La problématique

Les constats

- Le sol est un milieu riche et diversifié (pas de sol mort, ils sont +/- vivants)

- Des outils et des méthodes existent pour réaliser l’inventaire de la biodiversité des sols

- La France a investi pour analyser et déterminer la qualité biologique des sols et c’est la première nation à avoir des cartes de biodiversité microbienne de ses sols (Réseau de Mesure de la Qualité des sols) .

- Le patrimoine biologique des sols présente une grande diversité d’intérêts pour les usagers et notamment pour le monde agricole (fertilité physique, biologique, état sanitaire, dégradation des polluants…).

- La prise en compte de la biodiversité des sols implique un véritable changement de perception puis de pratiques pour les acteurs. Les outils et méthodes de partage de connaissances déployés par les organisations nationales qui œuvrent pour la préservation des sols doivent permettre d’accompagner les usagers à chacune des étapes de ce changement de perception et de pratiques (voir schéma accompagnement au changement) .


Les freins

- Il n’existe pas de plateforme pour capitaliser l’ensemble des connaissances acquises sur la biodiversité des sols aux différentes échelles (de la parcelle au territoire national).

- Difficulté à identifier les bons indicateurs disponibles.

- De nombreuses initiatives existent de pratiques pertinentes de caractérisation et gestion de la biodiversité des sols mais difficulté de les rendre visibles, de les identifier. Manque de lieux de construction et d’échanges d’expériences permettant d’identifier facilement les structures institutionnelles et privées dans les territoires.

- La résistance au changement de perception sur la biodiversité des sols est encore forte. Beaucoup d’acteurs pensent encore que la non prise en compte de la biodiversité des sols dans leurs pratiques n’est pas un problème.

- Manque de formateurs sensibilisés aux différentes fonctions assurées par la biodiversité des sols et susceptibles de transmettre cette connaissance (à tous les niveaux) - Continuer à développer l’appui à la recherche sur la biodiversité des sols.

- Manque de latitude financière pour prendre le temps de connaitre et intégrer du temps pour l’innovation permettant l’intégration de la biodiversité des sols dans les activités des acteurs des territoires.

- Manque de règlementation sur la biodiversité des sols.

- Manque de reconnaissance de la qualité biologique des sols dans les plan d ‘urbanisme et d’aménagement du territoire.

- Manque de traduction de la qualité des sols en plus value foncière lors des échanges de terre agricole (ou autres)…


Les leviers

- Des réseaux nationaux interconnectés existent et œuvrent pour combler les besoins identifiés : RNEST / AFES / RMT Sols et Territoires et GIS SOL

- Des initiatives qui émergent et qui permettent d’une part des partenariats plus étroits entre experts scientifiques et techniques du domaine (exemple du projet Agrinov – CASDAR) et d’autre part l’implication des usagers dans l’acquisition de connaissances (exemple du projet de recherche EcoVitiSol et du projet de PecnotLab mis en place par Rhyzobiome)

- Une intégration de plus en plus présente des missions de transfert des connaissances dans les projets de recherche et une définition plus claire des différents niveaux d’implication des citoyens dans les projets de recherche

- La création de nouvelles offres de services portées par des structure privées qui permettent de valoriser et de transférer les outils et expertises opérationnels issus de la recherche dans ce domaine (Auréa, Mycophyto, NovaSol-experts…).

- Intérêts des projets participatifs sur les sols :
* Permettent d’échantillonner sur des lieux privés inaccessibles à la recherche
*Démultiplie l’acquisition de données
*Capte l’innovation (expérimentations chez des agriculteurs)
*Accélère le transfert des connaissances et des outils de la recherche vers les citoyens
*Echange des savoirs (entre chercheurs et agriculteurs)
*Repositionne la recherche (et le chercheur) au service de la société

Le webinaire de la Journée Mondiale des Sols 2020

Quelques ressources pour aller plus loin :



Les réseaux nationaux impliqués dans le transfert des connaissances :

-
AFES
- RNEST
- GISSOL et RMQS
- RMT Sols et Territoires

Les initiatives locales :

- Le Réseau Sol créé par l’entreprise Rhizobiome . Idée fondatrice : Créer un dispositif d’apprentissage et d’expérimentations « sol » pour autonomiser les agriculteurs dans l'analyse de leurs sols pour s'adapter aux changements globaux.

Les ouvrages sur la biodiversité des sols :

- Atlas européen de la biodiversité des sols
- Atlas français des bactéries du sol
- Le sol : une merveille sous nos pieds
- Sols : de l’or noir sous nos pieds. BD
- Planète collemboles – la vie cachée des sols
- Les sols et la vie souterraine – des enjeux majeurs en agroécologie

N'hésitez pas à consulter la page de la revue EGS avec de nombreux articles sur ce thème et un numéro spécial sur "Communiquer et sensibiliser le grand public aux sols" Jeux :
- Jeu de 7 familles : la vie cachée des sols
- Jeu MYMYX sur les réseaux mycorhiziens – à destination des étudiants en lycées agricoles
D' autres jeux à découvrir sur la page : https://www.afes.fr/ressources/sensibiliser-sur-les-sols/#jeux_activites

Vidéos et films
Voyage sous nos pieds (V Amouroux, arte)


Personnes ressources :

Claire CHENU


Claire CHENU, Présidente du CSTI du Réseau National d’Expertise Scientifique et Technique sur les Sols. Le RNEST est un réseau national de coordination de l’expertise scientifique et technique sur les sols créé en décembre 2016 sous l’impulsion du gouvernement. Le RNEST s’appuie sur un Comité Scientifique, technique et d’Innovation du RNEST composé de 32 experts aux profils variés et complémentaires. Le RNEST a engagé un travail collaboratif avec les trois autres réseaux nationaux impliqués dans le transfert de connaissances sur les sols : le GIS SOL, le RMT Sols et Territoires et l’AFES pour mieux valoriser les compétences respectives de ces réseaux et faciliter ainsi l’accès à la connaissance pour tous types d’acteurs.

Jacques THOMAS


Jacques THOMAS, écologue spécialisé dans la conservation des zones humides, dirige le groupe coopératif Eïwa composé des sociétés coopératives Scop SAGNE, Rhizobiòme et KAIROS compensation. Le groupe réalise des études dans le domaine des sciences de la vie et de la terre, met en œuvre des opérations de génie écologique et anime des programmes de cohésion sociale sur les enjeux de biodiversité. En 20 ans il a constitué un réseau de 1200 ha de zones humides conservées par 120 adhérents du réseau dans le sud du massif central (le Réseau SAGNE). Ce qui représente 20% des zones humides de ce territoire. Depuis 6 ans il met en œuvre le ResEau Sol pour aider agriculteurs, forestiers, maraichers, jardinier à mieux observer l'activité biologique de leurs sols. A ce jour 7 promotions, représentant 70 personnes, suivent un apprentissage qui leur permet d'observer l'évolution de 140 placettes pendant 4 années. www.eiwa.fr

Lionel RANJARD


Lionel RANJARD est directeur de recherches à l'INRAe de Dijon dans l'UMR Agroécologie. Il est spécialiste en écologie microbienne du sol et anime des travaux sur la distribution spatiale des microorganismes dans le sol sur de grandes échelles spatiales et sur l'impact des pratiques agricoles sur la qualité microbiologique des sols. Il coordonne différents projets collaboratifs et participatifs dans ce domaine.
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