L’assemblée générale de l’association s’est déroulée jeudi 2 juillet, en format mixte, en présentiel à Angers et en visioconférence. Si vous avez manqué ce moment convivial, retrouvez ci-dessous le discours d’ouverture de la journée, le rapport moral du président, Alain Brauman.
C’est l’occasion également de vous annoncer que le rapport d’activité 2025 est sorti ! Il est consultable juste ici : https://www.afes.fr/ressources/rapport-dactivite-2025/
Rapport moral du président
D’abord je voudrais remercier cette ville d’Angers et notamment l’Institut d’Agronomie d’Angers-Rennes pour leur accueil. Merci aussi à Christophe Ducommun, notre administrateur et local de l’étape, pour son aide à l’organisation de cette AG et pour avoir aussi organisé cette sortie terrain de deux jours avec plus de 45 pédologues ! Je ne sais pas comment tu as réussi à être encore vivant quand on connaît l’intensité des débats autour d’une fosse !
Ce rapport d’activité sera le dernier que je présente en tant que président de l’AFES. Rassurez-vous, il n’y aura pas de pathos, mais ce sera assurément un rapport moral un peu plus plus personnel que d’habitude.
Me porter candidat à la présidence de l’AFES fut tout sauf évident. J’étais rempli de doutes : comment succéder à Jacques Thomas qui avait tant transformé l’association ? Quelle légitimité, comme écologue, aurais-je auprès des pédologues ? Pour être franc, je me la pose encore parfois, cette question. J’ai cependant accepté ce rôle car il me semblait important que l’AFES représente l’ensemble de la communauté des sciences du sol, et j’espère sincèrement que cette présidence permettra à des non-pédologues — qu’ils soient biologistes, biochimistes, agronomes, ou issus des sciences sociales (juristes, sociologues…) — de se sentir légitimes à le faire !
Lorsque j’ai pris mes fonctions, l’AFES sortait d’une période de forte croissance. J’avais alors fait le choix de centrer mon mandat non sur l’expansion, mais sur la consolidation. Je crois pouvoir dire aujourd’hui que cet objectif est en partie atteint.
L’association compte 395 adhérents en 2025, un nombre stable, signe d’une communauté fidèle et engagée. Le budget 2025 s’établit à 466 K€, en ligne avec notre trajectoire de consolidation. L’équipe salariée, composée de 4,1 ETP, a acquis une vraie maturité professionnelle : sa composition est stabilisée, ses compétences reconnues.
L’AFES a maintenant acquis une forme de maturité — il est temps, me direz-vous, pour une société savante presque centenaire — et c’était loin d’être acquis au vu du changement de dimension que l’association a connu depuis plus de cinq ans. Mais cette stabilité a un prix : elle implique des choix, et des renoncements. L’AFES est devenue plus visible, elle reçoit davantage de sollicitations qu’elle ne peut en honorer. Assumer cette limite fait partie d’une gestion responsable et honnête de nos ressources.
Est-ce que cette année 2025 reflète cette nouvelle maturité ? Assurément. C’est une année où de nombreux projets se sont concrétisés : les nouvelles modalités de formation IPRSol (pour les forestiers) et PromoSolsTerrain (pour les futurs pédologues), la mise en ligne de l’application SolRedOx, la mise en place ici à Angers de l’orchestre du sol français en parallèle avec ceux des sept autres pays du projet européen SOILSCAPE, ou encore l’ancrage institutionnel du réseau de sciences participatives. Certains événements comme les JMS et les JES ont trouvé leur étiage : les JMS, qui n’arrêtaient pas de grandir — jusqu’à sept jours d’événements —, ont trouvé leur bon format sur deux jours.
Mais 2025 ne saurait se réduire à cette continuité : ce fut aussi une année de premières fois. Premier Prix FAO pour l’organisation des JMS 2024, premier tournoi étudiant lors des JES de Genève, première soirée Sol & Art qui préfigure le Festival Sols & Arts de 2026, premiers lancements des communautés sur la plateforme e-Sol.
Est-ce à dire qu’on a tout bien fait ? Heureusement que non ! On n’a pas réussi à régulariser nos webinaires et nos podcasts. Il manque encore, entre les JES, une animation ou journée scientifique. Nous devons réactiver, comme Christophe vient de le faire, des sorties terrains régionales. Notre centre de ressources doit répertorier davantage de documents, et nous devons le repenser à l’aune de l’IA. Notre nombre d’adhérents n’est toujours pas en adéquation avec notre activité. Nous devons peser davantage dans le débat public via des policy briefs ou des opinion papers — et pour ceux qui me connaissent, cette dernière phrase ne vous surprendra pas… Nous devons changer de logo ! Oui, l’AFES peut et se doit de mieux faire !
Un tel rapport d’activité traduit avant tout le dynamisme d’un collectif — salariés, administrateurs, bénévoles — dont l’efficacité et la solidarité ne cessent de m’impressionner. Sophie, notre directrice, est un cocktail d’engagement, de dévouement et d’écoute bienveillante — j’apprends chaque jour à tes côtés. Mégane, ta compétence m’impressionne : tu ne savais même pas ce qu’était un projet européen avant ta prise de fonction à l’AFES, et pourtant tu le mènes de main de maître — Euroquality dixit, pas moi — et tu ne fais pas que ça ! Fanny, tu es là depuis moins d’un an, et tous les jours je me demande comment on faisait avant toi. Clément, seul pédologue de la bande, tu as été la cheville ouvrière du réseau SRP et tu as mis beaucoup de toi dans la mise en place de la formation PromoSolsTerrain — bravo à toi ! Lucille, tu viens d’arriver et on a l’impression de t’avoir toujours connue, tant tu t’es intégrée facilement dans nos dispositifs. Sam, tu es aussi discret qu’efficace — et qu’est-ce que tu es efficace — ce rapport annuel n’existerait tout simplement pas sans toi.
Je voudrais aussi mentionner un administrateur qui abat un travail titanesque dans l’ombre —notre secrétaire général Baptiste ! il n’aime pas la lumière, et là je suis sûr qu’il me déteste un peu. Baptiste, tu es plus qu’un secrétaire général : une forme de président bis. Sans toi, je ne m’en serais jamais sorti.
Merci à toute cette équipe. Applaudissons-les. Et merci à tous les membres du bureau et administrateurs d’être si présents et actifs au sein de notre association.
Chaque lundi matin, Sophie prend le pouls de l’équipe salariée — c’est la météo des émotions. Alors aujourd’hui quelle est ma météo ? Au moment où je vous parle, je suis à la fois ému et fier de notre société savante, mais aussi inquiet. Inquiet pour l’avenir de notre société dans un monde qui se réchauffe. Inquiet du contexte politique et économique, si défavorable aux associations environnementales comme la nôtre. Inquiet de l’avenir des institutions qui nous soutiennent et qu’il faut remercier pour leur soutien indéfectible — l’ADEME et l’OFB en premier lieu.
Pour que l’AFES continue à exister et à rayonner, il faudra faire évoluer notre gouvernance — nous ferons des propositions en ce sens au cours de cette AG. Il faudra aussi prioriser nos actions et diversifier nos ressources. Bref, être une association plus robuste..
Sur ce, je vous souhaite à tous une très belle AG. Et n’oubliez pas notre devise : soyons SOLidaires et pas SOLitaires !
Alain Brauman
Président de l’AFES
Juin 2026
