s`applique en toute rigueur que dans des conditions de relative homogénéité des matériaux parentaux et des sols. Des propositions sont faites pour compléter cette approche dans d`autres contextes édaphiques. La prise en compte du bilan en eau de la placette en fonction de sa position sur le versant permet de mieux comprendre les variations de l`indice de fertilité.
Représentation cartographique de la sensibilité des sols à l`infiltration hydrique verticale - Carte thématique à l`infiltration verticale | p 97-112
Auteurs :
Catherine Cam(1), D. Froger(2), J. Moulin(3), J. Rassineux(1) et J. Servant(4)
Adresse :
(1) Chambre d`Agriculture de la Vienne - B.P. 129 86004 Poitiers Cedex
(2) Chambre d`Agriculture de l`Indre et Loire - B.P. 139 37171 Chambray Les Tours Cedex
(3) Chambre d`Agriculture de l`Indre - 24, Rue des Ingrains 36022 Chateauroux Cedex
(4) Chambre d`Agriculture du Cher - 3, Rue Volta 18023 Bourges Cedex
Résumé :
Les Chambres d`Agriculture du Cher, de l`Indre et Loire, de l`Indre et de la Vienne ont entrepris, au début des années 1980, la réalisation d`une cartographie systématique des sols de ces départements à l`échelle du 1/50.000. Le processus d`édition automatique de ces cartes comporte la création d`un fichier de données sémantiques et géographiques pour chaque feuille, et permet d`effectuer des traitements informatiques pouvant déboucher sur l`édition de cartes thématiques dérivées du fichier de base. Les feuilles déjà éditées sont ainsi accompagnées de quatre cartons thématiques à 1/100.000 (texture superficielle et hydromorphie par extraction directe d`une donnée ; réserve utile et aptitudes agricoles par croisement de plusieurs paramètres). Dans le cadre d`une prise en compte croissante des préoccupations d`ordre environnemental, l`accent a été mis davantage sur les relations sol-eau. Le nouveau type de carte thématique proposé tente ainsi d`apprécier et de spatialiser la sensibilité des différents types de sols à l`infiltration hydrique au niveau de la petite région naturelle. Cette carte thématique est établie à partir de six paramètres ; chacun est un caractère intrinsèque du sol correspondant à une composante de l`infiltration hydrique verticale. Ils sont obtenus à partir des onze données contenues dans le fichier informatique de la carte des sols ; trois de ces paramètres (texture superficielle, présence d`un plancher imperméable et épaisseur du sol) sont connus ou mesurés et sont directement issus des données de base ; un paramètre (réserve utile en eau) est calculé à partir de ces données ; les deux autres (perméabilité du profil, vitesse de percolation), sont interprétés à partir de la connaissance régionale des sols et obtenus par combinaison des données de base. Ces paramètres sont quantifiés et la somme de leur valeur aboutit à la définition de sept classes de sensibilité. Ce classement des sols est à moduler en fonction du contexte géographique, géologique et climatique régional. Ce système de thématisation a été testé sur plusieurs coupures existantes de la carte des sols ; il paraît valide pour les secteurs étudiés. L`exemple présenté est celui de la feuille de Sancerre (Cher). A ce jour, douze feuilles de la carte des sols sont accompagnées de leur carte thématique `sensibilité à l`infiltration`, éditée à 1/100 000.
Délimitation d`unités de paysage sur des photographies aériennes - Eléments de réflexion pour la définition d`une méthode de tracé | p 113-124
Auteurs :
J.-P. Legros (1), O. Kolbl (2) et P. Falipou (3)
Adresse :
(1) Directeur de Recherche. INRA, place Viala, 34060 Montpellier, cedex 01 France
(2) Professeur de Photogrammétrie. EPFL, 1015 Lausanne, Suisse
(3) Assistant Ingénieur. INRA, place Viala, 34060 Montpellier, cedex 01 France
Résumé :
Cet article a pour objet de discuter la `reproductibilité` de zonages faits par photo-interprétation et visant à délimiter des unités de paysage. Il s`agit très précisément d`une étude de `fidélité` au sens statistique du terme : les zonages proposés par différentes personnes sont-ils identiques ? Pour répondre, on se base sur la superposition de 20 zonages réalisés sur le même cliché par 20 binômes d`étudiants travaillant séparément. Certaines limites naturelles qui s`inscrivent à la fois dans le relief et dans la végétation sont perçues par tous les observateurs. D`autres, au contraire, sont plus ou moins bien reconnues ce qui conduit à des tracés qui ne coïncident pas. On s`efforce d`analyser les raisons des désaccords. En conclusion, on propose quelques règles visant, sinon à supprimer, du moins à limiter la part de subjectivité liée à ce genre d`exercice qui est très pratiqué dans le cadre de cartographies réalisées à moyenne ou petite échelle (délimitation des pédopaysages).
Structures et programme de la normalisation `Qualité des sols` - Travaux AFNOR et ISO - Liaison avec l`AFES | p 125-134
Auteurs :
C. Mathieu
Adresse :
École Supérieure d`Agriculture de Purpan, 75, voie du TOEC, 31076 Toulouse cedex, France
Résumé :
Avant d`aborder le problème spécifique de la normalisation en matière de Sols, il est rappelé ce qu`est une norme et quels sont l`objet et le fonctionnement de la normalisation en France (AFNOR), en Europe (CEN) et au niveau international (ISO).
Concernant l`environnement en général et les sols en particulier, l`action de l`AFNOR est présentée au niveau de la commission générale `Qualité des Sols` pour réaliser la normalisation de méthodes de références pour l`analyse et la description des sols, ceci en collaboration très étroite avec l`ISO (International Standard Organisation), ce qui induit une synergie étroite entre normes françaises et normes internationales homologuées.
En dernière partie, on présente l`orientation des nouveaux travaux ISO sur `l`évaluation des sols et des sites`. Vu les enjeux à terme d`une normalisation dans ce domaine touchant l`environnement jusqu`aux problèmes liés à la santé humaine, il est impératif pour la France d`être très présente dans les diverses commissions de l`ISO pour collaborer à l`élaboration des normes mais également pour faire entendre sa voix à travers sa compétence technique et scientifique, particulièrement en agropédologie. L`AFES souhaite une forte mobilisation de sa communauté et propose la création d`un groupe de travail AFNOR sur le thème `Aptitude des sols pour une agriculture durable`.
La science des sols à l`aube du XXIème siècle - Conférence introductive aux V èmes Journées Nationales de l`Étude des Sols. Rennes, 23 avril 1996 | p 135-143
Auteurs :
G. Pédro
Adresse :
Académie des Sciences - Institut de France - 23, Quai de Conti 75006 Paris
Académie d`Agriculture de France - 18, rue de Bellechasse 75007 Paris
Résumé :
La science des sols constitue une discipline scientifique qui n`était pas jusqu`alors arrivée à maturité, d`une part en raison de sa relative jeunesse, et d`autre part, du fait de l`extrême variabilité caractérisant son objet d`étude.
Il n`en n`est plus de même aujourd`hui, à la suite de l`immense travail qui a été accompli au cours des cinquante dernières années notamment. Désormais cette discipline dispose de la plupart des éléments lui permettant de répondre efficacement aux principales questions, relevant de l`alimentation et de l`environnement, qui interpelleront sans aucun doute l`humanité dans un très proche avenir.
Au demeurant, pour remplir pleinement cette mission, la science des sols doit tout d`abord surmonter les deux écueils qui semblent la guetter à l`aube du XXIème siècle :
- l`un a trait à la tendance vers une hyperspécialisation, qui la conduirait inévitablement à se détacher de ses racines;
- l`autre résulte de la nécessité qu`elle a, tout en gardant son âme, de s`associer aux autres disciplines du milieu biophysique et de l`environnement ; ceci de manière à appréhender dans les meilleurs conditions l`état et l`évolution de la surface de la Planète.
Mais, en second lieu, elle se doit aussi, en en tant biogéoscience, de mieux intégrer les trois éléments qui font sa réelle spécificité, à savoir l`espace, le temps (durée) et la vie.
C`est en prenant en compte réellement ces différents aspects que la science des sols sera à même, semble-til, de fournir la plupart des réponses que l`humanité attend d`elle dans un futur immédiat.

1996 - Volume 3 - Numéro 3

Évolution de l`acidité dans les sols du delta du fleuve Sénégal sous influence anthropogène | p 151-166
Auteurs :
J. Deckers (1), D. Raes(2), J. Ceuppens(3), I. De Wachter(4), R. Merckx(5) et A. Diallo(6)
Adresse :
(1) Professeur, Université Catholique de Louvain (KULeuven), Institut pour la gestion des terres et des eaux (ILWM), Vital Decosterstraat, 102, 3000 Leuven
(2) Professeur, KU Leuven, ILWM
(3) Projet Gestion de l`eau, Saint Louis, Sénégal
(4) Chercheur, KU Leuven
(5) Professeur, Laboratoire de la Fertilité et de la Biologie du sol, Kardinaal Mercierlaan, 92, 3001, HeverleeA. Diallo
(6) Laboratoire Pédologique, Ross Béthio, NDiaye, Sénégal
Résumé :
Cette communication porte sur une prospection pédologique effectuée dans le delta du fleuve Sénégal, dans le cadre du Projet Gestion de l`Eau, Coopération Scientifique KU Leuven - SAED, à Saint Louis, Sénégal. Il s`agit d`une recherche diagnostique sur le problème de l`acidité et son importance pour la riziculture sous irrigation. L`objectif de cette étude était d`étudier la dynamique de l`acidité dans les sols du delta depuis sa formation jusqu`à maintenant sous l`influence de l`homme. Cette évolution est caractérisée par l`analyse de trois cas tout à fait différents notamment, (i) le cas sans influence humaine, (ii) un site archéologique où est intervenue une influence humaine historique, facteur pédogénétique dominant et (iii) un périmètre irrigué depuis 1980. Chaque site est caractérisé par une toposéquence représentative. L`étude a démontré qu`une quantité non négligeable d`acidité potentielle existe dans le Delta et ce, surtout dans les cuvettes de décantation. En d`autres endroits, l`acidité potentielle apparaît à grande profondeur ou bien n`a jamais existé, ou a été neutralisée par la présence de CaCO3 dans le profil (déchets de coquillages archéologiques). L`étude montre qu`en fin d`évolution, les conditions d`acidité sous riz irrigué seront favorables, c`est-à-dire qu`il existe une neutralisation nette due aux bases qui sont apportées par l`eau d`irrigation. De plus, l`acidité est diluée par les quantités énormes d`eau qui sont appliquées pour la riziculture dans le delta afin de contrôler la salinité.
Les apports éoliens dans les sols du Jura - Etat des connaissances et nouvelles données en pâturages boisés | p 167-178
Auteurs :
E. Havlicek et J.-M. Gobat
Adresse :
Laboratoire d`écologie végétale- Institut de botanique - 11, rue Emile-Argand - CH - 2007 Neuchâtel 7 - Suisse
Résumé :
Vingt ans après la découverte des limons éoliens dans les sols du Jura, un bilan tiré de la littérature pédologique montre une confirmation évidente de leurs effets importants sur la pédogenèse sur calcaire. Quelques caractères nouveaux sont précisés : présence primaire ou secondaire (après transport) des limons, rôle important dans la brunification des sols, présence dans des sols à évolution calcique ou calcaire, rôle de l`épaisseur du dépôt dans l`orientation de la pédogenèse, relations entre les dépôts et la couverture végétale.
L`étude originale de nombreux sols des pâturages boisés du Jura suisse, réalisée par les auteurs, met également en évidence une présence généralisée de limons d`origine éolienne. Ces résultats permettent de discuter plus avant les relations entre les sols et la végétation qui, par le jeu du cycle biogéochimique, joue un rôle important dans le maintien ou la création d`une ambiance pédogénétique calcique. L`intensité de l`effet de l`éolien sur la pédogenèse dépendrait ainsi d`une combinaison trifactorielle, intégrant non seulement l`épaisseur du sol et la porosité du substratum rocheux, déjà largement prouvées, mais aussi la profondeur d`enracinement physiologique de la végétation.
L`érosion hydrique à l`échelle de la parcelle et d`un petit bassin versant après incendie de forêt dans le Massif des Maures | p 179-192
Auteurs :
Cl. Martin(1), avec la collaboration d`E. Béguin(1), Michèle Levant(2) et J. Quillard(2)
Adresse :
(1) CAGEP - URA 903 du CNRS, Institut de Géographie de l`Université de Provence, 29 Avenue Robert Schuman, 13621 Aix-en-Provence cedex 1.
(2) Centre de Géomorphologie du CNRS, 24 Rue des Tilleuls, 14000 Caen.
Résumé :
Des mesures de l`érosion ont été réalisées à l`exutoire du bassin versant du Rimbaud (1,46 km2) et sur une parcelle expérimentale (75,2 m2 ; longueur : 12 m ; pente 19 %) à la suite de l`incendie de forêt d`août 1990.
Sur la parcelle, l`érosion s`est traduite par un entraînement sélectif de la matière organique (dont une partie sous forme de cendres au cours de la première année) et de particules fines. La revégétalisation de la parcelle et la constitution d`un pavage ont limité l`érosion en 1993-94.
La correspondance n`est pas bonne entre les pertes, annuelles ou mensuelles, du bassin versant et celles de la parcelle. Il faut voir en cela, à côté d`un effet d`échelle, la conséquence de la revégétalisation hétérogène du bassin versant (particulièrement lente sur la parcelle). En dépit du décapage de certains bas de versant effectué par les forestiers de l`ONF à la fin de l`été 1991 pour préparer des plantations, les pertes de terre ont été faibles en 1991-92. L`impact de ces travaux s`est toutefois marqué par la persistance de transports solides en 1992-93.
Comparaisons entre différentes méthodes d`extraction des sels solubles et des cations échangeables dans un vertisol à gypse de Nouvelle Calédonie | p 193-206
Auteurs :
P. Podwojewski (1) et J. Pétard (2)
Adresse :
(1) Mission Orstom, Apartado 17 11 6596, Quito, Equateur.
(2) Orstom, laboratoire d`analyse des sols cultivés, 911, Avenue Agropolis, B.P. 5045, Montpellier cedex 1.
Résumé :
Différentes méthodes d`extraction des sels solubles et des cations échangeables ont été testées sur un VERTISOL calcimagnésique à gypse de Nouvelle Calédonie. L`extraction des sels solubles par une solution aqueuse ou par un mélange glycérol/eau provoque une dissolution du gypse et les ions Ca++ libérés s`échangent avec une fraction des ions Mg++ et Na+ du complexe d`échange dont les smectites sont les constituants dominants. Ces ions Mg++ et Na+ passent en solution; ils seront surestimés dans la détermination des sels solubles et sous-estimés dans celle du complexe d`échange. Par contre, les solutions éthanol/eau ou éthanol/glycol ne provoquent pas de mise en solution du gypse et n`extraient donc que les sels solubles de sodium. Pour l`extraction des cations échangeables dans les horizons sulfatés et carbonatés, la méthode ` T ` (au chlorure d`ammonium en milieu éthanol) est mieux adaptée que la méthode classique ` Acétate ` (à l`acétate d`ammonium en milieu aqueux) et limite l`extraction des ions Mg++ et Ca++ provenant de la dissolution des carbonates.
Une évaluation agronomique des terres de Madagascar - 1897-1900 - L`étude d`A. Müntz et sa correspondance avec A. Grandidier | p 207-214
Auteurs :
M. Sourdat
Adresse :
ORSTOM, B.P. 434, Antananarivo 101, Madagascar
Résumé :
En 1900, le Bulletin du Ministère de l`Agriculture éditait à Paris une étude de la valeur agricole des terres de Madagascar, rédigée par Achille Müntz, Directeur de l`Institut National Agronomique de Paris, membre de l`Institut, et Eugène Rousseaux son préparateur (Müntz et Rousseaux, 1900). Elle présentait et commentait en 216 pages, dont 190 de données, les résultats d`analyses chimiques de 500 échantillons de terres de Madagascar (Azote, Acide phosphorique, Potasse, Carbonate de chaux).
Cette étude sera valorisée par un Compte Rendu à l`Académie des Sciences et diverses communications (Müntz et Rousseaux, 1901 a-b-c), commentée par la presse géographique et coloniale, et suscitera diverses réactions.
Ces publications se trouvent dans le Fonds Grandidier, tenu par la bibliothèque du Parc Botanique et Zoologique de Tsimbazaza à Tananarive. Plusieurs d`entre elles sont reliées en un même volume avec des coupures de presse (de J. Giraud dans La géographie du 15/08/1901 et de A. Hébert dans La Revue des Sciences du 30/08/1900). L`ouvrage principal est dédicacé par Müntz à Grandidier. Entre ses pages, se trouvent encore 3 documents autographes échangés entre eux.
En évoquant l`ouvrage de Müntz (il en a supporté la responsabilité principale et c`est lui que nous nommerons pour abréger), nous insisterons sur l`éclairage historique et anecdotique que la correspondance projette sur l`entreprise, plutôt que sur les aspects agronomiques de l`étude qui supposeraient de plus vastes développements (cf. Sourdat, 1995). Comment nous apparaît-elle aujourd`hui ? Dans quel esprit et dans quelles conditions avait-elle été conçue, puis réalisée ? En quoi nous intéresse-t-elle encore ?

1995 - Volume 2 - Numéro 1

Les couvertures pédologiques de la plate-forme sinémurienne en Bourgogne - Particularités morphologiques et pédo-géochimiques | p 7-28
Auteurs :
D. Baize et J. Chrétien
Adresse :
Service d`étude des Sols et de la Carte Pédologique de France, INRA, 45160 Ardon - France
Évolution des stocks de carbone des sols après déforestation : Analyse spatio-temporelle à l`échelle d`un paysage pédologique | p 29-38
Auteurs :
D. Arrouays(1), J.L. Kicin(2), Ph. Pélissier(3), I. Vion(4)
Organisation de la couverture pédologique et rendements d`une culture mécanisée de manioc sur Terres Hautes en Guyane. | p 39-49
Auteurs :
B. Barthès
Adresse :
ORSTOM - Laboratoire d`étude du comportement des sols cultivés, BP 5045, 911, avenue d`Agropolis, 34032 Montpellier cedex 1 - France
Irrigation souterraine en limons de Bresse | p 51-64
Auteurs :
R. Bouzigues(1), J.C. Favrot(1), J.C. Chossat(2), M. Khadiri(3), E. Lalanne(4)
Mesurer la stabilité structurale des sols pour évaluer leur sensibilité à la battance et à l`érosion | p 43-56
Auteurs :
Y. Le Bissonnais(1), C. Le Souder(2)
Adresse :
(1) Institut National de la Recherche Agronomique, Service d`Étude des Sols et de la Carte Pédologique de France, Centre de Recherche d`Orléans, 45160 Olivet, France
(2) Institut Technique des Céréales et des Fourrages, 91720 Boigneville, France
Résumé :
La battance et la sensibilité à l`érosion des sols cultivés résultent essentiellement de la désagrégation des mottes de terre et du détachement de particules sous l`action des pluies. La mesure de la stabilité structurale devrait donc pouvoir permettre une évaluation rapide de la sensibilité des sols à la battance et à l`érosion hydrique. On peut distinguer quatre principaux mécanismes de désagrégation qui dépendent des conditions physico-chimiques de l`interaction eau-sol et des caractéristiques des sols. Après un rappel sur ces mécanismes, cet article analyse leurs relations avec la battance et l`érosion puis décrit les caractéristiques des principales méthodes existant. On propose, à partir de cette analyse, un cadre méthodologique cohérent permettant d`évaluer la stabilité structurale des sols en relation avec la battance et l`érosion, ainsi que l`influence de traitements ou amendements des sols sur cette stabilité structurale. Un exemple d`application de cette méthode à l`étude de l`effet d`un conditionneur de sol sur la stabilité structurale est présenté.
Facteurs biotiques et mécanismes de lessivage particulaire dans les sols. L`exemple des toposéquences caractéristiques des Andes de Colombie | p 25-42
Auteurs :
P. Faivre(1) et C. Chamarro(2)
Adresse :
(1) Université de Savoie - CISM - 73376 - Le Bourget du lac - France
(2) Universidad nacional - Bogota - Colombie
Résumé :
L`étude des clima-topo-séquences pédologiques développées sur cendres volcaniques et caractéristiques des milieux intrandins montre que le lessivage du complexe argilo-humique s`accroît progressivement d`amont vers l`aval, c`est à dire des régions humides vers les régions sèches, entraînant une différenciation progressive des profils.
La comparaison analytique et expérimentale du terme occupant la partie médiane des séquences (Brunizem) moyennement lessivé avec celui situé le plus à l`aval qui l`est au contraire trés fortement (Planosol) permet de conclure que les variations morphologiques observées ne sont pas liées à un changement de nature et de comportement du complexe argilo-humique susceptible d`être lessivé : même type d`argile, l`halloysite, associé à une fraction organique fortement humifiée formant un ensemble hautement dispersable donc lessivable.
Ces différences s`expliquent davantage par le facteur biotique lié étroitement aux variations d`humidité et à ses effets sur l`organisation structurale des sols :
- Présence d`une macrofaune beaucoup plus importante et active dans le Brunizem que dans le planosol dont l`effet est double : a) homogénéisation du profil qui annule au moins partiellement l`effet des migrations particulaires, b) régénération perpétuelle d`une structure grumeleuse qui maintient les particules susceptibles d`être lessivées au sein d`agrégats les soustrayant ainsi à l`action du lessivage.
- Matière organique plus riche en biomolécules dans l`horizon superficiel du Brunizem conjugant son action à celle de la mésofaune pour exercer une action favorable sur la structuration du sol.
Ces effets disparaissent dans la région sèche occupée par les Planosols. Les particules peuvent alors exprimer pleinement leur capacité à la dispersion et à la migration.
Apport de l`interprétation visuelle des images satellitaires pour l`analyse spatiale des sols. Un exemple dans la région de Lodève | p 7-24
Auteurs :
M.-C. Girard
Adresse :
Institut National Agronomique Paris-Grignon - UER Dynamique des Milieux et Organisations spatiales - 78 850 Grignon
Résumé :
L`objectif de cette étude est de présenter une méthode d`utilisation de la télédétection dans la cartographie des sols. L`interprétation des données de télédétection en vue de l`étude des sols se fait de deux manières : a) directe à partir des valeurs des réflectances, ce qui permet de détecter la rugosité, la couleur, des classes de matière organique, de calcaire etc., b) indirecte en définissant des lois chorologiques (lois d`organisation de la distribution des sols) dans les pédopaysages(ensembles des horizons pédologiques et des éléments paysagiques qui y sont liés).
La méthode employée est fondée sur une interprétation visuelle des images satellitaires Infra-Rouge Couleur (fig. 1) - qui se fait en fonction du comportement spectral des sols (fig. 3), de manière systématique en se basant sur une fiche de description des plages (fig. 2). Ensuite une classification des 635 plages décrites sur près de 2 5OO km2 est effectuée en utilisant une méthode statistique supervisée : DIMITRI (fig. 4). Une première carte a été construite avec 9 unités cartographiques (hors texte 1, et tab. 1 et 2) en utilisant 9 variables relatives à l`occupation du sol et aux états de surface des sols, une seconde avec 17 unités se basant sur 29 variables comportant, en plus, des variables relatives à la morphologie (hors texte 2).
On a comparé alors cette seconde carte avec une carte de pédopaysages. Celle-ci a été établie à partir de nombreuses cartes pédologiques d`échelles diverses, pour une synthèse au 1/250.000 dans le cadre du programme français «Inventaire Gestion et Conservation des Sols». La comparaison, faite par une grille de points kilométriques (tab. 3), fait apparaître un accord de 53,7 % quand on prend toutes les régions y compris celles qui sont sous forêt. Cet accord est de 73,8 % pour les régions où la surface du sol est directement perceptible sur image satellitaire.
Une analyse des contours des plages cartographiques obtenues par télédétection satellitaire montre que, si on diminue l`information sémantique de 82 % , on ne perd que : moins de 8 % des unités cartographiques par rapport à la carte établie par synthèse du terrain (tab. 4), et que : moins de 18 % des limites des plages (tab. 5 et fig. 5 et 6). L`opération est donc significativement avantageuse pour établir une segmentation pédologique de la zone à étudier.
Déterminisme pédologique de la diversité végétale d`écosystèmes prairiaux du Marais Poitevin - Application à la définition d`une gestion agri-environnementale | p 57-72
Auteurs :
F. Tournade(1), J-B. Bouzillé(2)
Adresse :
(1) Laboratoire de Science du Sol - ENSA Rennes - CNASEA (Centre National pour l`Aménagement des Structures des Exploitations Agricoles) - Délégation Régionale Poitou-Charentes - 18,Bd Jeanne d`Arc - 86000 Poitiers
(2) Laboratoire d`Écologie Végétale UA CNRS 1853 - Université de Rennes, Campus Beaulieu, 35042 Rennes Cedex
Résumé :
Les prairies naturelles communales du Marais Poitevin représentent une référence importante pour la mise en oeuvre des mesures agri-environnementales qui se développent depuis 1991 dans les Marais de l`Ouest. Différentes investigations d`ordre pédologique (cartographies, analyses spatiales détaillées, suivis expérimentaux), guidées par des repères phytosociologiques, ont permis d`établir un modèle d`organisation écologique de ces prairies naturelles humides dans lequel les paramètres de salinité et de sodicité du sol apparaissent déterminants, d`avancer dans la compréhension du fonctionnement hydrique et de démontrer le rôle du pâturage dans la mise en place de ces agro-écosystèmes. La dimension historique des processus génétiques conduisant à cette forte valeur patrimoniale et le poids prépondérant de la gestion pastorale dans toute politique de maintien de la qualité de ces espaces constituent les principaux résultats de cette contribution à la nouvelle problématique Agriculture-Environnement dans les zones humides.
Variabilité spatiale et risques d`erreurs dans l`analyse des horizons holorganiques forestiers | p 73-84
Auteurs :
B. Williot
Adresse :
Laboratoire de Géographie Physique (Pierre Birot), U.R.A. 141, C.N.R.S., 1, Place Aristide Briand, 92195 Meudon.
Résumé :
Cette étude a porté sur les horizons holorganiques de six peuplements de pins sylvestres (Pinus sylvestris L.), afin de déterminer les erreurs d`estimation possibles quant à leur poids à l`hectare, leurs concentrations et leurs stocks d`éléments, dans le cas où l`on utilise un nombre d`échantillons trop faible et surtout lorsque l`échantillonnage est fait à partir d`une seule fosse pédologique. Sur chaque peuplement, nous avons délimité une surface homogène d`un demi-hectare dans laquelle nous avons prélevé 25 échantillons individuels de 900 cm2 chacun, regroupés ensuite en cinq grappes de cinq échantillons. A St. Bonnet-le-Château (Loire), à titre d`exemple, nous avons analysé les 25 échantillons séparément. L`analyse a déterminé : les poids des horizons OL+OF et OH, la part de C, N, Ca, Mg et K dans ces horizons ainsi que leurs concentrations. Pour les poids, les coefficients de variation (C.V.) dans les 25 prélèvements faits à St. Bonnet sont très élevés : 77 % pour OL+OF et 54 % pour OH. Et cette variabilité reste très importante sur les quatre autres peuplements déterminés par grappe de cinq échantillons, méthode qui a dû réduire les écarts, pourtant la moitié des C.V. de l`ensemble des peuplements reste > 30 % et suivant le site la différence entre les valeurs minimales et maximales varie de 5,1 à 27,4 t/ha. Pour l`horizon OH, la moyenne des C.V. tourne autour de 93 %. Les concentrations analysées sur le mélange de cinq échantillons individuels peuvent varier de 1 à 2,5 pour un élément donné. La variabilité de la minéralomasse est encore plus élevée. Un faible échantillonnage peut engendrer des erreurs d`estimation allant de 10 kg/ha à 15 600 kg/ha, suivant l`élément et le site concernés. Deux démarches nous semblent indispensables pour éviter ces erreurs : 1) faire de nombreux sondages, avant de choisir les lieux de prélèvement, sondages accompagnés d`une description de l`épaisseur et de la morphologie des horizons, ce qui permettrait de connaître la variabilité réelle et les caractéristiques représentatives de ces horizons ou 2) d`augmenter sensiblement le nombre des prélèvements et de les analyser individuellement.

1995 - Volume 2 - Numéro 2

Méthode pratique de description des sols forestiers caillouteux sur substrat calcaire | p 91-104
Auteurs :
E. Lucot et M. Gaiffe
Adresse :
Laboratoire de Sciences Végétales, Institut des Sciences et Techniques de l`Environnement 2, place Leclerc, 25030 Besançon
Résumé :
Le présent travail a pour objectif de quantifier par des données objectives les difficultés de développement des racines des arbres dans les milieux à forte pierrosité. L`incidence des obstacles physiques est étudiée ici sur trois espèces bien représentées en Franche-Comté, les Chênes pédonculés (Quercus robur) et sessiles (Q. petraea) et le Sapin pectiné (Abies alba). Il en résulte un tableau simplifié de calcul de `l`indice de pierrosité`, appelé n, qui constitue un outil, d`un usage simple et rapide, de l`évaluation de la contrainte due aux cailloux pour la prospection racinaire et l`alimentation des arbres. L`indice de pierrosité n fait partie des contraintes du sol et à ce titre peut s`intégrer facilement à la liste des autres contraintes prises en compte par le `sigle` (Bruckert, 1989) de désignation morpho-édaphique des sols.
Influence de l`aménagement des sols sur l`efficacité des pluies au Nord-Cameroun | p 105-117
Auteurs :
F. Mahop(1), E. Van Ranst(1) et S. Boukar(2)
Adresse :
(1) Université de Gand, Laboratoire de Pédologie, Krijgslaan 281 (S8), 9000 Gand, Belgique.
(2) Centre de Recherche Agronomique de Maroua, IRA, B.P. 33, Maroua, Cameroun.
Résumé :
L`efficacité de l`infiltration des pluies est analysée à l`échelle de 1m2 sous pluie naturelle et simulée. Les sols étudiés, localisés dans le bassin versant de Mouda, sont représentatifs du Nord Cameroun et appartiennent à deux catégories : (1) les sols de la série vertique à pente douce (1 à 3%) comportent une gamme variée de sols. Ces sols, constitués de Vertisols Modaux (VM) et Dégradés (VD), et l`essentiel des sols `hardés` (HV), se sont développés sur des matériaux argileux des grandes plaines d`inondation et des glacis d`épandage ; et (2) les sols ferrugineux différenciés (SF), situés sur des plateaux dont l`altitude varie entre 450 à 500 m. Ces sols, parfois indurés et à charge caillouteuse importante, sont souvent sous jachère ou cultivés en sorgho, arachide et coton à rendement faible en culture traditionnelle.
Les intensités des pluies simulées sont choisies de manière à se rapprocher le plus possible des averses naturelles caractéristiques de la région. Outre l`influence de l`état d`humidité sur la capacité d`infiltration du sol, deux méthodes d`amélioration de la recharge des réserves hydriques, l`une par paillage, l`autre par amendement gypseux, sont également testées.
Les coefficients d`infiltration des pluies varient avec les types de sols, et constituent un excellent moyen d`estimation de la pluie effective dans le calcul des réserves en eau du sol. D`une manière générale, le comportement des sols de la séquence vertique est variable et présente un gradient net qui semble être en relation avec leur niveau de dégradation. On observe une décroissance importante des coefficients Ki de la première à la troisième pluie d`une part, et des VM aux HV d`autre part. Les Vertisols Modaux (Ki moyen = 82,0 %) infiltrent trois fois plus que les sols `hardés` (Ki = 27,1 %). Les Vertisols Dégradés présentent des coefficients intermédiaires (Ki moyen = 36,3 %), mais plus proches des sols `hardés`.
Sur les sols ferrugineux, le coefficient moyen d`infiltration sous pluies naturelles et simulées est supérieur à 50%.
Le paillage à 2,5 kg m2 améliore considérablement l`infiltration des eaux pluviales sur tous les types de sols. L`action du gypse bien que moins spectaculaire semble être plus bénéfique sur les sols ferrugineux.
Le cycle biogéochimique des éléments majeurs dans les écosystèmes forestiers. Importance dans le fonctionnement des sols | p 119-134
Auteurs :
J. Ranger(1), M. Colin-Belgrand et C. Nys
Adresse :
Collaboration technique : P. Bonnaud, D. et Louisette Gelhaye

(1) : auteur correspondant : INRA Centre de Nancy, Équipe `Cycles biogéochimiques`, 54280 Champenoux.
Communication faite à la réunion de l`AFES, Section Massif Central, le 8 Novembre 1994.
Résumé :
L`économie des éléments nutritifs dans l`écosystème forestier extensif est très spécifique et consiste en une succession de mécanismes qui tendent à rendre optimale l`utilisation du pool d`éléments disponibles : c`est le `cycle biogéochimique` des éléments nutritifs. Le fonctionnement minéral de l`écosystème forestier est caractérisé par deux types de relations, d`une part les relations sol-plante et d`autre part les relations plante-sol. Lespremières relatent les effets de la fertilité du sol sur la nutrition et par conséquent sur la production tandis que les secondes concernent les effets de la végétation sur le fonctionnement du sol.
Les relations plante-sol seront seules prises en compte, étant donné l`intérêt qu`elles présentent pour le fonctionnement pédogénétique lui-même. En effet, par la quantité et la qualité des débris végétaux apportés annuellement au sol (litière aérienne ou souterraine) ainsi que par la composition des pluviolessivats, les végétaux conditionnent pour partie la fertilité du sol.
Deux exemples servent de support à cette présentation :
- la quantification des flux du cycle biologique dans une chronoséquence de peuplements de Châtaignier permettant de mettre en évidence, pour les différents éléments, les mécanismes dominants à cette échelle et d`en déduire les aspects agronomiques et pédologiques ;
- la comparaison de l`effet de différentes essences sur le cycle biogéochimique et les conséquences pour les sols étudiés par les approches analytiques et expérimentales.
Pilotage tensiométrique de l`irrigation des cultures en conteneurs sur substrats organiques | p 135-145
Auteurs :
L. M. Rivière, G. Sintès et S. Madiot
Adresse :
INRA, Station d`Agronomie, B. P. 57, 42 Rue Georges Morel, 49071 Beaucouzé cedex
Résumé :
Cet article concerne les possibilités d`emploi de tensiomètres à jauge de pression pour le pilotage des irrigations des cultures en conteneurs sur substrats organiques en fonction du potentiel hydrique des substrats, considéré comme un bon indicateur de l`état hydrique du système substrat/plante/atmosphère. L`essai a été conduit sur une culture de Forsythia x intermedia, espèce dont les besoins en eau sont élevés. Trois seuils de potentiel hydrique (- 2, - 4 et - 8 kPa) ont été utilisés pour le déclenchement des apports d`eau et comparés à un témoin arrosé selon les mesures d`ETP. Les variations d`humidité des substrats liées aux périodes alternées d`apport d`eau par la pluie ou par les irrigations, et de prélèvements d`eau par les plantes, ont pu être suivies de manière précise à l`aide des tensiomètres.
Il s`est avéré que le pilotage des irrigations était possible au moyen d`une telle technique. Dans les conditions de l`expérimentation, avec une dose d`irrigation faible, il existe une relation entre la croissance des plantes et le niveau de potentiel hydrique maintenu dans le substrat. La croissance la plus forte a été obtenue avec un seuil de déclenchement à - 2 kPa, et la plus faible à - 10 kPa.

1995 - Volume 2 - Numéro 3

Quatre siècles de fertilisation - Première partie | p 201-211
Auteurs :
J. Boulaine - Membre de l`Académie d`Agriculture.
Résumé :
Entre 1600 et 1840 de grands savants ont exploré les problèmes de la fertilisation. Leurs successeurs ont construit un des chapitres les plus efficaces de l`Agronomie. L`histoire permet une hiérarchisation des problèmes qui leur avait souvent échappé.
Les terres de France étaient épuisées à la fin du XVIII ème siècle, par une très longue exploitation par une population très supérieure en nombre à celles des pays voisins. La dégradation de l`humus, le blocage du phosphore et du potassium, ainsi que les pertes d`azote, en étaient les manifestations majeures.
La Révolution de 1789 a supprimé de nombreusescontraintes : elle a permis la culture des légumineuses fourragères et des plantes sarclées qui ont stoppé la baisse des rendements et entraîné quelques progrès très limités durant le XIX ème siècle lequel a connu par ailleurs une quête effrénée de fertilisants, sans résultats appréciables au niveau national. Localement, des succès remarquables ont pu être enregistrés.
L`apport du phosphore, grâce à des ressources minérales extérieures, a permis de surmonter cette contrainte majeure. Les rendements moyens en blé sont passés de 10 à 20 quintaux/ ha. Mais alors, la contrainte de `l`azote minéral` s`est manifestée car en année moyenne, la minéralisation de l`azote organique plafonne à ce niveau. A partir de 1945 les engrais azotés ont, à leur tour, provoqué l`essor prodigieux des rendements : celui du blé d`hiver a triplé en trente ans.
D`autres éléments, au premier rang desquels le potassium, interviennent pour nuancer ce schéma simplifié. La nature très variée des terres, les disparités climatiques, les niveaux de formation des hommes interviennent eux aussi dans l`histoire complexe de la fertilisation, en France, depuis quatre siècles.
La base de données géographique des sols de France | p 153-172
Auteurs :
M. Jamagne(1), R. Hardy(1), D. King(1) et M. Bornand(2)
Adresse :
(1) Institut National de la Recherche Agronomique. Service d`Etude des Sols et de la Carte Pédologique de France. Centre de Recherche d`Orléans. F45160 Olivet.
(2) Institut National de la Recherche Agronomique. Unité de Science du Sol. Place Viala. F34060 Montpellier.
Résumé :
L`objectif de cette note est de montrer le type d`information disponible sur l`ensemble des sols du territoire français à partir d`une base de données géographique des sols de France mise en place récemment à l`Unité de Science du Sol de l`INRA d`Orléans, et issue d`une collaboration entre de nombreux pédologues français.
Une première partie se rapporte à l`historique des données et décrit tout d`abord brièvement la base de données géographique des sols de France issue des travaux de coordination effectués au niveau européen. Les informations principales ayant servi à l`élaboration de la base de données sont alors abordées : réalisation d`inventaires cartographiques et programmes de recherches ayant servi de support à l`élaboration d`une synthèse au millionième.
La deuxième partie concerne la structure de la base de données. Les principaux ensembles de gestion informatique sont évoqués : - métadonnées, correspondant aux données acquises et aux connaissances générales ; - données descriptives des objets géographiques : horizons, Unités Typologiques de Sols (UTS), Unités Cartographiques de Sols (UCS), Unités de Fonctionnement de Sols, Modèles d`Organisation Spatiale,... ; - données ponctuelles correspondant aux profils pédologiques représentatifs. L`état d`avancement des travaux aux plans national et européen est évoqué.
La troisième partie se rapporte aux possibilités d`extraction et de traitement des données. Sont abordés successivement les méthodes d`extraction, les règles de pédotransfert et le croisement de données spatialisées.
La quatrième partie concerne la restitution des données, comprenant les possibilités de sorties cartographiques informatiques, ainsi que la fiabilité de ces représentations incluant les notions de pureté et de niveau de confiance.
Une dernière partie traite enfin des orientations et perspectives, et met en évidence tout l`intérêt de la démarche : structuration rationnelle des connaissances, absence de pertes d`information, possibilités d`intégration des éléments antérieurement acquis, mise à disposition rapide des données aux utilisateurs,...et ceci tant au plan national qu`européen.
Il s`agit en fait d`une base de données emboîtée selon plusieurs niveaux d`échelle qui s`élabore progressivement, en vue de proposer les informations nécessaires aux différents gestionnaires de l`espace rural.
Contrôle du ruissellement, de l`érosion et des pertes de phosphore par les résidus de culture, sous pluie simulée | p 173-182
Auteurs :
N. Koro(1), C. Bernard(2) et M. R. Laverdière(3)
Adresse :
(1) Direction des Forêts et de la Protection de l`environnement, Service du Reboisement et de la Conservation des sols, B.P. 447, N`Djamena, Tchad
(2) Ministère de l`Agriculture, des Pêcheries et de l`Alimentation du Québec, Service des Sols, 2700 rue Einstein, Sainte-Foy (QC), Canada, G1P 3W8
(3) Université Laval, Département des Sols Sainte-Foy (QC), Canada, G1K 7P4
Résumé :
Cette étude visait à évaluer, pour deux sols à texture contrastée, l`effet de quatre niveaux de résidus de culture (0, 500, 1 000 et 2 000 kg ha-1) sur le ruissellement, l`érosion et la perte de phosphore par ruissellement superficiel. Trois pluies artificielles, de même intensité, ont été appliquées aux 24 unités expérimentales, permettant de réaliser les mesures sous trois niveaux croissants d`humidité initiale du sol. Le volume d`eau ruisselée et les pertes de sol ont augmenté avec la séquence des pluies, mais diminué avec l`augmentation de la quantité de résidus laissés à la surface. La présence de quantités croissantes de résidus s`est traduite par une réduction des pertes de phosphore total, mais aussi par une augmentation des pertes de phosphore dissous, si bien que la réduction des pertes de phosphore biodisponible n`a atteint que 60 à 70% de celles de phosphore total. Cette étude tend donc à démontrer que le maintien de résidus à la surface du sol est très efficace pour le contrôle de l`érosion. Le gain environnemental escomptable de cette pratique, en termes de réduction des pertes de phosphore total et biodisponible, est réel mais moins important que la réduction de la perte de sol.
Étude de l`enracinement du blé tendre d`hiver et du maïs dans les sols argilo-limoneux de Petite Beauce | p 183-200
Auteurs :
B. Nicoullaud, R. Darthout et O. Duval
Adresse :
Collaboration technique de C. Le Lay, B. Renaux et B. Terrasse.

INRA - SESCPF, Centre de Recherches d`Orléans, F45160 Ardon
Résumé :
La réduction des pertes en nitrates et une meilleure gestion de l`eau sont des impératifs auxquels l`agriculture moderne se doit de répondre compte tenu des contraintes environnementales et économiques. C`est dans ce contexte qu`une étude pilote conjointe entre différents partenaires (INRA, Chambre d`Agriculture...) a été mise en place en Petite Beauce du Loiret. L`étude a porté sur la distribution spatiale de l`enracinement du blé tendre d`hiver et du maïs au stade floraison, dans des sols argilo-limoneux non calcaires reposant à profondeur variable sur des calcaires en place ou sur des matériaux limono-calcaires fins cryoturbés (MLCF). Une stratégie d`échantillonnage a été définie en fonction des systèmes de culture et de la connaissance des différents types de sols acquise lors de l`élaboration de la carte des sols du secteur. La méthode utilisée est la cartographie des racines sur des plans verticaux à l`aide d`une grille de 20 x 20 mm de maille élémentaire.
La profondeur d`apparition du calcaire de Beauce en place ou d`un encroûtement calcaire détermine la profondeur d`enracinement du blé et du maïs. Dans les sols limoneux profonds sans obstacles à l`enracinement, le blé peut descendre au delà de 1,7 m de profondeur. Pour le maïs, la profondeur d`enracinement dans les horizons limono-calcaires cryoturbés peut être estimée par une relation linéaire simple en fonction de la profondeur d`apparition de ces horizons.
Le blé colonise intensément les horizons de surface sans que l`on puisse mettre en évidence de différences notables entre itinéraires techniques, compte tenu des dates tardives d`observation et de la forte fissuration qui s`est développée. Cette colonisation est significativement supérieure à celle du maïs. Pour celui-ci, les colonisations les plus faibles sont celles des parcelles insuffisamment tassées. La colonisation des horizons profonds par le blé est nettement plus importante que celle réalisée par le maïs. Pour les deux cultures, nous avons mis en évidence des relations significatives entre la colonisation des horizons H5 (+H6) et celle des horizons B1. A l`aide des critères que nous avons mis en évidence, il est possible dans cette petite région agricole de prévoir la profondeur d`enracinement des deux cultures à partir d`une reconnaissance à la tarière des horizons pertinents pour les sols étudiés. Toutefois ce travail mérite d`être complété et étendu à d`autres sols et à d`autres cultures du secteur.

1994 - Volume 1 - Numéro 1

La dégradation chimique des sols | p 7-21
Auteurs :
C. Cheverry
Adresse :
Professeur en Sciences du Sol
Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Rennes . 65 rue de Saint-Br¡euc . 35042 Rennes
Résumé :
L`agriculture et l`élevage intensifs pratiqués en Bretagne se traduisent par des cas de dégradation chimique des sols. Les accumulations de phosphore et de cuivre dans la partie superficielle des sols en constituent des exemples. Mais d`autres aspects sont plus difficiles à quantifier: la d¡minution de la valeur du pH et du taux de matière organique des horizons labourés notamment. ll s`avère enfin que les phénomènes de dégradation chimique et de dégradation physique sont étroitement liés : la sensibilité accrue des sols bretons au tassement se traduit par des phénomènes de ruissellement, concernant en partìculìer les produils phytosanitaires. Le suivi des phénomènes de dégradation chimique pose des problèmes méthodologiques. De ce point de vue, le dispositif prévu dans le cadre de l`Observatoire de la Qualité des Sols semble présenter un intérêt partìculier.
Analyses de sols et gestion de l`espace - Plaidoyer pour leur cadrage géomorphopédologique dans les projets, expertises et services de conseil | p 23-33
Auteurs :
L. Bock
Adresse :
UER des Sciences du Sol et de la Ter¡e . Faculté des Sciences Agronomiques . 5030 Gembloux . Belgique
Résumé :
Partant du constat d`une pad, qu`il règne une cetaine confusion sur ce qu`on peut attendre d`une analyse de sol (au sens typologique comme au sens agronomique) et d`autre part, qu`il est fod peu fait appel, dans ce domaine, aux acquis de la pédologie et des cartes de sols, la présente contribution veut, dans une première partie, poser les choix sur le terraln, attacher toute ì`attention nécessaire à l`échantillonnage, lnsister sur la valeur explicative des paramètres, souligner l`importance d`adapter les menus d`analyses aux objectifs et aux contextes rencontrés, discuier pour l`essentiel des modes opératoires les plus couramment admis, suggérer une présentation structurée des résultats.
Dans une seconde parlie, quelques exemples sont tirés d`études qui toutes tentent de mettre en relation les apports de l`analyse avec les données de la pédologie et de l`occupaton des terres que ce soit sur la base de la Carte des Sols de Belgique ou d`une expérience de projet au Fouta Djalon (Guinée).
Les conclusions font notamment appel aux réseaux, aux systèmes de référence et à la pr¡se en compte de fonctions de production ou d`impact.
Atteintes et protection qualitatives des sols suisses | p 35-43
Auteurs :
J.-Cl. Védy(1) et J.-P. Clément(2)
Adresse :
(1) Ecole Polytechnique Fédérale de Lausânne. DGR, IATE-pédologie. CH 1015 Lausanne
(2) Office Fédéral de I`Environnement . des Forêts et du Paysage . Hallwylstrasse 4 . CH 3003 Berne
Résumé :
Les sols suisses sont, comme la majorité des sols mondiaux, soumis à des atteinles quantitatives, une réduction de surface par extension des ouvrages construits, et à des atteintes qualitalives liées à des processus de pollution par ìes métaux lourds et les pesticides, de même qu`à des mécanismes de déstabilisation voire de deskuction structurale dont les manifestations les plus évidentes sont l`érosion hydrique.
Face à ces problèmes la Confédération suisse a mis sur pied un ensemble de mesures administratives et juridiques dont la Loi Fédérale sur la Protection de I`Environnement représente la base essentielle à partir de laquelìe se sont élaborées diverses Ordonnances d`applicat¡on. Conjointement la Confédération, aidée en cela par les Cantons, a favorisé les études scientifiques et techniques sur le sol.
Effets de la mise en valeur sur la dégradation physique des sols | p 45-65
Auteurs :
J.-Cl. Leprun
Adresse :
Direcleur de Recherches ORSTOM
CNPS/EMBBAPA. Mission ORSTON. C.P 4010 Boa Viagem .51020 Recife (PE) BRESIL
Résumé :
Les mesures de pertes en eau et en terre effectuées à différentes échelles : m du simulateur de pluie, 100 m des parcelles expérimentales, hectare et kilomètre carré des bassins hydrographiques et provenant de grands écosystèmes naturels et d`agrosystèmes brésiliens sont comparées et discutées, Les grands écosystèmes naturels analysés sont la `caatinga`, semi-ar¡de, la forêt amazonienne équatoriale, le `cerrado`, ou savane tropicale et les forêts tropicales humides de la `Mata Atlântica`, littorale et intérieure. Cette analyse permet de dresser un bilan global de la dégradation physique des sols après leur mise en valeur. Des études de cas plus détaillées, fondées sur la mod¡fication de l`espace poral, rendent possible un examen des différents facteurs de dégradat¡on mis en jeu et une ¡nterprétation du comportement des sols. Des recommandations concernant la mise en valeur des sols de chacun des écosvstèmes sont émises.
Les banques régionales de données-sols - Exemple du Languedoc-Roussillon | p 67-82
Auteurs :
M. Bornand (1), J.-P Legros (1), C. Rouzet (2).
Adresse :
(1) INRA Science du Sol . Place Viala . 34060 Montpellier cedex 1
(2) GUTLAB . Domaine de Lavalelle. 34090 Montpellier
Résumé :
Les problèrnes d`envitonnement et de gestion de I`espace rural rendent urgent le besoin de disposer d`une bonne connaissance de l`organisation spatiale des sols. Un programme dit IGCS a été mis en place à la suite d`une collaboration MAF/DERF/INRA (le MAF est devenu depuìs MAP, Ministère de l`Agriculture et de la Pêche), Ce programme doit assurer la couverture des 22 régions françaises
dans l`optique d`une reconnaissance des sols au 1/250 000.
Le Languedoc-Roussillon est une des régions pilote qui a permis de préciser la méthodologie employée. Afin de faciliter l`accès aux données et à leur exploitation, des moyens modernes de traitement de l`information spatiale sont mis en ceuvre. L`objectif est d`aboutir à la création d`une banque de données sur les sols régionaux; on en présente ici les caractéristiques essentielles.
Un modèle d`organisation des données pédologiques a été conçu : la structure logique qui sert pour caractériser les unités cadographiques (DONESOL) complète celle déjà existante (STIPA) pour les données stationnelles (profils de sols). Ce système de gestion relationnelle gère les données sémantiques; il est utilisé en complémenlarité avec un Système d`lnformation Géographique qui gère
les aspects graphiques. Système d`aide à la cartographie des sols (répertoire des études pédologiques, référentiel de caractérisatlon des unités cartographiques), la banque constitue aussi un outil de thématisation grâce à ses possibilités de recherches et de croisement des données. Deux exemples illustrent son utilisation possible comme outil d`aide à la décìsion pour les gestionnaires de l`espace rural dans le domaine agricole (reconversion du vignoble languedocien) comme dans celui de l`environner¡ent (épandage des composts urba¡ns).