Le sol constitue un élément central de la survie humaine, en particulier par son rôle dans les
productions agricoles et le maintien de la biodiversité. Toutefois, malgré son omniprésence
dans les pratiques quotidiennes, il demeure largement absent des représentations collectives
et occupe une place marginale dans la recherche scientifique, en dehors de disciplines
spécialisées telles que la pédologie, l’agronomie, la géologie ou l’hydrologie. C’est pourquoi
cet article développe une réflexion en sciences sociales sur les multiples enjeux liés à la santé
des sols de jardins à Toulouse. Sont analysées, tout d’abord les pratiques de soin mises en
œuvre pour améliorer et restaurer les qualités agronomiques des sols, puis les manières dont
les risques de pollutions des sols sont perçus. À partir d’une ethnographie multi-située menée
sur plusieurs sites contrastés de jardins collectifs, il apparaît que les jardiniers manifestent
une attention réelle à la santé de leur sol, traduite par des pratiques telles que l’amendement
organique, le paillage, ou encore l’usage de terreaux et de BRF. Toutefois, ces pratiques
sont rarement accompagnées d’une réflexion sur le contexte environnemental susceptible
d’altérer la qualité des sols, ou sur l’historicité des sols cultivés. L’objectif de cet article est
ainsi d’interroger les notions de santé et de qualité des sols à partir des pratiques de jardinage
urbain, et d’éclairer la perception sensible du risque de pollution dans les jardins, qui peut
constituer un angle mort dans la construction des problématiques liant santé et environnement
dans ces espaces.
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