• AFES - Association Française pour l'Étude du Sol
  • L’AFES est la branche française de l'Union Internationale de Science du Sol (IUSS, International Union of Soil Science)
  • Langue : fr
  • Licence :cc
  • Numéro :3
  • Volume :8
  • Format :texte
  • Taille :167-180
  • Résumé :

    Cette étude porte sur les teneurs en mercure dans les horizons de surface des sols agricoles (terrains maraîchers exclus) dans le centre du Bassin parisien. Plus de 2000 analyses étaient disponibles sur 13 départements mais irrégulièrement réparties dans l’espace. C’est pourquoi un échantillonnage complémentaire de 58 échantillons a été réalisé spécialement. Toutes les analyses proviennent d’un seul laboratoire celui de l’INRA à Arras ce qui nous autorise à les comparer. Des estimations spatiales des teneurs en mercure ont été tentées sur le territoire étudié selon deux méthodes de cartographie par interpolation : inverse de la distance et simulation conditionnelle. Elles fournissent des cartes qui montrent les gradients majeurs mais qui ont le défaut de trop « lisser » la forte variabilité spatiale locale des concentrations mesurées variabilité d’échelle kilométrique voire hectométrique. La teneur en mercure dans les horizons de surface est complètement indépendante du type de sol et de la roche sous-jacente car les mêmes valeurs très faibles sont observées dans des régions naturelles très différentes géologiquement et pédologiquement. Pour la population étudiée la médiane et le mode s’établissent à 0, 05 mg/kg. Sur 2 149 disponibles seules 28 valeurs excèdent 0, 40 mg/kg. Toutes les valeurs supérieures à 0, 10 mg/kg semblent déjà correspondre à une contamination plus ou moins importante. En effet même si la quasi-totalité des prélèvements correspond à des terrains agricoles ordinaires avant épandages de boues d’épuration certaines parcelles échantillonnées ont certainement reçu des épandages de « gadoues » dans les années soixante voire des boues d’épuration bien avant l’apparition des réglementations. Ailleurs les retombées atmosphériques en provenance de l’agglomération parisienne sont certainement la source principale de mercure. Cette agglomération constitue une source majeure diffuse depuis plusieurs siècles (chauffages) mais on peut également envisager des sources ponctuelles plus récentes telles que les usines d’incinération d’ordures ménagères les centrales thermiques et certains établissements industriels. Ces résultats permettent de faire deux constatations inédites. D’une part on est surpris par les très faibles teneurs en mercure mesurées dans les sols agricoles même dans ceux situés non loin de Paris : s’agit-il là de l’indice de très faibles retombées atmosphériques générales ou bien cela résulte-t-il d’un relargage du mercure par volatilisation ? D’autre part on décèle des anomalies anthropiques plus ou moins importantes localisées en quelques secteurs comme en Seine-et-Marne occidentale ou sur la commune du Perray-en-Yvelines. Une étude plus approfondie est en cours pour situer l’origine de ces contaminations locales et pour identifier les sources ponctuelles associées.

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